Publié : août 2026
Au début, il était facile de ne pas prêter attention à ces symptômes. Ziyada Callender était fatiguée. Elle avait mal au dos et au ventre. Ayant récemment pris de nouvelles fonctions au travail, elle pensait que ces désagréments étaient dus à un emploi du temps chargé et au stress qui en découlait. Elle avait toujours été en bonne santé.
Native de Montréal, Ziyada y a grandi dans une famille de sportifs. Ses deux parents étaient culturistes, et son père avait remporté les titres de « Monsieur Canada » et de « Monsieur Univers ». Le sport et la condition physique faisaient partie intégrante de son quotidien, et rester active faisait tout simplement partie de sa personnalité.
Il y a plus de 20 ans, Ziyada s’est installée à Ottawa pour faire carrière dans le journalisme télévisé. Elle y a fait sa vie : elle travaillait chez CTV News, élevait son fils et menait le genre de vie active qu’Ottawa facilite grandement. « J’ai toujours été active, a déclaré Ziyada. Je ne me suis jamais vraiment considérée comme quelqu’un qui tombait malade. »
Ce n’est qu’après avoir remarqué du sang dans ses selles qu’elle a compris que quelque chose n’allait pas.
Faire confiance à son intuition
Au début, Ziyada a pensé que ces saignements étaient un incident isolé. Mais comme ils persistaient, elle a compris qu’elle devait trouver des réponses. À peu près à la même époque, elle a vu par hasard à la télévision un hommage rendu à l’acteur Chadwick Boseman, décédé d’un cancer colorectal en 2020 à l’âge de 43 ans seulement. Au cours de l’émission, sa veuve, Taylor Simone Ledward, encourageait les gens à prêter attention aux changements dans leur corps et à consulter un médecin si quelque chose ne leur semblait pas normal.
« Je me souviens m’être dit : “C’est un signe pour moi” », raconte Ziyada.
Elle est allée consulter un médecin et, bien qu’on lui ait d’abord dit que ces saignements étaient probablement dus à des hémorroïdes, elle a fait confiance à son instinct et a demandé une coloscopie.
Un diagnostic inattendu
La coloscopie a révélé la présence d’un polype dans le côlon rectosigmoïde de Ziyada. Il a été retiré en plusieurs morceaux et envoyé au service d’anatomopathologie pour y être analysé.
Quelques jours plus tard, elle a reçu ses résultats. Ziyada a appris qu’elle avait un cancer du côlon rectosigmoïde de stade 1.
« À un moment, je menais une vie normale, et l’instant d’après, on m’annonçait que j’avais un cancer. »
— Ziyada Callender
« C’était terrifiant, a déclaré Ziyada. Tout s’est passé si vite. À un moment, je menais une vie normale, et l’instant d’après, on m’annonçait que j’avais un cancer. »
Comme le polype avait été retiré en plusieurs morceaux, les médecins ne pouvaient pas déterminer avec certitude s’il avait été complètement excisé. Il était possible que des cellules cancéreuses subsistent dans la région ou se soient propagées aux ganglions lymphatiques voisins.
Une mini-chirurgie
Ziyada a été dirigée vers L’Hôpital d’Ottawa, où elle a rencontré la Dre Rebecca Auer, chirurgienne oncologue, chercheuse et vice-présidente exécutive de la Recherche et de l’Innovation. Ensemble, elles ont discuté des options qui s’offraient à elle, notamment une surveillance étroite ou une intervention chirurgicale.
« Lorsque nous sommes confrontés à un cas comme celui de Ziyada, nous examinons attentivement les risques et les avantages de chaque option et nous aidons la patiente à prendre la décision qui lui convient le mieux, a déclaré la Dre Auer. La chirurgie nous a permis d’examiner les ganglions lymphatiques environnants et de confirmer s’il restait des traces du cancer. »
Ziyada a décidé de subir une chirurgie laparoscopique et, en juin 2023, une partie de son côlon rectosigmoïde ainsi que 33 ganglions lymphatiques se trouvant à proximité ont été retirés.
