Conversation avec le PDG

Ne manquez pas cette occasion exclusive de rencontrer Cameron Lovele nouveau PDG de L’Hôpital d’OttawaVenez découvrir sa vision et  sa stratégie pour l’avenir de notre hôpital. Vous aurez aussi un aperçu du nouveau projet Civic sur l’avenue Carling. 

Biographies :

Cameron Love, President & CEO of The Ottawa Hospital

Cameron Love:

Cameron Love est le président-directeur général de L’Hôpital d’Ottawa. Il assume ce rôle depuis le 1er juillet 2020, en pleine pandémie de COVID-19 durant laquelle le système de santé ontarien a dû s’adapter à un nouveau modèle de service. Durant cette expérience, et dans le cadre de ses fonctions de vice-président exécutif et chef des opérations de l’Hôpital depuis 2014, il a eu à piloter et à superviser les programmes et services de l’Hôpital, ainsi que leur arrimage aux programmes régionaux dans la région de Champlain. Il cumule plus de 22 ans de service à L’Hôpital d’Ottawa.

Evan Solomon

Evan Solomon:

Evan Solomon est l’animateur de Question Period, l’émission politique de CTV, et de Power Play. Il anime aussi une émission radio sur les ondes de 580 CFRA. Auteur à succès, M. Solomon est lauréat de deux prix Gémeau. Il couvre depuis plus de 15 ans la politique fédérale et provinciale, les nouvelles et l’actualité.

De la leucémie aux marathons – avec sa marchette

La leucémie, la radiothérapie, la chimiothérapie, une greffe de moelle osseuse et des caillots de sang à l’intestin et au cou n’ont pas suffi à ralentir Robert Hardy. Même qu’il se sent aujourd’hui plus en forme que jamais et court des marathons aidé d’une marchette pour L’Hôpital d’Ottawa.

Robert (Bob) Hardy se bat pour sa vie depuis plus de vingt ans. Que ce soit une greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie ou des caillots de sang dans l’intestin et dans le cou, il semble que rien n’arrive à le ralentir. Au contraire, grâce aux soins de L’Hôpital d’Ottawa qui lui ont sauvé la vie, il est plus en forme que jamais et n’a rien perdu de sa détermination à participer à certains des plus grands marathons au monde – avec sa marchette. À le voir battre son record personnel année après année, on ne se douterait jamais que ce « coureur à marchette » n’avait au début que 40 % de chances de survivre à sa maladie.

Un diagnostic inattendu

Pendant un certain temps, il y a plusieurs années, Bob a cru qu’il n’avait plus que six mois à vivre. Se sentant un peu fatigué, mais autrement en bonne santé, il est allé passer un examen médical périodique. Il ne s’attendait pas du tout à de tels résultats. À 46 ans seulement, et bien avant de ressentir le moindre effet secondaire de la maladie, il a reçu un diagnostic de leucémie. Bob et sa femme, Vittorina, en furent abasourdis. Ils ne pouvaient pas s’empêcher de se demander comment ils allaient annoncer cela à leurs deux filles, Shannon et Leah, qui n’avaient que neuf et treize ans à l’époque. « Le choc a été brutal pour nous tous. L’idée d’avoir à le dire à nos enfants n’était pas facile à envisager, mais ce n’était pas quelque chose que j’étais prêt à leur cacher », raconte Bob.

Toutefois, Bob n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Même un diagnostic aussi grave ne l’a pas découragé. « Quand j’ai annoncé mon diagnostic à ma fille la plus jeune, Leah, se souvient Bob, elle m’a dit : “Tu es trop fort pour mourir, papa.” » C’étaient les paroles d’encouragement qu’il avait besoin d’entendre. Les mots de sa fille l’ont motivé à lutter pour vaincre la maladie.

Robert Hardy, in 1997, standing by the water
Robert Hardy en 1997.

Se battre pour sa vie

Jusqu’à ce qu’il reçoive son diagnostic de leucémie, Bob étudiait le jiu-jitsu – et il était dans une forme splendide. Mais pendant qu’il attendait que l’on trouve un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse, le médicament prescrit par les médecins pour le garder en santé, appelé interféron, l’affaiblissait. Bob avait de la difficulté à poursuivre son entraînement. « Je voulais obtenir ma ceinture noire avant de recevoir ma greffe de moelle osseuse », explique-t-il. Il avait le sentiment qu’une ceinture noire lui donnerait la confiance nécessaire pour s’engager sur le long chemin de la guérison et du rétablissement. Sachant à quel point cette réalisation était importante pour Bob, ses médecins lui ont permis de cesser temporairement de prendre l’interféron, deux mois avant son examen de ceinture noire, pour qu’il puisse continuer à s’entraîner en vue du grand jour. Et quand est venu ce jour, il a remporté sa ceinture noire – avec distinction. À partir de ce moment, il se sentait prêt à recevoir sa greffe de moelle osseuse et à vivre les hauts et les bas qui s’ensuivraient.

Un donneur parfaitement compatible

Après une année de traitement à l’interféron, on trouva un donneur à six antigènes compatibles pour la greffe de moelle osseuse. À l’époque, le recours aux donneurs non apparentés pour ce type de greffe était relativement nouveau. Mais les chercheurs avaient découvert qu’il était possible de trouver un donneur compatible en dehors de la famille d’un patient. « Il est rare que deux personnes sans liens de sang présentent le même groupe de six antigènes. J’ai eu de la chance. Ils ont trouvé un donneur parfaitement compatible », explique Bob. Toutefois, grâce aux récents progrès de la recherche, nos experts ont réussi à effectuer une greffe faisant à appel à un donneur non compatible, ce qui réduit considérablement l’attente pour les patients. « Cela signifie que presque tout le monde peut avoir un donneur, alors qu’auparavant beaucoup de gens n’en trouvaient pas, explique le Dr Huebsch. Ces recherches sont vraiment révolutionnaires. »

Robert Hardy during his leukemia treatment

Après avoir trouvé un donneur, Bob commença le prétraitement constitué de doses élevées de chimiothérapie et de radiothérapie, pour désactiver son système immunitaire. Quatre semaines plus tard, son système était prêt à recevoir la greffe de moelle osseuse. L’intervention s’est déroulée à L’Hôpital d’Ottawa, où Bob est resté hospitalisé pendant trois semaines, le temps de s’assurer que les cellules greffées se multipliaient. Ce fut heureusement le cas.

La moelle osseuse est le tissu mou et gras qui se trouve à l’intérieur de nos os et qui produit les cellules sanguines. Un greffon, qui est introduit dans la circulation sanguine à l’aide d’un cathéter, remplace les cellules souches (cellules qui constituent le sang) malades par des cellules saines.

Même si les médecins de Bob ont voulu qu’il reste à l’hôpital pendant quelques semaines après l’intervention, il a pu passer la majeure partie de sa convalescence à la maison. D’ailleurs, il a profité de notre programme de jour novateur, qui a permis à des milliers de patients externes ayant reçu une greffe de moelle osseuse d’être traités et de se rétablir plus confortablement, à la maison. Ce programme est l’un des premiers au Canada et depuis sa mise en place, nos patients se rétablissent entourés de leurs proches.

Une expertise en matière de thrombose à Ottawa

Pendant les deux années suivantes, Bob a été hospitalisé à plusieurs reprises. « Les deux premières années ont été les plus difficiles. Mon traitement provoquait beaucoup d’effets secondaires », dit-il. La formation de caillots de sang est l’un des effets secondaires les plus graves qu’il a connus. Le premier caillot s’est formé dans son estomac, puis ce fut un deuxième, dans le cou. Le risque de caillots de sang est souvent accru chez les patients qui reçoivent de la chimiothérapie, car celle-ci endommage les veines. Les caillots de sang – une complication qui peut être fatale – surviennent chez environ un patient atteint du cancer sur vingt. Mais Bob était entre bonnes mains. Il a tiré profit d’un outil créé pour diagnostiquer rapidement la présence de caillots de sang appelé « modèle de Wells », qui tient son nom du Dr Phil Wells, un expert de L’Hôpital d’Ottawa. Cet outil est maintenant utilisé dans les salles d’urgence et fait partie des programmes de formation médicale partout sur la planète.

« Nous avons l’une des meilleures cliniques de la thrombose au Canada, qui attire des experts en la matière du monde entier. » – Dr Marc Carrier

Depuis, les chercheurs ont mis en œuvre un programme complet de gestion des anticoagulants pour les patients qui risquent davantage de développer des caillots de sang, dont ceux atteints du cancer, comme Bob. Le programme fait en sorte que les patients de notre hôpital sont plus susceptibles de présenter une fluidité optimale et risquent moins de développer des caillots de sang.

