Deux fois vainqueur de la Coupe du monde de saut d’obstacles et médaillé d’argent en sports équestres aux Jeux olympiques, Ian Millar s’y connaît en chevaux. Sa longue et prestigieuse carrière lui a même valu le surnom de Capitaine Canada. Après un accident rare sur sa ferme à Perth, il a été transporté d’urgence au Centre de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa à cause d’une grave blessure à un bras. Il perdait rapidement du sang, ce qui mettait sa vie en danger.

« Le principal responsable de l’écurie, qui possède une formation médicale, s’est précipité pour aider avec d’autres membres de la famille. Ils s’inquiétaient en raison de la quantité de sang que je perdais. »

– Ian Millar

Vers la fin d’octobre 2020, Ian montait une jeune jument quand quelque chose l’a fait sursauter. Elle s’est cabrée sur les pattes arrière, puis est retombée violemment et a effectué une pirouette, faisant basculer Ian par-dessus sa tête et atterrir au sol. « Je savais exactement ce que j’allais faire pour atterrir sans me blesser. Normalement, le cheval fait ce qu’il peut pour éviter de nous piétiner, mais celle-ci m’a atteint à trois reprises », explique Ian.

Perte d’une grande quantité de sang

L’homme de 74 ans avait de la douleur aux côtes et à une jambe. Toutefois, la véritable préoccupation était sa blessure au bras gauche juste au dessus du coude. « J’ai essayé de me lever, mais je perdais beaucoup de sang. La blessure mesurait environ 20 cm de long et je pouvais voir les nerfs et les muscles. Le principal responsable de l’écurie, qui possède une formation médicale, s’est précipité pour aider avec d’autres membres de la famille. Ils s’inquiétaient en raison de la quantité de sang que je perdais. »

« Il n’existe pas de mot pour les décrire. Ils étaient environ six à mon arrivée et ils étaient prêts à passer à l’action. »

– Ian Millar

Ils ont rapidement fait un garrot pour arrêter le saignement et appelé au 911 pour obtenir de l’aide. Quelques minutes plus tard, des professionnels paramédicaux arrivaient pour l’amener à Carleton Place, où un hélicoptère l’attendait afin de le transporter au Centre de traumatologie.

Ian est demeuré conscient pendant tout le trajet et a trouvé les paramédicaux fantastiques. Ils ont aidé à contrôler le saignement et à le garder calme jusqu’à ce qu’ils arrivent à l’hôpital. Selon Ian, une équipe exceptionnelle l’attendait à son arrivée. « Les mots me manquent, mais je tiens à dire qu’ils étaient environ six à mon arrivée et ils étaient prêts à passer à l’action. »

Ian Millar, ©Millar Brooke Farm

Centre de traumatologie de l’Est de l’Ontario

Compte tenu de l’incertitude quant à la gravité de la blessure au bras, Ian avait besoin des options de traitement les plus perfectionnées. L’Hôpital d’Ottawa abrite le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est ontarien. C’est là que les patients les plus gravement blessés de toute la région, y compris du Québec dans certains cas, sont amenés pour recevoir des soins vitaux, bien souvent sans passer par les petits hôpitaux communautaires.

« Je venais d’entrer dans l’aire de réanimation lorsque nous avons reçu un appel pour nous prévenir qu’une ambulance aérienne d’ORNGE était en route et qu’il y avait un risque d’hémorragie artérielle potentiellement mortelle. »

– Dr Edmund Kwok

À l’heure actuelle, lorsqu’un patient comme Ian arrive en ambulance aérienne au Campus Civic, le personnel doit lui faire rapidement traverser l’avenue Carling, une artère très fréquentée qui se trouve entre l’héliport et l’hôpital. Ce ne sera plus le cas lorsque le nouveau campus ouvrira ses portes sur l’avenue Carling en 2028. Le nouveau campus de l’Hôpital permettra de gagner des minutes vitales grâce à des ascenseurs très rapides qui amèneront les patients très malades et gravement blessés directement de l’héliport situé sur le toit jusqu’à une aire de traumatologie.

Équipes spécialisées prêtes à intervenir

À l’arrivée d’Ian, le Dr Edmund Kwok, médecin et directeur du Service d’amélioration de la qualité à l’Urgence, était présent. Il se souvient très bien de ce jour. « J’étais au début de mon quart de travail. Je venais d’entrer dans l’aire de réanimation lorsque nous avons reçu un appel pour nous prévenir qu’une ambulance aérienne d’ORNGE était en route et qu’il y avait un risque d’hémorragie artérielle potentiellement mortelle », explique le Dr Kwok.