Au lieu de nécessiter une grande incision, la chirurgie laparoscopique utilise une caméra et des instruments spécialisés insérés par plusieurs petites ouvertures de la taille d’un trou de serrure. Cette technique mini-invasive permet de réduire la douleur, de raccourcir la durée d’hospitalisation et d’accélérer la convalescence, aidant ainsi les patients comme Ziyada à reprendre plus rapidement le cours de leur vie.
L’opération s’est bien déroulée. Aucune trace de cancer n’a été détectée dans la partie du côlon qui a été retirée, et aucun des 33 ganglions lymphatiques ne présentait de cellules cancéreuses. Pour Ziyada, ce fut un moment de soulagement. Soutenue par sa famille et ses amis, elle s’est progressivement rétablie; elle a recommencé à travailler et a repris le cours de sa vie. « J’ai eu l’impression de pouvoir enfin respirer », a déclaré Ziyada.
Un nouveau rebondissement inattendu
Ce sentiment de soulagement a malheureusement été de courte durée.
Lors d’un examen d’imagerie de suivi de routine, les médecins ont remarqué une tache de quatre millimètres sur le poumon de Ziyada. À l’époque, il s’agissait d’un nodule pulmonaire indéterminé, ce qui n’est pas rare et n’indique pas nécessairement un cancer. Comme il était très petit, il n’a pas pu faire l’objet d’une biopsie. Son équipe de soins a donc continué à le surveiller de près.
Au fil du temps, le nodule a grossi et une tomographie par émission de positons (TEP) a révélé des signes laissant penser qu’il pouvait être cancéreux. En juin 2024, à peine un an après son opération du côlon, les chirurgiens de L’Hôpital d’Ottawa ont retiré le nodule et les analyses ont confirmé que le cancer colorectal s’était propagé à son poumon.
« Ça a été un choc énorme, raconte Ziyada. Après tout ce que j’avais déjà traversé, je ne m’attendais pas du tout à entendre ça. »
Alors qu’elle se remettait de sa seconde opération réussie, Ziyada a été dirigée vers le Programme de mieux-être au-delà du cancer de L’Hôpital d’Ottawa, qui aide les survivants d’un cancer à bénéficier d’un suivi personnalisé. Grâce à ce programme, Ziyada a reçu un plan détaillant les examens et rendez-vous réguliers nécessaires en fonction de son diagnostic spécifique, ce qui lui a permis d’y voir plus clair quant aux soins et au suivi dont elle aurait besoin dans les mois et les années à venir.
« Je ne peux plus faire tout ce que je faisais auparavant. Mais je peux encore marcher. »
— Ziyada Callender
Au fur et à mesure de sa guérison, Ziyada s’est également remise à une activité qui avait toujours fait partie de sa vie : rester active. La marche est devenue un moyen de reprendre des forces, de se vider l’esprit et d’assimiler tout ce qu’elle avait traversé : le diagnostic effrayant, les opérations, l’incertitude et les personnes qui l’avaient aidée à surmonter tout cela. Chaque pas lui rappelait que, malgré tout ce qu’elle avait enduré, elle était capable d’aller de l’avant.
« Je ne peux plus faire tout ce que je faisais auparavant, a déclaré Ziyada. Mais je peux encore marcher. »
Pas à pas
Aujourd’hui, cette détermination a pris une ampleur bien plus grande.
Le 29 août, Ziyada s’est lancée dans une marche de près de 240 kilomètres, de sa ville natale de Montréal jusqu’au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa. Elle collecte des fonds pour la recherche sur le cancer, tout en encourageant les autres à être à l’écoute de leur corps et à consulter un médecin si quelque chose ne va pas.
Pour Ziyada, chaque kilomètre a une signification. Cette marche rend hommage à l’équipe de soins qui a aidé à lui sauver la vie, tout en soutenant la recherche de pointe qui continue de transformer la prise en charge du cancer pour les patients de toute notre région. Car lorsque les patients ont accès à des soins excellents, spécialisés et personnalisés près de chez eux, des vies peuvent être transformées et sauvées.