Plus récemment, nos experts ont créé un système qui permet d’évaluer la probabilité de formation de caillots de sang chez un patient atteint du cancer. Cet outil novateur, qui n’existait pas encore quand Bob a reçu son diagnostic, permet de catégoriser les nouveaux patients atteints d’un cancer pour repérer ceux dont le risque est plus élevé. Ces derniers peuvent alors recevoir des soins personnalisés pour prévenir les caillots de sang, en fonction de leur cas unique. « Nous avons l’une des meilleures cliniques de la thrombose au Canada, qui attire des experts en la matière du monde entier, déclare le Dr Carrier, chef de la Division d’hématologie. Nos chercheurs hautement spécialisés et dévoués mettent au point des interventions révolutionnaires qui concrétisent notre engagement à faire progresser sans arrêt la recherche et les traitements, pour continuer d’offrir des soins exceptionnels à chaque patient qui se présente chez nous. »

Des soins de calibre mondial en hématologie

Tout au long de son traitement, Bob a été pris en charge par le programme d’hématologie et de thrombose de l’Hôpital d’Ottawa, l’un des meilleurs et des plus importants au Canada. Contrairement à beaucoup d’autres hôpitaux, où les patients doivent passer par différents services et se rendre dans des emplacements satellites pour recevoir leurs traitements, notre programme unique centralise les soins aux patients de tout l’Est de l’Ontario et d’ailleurs qui sont atteints de maladies des nœuds lymphatiques, du sang et de la moelle osseuse.

« Nous sommes parmi les meilleurs. Ottawa est au cœur de toutes sortes de solutions médicales par transfusion sanguine et nous sommes l’un des plus importants centres du monde pour la recherche sur les greffes, et pour la réalisation de celles-ci, en tant que traitement contre des maladies mortelles. » – Dr Lothar Huebsch

Robert Hardy and Dr. Lothar Huebsch in 2001.

 

Le programme, qui a attiré des chercheurs réputés du monde entier, est reconnu pour la création et l’amélioration d’interventions inédites qui changent des vies. « Nous sommes parmi les meilleurs, affirme le Dr Huebsch, hématologue clinique et ancien chef de l’hémato-oncologie. Ottawa est au cœur de toutes sortes de solutions médicales par transfusion sanguine et nous sommes l’un des plus importants centres du monde pour la recherche sur les greffes, et pour la réalisation de celles-ci, en tant que traitement contre des maladies mortelles. » Notre programme d’hématologie et de thrombose est un chef de file depuis des décennies. Nous menons aussi de la recherche sur les techniques de greffe pour soigner d’autres maladies, comme la sclérose en plaques, les maladies auto-immunes et le lymphome. « Nous faisons ce genre de recherches depuis 25 ans et nous avons l’un des plus importants centres du monde offrant ces greffes à des patients externes et non dans le contexte plus rigide d’une unité où les patients sont hospitalisés », dit le Dr Huebsch.

La « course avec marchette », inspirée par son processus de rétablissement

Bob Hardy, walker running

Tout au long de son traitement, alors qu’il enchaînait les visites à l’hôpital, Bob avait besoin de se garder occupé pendant sa convalescence. Il s’est donc servi de sa créativité. « Nous étions quelques patients à faire la course dans les corridors avec nos supports à intraveineuse. Nous étions rapides! Les infirmières n’en croyaient pas leurs yeux! » À l’époque, Bob ne savait pas que ces courses seraient plus tard l’étincelle qui lui donnerait l’idée de participer à des marathons parmi les plus renommés.

Après avoir été traité pour le caillot de sang dans le cou, Bob a perdu le sens de l’équilibre. Même s’il peut marcher un certain temps sans aide, il ne peut pas parcourir de longues distances à la course ou à la marche. C’est pourquoi Vittorina lui a suggéré de se procurer une marchette. « Au début, j’étais plutôt réticent, mais ensuite, j’ai réalisé que je pouvais aller très vite! », dit Bob. Sa passion pour la « course avec marchette » venait de voir le jour.

Bob a entamé sa carrière de « coureur à marchette » par une participation au Wobbly Walker-Walk-a-thon, pour rapidement passer à la vitesse supérieure et s’inscrire en tant que marathonien à l’événement Courez pour une raison, qui a lieu pendant la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa. Ces marathons lui ont donné l’occasion non seulement de se dépasser personnellement, mais aussi de récolter des fonds pour soutenir L’Hôpital d’Ottawa.

Une nouvelle façon de voir la vie

Le retour à la santé de Bob n’a pas été de tout repos, mais jamais il ne s’est apitoyé sur son sort. Au fil des ans, il est devenu plus résistant et les complications se sont faites moins nombreuses et moins fréquentes. « Je suis vraiment reconnaissant d’avoir reçu ce traitement. Les infirmières et mes médecins ont été formidables – absolument incroyables, exprime Bob. Si je suis ici aujourd’hui, à vivre ma passion pour le marathon avec ma marchette, c’est grâce à eux. Ils m’ont sauvé la vie. »

Bien sûr, il y a certains jours où Bob se sent plus fatigué. Quand cela lui arrive, il essaie de faire une promenade pour se remémorer tout le chemin qu’il a parcouru pour se rétablir. « Je sais ce qu’il faut pour surmonter les obstacles et traverser les épreuves. Non seulement j’ai reçu les meilleurs soins possible à L’Hôpital d’Ottawa, mais j’avais aussi une raison de vivre. J’ai pu voir grandir mes filles, et me voilà aujourd’hui à 69 ans, presque 70, après une très longue course à obstacles. Je suis réellement satisfait de ma vie. Je suis vraiment très heureux. »

« Je suis vraiment reconnaissant d’avoir reçu ce traitement. Les infirmières et mes médecins ont été formidables – absolument incroyables. » – Bob Hardy

L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires et de recherche. En tant qu’hôpital d’enseignement, l’Hôpital est fier d’être affilié à l’Université d’Ottawa.

En nous soutenant aujourd’hui, vous aiderez des patients comme Robert à rester en mouvement.

D'autres histoires inspirantes

Déjouer les prédictions face au cancer du pancréas
Sindy Hooper a toujours été en santé. Comme ils n’ont aucun antécédent familial de cancer, son mari et elle ont été abasourdis par les résultats obtenus à la suite d’une échographie d’urgence passée à L’Hôpital d’Ottawa.
Un patient inspiré à donner par les soins qui ont changé sa vie
Après avoir fait confiance à L’Hôpital d’Ottawa pour rétablir sa santé, George Knight lui fait maintenant confiance pour gérer ses dons.
Des décennies de soins exceptionnels contre le VIH et le cancer de la prostate
Grâce aux soins spécialisés, intégrés et axés sur la personne qu’il a reçus à L’Hôpital d’Ottawa, Lorne Blahut a vaincu le VIH et le cancer de la prostate.

Déjouer les prédictions face au cancer du pancréas

Survivante du cancer du pancréas depuis sept ans, Sindy Hooper continue à déjouer les prédictions et elle compte sur les recherches sur le cancer effectuées à L’Hôpital d’Ottawa pour lui sauver encore la vie un jour.

Dévastés et abasourdis – voilà comment se sentaient Sindy Hooper et sa famille à l’annonce de son diagnostic de cancer du pancréas en 2013. D’autant plus que le taux de survie au cancer du pancréas est particulièrement faible. À l’époque où elle a reçu le diagnostic, Sindy considérait qu’elle était dans la meilleure forme de sa vie. Mais du jour au lendemain, elle a dû mener le combat de sa vie et c’est vers L’Hôpital d’Ottawa, qui offre des traitements spécialisés et effectue de la recherche sur le cancer, qu’elle s’est tournée pour de l’aide.

Dans les mois qui ont précédé son diagnostic, Sindy se sentait très bien. Elle avait participé à son premier Ironman en août 2012 et s’entraînait cet automne-là pour le prochain. Puis, en décembre, elle a commencé à ressentir une douleur dans le haut de l’abdomen et du dos. Ensuite, vers la fin du mois, sa peau a commencé à démanger beaucoup, elle est devenue de plus en plus fatiguée et elle a commencé à perdre un peu de poids. Le jour avant son diagnostic, elle s’est réveillée avec les yeux jaunes. Elle avait la jaunisse.

Le mari de Sindy, le Dr Jon Hooper, qui est médecin aux Soins intensifs de L’Hôpital d’Ottawa, a cru au départ qu’il s’agissait de calculs biliaires. Le couple s’est donc rendu à l’hôpital sans se douter de ce qui l’attendait. Plus tard dans la journée, une échographie a révélé un cancer du pancréas. « Nous n’arrivions pas à le croire. J’étais relativement jeune. Je venais d’avoir 50 ans. Je n’avais jamais été aussi en forme. Il n’y avait absolument aucun antécédent de cancer dans ma famille », raconte Sindy. Les statistiques sur le taux de survie étaient encore plus alarmantes.

Un cancer agressif et brutal

Le pancréas fait partie du système endocrinien, un groupe de glandes et de cellules qui produisent et libèrent des hormones dans le sang pour contrôler la croissance, la reproduction, le sommeil, la faim et le métabolisme. Normalement, les cellules du pancréas produisent et libèrent les sucs digestifs qui permettent de digérer les aliments.

Le cancer du pancréas naît dans les cellules du pancréas. Une tumeur maligne au pancréas est un groupe de cellules cancéreuses qui peuvent se multiplier dans les tissus environnants et les détruire. Les cellules peuvent aussi se disperser et atteindre d’autres parties du corps. La lutte contre le cancer du pancréas n’a pas beaucoup progressé depuis 40 ans.

