En 1956, Lancy Yan fait la une en étant la première diplômée d’origine chinoise de l’école d’infirmière de l’Hôpital Civic. Ce n’est certes pas où commence ou finit son histoire.
En 1950, Lancy, alors adolescente, quitte la Chine pour le Canada où sa sœur travaille comme prédicatrice et enseignante. Lancy s’inscrit au Lisgar Collegiate Institute où elle interprète des sermons en chinois et travaille dans des restaurants la fin de semaine pour mettre de l’argent de côté et payer son loyer.
Lancy veut depuis longtemps étudier la médecine, mais elle suit encore des cours d’anglais et n’a pas les moyens de payer ses études; à la fin de leurs études secondaires à Ottawa, Lancy et sa meilleure amie s’inscrivent ensemble à l’école d’infirmières de l’Hôpital Civic.
Elle en garde de très bons souvenirs. Les enseignants et les autres étudiantes sont amicaux et serviables; la nourriture y est excellente, et elle est ravie de vivre et de travailler à l’hôpital. Elle se souvient, émue, d’avoir eu la chance de prendre soin du directeur adjoint de Lisgar, en disant « J’ai pu lui rendre sa gentillesse et tenter de prendre soin de lui ».
En plus d’être la première infirmière diplômée d’origine chinoise, Lancy reçoit aussi le prix de la « meilleure infirmière accomplie ». Elle part ensuite vivre à Montréal où elle obtient un diplôme d’études supérieures en enseignement et supervision à l’Université McGill, et fait la rencontre d’un étudiant en médecine, Thomas Ming Swi Chang, qui deviendra son mari. Le Dʳ Chang est un grand ponte de la médecine au Canada, ayant inventé la première cellule artificielle au monde et obtenu le titre de « plus grand McGillois » en 2011 pour souligner ses travaux de recherche.
Ensemble, Lancy et le Dʳ Chang fondent une famille de quatre enfants que Lancy élève avant de retourner dans la vie active en 1980 et de prendre sa retraite en 1996.
La vie de Lancy, de son travail d’infirmière à l’éducation de ses enfants, se caractérise par sa grande modestie et son immense générosité. « J’aime aider les gens malades et en détresse. J’essaie de les mettre à l’aise, de faire tout ce que je peux pour eux, dit Lancy. « Les soins offerts aux patients et leur bien-être sont très importants ».
En semi-retraite, et aujourd’hui dans sa 90e année, Lancy s’occupe en faisant du bénévolat auprès de l’Hôpital chinois de Montréal et en jouant du piano à son église.