Fin 2012, Guy traversait l’une des périodes les plus occupées de sa vie, jonglant entre deux entreprises en pleine expansion. Il dirigeait une agence de création, Nation Media and Design, tout en développant First Peoples Group, un cabinet-conseil autochtone dont l’objectif était d’aider les organismes à établir des relations plus solides avec les communautés autochtones. Ses journées étaient rythmées par les déplacements, les réunions avec les clients, les longues heures de travail et les échéanciers serrés.
Mais un matin, alors que Guy se rasait, quelque chose a retenu son attention : un gonflement du côté gauche de son cou. Bien qu’il ait souffert d’amygdalite presque chaque hiver de son enfance, ce gonflement semblait différent. « J’ai tout de suite su que je devais aller consulter », a dit Guy.
Son médecin s’est montré suffisamment inquiet pour le diriger vers L’Hôpital d’Ottawa pour y faire des examens complémentaires, et les résultats ont été un véritable choc.

Guy a appris qu’il avait un cancer des amygdales de stade 4
D’un seul coup, la vie qu’il était en train de se construire, ses entreprises, son travail, ses projets d’avenir, sa famille, lui a semblé incertaine. « On se met à imaginer toutes sortes de scénarios », a ajouté Guy.
Mais le plus difficile a été de savoir qu’il devait en parler à ses enfants.
Lorsque Guy et sa femme se sont assis avec leurs deux enfants pour leur annoncer qu’il avait un cancer, ils savaient que les mois à venir seraient difficiles. Il a demandé à son fils, Maxim, de prendre le relais et d’assumer davantage de responsabilités pendant son traitement. Et à sa fille, Ally, qui n’avait alors que 16 ans, il a fait une promesse : il serait là pour danser avec elle le jour de son mariage.
« J’allais aborder le cancer comme si c’était un travail. J’ai toujours été un travailleur acharné. »
— Guy Freedman
Après s’être accordé un peu de temps pour « digérer » le diagnostic, Guy a compris qu’il n’y avait qu’une seule chose à faire : se mettre au travail. « J’allais aborder le cancer comme si c’était un travail, a déclaré Guy. J’ai toujours été un travailleur acharné. »

Son équipe de soins à L’Hôpital d’Ottawa a agi rapidement. Le cancer étant déjà au stade 4, elle a recommandé un plan de traitement intensif comprenant 42 séances de radiothérapie réparties sur six semaines, ainsi que deux cycles de chimiothérapie. « Ils m’ont dit : “Nous allons tout mettre en œuvre pour vaincre cette maladie” », raconte Guy.
Tous les jours de la semaine, Guy se rendait à notre hôpital pour sa radiothérapie. Avant chaque séance, son équipe de soins lui fixait sur le visage un masque en filet sur mesure, qu’elle attachait à la table de traitement pour qu’il ne puisse pas bouger pendant que les rayons étaient administrés avec une précision extrême. La précision de son traitement était essentielle pour protéger au maximum les tissus sains environnants.
Au fur et à mesure que le traitement avançait, les séquelles physiques devenaient de plus en plus difficiles à ignorer. La radiothérapie a affecté la gorge et le goût de Guy, rendant son alimentation de plus en plus difficile. « Je me souviens avoir eu une envie folle de poutine, de dire Guy. Mais tout avait un goût de craie. »
Finalement, Guy ne se nourrissait plus que de boissons protéinées et de thé. À la fin du traitement, il avait perdu près de 50 livres. Au moment où il était au plus faible, même tirer un drap sur lui était difficile.

Tout au long de son traitement, Guy a fait confiance à son équipe médicale. Parallèlement, il a puisé sa force dans les enseignements traditionnels métis qui l’ont guidé durant toute sa vie.
Maria Campbell, aînée métisse et autrice, que Guy décrit comme sa mère adoptive, l’a soutenu tout au long de son traitement et l’a aidé à intégrer des pratiques culturelles qui lui ont apporté réconfort et force.
Chaque soir, Guy appliquait de la graisse d’ours sur sa mâchoire et son cou, tout en se grattant doucement la peau avec une patte d’ours que Maria lui avait donnée. Il buvait du thé préparé à partir de bouleau des rivières qu’il cueillait lui-même. Pendant la radiothérapie, alors que la machine bourdonnait autour de lui, Guy chantait un chant traditionnel et priait pour que seules les cellules cancéreuses soient ciblées.
Pour Guy, son traitement médical et ses pratiques ancestrales se complétaient, chacun l’aidant à traverser une étape différente de son parcours contre le cancer. « Tout le monde a mis la main à la pâte », d’ajouter Guy.
Au cours de son traitement, l’un des médecins de Guy lui a demandé s’il serait prêt, une fois rétabli, à contribuer à la création d’un espace accueillant pour les patients autochtones à L’Hôpital d’Ottawa. Guy se souvient avoir entendu quatre mots en particulier : « Quand tu seras rétabli. »
À un moment où son avenir lui semblait si incertain, ces mots sont restés gravés dans son esprit. Son équipe de soins lui parlait de ce qu’il pourrait faire après son traitement et de la vie qui l’attendait au-delà du cancer.
Après six semaines de radiothérapie et deux cycles de chimiothérapie, son traitement a enfin pris fin. Le chemin vers la guérison allait être long, mais petit à petit, Guy a commencé à reprendre des forces. Et Guy s’est finalement joint à des membres des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis pour aider à façonner ce qui allait devenir la salle communautaire Windòcàge au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa. Cet espace a été aménagé pour offrir confort et convivialité aux patients autochtones soignés dans notre hôpital, ainsi qu’à leur famille.
Pour Guy, c’était l’occasion de contribuer à créer le genre d’environnement dont il savait qu’il pouvait faire la différence à un moment particulièrement délicat de la vie d’un patient.