Le taux de survie après cinq ans est de huit pour cent seulement. La durée moyenne de survie est de six mois, tandis que 75 pour cent des personnes atteintes de cette forme de cancer décèdent en moins d’un an.

« Nous voyons ce que les gens vivent et nous constatons que ce que nous avons fait jusqu’ici ne suffit pas, il faut faire mieux. Cela nous aide à garder le cap et à persévérer, car nous savons qu’il est urgent de trouver de meilleurs traitements. » – John Bell, Ph. D.

Les cancers du pancréas résistent à la plupart des traitements. Les scientifiques ne comprennent pas totalement la biologie des cellules, ce qui fait qu’il est difficile de détecter le cancer tôt et de le traiter avec les moyens conventionnels qui sont accessibles actuellement. Les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa s’efforcent de donner de l’espoir aux patients atteints d’un cancer du pancréas. Au moment de recevoir son diagnostic, Sindy ne le réalisait pas encore, mais la recherche allait devenir très importante pour elle et pour son parcours.

Prête à recevoir des soins spécialisés

En découvrant la gravité de sa situation, Sindy a prié pour tenir un an. Son équipe à L’Hôpital d’Ottawa a alors élaboré un plan de soins en trois volets. « Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir accès à des soins aussi formidables près de chez moi. De vrais soins de calibre mondial », dit Sindy.

Le traitement a commencé par une chirurgie de Whipple. « C’est une opération qui dure sept heures. C’est énorme. Elle est réalisée seulement dans des centres très spécialisés. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir être opérée ici, à Ottawa. »

D’ailleurs, il n’y a que quelques hôpitaux qui offrent ce type d’intervention au Canada et L’Hôpital d’Ottawa en fait partie. Cette technique est utilisée pour retirer les tumeurs situées à la tête du pancréas ou dans l’ouverture du canal pancréatique. Une équipe qui se spécialise dans les chirurgies du pancréas, du foie, de la vésicule biliaire et des canaux biliaires travaille en collaboration pour soutenir le patient tout au long de l’opération.

Sindy in hospital recovering from Whipple surgery.
Sindy à l’hôpital, qui se rétablit d’une chirurgie de Whipple.

Dans le cas de Sindy, l’intervention complexe consistait à retirer la moitié du pancréas, la moitié de l’estomac, la vésicule biliaire, le conduit biliaire, le duodénum et la tumeur. Elle a passé dix jours à l’hôpital, puis cinq semaines en convalescence à la maison. « Juste au moment où je commençais à me sentir mieux, à la mi-février, j’ai commencé la chimiothérapie. Jusqu’en septembre, j’ai eu 18 séances de chimiothérapie et 28 jours de radiothérapie », se rappelle Sindy.

« La chirurgie de Whipple est une opération qui dure sept heures. C’est énorme. Elle est réalisée seulement dans des centres très spécialisés. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir être opérée ici, à Ottawa. » – Sindy Hooper

Elle a très bien supporté les effets de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Selon ses médecins, c’est grâce à son excellente forme physique qu’elle a été si forte pendant ses traitements. « Tout au long de mes traitements, j’ai continué à m’entraîner pour l’Ironman Canada. »

Dompter l’Ironman Canada

Sindy Hooper competing in 2013 Ironman Canada during cancer treatment
Sindy qui franchit la ligne d’arrivée de l’Ironman Canada en 2013.

Même si Sindy recevait encore de la chimiothérapie, elle se sentait bien et elle a organisé son voyage avec Jon en août 2013 pour s’attaquer à l’Ironman Canada à Whistler, en Colombie-Britannique. Elle ne pensait pas faire la portion de vélo ou la portion de course, mais elle se sentait capable de réussir les 3,86 km de nage. Finalement, non seulement Sindy a-t-elle terminé la portion de nage, mais elle a aussi fait les 180 km de vélo et le marathon. « Nous avons commencé le marathon et c’était miraculeux. Je me sentais tellement bien ce jour-là. J’étais pleine d’énergie. »

Au final, ils ont terminé l’Ironman ensemble, à 23 h 37 – 23 minutes avant l’heure limite. Mais son exploit représentait plus que le simple fait de croiser le fil d’arrivée. L’histoire de Sindy, qui a fait preuve d’une incroyable force en domptant un Ironman en plein traitement de chimiothérapie, a attiré beaucoup d’attention médiatique. Non seulement a-t-elle sensibilisé le public au cancer du pancréas, mais elle a aussi récolté 50 000 $ pour la recherche sur le cancer. « Réussir l’Ironman, accroître la sensibilisation et récolter tout cet argent, pour moi c’était un véritable cadeau au milieu de cette épreuve que je traversais », confie Sindy.

Récolter des fonds pour toutes les personnes atteintes du cancer

Les 50 000 $ amassés n’étaient que le début de la croisade de Sindy. Depuis 2014, elle s’emploie à récolter des fonds pour la recherche à L’Hôpital d’Ottawa en participant à l’événement Courez pour une raison de la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa. Son équipe de course s’appelle « MEMC crew » (pour Making Every Moment Count, ou « Chaque moment doit compter »). Elle s’efforce de transmettre aux autres sa passion pour la vie et de ne rien tenir pour acquis. C’est ainsi qu’elle a recueilli plus de 225 400 $ pour la recherche sur le cancer.

Sindy ne le fait pas seulement pour elle-même, mais aussi pour les autres patients. « La recherche sur le cancer me sauvera la vie encore, j’en suis certaine. »

« La recherche sur le cancer sauve des vies, c’est aussi simple que ça. Que ce soit en trouvant de nouveaux traitements ou des méthodes de détection précoce qui permettent de déceler le cancer plus tôt et de le traiter plus efficacement, la recherche sur le cancer sauve vraiment des vies. » – Sindy Hooper

Sindy running in support of cancer research at The Ottawa Hospital
Sindy qui participe à la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa, pour soutenir L’Hôpital.

John Bell, Ph. D., est un scientifique principal qui étudie cette maladie complexe depuis des décennies à L’Hôpital d’Ottawa et ce sont les patients comme Sindy qui l’inspirent, ainsi que son équipe de chercheurs. « Je suis très privilégié d’avoir un laboratoire au Centre de cancérologie. Cela signifie que chaque jour, je peux voir les gens que nous essayons d’aider et qui, comme Sindy, veulent vivre longtemps et avoir une bonne qualité de vie. »

M. Bell ajoute que ce sont ces patients qui le poussent à chercher des réponses et le fameux remède qui nous échappe encore. « Nous voyons ce que les gens vivent et nous constatons que ce que nous avons fait jusqu’ici ne suffit pas, il faut faire mieux. Cela nous aide à garder le cap et à persévérer, car nous savons qu’il est urgent de trouver de meilleurs traitements. »

Les essais cliniques sont parmi les moyens de trouver ces réponses. Mais M. Bell n’ignore pas que les patients qui y participent sont courageux et altruistes. « Chaque patient que je rencontre semble me dire la même chose : “Je ne sais pas si cela fonctionnera pour moi, mais j’espère que vous apprendrez quelque chose qui pourra aider quelqu’un d’autre.” Ce genre d’attitude est une réelle source d’inspiration pour nous. Et Sindy a assurément cette attitude. »

De l’espoir pour personnes atteintes du cancer du pancréas

Sindy with Dr. John Bell at The Ottawa Hospital
Sindy en rencontre avec John Bell dans son laboratoire.

Les possibilités de traitement pour le cancer du pancréas sont encore limitées, mais il y a de l’espoir. Des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa sont à l’avant-garde de la recherche dans le monde, en mettant au point des virus qui peuvent attaquer les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules normales. Ces virus ont fait l’objet d’essais cliniques visant d’autres types de cancer et l’équipe de M. Bell est à l’œuvre dans son laboratoire pour déterminer s’il est possible de les modifier spécialement pour s’attaquer au cancer du pancréas. Selon M. Bell, c’est « absolument » possible d’utiliser les résultats de ces essais pour aider éventuellement d’autres patients atteints du cancer du pancréas.

« Je crois vraiment que c’est un champ de recherche en pleine croissance et j’aime penser que nous avons un rôle essentiel à jouer pour entamer ce travail. »

Sindy, qui compte sur les résultats de ces recherches pour l’avenir, a un message tout simple pour M. Bell et son équipe : « Merci pour le travail que vous faites. »

« Continuez de travailler très fort, parce qu’il y a beaucoup de gens qui, comme moi, dépendent de la recherche pour que l’on trouve de nouveaux traitements, plus efficaces, et peut-être un jour un remède. » – Sindy Hooper

Un nouveau souci de santé en 2020

Même avant l’arrivée de la COVID-19, l’année 2020 réservait un nouveau défi à Sindy. Lors d’un vol vers Hawaii l’hiver dernier, elle a commencé à ressentir d’intenses douleurs gastro-intestinales. Dès l’atterrissage, elle s’est rendue directement à l’hôpital, où elle a appris qu’elle avait une obstruction partielle de la voie gastro-intestinale. Même si son état s’est amélioré, ses chirurgiens de L’Hôpital d’Ottawa lui ont recommandé de rentrer à la maison, car ils avaient les meilleurs moyens de traiter son cas complexe si elle développait une nouvelle obstruction et avait besoin d’une chirurgie.

