Publié : juillet 2026
Temps de lecture : 4 min
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La Terre est peuplée de plus de 8 milliards d’habitants. Moins de 700 d’entre eux ont jamais quitté notre planète pour s’aventurer dans l’espace. Robert Thirsk est l’un d’entre eux.
Bien avant que Robert ne devienne astronaute à l’Agence spatiale canadienne, il était un jeune garçon vivant en Colombie-Britannique qui regardait l’alunissage d’Apollo à la télévision avec sa famille. À la fin de l’émission, il s’est précipité dehors pour regarder, fasciné, en direction de la Lune. Les astronautes qui s’y étaient rendus lui semblaient d’un courage incroyable. Dès cet instant, il a rêvé de suivre leurs traces.
Des années plus tard, c’est exactement ce qu’il allait faire.
« C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que j’avais réalisé un rêve d’enfance. »
— Robert Thirsk
En 1996, Robert s’est envolé pour la première fois dans l’espace et a passé 17 jours à bord de la navette spatiale Columbia. Puis, en 2009, il est resté 6 mois en orbite, flottant en apesanteur à bord de la Station spatiale internationale et contemplant la Terre d’un point de vue que peu de gens auront jamais l’occasion de découvrir. Il se souvient encore de la première fois où il a vu, depuis l’espace, le soleil se lever au-dessus de l’océan Atlantique.
« C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que j’avais réalisé un rêve d’enfance », a déclaré Robert.
Bien plus qu'un simple nerf coincé
Au début, Robert a pensé qu’il s’agissait d’un nerf coincé. Chaque fois qu’il regardait droit devant lui ou vers sa droite, un engourdissement et des fourmillements irradiaient de son épaule droite le long de son bras jusqu’à ses doigts. Cette sensation disparaissait quasiment immédiatement dès qu’il tournait la tête de l’autre côté. Mais dès qu’il regardait à nouveau vers sa droite, elle revenait.
Il pensait que cela se résoudrait tout seul en faisant quelques exercices. Au lieu de cela, la douleur a persisté, et les symptômes ont commencé à le gêner dans ses activités quotidiennes, comme conduire ou regarder la télévision. Au fil du temps, il a également remarqué qu’il avait moins de force dans le haut du bras. Pour quelqu’un qui a toujours mené une vie active et repoussé les limites des performances humaines – comme ingénieur, médecin et astronaute – cela était difficile à accepter.
« Je ne me voyais vraiment pas passer le reste de ma vie à ne regarder que vers ma
gauche », d’ajouter Robert.
Une approche novatrice en matière de chirurgie de la colonne vertébrale
Alors que les symptômes s’aggravaient, Robert a été orienté vers le Dr Safraz Mohammed, neurochirurgien à L’Hôpital d’Ottawa. Les examens d’imagerie, notamment des radiographies et une IRM, ont révélé une arthrose cervicale. Un disque dégénéré au niveau des vertèbres C5 et C6 avait provoqué une hernie et comprimait une racine nerveuse dans le cou de Robert, provoquant ainsi les engourdissements, les fourmillements et l’affaiblissement qui perturbaient sa vie.
Ce diagnostic a donné lieu à la prise d’une décision importante. Habituellement, de nombreux patients atteints de ce genre de problème subissent une arthrodèse vertébrale, une intervention consistant à souder définitivement deux vertèbres ensemble. Bien que très efficace pour soulager la douleur et stabiliser la colonne vertébrale, cette intervention supprime toute mobilité à ce niveau de la colonne. Pour Robert, il était essentiel de garder la mobilité de son cou.
Le Dr Mohammed a estimé que Robert pourrait bénéficier d’une nouvelle technique appelée « remplacement discal artificiel ». Contrairement à l’arthrodèse, cette technique utilise un dispositif implanté conçu pour préserver la mobilité du cou, tout en soulageant la pression sur le nerf touché.
