L’immunothérapie deviendra-t-elle le 4e pilier des soins du cancer?

Les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa offrent de nouvelles options thérapeutiques aux patients

La chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie ont longtemps été considérées comme les trois piliers des soins du cancer, mais si les chercheurs ont raison, un quatrième pilier pourrait bientôt venir agrandir cette base et procurer une nouvelle option thérapeutique stimulante à certains patients. Ce nouveau pilier potentiel, appelé immunothérapie, utilise les médicaments, les cellules ou même les virus pour inciter le système immunitaire de l’organisme à attaquer les cellules cancéreuses.

« Notre système immunitaire contient une armée de cellules qui constituent les défenses naturelles de notre organisme, explique la Dre Xinni Song, oncologue à L’Hôpital d’Ottawa et professeure adjointe à l’Université d’Ottawa. Ces cellules recherchent constamment les cellules cancéreuses, mais certains cancers mettent au point des stratégies pour endormir les cellules immunitaires. L’objectif de l’immunothérapie est d’accroître la réaction immunitaire de l’organisme ou, au fond, de réveiller les cellules immunitaires de façon qu’elles puissent reconnaître et éliminer les cellules cancéreuses. »

Ed Williams, ancien professeur d’école secondaire âgé de 52 ans, a participé à un essai clinique sur l’immunothérapie à L’Hôpital d’Ottawa après avoir reçu un diagnostic de cancer de la peau avancé. Dans l’essai, on a évalué un type de drogue de confection (appelé anticorps) qui se fixe aux cellules cancéreuses et les empêche d’endormir les cellules immunitaires. Habituellement, une personne qui reçoit ce type de diagnostic ne devrait pas vivre pendant plus de six mois, mais trois ans plus tard, M. Williams est encore en vie et se porte bien.

« Le cancer est devenu pour moi une maladie chronique, dit M. Williams. Je suis reconnaissant pour chaque jour que je passe avec ma famille. »

Selon la Dre Song, qui dirige le volet d’Ottawa de cet essai, le taux de survie historique à un an pour le mélanome avancé était d’environ 25 %. Mais grâce à ces nouvelles immunothérapies, elle dit que ce taux varie maintenant de 70 à 80 %.

Les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa explorent également d’autres sortes d’immunothérapies, dont la réplication virale. Le Dr John Bell et son équipe sont des pionniers dans ce domaine de recherche. Le Dr Bell a récemment aidé à lancer un traitement par deux virus, une première mondiale, à L’Hôpital d’Ottawa. Il dirige aussi un réseau national, appelé BioCanRx, qui se consacre aux progrès des immunothérapies dans les essais cliniques.

« Les virus ont un grand potentiel dans le traitement du cancer parce qu’ils peuvent attaquer directement les cellules cancéreuses tout en stimulant le système immunitaire, et nous pouvons les adapter aux différents types de cancer, explique le Dr Bell, scientifique principal à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. Comme le premier traitement viral a été récemment approuvé aux États-Unis, nous profitons d’un gros élan, mais il nous faut encore beaucoup plus de recherches. »

Les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa jouent un rôle clé pour amener l’immunothérapie aux niveaux supérieurs. Les scientifiques, les oncologues et les chirurgiens travaillent de concert et en collaboration avec des collègues du monde entier qui comprennent comment ces traitements fonctionnent au niveau moléculaire et les rendent encore meilleurs.

« Nous entrons dans une nouvelle ère d’immunothérapie, mais ce n’est que le début, dit le Dr Glenwood Goss, oncologue à L’Hôpital d’Ottawa et professeur de médecine à l’Université d’Ottawa, qui dirige également des essais cliniques sur l’immunothérapie. Le système immunitaire est visiblement une arme très puissante, mais complexe contre le cancer, et nous devons mieux comprendre le système afin d’exploiter son plein potentiel. »

Pour en savoir plus sur la recherche à L’Hôpital d’Ottawa, visitez  la rechercheaucoeurdenosvies.ca