De retour chez elle, Sindy a continué à avoir de graves crises de douleur, puis elle a fait de la fièvre et une infection du sang. À la mi-avril, la COVID-19 était arrivée à Ottawa et les médecins hésitaient à l’opérer, mais la douleur était devenue si forte qu’ils n’ont pas eu le choix.

Les chirurgiens ont découvert un grand nombre d’adhérences là où se trouvaient ses obstructions et les ont retirées. Sindy avoue que ce séjour à l’hôpital en pleine pandémie fut une période angoissante. « J’avais si peur, toute seule, sans mon mari à mes côtés. »

Toutefois, elle lève son chapeau au personnel incroyable qui a été à son chevet pendant six jours. Je dois dire que tout le monde a mis les bouchées doubles pour que les patients se sentent bien pendant cette période. J’étais impressionnée. »

Des plans d’avenir

Aujourd’hui, Sindy célèbre sept années de survie au cancer du pancréas et ne tient rien pour acquis. Après avoir survécu une première année, elle a prié pour une deuxième. « Quand je songe à chaque année qui s’est ajoutée, c’est absolument incroyable pour moi, Jon et mes fils. »

Chaque six mois, Sindy retourne passer une tomodensitométrie à L’Hôpital d’Ottawa. Même si l’attente des résultats est angoissante, jusqu’à maintenant chaque examen a donné lieu à de bonnes nouvelles qui permettent à Sindy et Jon de faire des plans pour l’année suivante.

Sindy biking at the International Triathlon Union
En action au championnat du monde de triathlon de distance olympique de l’ITU (International Triathlon Union) à Cozumel, au Mexique, en 2016.

Cette année, le plan prévoyait d’agrandir la famille avec l’arrivée de Lexey, un bouledogue français, qui remplit leur quotidien de bonheur. Sindy a toujours de la course, de la nage et du vélo à l’horaire. Après son opération, elle a repris ses forces et est de retour à l’entraînement pour une course Ultramarines de 50 km en novembre et un triathlon l’été prochain. Elle reste toujours tournée vers l’avenir.

« C’est extraordinaire de déjouer les prédictions et de pouvoir continuer à vivre, à profiter de la vie et à aimer la vie. » – Sindy Hooper

On peut dire que pour Sindy, chaque moment compte.

Écoutez Sindy Hooper témoigner dans Pulse, le balado de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires, de recherche et d’enseignement, fièrement affilié à l’Université d’Ottawa.

Votre don peut permettre à des patients comme Sindy d’espérer qu’un jour de meilleurs traitements existeront.

D'autres histoires inspirant

De la leucémie aux marathons – avec sa marchette
Atteint de leucémie, Bob Hardy avait 40 % de chances de survivre, mais il a repris espoir après avoir reçu un traitement à L’Hôpital d’Ottawa.
Un patient inspiré à donner par les soins qui ont changé sa vie
Après avoir fait confiance à L’Hôpital d’Ottawa pour rétablir sa santé, George Knight lui fait maintenant confiance pour gérer ses dons.
Des décennies de soins exceptionnels contre le VIH et le cancer de la prostate
Grâce aux soins spécialisés, intégrés et axés sur la personne qu’il a reçus à L’Hôpital d’Ottawa, Lorne Blahut a vaincu le VIH et le cancer de la prostate.

Un championnat après une chirurgie arthroscopique pour une légende canadienne du bras de fer

Avec ses biceps démesurés, Devon Larratt a des allures de superhéros. Il n’a peut-être pas de superpouvoirs, mais il est maintenant champion du monde et son histoire n’a rien de banal. Récit d’une ascension ponctuée de multiples chirurgies et de réadaptation intensive, et marquée par une détermination absolue.

Le parcours triomphal de Devon Larratt – champion du monde de la série Open de la World Armwrestling League, catégories bras gauche et bras droit – force l’admiration. À maintes reprises, de 2008 à 2012, ce vétéran des Forces armées canadiennes a affronté ses adversaires sous les cris d’encouragement de la foule. Toutefois, Devon ignorait à l’époque que l’entraînement intense auquel il devait s’astreindre pour évoluer sur la scène mondiale lui causerait de l’arthrite, une maladie qui le fragiliserait au point de menacer sa plus grande passion et sa carrière. Son seul espoir de renouer avec la gloire était une chirurgie à L’Hôpital d’Ottawa pour que ses bras retrouvent leur force.

Une affaire de famille

Devon s’est intéressé au bras de fer pratiquement toute sa vie. À 18 ans, il participait à son premier tournoi et depuis, il a représenté le Canada dans des compétitions internationales et remporté de nombreux championnats mondiaux. L’exploit est impressionnant, de la part de quelqu’un qui a commencé à s’adonner au bras de fer pour le plaisir à cinq ans seulement.

On pourrait dire que chez les Larratt, le bras de fer est une affaire de famille. « J’ai grandi en affrontant ma grand-mère, raconte Devon. Selon la rumeur qui circulait dans la famille, elle était la championne féminine de l’Alberta. C’est grâce à elle que j’ai commencé à faire ce sport. »

Devon Larratt sitting on an OR table
Devon Larratt, Championne canadienne des armwrestling

 

Force militaire

C’est seulement quand Devon est entré dans les Forces armées canadiennes qu’il s’est mis à s’entraîner sérieusement. Les 18 années qu’il a passées dans l’armée lui ont permis d’atteindre sa meilleure forme physique. « Quand je n’étais pas en mission, je poussais de la fonte, explique Devon. »

Même en période de service en Afghanistan, le bras de fer a occupé une grande place dans sa vie. En se mesurant à ses confrères militaires, il a acquis l’expérience qui l’aiderait un jour à se faire un nom parmi les meilleurs ferristes du monde.

Des blessures mettent un frein à ses rêveselbow xray

Comme beaucoup d’athlètes, Devon a subi des blessures qui ont mis en péril ses rêves et sa carrière. Le bras de fer est très exigeant pour les tendons et les articulations. Après des années à malmener son corps, Devon a développé de l’ostéoarthrite et une accumulation de matière osseuse aux coudes.

« Les articulations de mes deux coudes s’étaient tellement dégradées que j’avais mal sans arrêt », confie Devon. Le bras de fer sollicite les articulations des coudes de façon excessive par des mouvements qui ne sont pas normaux, ce qui entraîne le développement de tissu osseux excédentaire là où il ne devrait pas y en avoir. Sans que Devon s’en rende compte, cette matière s’effritait en libérant des fragments osseux dans ses articulations.

En même temps, l’arthrite de Devon engendrait de l’inflammation chronique entre les os de ses coudes, érodant le cartilage de l’articulation et causant de la friction. Non seulement c’était très douloureux, mais cela réduisait grandement son amplitude de mouvement.

Incapable de compétitionner à la hauteur de son potentiel et aux prises avec d’intenses douleurs, Devon a été dirigé vers un spécialiste de l’épaule et du coude de L’Hôpital d’Ottawa.

Une technique spécialisée

Pour traiter Devon, il fallait lui faire trois opérations : deux au coude droit et une au coude gauche. En raison de son mode de vie de ferriste et militaire, l’équipe médicale a opté pour une technique spécialisée de chirurgie mini-invasive appelée arthroscopie du coude. Cette technique consiste à insérer une caméra vidéo à fibre optique dans l’articulation par une petite incision. Les images sont alors transmises à un écran haute définition, ce qui permet de réaliser une chirurgie plus précise. Comme la chirurgie est mini-invasive, cette technique préserve au maximum les muscles et les tendons dans le coude.

Les chirurgiens ont extrait plus d’une tasse de fragments d’os détachés du coude de Devon, ainsi qu’une excroissance osseuse de la taille d’une balle de golf. Ensuite, ils ont remodelé et sculpté le coude pour corriger toute difformité et restaurer l’anatomie normale de l’articulation.

Une expertise ici même, à Ottawa

Avant la mise au point des techniques arthroscopiques, une telle chirurgie exigeait de pratiquer une longue incision en découpant plusieurs couches de muscles pour atteindre l’articulation. Souvent, le temps de guérison était plus long et la période de réadaptation durait plus longtemps.

Il y a dix ans, malgré les nombreuses avancées de l’arthroscopie du coude, cette intervention spécialisée n’était pas encore offerte à Ottawa. Puis, grâce à un effort concerté pour améliorer nos techniques mini-invasives, notre hôpital a réussi à attirer des médecins talentueux de partout dans le monde.

Maintenant que nous avons sur place des experts de l’épaule et du coude, en plus de l’équipement et des technologies les plus modernes, les patients peuvent rester ici, à Ottawa, pour être traités. C’est en partie grâce au soutien de nos donateurs que L’Hôpital d’Ottawa a pu acquérir les outils les plus récents pour effectuer des chirurgies arthroscopiques.

Le potentiel des cellules souches

Un jour, les athlètes comme Devon pourront peut-être éviter complètement la chirurgie en ayant recours au pouvoir de guérison des cellules souches.