Le Dr Kwok et son équipe ont alors préparé l’aire de traumatologie à l’arrivée du patient. « Quand nous recevons une ambulance d’ORNGE, nous savons que le cas est plus grave. Notre équipe, qui comprend des médecins comme moi, des infirmières et thérapeutes respiratoires, est prête. »

Ian était conscient, stable et, après l’évaluation complète, la principale préoccupation était son bras. Le Dr Kwok et son équipe devaient déterminer s’il s’agissait d’une hémorragie artérielle ou veineuse – la première étant beaucoup plus problématique que la seconde. « Un patient peut perdre très rapidement tout son sang en cas de blessure artérielle. Sa vie est en jeu. C’est un peu comme la plomberie : lorsque nous relâchons la pression, il faut agir d’une façon très contrôlée », poursuit le Dr Kwok.

Dr Edmund Kwok est médecin et directeur du Service d’amélioration de la qualité à l’Urgence à notre hôpital.

Collaboration d’experts

Après le retrait du garrot, le saignement a repris de plus belle. « Nous avons appelé en renfort des chirurgiens vasculaires, orthopédistes et plasticiens. Nous avions besoin de ces spécialistes et ils sont arrivés rapidement. L’équipe responsable du volet vasculaire était au chevet d’Ian avant que les examens d’imagerie soient terminés. »

« Avant l’accident, je ne savais pas que le Campus Civic hébergeait le seul centre de traumatologie de la région. J’y ai reçu des soins incroyables. Nous avons la chance d’avoir cette équipe d’experts prêts à intervenir en cas de blessure. Il m’a semblé que tous les spécialistes attendaient et étaient prêts à aider. »

– Ian Millar

Le spécialiste des soins vasculaires a déterminé que l’hémorragie n’était pas d’origine artérielle et a réparé les veines avant de passer le relais au chirurgien plasticien, qui a fermé la plaie. Tout s’est déroulé très rapidement, mais le Dr Kwok s’empresse de souligner qu’il s’agit d’un parfait exemple du recours à chaque spécialité pour assurer un résultat positif au patient. « C’est un exemple classique de blessure nécessitant différents spécialistes. Les chirurgiens vasculaires et plasticiens fournissent des services hautement spécialisés et le fait de les avoir tous au même endroit et de pouvoir intervenir rapidement a fait une énorme différence dans le résultat de ce patient parce que le garrot n’aurait pas pu rester en place beaucoup plus longtemps. »

Comme Ian présentait aussi un risque élevé de blessure aux os du bras, il était essentiel de disposer d’orthopédistes sur place. L’équipe spécialisée en soins vasculaires a arrêté l’hémorragie en ligaturant les vaisseaux au chevet du patient pendant qu’Ian attendait de passer une tomodensitométrie et une angiographie.

Retour à la maison six heures plus tard

Fait remarquable, Ian est rentré chez lui environ six heures après son arrivée à l’hôpital. Le Dr Kwok estime que c’est un cas extraordinaire. « Je suis heureux que nous ayons pu aider Ian à retourner chez lui si rapidement. Il a eu beaucoup de chance. Si la blessure avait eu lieu à la tête, le résultat aurait pu être très différent. »

Plus étonnant encore, il n’a eu aucune fracture, seulement une côte disloquée et une blessure superficielle à la jambe. Cette expérience a mené à une prise de conscience pour Ian. « Avant l’accident, je ne savais pas que le Campus Civic hébergeait le seul centre de traumatologie de la région. J’y ai reçu des soins incroyables. Nous avons la chance d’avoir cette équipe d’experts prêts à intervenir en cas de blessure. Il m’a semblé que tous les spécialistes attendaient et étaient prêts à aider. »

Ian Millar, ©Millar Brooke Farm

En tant que médecin urgentologue, le Dr Kwok admet qu’il est merveilleux de voir une histoire comme celle d’Ian se terminer ainsi. « Aucun mot ne peut décrire à quel point il est positif de voir le résultat de Ian. Il revitalise notre équipe et nous rappelle que nous faisons la différence. »

L’athlète olympique était de retour à cheval quelques semaines plus tard et son bras était totalement fonctionnel. Il en est reconnaissant envers l’équipe qui s’est occupée de lui. « Ils sont bien rodés. Ils m’ont rendu fier d’être canadien. »