En 1951, mon père (Joseph Augustus Zebarth) a appelé un médecin parce que mon frère (Alfred) ne se sentait pas bien. Le médecin a supposé qu’il pouvait avoir la polio. Comme nous vivions à la campagne, à White Lake, en Ontario, et que notre véhicule était une Whippet 1928, mon père a engagé un taxi pour conduire mon frère à l’hôpital, à Ottawa. Il a d’abord été admis à l’Hôpital Strathcona, où il a été surveillé. Une semaine après son admission, mon père a conduit la famille (son épouse et ses six autres enfants) à Ottawa afin de pouvoir visiter Alfred. Nous en avons fait une sortie d’une journée en visitant le parc Strathcona, où un pont traversait la rivière. Ensuite, mon père nous a fait faire le tour du rond-point de la Ferme expérimentale. Il a bien dû en faire le tour au moins six fois. Une expérience inédite pour quelqu’un de la campagne.

Alfred a finalement été transféré à l’Hôpital Civic, où il partageait une chambre avec huit ou dix autres garçons de son âge. Papa lui apportait des bandes dessinées et des fruits frais (qu’il partageait avec les autres garçons de la chambre) chaque fin de semaine, et les infirmières étaient formidables. Les garçons avaient presque l’âge des infirmières qui s’occupaient d’eux. Les infirmières étaient vraiment extraordinaires : papa leur donnait cinq dollars afin qu’elles puissent, durant la semaine, se rendre au magasin de fruits et légumes au coin des avenues Holland et Carling pour acheter des fruits frais pour les garçons. Comme j’avais 5 ans, je voyageais gratuitement d’Arnprior à Ottawa en train, puis je prenais le tramway jusqu’à l’hôpital. Nous reprenions ensuite le tramway jusqu’à la gare d’autobus pour rentrer à la maison. Je n’avais pas à payer pour l’autobus. À partir de mes 6 ans, mon père a cessé de m’emmener, car il aurait dû payer un billet de train. Somme toute, je crois qu’Alfred est resté à l’hôpital environ six semaines avant d’obtenir son congé. Il a été l’un des chanceux : il n’a gardé qu’une jambe affaiblie.