Des recherches sont en cours à L’Hôpital d’Ottawa pour mieux comprendre comment les os se régénèrent, se réparent et guérissent. Daniel Coutu, Ph.D., premier titulaire de la Chaire de recherche en chirurgie orthopédique régénératrice, examine l’incidence des traumatismes, du vieillissement et des maladies dégénératives chroniques sur les os, dont dépendent nos articulations. Ce chercheur vedette venu de la Suisse s’intéresse à la biologie fondamentale des cellules souches osseuses. Il étudie divers modèles de maladies inflammatoires causées par l’arthrite et s’efforce de déterminer comment les cellules souches peuvent améliorer la guérison et le rétablissement.

En restant à l’avant-garde de la recherche sur les cellules souches, nous pourrons offrir à nos patients les traitements les plus novateurs et les meilleures chances de guérison.

« Les traitements par cellules souches pourraient changer la vie des athlètes professionnels qui souffrent de microtraumatismes répétés aux os, en leur permettant de réaliser les meilleures performances possible et de retrouver leur qualité de vie. » – Daniel Coutu, Ph.D.

Dr. Daniel Coutu
Daniel Coutu, Ph.D.

Les os jouent un rôle essentiel dans la santé des tissus qui s’y rattachent, comme les muscles, les tendons et le cartilage. En général, les tissus osseux se réparent d’eux-mêmes très facilement, mais les tendons, les ligaments et le cartilage guérissent beaucoup plus difficilement.

Heureusement, le taux d’échec des chirurgies orthopédiques est plutôt faible (environ 5 %). Par contre, le taux de succès chez les athlètes chute avec la répétition des blessures ou le vieillissement. M. Coutu espère combler cette lacune avec ses recherches sur les cellules souches, pour permettre à des athlètes comme Devon de mieux se rétablir et d’obtenir des résultats plus durables.

« Les baby-boomers et les athlètes qui ont des douleurs articulaires sont de plus en plus nombreux et j’espère qu’en travaillant ensemble, nous pourrons prolonger la vie de leurs articulations. Les recherches sur les cellules souches qui sont menées ici, à Ottawa, pourraient permettre à ces patients de reprendre leurs activités sportives normales et d’améliorer leur qualité de vie », conclut le Dr Paul E. Beaulé, chef de la Division de chirurgie orthopédique à L’Hôpital d’Ottawa.

La reconquête du championnat

Après ses opérations, Devon s’est concentré sur sa réadaptation. « Je voyais la réadaptation comme une préparation à une autre compétition. La réadaptation, combinée au travail incroyable de mon équipe en chirurgie, m’a permis de retourner à la compétition en moins d’un an », dit Devon.

À peine onze mois après avoir été opéré trois fois aux bras à L’Hôpital d’Ottawa, Devon renouait avec la victoire et reprenait son titre de champion.

Depuis, il s’est mesuré à certains des plus grands ferristes de la planète et a remporté de nombreux championnats dans le monde entier.

Plus récemment, il a ouvert au public les portes de la salle d’entraînement aménagée dans son garage, pour encourager les autres à se tenir en forme, s’entraîner et promouvoir son équipement. Le bras de fer continuera assurément à occuper une grande place dans la vie de Devon et de sa famille pendant de longues années.

Devon with weights

« Je suis extrêmement reconnaissant de ce que l’équipe de soins de L’Hôpital d’Ottawa a fait pour moi et d’avoir accès à ce type d’expertise ici, à Ottawa. Ils m’ont aidé à revenir à la compétition et à faire ce que j’aime. » – Devon Larratt

Devon and Dr. Pollock armwrestle

L’Hôpital d’Ottawa est un centre hospitalier universitaire de calibre mondial qui s’est taillé une solide réputation en matière de soins aux patients, d’enseignement et de recherche. Il est fier d’être affilié à l’Université d’Ottawa.

Aidez-nous à trouver une fin heureuse à d’autres histoires comme celle de Devon. Avec votre soutien aujourd’hui, nous pourrons continuer à promouvoir un mode de vie sain demain.

D'autres histoires inspirant

De la leucémie aux marathons – avec sa marchette
Atteint de leucémie, Bob Hardy avait 40 % de chances de survivre, mais il a repris espoir après avoir reçu un traitement à L’Hôpital d’Ottawa.
Déjouer les prédictions face au cancer du pancréas
Sindy Hooper a toujours été en santé. Comme ils n’ont aucun antécédent familial de cancer, son mari et elle ont été abasourdis par les résultats obtenus à la suite d’une échographie d’urgence passée à L’Hôpital d’Ottawa.
Percer les mystères de la maladie de Parkinson
La cause exacte de la maladie leur échappe encore, mais les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa, déterminés à assembler toutes les pièces du puzzle, gagnent du terrain.

Les cellules souches pourraient guérir les poumons des bébés nés prématurément

Les bébés prématurés ont besoin de plus d’oxygène et d’une intervention mécanique pour respirer, ce qui peut toutefois endommager leurs poumons et provoquer chez eux une maladie pulmonaire chronique. Un traitement par cellules souches, qui fera bientôt l’objet d’essais cliniques à L’Hôpital d’Ottawa, pourrait contribuer à guérir les poumons des bébés prématurés.

La petite Olivia Eberts a eu des tubes d’oxygène dans le nez jusqu’après son premier anniversaire. Parce qu’elle est née prématurément, ses petits poumons n’étaient pas encore entièrement formés et elle ne pouvait pas respirer sans oxygène. Ironiquement, pour Olivia comme pour beaucoup d’autres bébés prématurés, l’oxygène qui lui a sauvé la vie a aussi endommagé ses poumons, la laissant avec une dysplasie bronchopulmonaire : l’équivalent d’une nouvelle vie marquée par l’emphysème. Cependant, un essai clinique mené à L’Hôpital d’Ottawa sous la direction du Dr Bernard Thébaud pourrait tout changer. Le traitement à base de cellules souches pourrait guérir les poumons des bébés prématurés.

Une naissance prématurée inattendue

Jamie Eberts, qui attendait des jumeaux, était enceinte de 22 semaines quand elle a commencé à ressentir de la douleur. À son arrivée au Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa, elle a été hospitalisée : son travail avait commencé prématurément.

Heureusement, les médecins et les infirmières de L’Hôpital d’Ottawa étaient prêts à toute éventualité pour Jamie, son mari, Tim, et les bébés. Chaque jour, on discutait posément de l’état des bébés, de la façon de les mettre au monde et de leurs chances de survie. Chaque heure comptait. C’est alors que l’un des bébés a contracté une infection. Les trois vies étant en jeu, il fallait que Jamie accouche.

Baby in NICU
La petite Olivia à l’Unité de soins intensifs néonataux

« Nos bébés, Liam et Olivia, sont nés à 5 heures du matin le 29 janvier 2017, à 23 semaines et demie de gestation. Liam est né en premier. Il était petit, rouge et ne faisait aucun son », se rappelle Jamie. Olivia pesait une livre et deux onces et Liam, seulement quelques onces de plus. Les deux bébés ont eu besoin d’oxygène et d’une ventilation artificielle pour rester en vie. Tous deux ont donc développé une dysplasie bronchopulmonaire — la cause de décès la plus courante chez les bébés prématurés.

Malheureusement, bébé Liam est décédé quelques semaines après sa naissance, tandis qu’Olivia a séjourné à l’Unité de soins intensifs néonataux (USIN) de L’Hôpital d’Ottawa pendant neuf longs mois.

Jamie Eberts carrying baby Olivia and her oxygen tank
Jamie Eberts portant sa fille Olivia

La dysplasie bronchopulmonaire au Canada

Au Canada, 1000 bébés reçoivent un diagnostic de dysplasie bronchopulmonaire chaque année. Ils présentent bien souvent d’autres maladies pulmonaires chroniques, comme l’asthme, et bon nombre d’entre eux ont besoin d’un apport prolongé en oxygène et de ventilation. De plus, ils présentent dans bien des cas un taux élevé de réadmissions à l’hôpital pendant leurs deux premières années de vie. Les bébés atteints de dysplasie bronchopulmonaire ont souvent des problèmes qui touchent d’autres organes, dont le cerveau ou les yeux.

Quand Olivia a enfin pu sortir de l’hôpital, elle est rentrée chez elle branchée à une bonbonne d’oxygène. Au cours de sa première année de vie, elle a passé plus de temps à l’hôpital qu’à la maison.

« Même aujourd’hui, une simple grippe qui me cloue au lit pendant quelques jours lui vaut un séjour à l’hôpital et se transforme en pneumonie. C’est inquiétant », confie Jamie. Le docteur lui a dit qu’en raison de ses problèmes respiratoires, Olivia pourrait se retrouver très souvent à l’hôpital pendant toute sa vie.

Des possibilités de traitement limitées

À l’heure actuelle, il n’y a aucun traitement pour cette maladie », explique le Dr Bernard Thébaud, néonatologiste et chercheur principal à L’Hôpital d’Ottawa. Celui-ci est toutefois déterminé à changer les choses pour les bébés qui, comme Olivia, sont atteints de dysplasie bronchopulmonaire.

