
Pendant sa jeunesse, Dylan rêvait de devenir joueur de baseball professionnel. Il n’avait jamais imaginé qu’il étudierait les maladies rénales. Pourtant, depuis ses premiers pas en laboratoire, il est bel et bien passé dans les ligues majeures!
Aujourd’hui, il est scientifique principal à la tête de son propre laboratoire et directeur du Centre de recherche sur les maladies du rein de L’Hôpital d’Ottawa. Grâce à ses innovations pratiques et au mentorat de jeunes scientifiques, Dylan a signé un véritable « grand chelem » scientifique – une réussite qui a propulsé bien des gens vers de nouveaux sommets. Les retombées de ses travaux sont indéniables : les découvertes réalisées aujourd’hui à L’Hôpital d’Ottawa deviendront les traitements de demain.
Découvrez pourquoi il s’est intéressé aux maladies rénales, un volet étonnant dans son domaine et ses lieux de prédilection lorsqu’il n’est pas au travail.
Parlez-nous un peu de votre enfance.
Je suis né à Windsor et j’ai ensuite vécu à Toronto, à Peterborough et à London, mais j’ai grandi surtout à Peterborough.
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu découvrir l’inconnu. J’étais curieux à propos de tout. Le jour où mes parents ont acheté un ordinateur, je l’ai démonté pour comprendre son fonctionnement – jusqu’à ce que je casse la carte vidéo et doive utiliser mon argent de poche pour en acheter une nouvelle. J’étais fait pour les sciences : mes matières préférées étaient les maths et les sciences.
Quelle profession vous attirait quand vous étiez jeune?
J’étais un véritable passionné de baseball. J’adorais les Jays. Mon père nous a acheté des abonnements annuels pendant quelques années. Je rêvais de faire carrière sur un terrain. J’ai compris plus tard que ce rêve ne se réaliserait pas et j’ai alors voulu devenir commentateur de baseball. Je m’investissais véritablement à fond dans ce sport. J’ai aussi voulu jouer au volleyball, mais j’étais plus du genre intello passionné de lecture et de jeux vidéo.
Qu’est-ce qui vous a amené en sciences médicales?
Mon père était psychologue. J’ai donc toujours eu un intérêt pour ce domaine. J’ai étudié la pharmacologie et la toxicologie à l’Université Western, à London. J’ai choisi les sciences parce que je me suis dit qu’il serait plus facile de passer ensuite aux sciences sociales si la psychologie me passionnait davantage et aussi parce qu’elles me permettaient de faire une mineure en psychologie. Mais dès que je suis entré dans un laboratoire en quatrième année, j’ai su presque instantanément que je voulais faire de la recherche fondamentale. C’était naturel, et c’est devenu ma passion.
Qu’est-ce qui vous a amené à L’Hôpital d’Ottawa?
Après mon doctorat sur les cardiopathies ischémiques, je suis venu à L’Hôpital d’Ottawa pour étudier l’hypertension – soit l’une principales causes de maladies cardiaques. Je sentais qu’il était possible, dans ce domaine, de véritablement changer la donne. La recherche en néphrologie s’est greffée tout naturellement à mes travaux sur l’hypertension, puisque l’hypertension est la deuxième principale cause de maladies rénales. J’ai eu tellement de possibilités de collaboration et de financement à Ottawa qu’au fil de mes formations et de mes expériences, je suis devenu un spécialiste du rein.
J’ai ensuite eu l’occasion de rester ici. Ma femme et moi sommes maintenant à Ottawa depuis 2009, et je dirige mon propre laboratoire depuis 2014.
Dites-nous une chose surprenante au sujet de votre discipline.
Beaucoup de gens ignorent à quel point les maladies rénales chroniques sont répandues : un Canadien sur 10 en est atteint. L’hypertension est l’une des principales causes. À l’échelle mondiale, 1,4 milliard de personnes font de l’hypertension, qui est la deuxième principale cause de maladie rénale après le diabète. L’Organisation mondiale de la Santé publie tous les deux ans environ un rapport sur la charge mondiale de morbidité, qui dresse le portrait des principales causes de mortalité et de morbidité dans le monde. On peut y constater que la maladie rénale chronique arrive au neuvième rang des causes de décès et que l’hypertension, au premier.
Pouvez-vous décrire vos axes de recherche?
Je souhaite mettre au point de nouveaux tests permettant de dépister plus tôt les maladies rénales. Nous disposons d’un certain nombre d’outils pour y parvenir, mais le dépistage ne représente que la moitié du défi. Nous essayons donc aussi de concevoir de nouveaux traitements capables de régénérer le rein ou d’empêcher le système immunitaire de l’endommager.
Je m’intéresse principalement aux vésicules extracellulaires, qui sont des fragments de membrane cellulaire libérés par les cellules au-delà de leur environnement. Nous examinons leur concentration dans l’urine pour déterminer si le rein est soumis à un stress. C’est une méthode beaucoup plus efficace que les tests cliniques que nous utilisions auparavant.
J’explore aussi leur potentiel pour régénérer le rein, le protéger et prévenir les lésions.
De quelle façon L’Hôpital d’Ottawa se distingue-t-il dans votre domaine?
La médecine régénératrice et la nanomédecine sont des plus prometteuses. La perspective de pouvoir fabriquer ces thérapies grâce au Centre de fabrication de produits biothérapeutiques est un atout majeur. Contrairement à bien d’autres établissements, nous avons une voie directe pour transformer des découvertes en laboratoire en traitements concrets.
L’Hôpital possède également une expertise en conception et mise sur pied d’essais cliniques que peu d’établissements peuvent égaler.

De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière?
C’est probablement le mentorat : les étudiants qui ont suivi le programme, obtenu leur diplôme et bâti leur carrière. Le plus gratifiant est de voir des étudiants réussir, passer au niveau supérieur, prendre des responsabilités et générer de nouvelles idées.
Comment occupez-vous vos temps libres?
Je vais jouer au hockey ou au baseball ou je reste chez moi. Ma femme travaille pour le gouvernement fédéral et nous vivons à Ottawa. Nous essayons de rester actifs. Nous avons deux enfants : une fille de 13 ans et un fils de 10 ans. Ma fille joue à la ringuette et mon fils s’investit dans le hockey et le baseball dans le secteur compétitif. J’aide à entraîner toutes les équipes et, en ce moment, je passe entre huit et dix heures par semaine sur la glace. Je réussis généralement à bien concilier le tout!


