Des tests moléculaires permettent aux patients d’accéder aux essais cliniques

La patiente Cathy Chapman et sa sœur, Enid Holohan, discutent de son traitement dans le cadre de l’essai clinique avec Saara Ali, coordonnatrice de la recherche.

La chimiothérapie ne fonctionnait pas pour Cathy Chapman. Cependant, un test génétique a permis d’identifier une mutation génétique spécifique, ce qui signifiait qu’elle pouvait participer à un nouvel essai clinique sur un médicament contre le cancer.

Mme Chapman a reçu un diagnostic de cancer du côlon en février 2016. Elle vit à Deep River et a commencé à recevoir des cycles de chimiothérapie au bureau satellite de L’Hôpital d’Ottawa à Pembroke. Malheureusement, la chimiothérapie n’a fait que lui donner des effets secondaires. Le cancer a continué de croître, de sorte que les traitements ont été interrompus en avril. Cependant, une mutation génétique a été décelée lorsque la tumeur de Mme Chapman a été analysée par le Laboratoire de diagnostic en oncologie moléculaire de L’Hôpital d’Ottawa, qui offrait une autre option thérapeutique. Environ 5 % des cancers du côlon seulement ont cette mutation. Le Dr Bryan Lo, directeur du laboratoire moléculaire, a signalé la mutation à la Dre Rachel Goodwin, oncologue de Mme Chapman.

La Dre Goodwin était au courant de la tenue prochaine d’un essai clinique au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa pour ce sous-type particulier de cancer du côlon. Cet essai a été conçu pour bloquer cette mutation et ralentir la croissance du cancer.

Rachel Goodwin, oncologue, a trouvé un essai clinique qui traiterait le type rare de cancer du côlon de Cathy Chapman.

« La Dre Goodwin m’a dit qu’elle avait envoyé ma biopsie au nouveau laboratoire de l’hôpital et que c’était là qu’ils ont trouvé la mutation, a déclaré Mme Chapman. Elle savait qu’il y avait un essai clinique sur un médicament qui avait beaucoup de succès dans le cas de cette mutation, et elle pensait que je pourrais y être admissible ».

En 2016, le Laboratoire de diagnostic en oncologie moléculaire de L’Hôpital d’Ottawa a commencé à analyser la composition génétique des tumeurs des patients atteints du cancer du côlon au moyen de son nouveau séquenceur de prochaine génération (entièrement acheté avec l’aide de donateurs). En identifiant la composition génétique de la tumeur de chaque individu, les oncologues peuvent adapter le traitement du cancer pour qu’il soit plus efficace.

La Dre Goodwin affirme que le séquenceur de prochaine génération de L’Hôpital d’Ottawa l’aide à repérer des mutations géniques qui pourraient signifier que ses patients atteints du cancer du côlon sont admissibles à des essais cliniques de nouveaux médicaments, ou même à un médicament approuvé dans d’autres cancers.

« Lorsque nous recevons le rapport de séquençage génomique pour un patient atteint du cancer du côlon, nous pourrions constater que le patient possède une mutation génique qui pourrait rendre son cancer sensible à un médicament que nous n’aurions jamais pensé à lui administrer, comme un médicament contre le cancer du rein, ou à un nouveau médicament. » C’était le cas de Mme Chapman, une femme âgée de 60 ans.

« Comme aucun médicament n’est actuellement utilisé comme traitement standard de son type de cancer du côlon, Mme Chapman n’a pu obtenir ce médicament que dans le cadre d’un essai clinique, a expliqué la Dre Goodwin. C’est pourquoi nous nous efforçons d’ouvrir de nouveaux essais avec de nouveaux médicaments pour fournir des traitements à des patients comme Mme Chapman. »

Cathy Chapman se rend au Centre de cancérologie pour des traitements hebdomadaires dans le cadre d’un essai clinique.

« Mme Chapman ne s’en sortait pas très bien avec ses autres traitements, alors le moment était tout indiqué pour cet essai, a déclaré Saara Ali, coordonnatrice de la recherche. Grâce aux tests moléculaires 

effectués par le Dr Lo et au travail en collaboration entre lui, la Dre Goodwin et moi-même, nous avons pu proposer cette nouvelle patiente pour cet essai clinique comme option de traitement lorsqu’il a été noté que son cancer se développait malgré la chimiothérapie qui constitue la norme de soins. »

« Je participe à un essai randomisé contrôlé, ce qui me donne de multiples médicaments », dit Mme Chapman, qui se rend au Centre de cancérologie du Campus général une fois par semaine pour son traitement. « Après plusieurs doses, le tomodensitogramme a montré une réduction de mon cancer. La tumeur avait diminué de 40 % au bout de sept semaines de ma participation à l’essai clinique. En décembre, un tomodensitogramme a montré que la tumeur avait diminué de 63 %. »

« Elle reçoit une pleine dose et se porte bien », dit Mme Ali. Tant qu’elle aura de bons résultats, les médicaments lui seront fournis dans le cadre de l’essai clinique. »

Mme Chapman a été la première patiente au Canada à participer à cet essai international. À L’Hôpital d’Ottawa, le Laboratoire de diagnostic en oncologie moléculaire est prêt à identifier les mutations dans le profil génétique d’autres patients atteints de cette mutation rare, afin qu’ils puissent également participer à cet essai et profiter de la mise à l’essai de traitements novateurs et non testés.

L’Hôpital d’Ottawa recueille des fonds, qui sont essentiels pour les études de recherche et les essais cliniques afin d’offrir de meilleurs traitements aux patients dès qu’ils sont disponibles.

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