Tous les patients ne sont pas éligibles à cette intervention, mais l’état de santé général de Robert, son mode de vie actif et la bonne qualité de ses os en faisaient un candidat idéal.
« Le remplacement discal artificiel nous permet de traiter la source du problème, et ce, tout en préservant la mobilité du cou, de déclarer le Dr Mohammed. Pour les patients, cela peut apporter un excellent soulagement des symptômes, en les aidant à conserver leur mode de vie actif. »
Cela signifiait également que Robert pouvait bénéficier d’une expertise disponible dans seulement quelques hôpitaux de l’Ontario. Le Dr Mohammed fait partie des meilleurs chirurgiens de la colonne vertébrale de la région, formés pour pratiquer cette intervention très spécialisée. Il contribue d’ailleurs à former d’autres chirurgiens afin qu’ils puissent la proposer dans toute la province.
Prêt pour le lancement… et la chirurgie
Malgré la complexité de l’opération, il n’était pas nerveux le jour de l’intervention. Ses années d’entraînement comme astronaute lui avaient appris que la confiance est essentielle lorsque les résultats dépendent d’une équipe hautement qualifiée. À bien des égards, ce sentiment lui rappelait le moment où il s’était rendu sur la rampe de lancement avant ses deux missions spatiales. « On pourrait penser que les astronautes sont nerveux à ce moment-là, de dire Robert. Mais en réalité, nous réfléchissons à la qualité de notre entraînement ainsi qu’à la préparation de notre équipe de soutien au sol. Avant ces deux lancements, j’avais une confiance totale en mes capacités, en celles de mes coéquipiers et de l’équipe au sol pour atteindre les objectifs ambitieux de notre mission. »
C’est ce même sentiment de confiance qui l’a accompagné jusqu’à la salle d’opération.
Un rétablissement rapide
L’opération s’est déroulée avec succès, et Robert en a immédiatement ressenti les bienfaits. À son réveil, les symptômes qui perturbaient sa vie avaient disparu. « J’ai tout de suite remarqué que les engourdissements et les fourmillements avaient disparu, d’ajouter Robert. C’est incroyable ! »
Ce qui l’a tout autant impressionné, c’est la rapidité de sa convalescence. Même après une opération aussi complexe, il n’a passé qu’une seule nuit à l’hôpital avant de rentrer chez lui.
En l’espace de quelques mois, Robert a repris toutes les activités qu’il aimait auparavant, se déplaçant librement sans ressentir le moindre symptôme.
Qu’arrive-t-il au corps dans l’espace?
S’il est vrai que L’Hôpital d’Ottawa a permis à Robert de retrouver sa mobilité et sa qualité de vie, ses chercheurs se penchent depuis de nombreuses années sur les effets des vols spatiaux sur le corps humain.
Depuis plusieurs décennies, le Dr Guy Trudel, médecin en réadaptation et scientifique principal à L’Hôpital d’Ottawa, joue un rôle de premier plan à ce sujet. Ses recherches, reconnues à l’échelle internationale, ont aidé l’Agence spatiale canadienne et ses partenaires scientifiques du monde entier à mieux comprendre comment une exposition prolongée à l’apesanteur modifie les muscles, les os, les articulations et la colonne vertébrale.
Meet researcher and physician Dr. Guy Trudel
Une grande partie de ses travaux associe la recherche clinique à des expériences menées sur des astronautes dans l’espace et à des études en conditions analogues à l’espace. Dans le cadre de ces études menées sur Terre, des volontaires en bonne santé participent à des expériences de repos au lit contrôlées qui simulent les effets de la microgravité. Les chercheurs suivent de près les changements au niveau de la force musculaire, de la densité osseuse, de la circulation sanguine et de la colonne vertébrale à l’aide de techniques d’imagerie de pointe et de tests physiologiques.