 « Au laboratoire, nous avons découvert qu’un type particulier de cellules souches peuvent prévenir la dysplasie bronchopulmonaire ou régénérer les poumons des nouveau-nés. » — Dr Bernard Thébaud

Dr. Bernard Thebaud in the neonatal intensive care unit (NICU) at The Ottawa Hospital
Le Dr Bernard Thébaud à l’Unité de soins intensifs néonataux de L’Hôpital d’Ottawa

« Dans nos recherches, nous utilisons des cellules souches isolées du cordon ombilical de nouveau-nés en santé, pour prévenir une lésion pulmonaire ou même dans une certaine mesure régénérer en laboratoire un poumon endommagé. Nous prévoyons que ces cellules souches, transplantées pendant un certain temps durant le séjour à l’hôpital des bébés, pourraient empêcher l’évolution de la maladie pulmonaire. »

Plutôt que de remplacer directement les cellules et les tissus endommagés comme le font les cellules souches habituelles, celles que le Dr Thébaud étudie produisent des facteurs de guérison qui favorisent la régénération et la réparation des cellules.

Un essai clinique porteur d’espoir

Le Dr Thébaud et son équipe de chercheurs entreprennent la phase I d’un essai clinique afin de vérifier la faisabilité et l’innocuité du traitement par cellules souches administré aux bébés prématurés. L’équipe fait tout en son pouvoir pour assurer le succès de cet essai clinique, notamment en consultant des professionnels de la santé et des parents de bébés prématurés.

Ces consultations leur ont appris, entre autres choses, que beaucoup de parents ont l’impression de ne pas en savoir assez sur les cellules souches et les essais cliniques pour décider s’ils veulent que leur enfant en fasse partie. Le Dr Thébaud et son équipe ont donc créé une vidéo animée qui explique ces concepts et aide les parents à prendre une décision éclairée. Les parents peuvent partager la vidéo avec des proches s’ils veulent un autre avis.

Jamie a participé à ces consultations et son expérience concrète a été très instructive pour l’équipe de recherche pendant la planification de ce projet. Voilà un exemple parmi tant d’autres qui illustre comment la collaboration entre les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa, les patients et leurs fournisseurs de soins améliorent la qualité et la réussite de la recherche.

Le Dr Bernard Thébaud regarde un bébé prématuré dans un incubateur
Le Dr Bernard Thébaud regarde un bébé prématuré dans un incubateur

Le Dr Thébaud et son équipe en sont maintenant à la « répétition générale » de leur essai clinique. « Cette répétition générale nous permet de tester et de perfectionner nos outils pour nous adresser aux parents, comme la vidéo, afin de savoir ce qui fonctionne le mieux quand nous serons prêts à commencer à offrir le traitement expérimental. »

L’équipe prévoit administrer le premier traitement au début de 2021. Si ce premier essai est fructueux, le , Dr Thébaud et son équipe lanceront un essai clinique plus vaste au Canada. « Nous venons de franchir une étape décisive dans la mise au point d’un traitement révolutionnaire qui pourrait aider les bébés prématurés du Canada et du monde entier », affirme le Dr Thébaud.

L’essai clinique conçu à Ottawa est appuyé par le Centre de méthodologie et le Centre de fabrication de produits biothérapeutiques de L’Hôpital d’Ottawa, ainsi que par le groupe de recherche translationnelle Blueprint.

Un essai unique en son genre au Canada

« Les recherches sur les cellules souches sont incroyablement novatrices. Ici, nous disposons d’un nouveau traitement très prometteur qui pourrait prévenir une lésion pulmonaire et améliorer le développement du cerveau et la vision », déclare Janet Brintnell, gestionnaire clinique à l’USIN, qui a vu des dizaines de bébés prématurés atteints de dysplasie bronchopulmonaire.

« Quand on y pense, c’est incroyable ce que ce traitement pourrait faire pour donner une meilleure qualité de vie aux enfants et à leur famille et améliorer notre système de santé. Il pourrait réduire la durée des séjours et le nombre d’admissions à l’hôpital et améliorer les résultats à long terme. Il pourrait aider ces petits êtres à vivre en meilleure santé. » — Janet Brintnell

« Nous sommes les seuls à faire ce genre de recherches sur les cellules souches au Canada et seulement quelques équipes en font autant dans le reste du monde. » — Dr Bernard Thébaud

Pourtant, il y a trois ans, quand Olivia se trouvait à l’USIN, ce traitement n’était pas encore offert. Maintenant, Jamie et Tim encouragent les travaux du Dr Thébaud et sont optimistes quant à l’avenir des prochains bébés prématurés et de leur famille.

« Je crois que notre avenir est là, dit Jamie. Quand je pense à ce que ce traitement aurait pu faire pour notre famille, je me demande si Liam aurait pu survivre. Olivia ne vivrait peut-être pas avec les retards qu’elle connaît aujourd’hui. Même maintenant, si on nous demandait d’inscrire Olivia à l’essai clinique comme candidate plus âgée, nous le ferions. »

Jamie ajoute aussi que la maladie a eu des répercussions du point de vue de la santé mentale et des finances. « Les quatre premières années de la vie de notre aîné, Jacob, ont été très particulières parce qu’il a dû s’adapter énormément à cette situation difficile. Notre famille a aussi été mise à l’épreuve financièrement par toute cette expérience en raison des divers traitements dont Olivia a besoin. Nous avons dû apprendre à compter sur un seul revenu pendant plusieurs années pour gérer l’horaire complexe d’Olivia. Si nos jumeaux avaient eu accès aux recherches du Dr Thébaud à l’époque, nous aurions peut-être évité tout cela. »

Un nouveau départ

Olivia est maintenant une petite fille heureuse et active qui adore imiter son grand frère Jacob. Elle est toujours atteinte de dysplasie bronchopulmonaire, mais sa maladie est de plus en plus gérable et elle n’a plus besoin d’oxygène d’appoint. Olivia souffrira peut-être toute sa vie d’une maladie respiratoire, mais un jour, un traitement par cellules souches mis au point ici à Ottawa pourrait faire en sorte que la prochaine génération de bébés échappe à la dysplasie bronchopulmonaire.

Jamie Eberts with her daughter, Olivia
Jamie Eberts et sa fille Olivia

Écoutez le balado Pulse et découvrez comment les cellules souches pourraient un jour guérir les poumons de bébés prématurés, avec le Dr Bernard Thébaud, et ce que cela pourrait représenter pour des parents comme Jamie Eberts.

L’Hôpital d’Ottawa est un important hôpital universitaire d’enseignement et de recherche et est fièrement affilié à l’Université d’Ottawa.

Nous avons besoin de votre soutien maintenant pour offrir à nos plus petits patients, comme Olivia, les traitements les plus modernes qui les aideront à s’épanouir.

D'autres histoires inspirantes

De la leucémie aux marathons – avec sa marchette
Atteint de leucémie, Bob Hardy avait 40 % de chances de survivre, mais il a repris espoir après avoir reçu un traitement à L’Hôpital d’Ottawa.
Déjouer les prédictions face au cancer du pancréas
Sindy Hooper a toujours été en santé. Comme ils n’ont aucun antécédent familial de cancer, son mari et elle ont été abasourdis par les résultats obtenus à la suite d’une échographie d’urgence passée à L’Hôpital d’Ottawa.
Un championnat après une chirurgie arthroscopique pour une légende canadienne du bras de fer
Devon « No Limits » Larratt est un champion du monde de bras de fer, catégories bras gauche et bras droit. Cependant, même un champion peut connaître son lot de blessures et de difficultés. C’est ainsi que Devon a croisé sur sa route les experts de L’Hôpital d’Ottawa.

Les blessés de l’accident d’autobus à la station Westboro ont été soignés avec compassion

Marcie Stevens comptait parmi les 13 patients gravement blessés qui sont arrivés au centre de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa à la suite de l’accident d’autobus deWestboro. Un an plus tard, après avoir perdu ses deux jambes, Marcie poursuit son rétablissement au Centre de réadaptation et elle est reconnaissante des soins empreints de compassion qu’elle a reçus.

C’était une journée glaciale d’hiver, Le vendredi11 janvier 2019Marcie Stevens quittait le centre-villeafin de rentrer chez elle à Kanata pour la fin de semaine. L’employée de Sécurité publique Canada était assise au deuxième étage de l’autobus à deuxétages d’OC Transpo lorsque celui-ci a heurté un abribus à la station Westboro. Il était 15 h 50. 

À dix minutes de route de la scène de l’accident, l’équipe de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa a reçu l’alerte, et un code orange a été déclaré. On a commencé à faire de la place à l’Urgence et un grand nombre d’employés sont arrivés, dont des chirurgiens, des infirmières, des anesthésiologistes, des urgentologues et du personnel de soutien. Une importante équipe d’environ 150 personnes attendait de recevoir les passagers blessés. À 16 h 28, le premier patient est arrivé au Campus Civic de L’Hôpital d’Ottawa où se trouve le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est de l’Ontario. Au total, 13 patients gravement blessés ont été transportés d’urgence au centre de traumatologie –Marcie Stevens était parmi ces blessés. 