En savoir plus sur les soins pour les Autochtones à L’Hôpital d’Ottawa.
L’Hôpital d’Ottawa est situé sur un territoire traditionnel non cédé de la Nation algonquine, et il respecte les pratiques de guérison et les savoirs traditionnels qu’elle a développés au fil d’innombrables générations. L’engagement pris par L’Hôpital d’Ottawa en faveur de la réconciliation fait partie intégrante de son Plan stratégique afin de mieux assurer une approche globale, à l’échelle de l’Hôpital, des soins respectueux des spécificités culturelles.
De nos jours, cela se poursuit par le biais du Programme de cancérologie pour les Autochtones de la région de Champlain, qui accompagne les patients autochtones en leur proposant des soins adaptés à leur culture, une orientation personnalisée, un soutien spirituel et des liens avec la communauté.
L’Hôpital d’Ottawa est aussi un important centre de référence pour la prise en charge médicale des patients cancéreux provenant du Nunavut, d’où le caractère crucial de la mise en place de soins axés sur la sécurité culturelle des patients autochtones qui doivent parcourir de longues distances pour se faire soigner.
L’engagement pris par L’Hôpital d’Ottawa en faveur de soins respectueux des spécificités culturelles va au-delà du cancer. L’Hôpital fait en sorte que les patients autochtones et leur famille se sentent accueillis, respectés et soutenus tout au long de leurs soins, en s’appuyant sur les conseils des dirigeants autochtones, des patients, des familles, des employés et des membres de la communauté.
L’engagement pris par L’Hôpital d’Ottawa en faveur de soins respectueux des spécificités culturelles va au-delà du cancer. L’Hôpital fait en sorte que les patients autochtones et leur famille se sentent accueillis, respectés et soutenus tout au long de leurs soins, en s’appuyant sur les conseils des dirigeants autochtones, des patients, des familles, des employés et des membres de la communauté.
Avec le recul, Guy décrit son diagnostic comme un tournant décisif. Cela a changé non seulement sa vision de la vie, mais aussi la façon dont il choisit de la vivre.
À l’issue de son traitement, il a quitté Nation Media and Design pour se consacrer pleinement à First Peoples Group. Il souhaitait concentrer son énergie sur un travail qui, selon lui, pourrait faire une réelle différence pour les communautés autochtones à travers le pays.
Ce travail l’a finalement ramené à L’Hôpital d’Ottawa; cette fois-ci non pas comme patient, mais comme partenaire.

Par l’intermédiaire de First Peoples Group, Guy collabore désormais avec L’Hôpital d’Ottawa pour proposer des séances de formation sur la sécurité culturelle autochtone à l’ensemble de son personnel. Ce programme aide les membres du personnel à mieux comprendre l’histoire, les cultures et les expériences des Autochtones au sein du système de santé, tout en leur fournissant les outils nécessaires pour offrir un accueil plus chaleureux et respectueux aux patients autochtones et à leur famille.
Ce travail aide également à traduire l’apprentissage culturel en changements concrets au sein de l’Hôpital. Aujourd’hui, les pratiques culturelles autochtones comme la purification par la fumée et l’utilisation d’un qulliq y sont autorisées, offrant ainsi aux patients et à leur famille davantage de possibilités de préserver des pratiques culturelles et spirituelles importantes tout en recevant des soins. Un menu traditionnel autochtone est désormais proposé sur le Campus Général.
Pour Guy, ce travail revêt une dimension profondément personnelle. Il sait ce que l’on ressent en tant que patient à l’hôpital et comprend à quel point il est important de veiller à ce que les patients autochtones voient leur culture être reflétée dans les soins qu’ils reçoivent.
Plus d’une décennie après son diagnostic, Guy vit aujourd’hui l’avenir dont il n’était autrefois pas certain de pouvoir profiter. Il a tenu la promesse qu’il avait faite à Ally et a dansé avec sa fille le jour de son mariage. Il est aussi récemment devenu grand-père, lorsqu’est née Gia, la fille de Maxim. « Je pense que je suis l’un des hommes les plus chanceux au monde », de conclure Guy.
Faites un don aujourd’hui pour offrir un avenir meilleur à des patients comme Guy.