Sheila et Veena Bhatia : un demi-siècle de bénévolat

Sheila and Veena Bhatia

Une fois par semaine depuis 1996, Veena Bhatia enfile une veste bleue et travaille dans les boutiques du Campus Civic. Elle suit l’exemple de générosité de sa mère, Sheila, qui fait du bénévolat au Campus Civic depuis 1984.

Au total, la mère et la fille cumulent entre elles 50 années de bénévolat. Cependant, le bénévolat ne représente qu’une partie de leur histoire. Cette année marque les 50 ans qui se sont écoulés depuis que l’Hôpital Civic fait partie de leur vie.

« L’Hôpital Civic est la raison pour laquelle nous sommes venues ici, il y a 50 ans » raconte Veena.

Avant l’âge de 23 ans, Sheila a vécu une série de terribles tragédies. La séparation de l’Inde et du Pakistan a fait de sa famille des réfugiés. Puis, en 1947, son mari est mort d’une maladie, la laissant avec trois jeunes enfants. Sa plus jeune fille, un bébé, est décédée peu après et son fils est allé vivre avec la famille de son mari. Puis sa petite fille qui commençait à marcher, est tombée, s’est blessée à la colonne vertébrale et a été hospitalisée pendant plus de deux ans. Sheila a passé des heures interminables à s’occuper de sa précieuse petite fille avec des ressources très limitées.

Le médecin qui traitait Veena a conseillé à Sheila d’envisager une profession en soins infirmiers afin de pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille. Munie d’une lettre de recommandation de ce médecin, Sheila s’est inscrite à un programme de soins infirmiers. Elle a passé son diplôme avec brio, se classant première à Bombay (maintenant Mumbai), et a travaillé dans trois hôpitaux différents en Inde. En 1959, à l’âge de 35 ans, Sheila a laissé Veena à ses parents et s’est embarquée sur un bateau pour l’Angleterre. Elle a pris un poste d’infirmière dans un hôpital à Warwick, où elle a fini par devenir l’infirmière en chef de l’unité de chirurgie thoracique.

Après l’école secondaire, Veena a rejoint sa mère en Angleterre. Les deux ont souffert de discrimination raciale et ont donc décidé d’émigrer au Canada. Sheila a vu une annonce demandant des infirmières pour des hôpitaux canadiens et a postulé à l’Hôpital Civic. En février 1967, elle et Veena ont déménagé à Ottawa.

Elles ont logé à l’Hôtel Lord Elgin la première nuit et le matin suivant, ont commandé des crêpes et du sirop d’érable. C’était leur premier véritable déjeuner canadien. Puis, elles ont pris un taxi pour l’Hôpital Civic où Mme Tucker les a accueillies et les a prises sous son aile. Cette dernière a pris des dispositions pour qu’elles soient logées à la résidence des infirmières où elles ont vécu trois semaines, jusqu’à ce qu’elles aient trouvé un appartement. De plus, Mme Tucker a joué un rôle déterminant dans l’embauche de Veena comme secrétaire à Énergie, Mines et Ressources par l’intermédiaire d’un bureau de placement. La semaine suivante, Sheila a commencé à travailler à l’unité des soins intensifs comme infirmière. La vie des nouvelles immigrantes a été bientôt établie à Ottawa.

« Mme Bhatia se soucie vraiment de chacun de ses patients et de leur famille. Elle comprend leurs besoins médicaux et émotifs, dit son amie Annette Legault. Tout comme sa mère, Veena a une âme charitable, honnête et compatissante ainsi que de grands standards moraux et religieux. L’équipe mère-fille aime redonner à la société en redonnant à l’Hôpital Civic en tant que fières bénévoles. »

Bien que Sheila ait pris sa retraite en 1985 après 18 ans de service à titre d’infirmière au Campus Civic, elle a choisi de consacrer sa compassion et son énergie au bénévolat au Campus Civic et à l’Institut de cardiologie.

Lorsque Veena a pris sa retraite à son tour dix ans plus tard, elle a été encouragée par sa mère à faire du bénévolat au Campus Civic elle aussi. « J’ai donc commencé à faire du bénévolat moi aussi », raconte Veena.

À 90 ans, sa santé déclinant, Sheila a raccroché sa veste bleue à contrecœur après 30 ans de bénévolat à l’Hôpital Civic.

« L’hôpital a pratiquement été notre foyer depuis notre arrivée, dit Veena. Il a été bon pour nous lorsque nous sommes arrivées, alors y faire du bénévolat est notre façon de redonner. »

Les Bhatia ont donné généreusement de leur temps, mais aussi de leurs deniers. Ce qu’elles ont donné au fil des années est aussi significatif pour l’hôpital que ce qu’elles pensent avoir reçu de l’hôpital. »