Le calme durant la tempête 

La femme mariée, mère de deux enfants, se souvient qu’elle était consciente et extrêmement calme tout au long de l’épreuve. Même si elle était coincée au niveau supérieur de l’autobus et grièvement blessée, elle a pu téléphoner à son mari, Christopher, pour lui dire qu’elle ne pouvait pas aller chercher les enfants. Elle a même pensé à téléphoner au travail pour signaler qu’elle allait être absente lundi et a été en mesure d’aider à calmer les autres blessés alors que les équipes d’urgence s’efforçaient de les extirper des débris. Confrontée à l’adversité, Marcie allait avoir besoin de cette sérénité tranquille pour affronter ce qui l’attendait. 

« Je n’aurais jamais pu me rendre aussi loin sans les gens et le soutien incroyables de L’Hôpital d’Ottawa – de l’équipe de traumatologie, du personnel des Soins intensifs et de celui du Centre de réadaptation – c’est incroyable. Le mot idéal pour les décrire, c’est la compassion ». – Marcie Stevens

L’équipe de traumatologie était prête 

Une fois arrivée à l’Urgence, Marcie se rappelle avoir perdu tant de sang que sa tension artérielle a commencé à chuter après sa tomodensitométrie, mais l’équipe de traumatologie était prête. « L’infirmière à l’Urgence avait déjà un sac de sangO négatif dans sa poche. Ils ont immédiatement commencé à pomper le sang dans mon organisme. Ma tension s’est stabilisée et j’ai ensuite été transportée à la salle d’opération. Le seul moment où j’ai perdu connaissance était lorsqu’ils m’ont mis le masque pour m’endormir. 

 

Four physicians in an emergency room at The Ottawa Hospital

(De gauche à droit) Dr Mahar Matar, Dr Peter Glen, Dr Ian Grant et Dr Jacinthe Lampron

 

Marcie s’est réveillée le dimanche matin, sonnée et enflée. C’est alors que son mari lui a dit que ses deux jambes avaient été amputées. « Avant de subir l’opération, je savais que j’avais perdu ma jambe gauche, parce qu’ils me l’ont dit. Ils allaient essayer de sauver la jambe droite, mais ils n’ont pas été capables de le faire, et ils ont dû l’amputer le samedi ». 

Alors qu’une vie complètement nouvelle l’attendait, Marcie n’a jamais perdu son attitude positive. « On s’adapte aux choses, et c’est ce que j’ai fait. C’est comme ça la vie. Je n’aurais jamais pu me rendre aussi loin sans les gens et le soutien incroyables de L’Hôpital d’Ottawa – de l’équipe de traumatologie, du personnel des Soins intensifs et de celui du Centre de réadaptation – c’est incroyable. Le mot idéal pour les décrire, c’est la compassion ».

L’aube d’une nouvelle vie 

Peu de temps après l’accident d’autobus, la Dre Nancy Dudek, directrice médicale du programme du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa conçu pour les amputés, a rencontré Marcie à son chevet pour la première fois. « Je rendais régulièrement visite à Marcie lorsqu’elle était à l’unité de traumatologie afin de déterminer le moment où elle serait prête du point de vue médical à être transférée au Centre de réadaptation ». Le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa se spécialise dans la réadaptation physique d’adultes ayant subi une maladie ou une blessure qui a diminué leur capacité fonctionnelle. Ses services sont offerts aux résidents de l’Est de l’Ontario. 

Cependant, la Dre Dudek ne manque pas de mentionner que le processus de réadaptation de Marcie a été entamé peu de temps après que cette dernière a été admise à lhôpital. « Nous avons commencé à élaborer le programme de réadaptation pendant qu’elle était encore à l’unité de traumatologie. Elle participait très activement à la réadaptation précoce ». 

Marcie a commencé son parcours vers un nouveau mode de vie pendant que son équipe multidisciplinaire l’aidait à guérir de ses blessures. Dans le cadre de ce processus, elle a appris encore une fois comment se déplacer de manière indépendante. 

À la fin du mois de février, Marcie a été transférée au Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa. Elle raconte que les employés étaient incroyables dès le moment  elle est arrivée. « J’étais dans une chambre avec trois autres femmes. Ils ont installé les deux patientes qui s’endormaient tôt d’un côté et les oiseaux de nuit – une patiente plus âgée et moi – de l’autre côté ». 

Pendant sa réadaptation, Marcie a appris comment passer de son lit à son fauteuil roulant toute seule. Elle a appris à faire la cuisine dans une cuisine non adaptée afin de se préparer à retourner chez elle, et elle est en train d’apprendre comment conduire à l’aide de commandes à la main.

Marcie chez elle avec sa famille

Préparer le retour à la maison 

La Dre Dudek explique qu’il y a beaucoup de matière à couvrir en réadaptation. « Nous enseignons des compétences sur le plan des fauteuils roulants, y compris comment déterminer quel est le bon fauteuil roulant pour le patient. Il fallait également travailler sur le renforcement musculaire, dont les abdominaux. Ensuite, nous avons discuté de ses besoins immédiats afin de lui permettre de retourner chez elle pour vivre avec sa famille, dont ses fils âgés de cinq et de douze ans ». 

Marcie est rentrée à la maison le vendredi12 avril 2019, trois mois après son arrivée à L’Hôpital. Questionnée pour savoir ce qu’elle ressentait lorsqu’elle a quitté le Centre de réadaptation, elle prend un moment, puis elle répond : « C’était excitant. Ce n’est pas comme si je n’appréciais pas le Centre de réadaptation », précise-t-elle immédiatement en souriant à la Dre Dudek, « mais ça faisait du bien d’être de retour à la maison avec les enfants ». 

Bien sûr, le fait de rentrer à la maison ne voulait pas dire que Marcie avait terminé sa réadaptation, mais c’était un important jalon dans son rétablissement – un rétablissement qu’elle a affronté avec ténacité, sans jamais fléchir. La Dre Dudek affirme que Marcie a été une source d’inspiration au cours de la dernière année. « Elle est une personne incroyablement positive. Cela a toujours été constant. C’était là dès notre première rencontre et ça n’a jamais vraiment disparu. Elle est pleine d’énergie et les gens gravitent vers elle. Elle est très populaire ici ». 

« Le Centre de réadaptation est génial. C’est le joyau de lhôpital que tout le monde ignore. Le personnel est comme caché ici et doit gérer une si grande variété de blessures et d’états d’esprit. Ce ne sont pas tous les patients du Centre qui acceptent ce qui leur est arrivé », admet Marcie. 

Alors qu’elle raconte tout ce qu’elle a vécu durant la dernière année, Marcie continue de plaisanter et de rire. Questionnée pour savoir si elle croit que cette incroyable attitude a joué un rôle dans le rétablissement de Marcie, la Dre Dudek ne tarde pas à répondre. « Absolument. Elle a fait d’importants changements et mis en application de nouvelles choses dans sa vie. C’est très impressionnant à voir. Nous pouvons montrer aux gens comment faire, mais nous ne pouvons pas le faire pour eux ». 

Aller de l’avant 

Aujourd’hui, Marcie et sa famille vont de l’avant. Ils doivent emménager dans une nouvelle résidence qui est totalement adaptée, et Marcie dit vouloir retourner travailler un jour.  

Ses collègues lui manquent, mais elle sait que ce jour finira par arriver. « Je suis une personne très positive et j’aurai besoin d’un certain temps pour m’habituer aux changements dans ma vie, pour m’adapter au fait de ne plus avoir de jambes. C’est difficile, mais j’y arriverai ». 

Doctor doing strength training on a patient sitting on a table

Marcie avec le Dr Nancy Dudek au Centre de réadaptation

Pour le moment, Marcie poursuit ses activités de réadaptation régulières. Ultimement, il lui suffira de ne faire que des visites annuelles. D’ici là, elle passe ses semaines au centre sportif et à la piscine pour bâtir la force nécessaire afin d’affronter sa nouvelle réalité. Malgré les difficultés, elle prend les choses avec confiance, avec le sourire et, si l’on peut dire, avec un certain aplomb alors qu’elle se met en route sur son fauteuil roulant, vêtue d’un manteau de cuir noirdes lunettes de soleil sur le nez et une mèche rose dans les cheveux.

Votre soutien fournira un financement essentiel
pour améliorer les soins aux patients comme Marcie.

D'autres histoires inspirant

De la leucémie aux marathons – avec sa marchette
Atteint de leucémie, Bob Hardy avait 40 % de chances de survivre, mais il a repris espoir après avoir reçu un traitement à L’Hôpital d’Ottawa.
Déjouer les prédictions face au cancer du pancréas
Sindy Hooper a toujours été en santé. Comme ils n’ont aucun antécédent familial de cancer, son mari et elle ont été abasourdis par les résultats obtenus à la suite d’une échographie d’urgence passée à L’Hôpital d’Ottawa.
Un championnat après une chirurgie arthroscopique pour une légende canadienne du bras de fer
Devon « No Limits » Larratt est un champion du monde de bras de fer, catégories bras gauche et bras droit. Cependant, même un champion peut connaître son lot de blessures et de difficultés. C’est ainsi que Devon a croisé sur sa route les experts de L’Hôpital d’Ottawa.