« Le corps s’adapte remarquablement bien à l’espace, mais le retour à la gravité impose de nouvelles contraintes aux os, aux muscles et à la colonne vertébrale. »
— Dr Guy Trudel
Dans l’espace, les astronautes grandissent à mesure que leurs disques intervertébraux se dilatent, libérés de l’attraction constante de la gravité. Beaucoup souffrent de maux de dos pendant leurs missions, et les recherches suggèrent que les vols spatiaux pourraient augmenter le risque de problèmes vertébraux après le retour sur Terre.
Une grande partie de ses travaux associe la recherche clinique à des expériences menées sur des astronautes dans l’espace et à des études en conditions analogues à l’espace. Dans le cadre de ces études menées sur Terre, des volontaires en bonne santé participent à des expériences de repos au lit contrôlées qui simulent les effets de la microgravité. Les chercheurs suivent de près les changements au niveau de la force musculaire, de la densité osseuse, de la circulation sanguine et de la colonne vertébrale à l’aide de techniques d’imagerie de pointe et de tests physiologiques.
« Le corps s’adapte remarquablement bien à l’espace, mais le retour à la gravité impose de nouvelles contraintes aux os, aux muscles et à la colonne vertébrale. »
— Dr Guy Trudel
Dans l’espace, les astronautes grandissent à mesure que leurs disques intervertébraux se dilatent, libérés de l’attraction constante de la gravité. Beaucoup souffrent de maux de dos pendant leurs missions, et les recherches suggèrent que les vols spatiaux pourraient augmenter le risque de problèmes vertébraux après le retour sur Terre.
« Nous savons que les vols spatiaux affectent le système musculosquelettique de multiples façons, de déclarer le Dr Trudel. Le corps s’adapte remarquablement bien à l’espace, mais le retour à la gravité impose de nouvelles contraintes aux os, aux muscles et à la colonne vertébrale. »
Ses travaux ont également permis de faire d’importantes découvertes sur les modifications de la moelle osseuse. L’étude MARROW, publiée dans Nature Medicine, a aidé à mieux comprendre l’anémie spatiale dont souffrent les astronautes après un vol dans l’espace. Son équipe entame à présent la prochaine phase de recherche dans le cadre de l’étude SPARK, qui s’appuiera sur les résultats antérieurs mis en évidence dans l’étude MARROW, grâce aux données recueillies auprès d’astronautes avant, pendant et après leur vol dans l’espace.
L’impact de ces recherches s’étend également au-delà de l’exploration spatiale.
« Les mêmes changements que nous observons chez les astronautes peuvent également se produire chez les patients immobilisés pendant de longues périodes », d’ajouter le Dr Trudel. En étudiant la façon dont le corps réagit à l’apesanteur, les chercheurs acquièrent des connaissances qui pourraient contribuer à améliorer la prise en charge des patients sur Terre qui passent de longues périodes alités en raison d’une maladie ou d’une blessure. Ces découvertes pourraient permettre d’identifier de nouvelles façons de prévenir la fonte musculaire, de préserver la santé osseuse et aussi d’accélérer le rétablissement des patients.
Il est impossible de savoir avec certitude si l’affection spinale de Robert était liée à son séjour dans l’espace, mais son expérience met en lumière deux domaines dans lesquels L’Hôpital d’Ottawa fait la différence : offrir des soins de pointe aux patients d’aujourd’hui, tout en faisant progresser la recherche susceptible de façonner l’avenir de l’exploration spatiale humaine.
Vivre sans aucune limite
Aujourd’hui, Robert a repris la vie active qu’il aime tant. Avec le recul, il est reconnaissant envers l’expertise, l’innovation et les soins qui lui ont permis de retrouver sa mobilité. Pour Robert, cette expérience lui a rappelé que l’exploration se fait sur de nombreux confins, notamment du savoir chirurgical et scientifique.
Qu’il s’agisse d’approfondir notre compréhension du corps humain grâce à la recherche spatiale ou encore de proposer des options chirurgicales de pointe plus près de chez nous, L’Hôpital d’Ottawa continue de repousser les limites du possible pour les patients d’Ottawa et bien au-delà.