Revenir de loin : Fran Cosper raconte sa lente guérison du syndrome de Guillain-Barré

Fran Cosper, un cycliste de longue distance, parcourait souvent 120 kilomètres les samedis avec ses amisMais tout a changé il y a un an lorsqu’il s’est réveillé pendant la nuit et ne sentait plus ses jambes. Les médecins de L’Hôpital d’Ottawa ont diagnostiqué le syndrome de Guillain-Barré. 

Fran Cosper took a break in Niagara-on-the-Lake, Ontario, during the 125-km benefit ride for Toronto’s SickKids Hospital in 2016.
Fran Cosper prend une pause à Niagara-on-the-Lake, en Ontario, à la randonnée-bénéfice de 125 kilomètres pour le Hospital for Sick Children de Toronto en 2016.

Fran Cosper, un cycliste de longue distance, parcourait souvent 120 kilomètres le samedi avec ses amis. Mais tout a changé il y a un an lorsqu’il s’est réveillé pendant la nuit et ne sentait plus ses jambes.

Le lendemain matin, Fran est sorti du lit avec difficulté et a tenté quelques exercices d’étirement.

« Je croyais que j’avais un nerf coincé, raconte-t-il. J’ai voulu me mettre à quatre pattes et je suis tombé face première sur le tapis. Je me suis dit : “Bon, je ne peux plus bouger. C’est beaucoup plus grave.” Elise, mon épouse, est venue et en voyant que j’avais une paralysie faciale, elle a cru que je faisais un AVC. »

Fran savait que ce n’était pas le cas, parce que son corps était paralysé des deux côtés. (La paralysie due à un AVC ne touche qu’un côté.) Les médecins à L’Hôpital d’Ottawa ont diagnostiqué en février 2017 le syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune rare qui pousse le système immunitaire à s’attaquer aux nerfs en atteignant la gaine de myéline qui les protège. Cela empêche la transmission des signaux du cerveau vers les nerfs des muscles, entraînant une faiblesse, des engourdissements ou, comme dans le cas de Fran, une paralysie.

Un millimètre à la fois

Chaque année, environ 100 000 Canadiens contractent le syndrome de Guillain-Barré. Les personnes atteintes s’en remettent, mais puisque les nerfs se régénèrent lentement (un millimètre par mois), le rétablissement peut durer plus d’un an.

Le syndrome de Guillain-Barré peut être causé par une infection ou par un virus. Fran, âgé de 56 ans, avait attrapé deux rhumes consécutifs, doublés d’une forte fièvre, ce qui pourrait avoir affolé son système immunitaire. Après quelques jours, il perdait facilement l’équilibre et il avait de la difficulté à soulever les casseroles pour cuisiner. Et quelques heures plus tard, la maladie avait atteint son point culminant et attaquait le système nerveux. En l’espace de 24 heures, Fran ne pouvait plus bouger.

Dr. Vidya Sreenivasan
Dre Vidya Sreenivasan, spécialisée en médecine physique et en réadaptation.

« Au Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, nous voyons des patients atteints du syndrome de Guillain-Barré cinq ou six fois par année, probablement », explique la Dre Vidya Sreenivasan, spécialisée en médecine physique et en réadaptation. « Dans certains cas, les symptômes sont légers, mais pour d’autres, comme M. Cosper, l’atteinte est plus grave. »

La maladie a continué à ravager son système nerveux même après son hospitalisation. Deux semaines plus tard, il a été transféré au Centre de réadaptation, où son équipe de soins comprenait des médecins, des psychologues, des travailleuses sociales, des thérapeutes en loisirs, des physiothérapeutes, des pneumologues, des ergothérapeutes et des infirmières.

« Il s’est présenté pour la physiothérapie dans un fauteuil électrique qu’il dirigeait en déplaçant la tête, parce que ses bras et ses doigts n’avaient absolument aucune motricité », s’étonne Andrew Atkinson, assistant en physiothérapie. « La liste de ce qu’il pouvait bouger était courte. En position assise, il pouvait allonger la jambe gauche et la maintenir contre la gravité. Il pouvait donner un coup de pied de la jambe droite, sans la maintenir au-dessus du sol. En un mot, il avait les caractéristiques d’un quadriplégique. »

Fran était totalement dépendant des autres. Il fallait le laver, l’habiller et le retourner dans son lit. Il ne pouvait même pas fermer les yeux et les infirmières devaient maintenir ses paupières baissées à l’aide de ruban adhésif pour qu’il puisse dormir.

« Ce doit être comme si l’on était enterré vivant » – Andrew Atkinson, assistant en physiothérapie

Le pire, selon Fran, était la douleur atroce qui envahissait chaque partie de son corps.

« Il ressent encore énormément de douleur en raison des dommages subis par ses nerfs, explique la Dre Sreenivasan. Il souffre de douleurs neuropathiques qui peuvent prendre plusieurs formes : engourdissements, brûlures, décharges électriques, ou rage de dents intense. Le contrôle de la douleur a été très important. »

Un optimisme contagieux

Fran faisait de la physiothérapie cinq heures par jour, y compris trois séances par semaine dans la piscine du Centre de réadaptation.

« Il y a quelque chose de particulier à se voir marcher et bouger en apesanteur — une connexion entre le corps et l’esprit.  Si l’on peut le visualiser, le penser et l’exprimer, on peut le faire. »

Après deux mois, il pouvait se tenir debout et faire quelques pas avec de l’aide. Il a réappris à marcher — d’abord soutenu par un harnais, puis à l’aide des barres parallèles. La récupération a été plus lente au niveau des bras, et il faudra encore plus de temps pour que ses doigts retrouvent leur motricité fine. Comme il est saxophoniste de jazz, il est motivé à utiliser ses doigts à nouveau.

« Ce n’est pas gagné d’avance, admet Fran au sujet de la possibilité de rejouer. C’est la réalité. Mais il faut passer par ces moments de noirceur. Il faut les accepter, puis se remettre au travail — voilà ce qu’il faut faire. »

L’optimisme de Fran était contagieux.

« Il faut passer par ces moments de noirceur. Il faut les accepter, puis se remettre au travail — voilà ce qu’il faut faire. »  – Fran Cosper

Fran Cosper with Andrew Atkinson
La Dre Vidya Sreenivasan et Andrew Atkinson estiment que l’excellente forme physique de leur patient, tout comme sa détermination et son optimisme, a accéléré son rétablissement.

« Il s’est démarqué en encourageant aussi les autres patients, relate la Dre Sreenivasan. Tout le monde a ses jours sombres. On se réveille et on se dit : “Je n’y arriverai pas. Je ne vois tout simplement pas la lumière au bout du tunnel.” Fran était capable de faire apparaître cette lumière au bout du tunnel et d’aider les autres, ce qui est assez extraordinaire quand on pense à ce qu’il vivait lui-même. »

Les infirmières l’ont assisté dans ses soins quotidiens, en lui apprenant à se laver et à s’habiller pour retrouver son autonomie.

« Je peux dire en toute honnêteté que je suis rempli de gratitude pour la gentillesse des gens et la qualité des soins que j’ai reçus. Le personnel infirmier et le personnel en général a été tout à fait merveilleux, déclare-t-il. Pendant un an, j’étais pratiquement disparu de la surface de la planète. Mais le seul aspect négatif de mon séjour à l’hôpital a été la maladie elle-même. »

Juste à temps pour l’Action de grâces en 2017, Fran eu la permission de sortir de l’hôpital et a quitté le Centre de réadaptation en poussant une marchette. Lorsqu’il y est retourné le mois prochain pour un suivi en physiothérapie, il marchait sans aide. Fran est convaincu qu’il sera de retour sur son vélo au printemps. 

Un an et demi plus tard, Fran est retournée à l’hôpital en tant que bénévole.

« Je pense que faire bénévolat est un moyen très tangible et significatif de redonner, dit Fran. Vous ne savez pas comment vous pouvez toucher quelqu’un. Les gens ont leurs difficultés et une petite conversation, un petit “vous êtes important”, un petit “vous êtes correct” pourrait transformer leur vie. »

Grâce aux dons, L’Hôpital d’Ottawa investit dans de l’équipement pour le Centre de réadaptation, afin d’aider d’autres personnes comme Fran Cosper.

D'autres histoires inspirant

Mari déterminé à redonner après le traitement qui a sauvé la vie de sa femme
Après s’être effondrée chez elle, Rie Bull a été transportée d’urgence à L’Hôpital d’Ottawa, où elle été traitée pour des hémorragies au cerveau potentiellement mortelles. Reconnaissant pour l’expertise avec laquelle notre équipe a géré son cas complexe ces trois dernières années, le mari de Rie, Mike, a trouvé une manière unique de redonner.
De la leucémie aux marathons – avec sa marchette
Atteint de leucémie, Bob Hardy avait 40 % de chances de survivre, mais il a repris espoir après avoir reçu un traitement à L’Hôpital d’Ottawa.
Les trois étoiles du commentateur sportif A.J. Jakubec après 66 jours d’hospitalisation
Après avoir passé 66 jours à L’Hôpital d’Ottawa pour combattre une pancréatite aiguë, le commentateur sportif A.J. Jakubec, de la chaîne TSN 1200, est éternellement reconnaissant d’y avoir reçu des soins vitaux et empreints de compassion.