Traitement et soins étonnants contre l’AVC d’un « accro » à l’entraînement physique

Découvrons le Dr Robert Fahed, neuroradiologue d’intervention à L’Hôpital d’Ottawa – l’un des quatre en son genre au Canada.

Les héros ne portent pas tous une cape : le Dr Robert Fahed retire des caillots de sang du cerveau de patients qui ont fait un AVC pour sauver leur vie et atténuer les dommages. Ce processus révolutionnaire, appelé thrombectomie, représente seulement une partie du travail du Dr Fahed pour lutter contre l’AVC et ses effets incapacitants en tant que neuroradiologue d’intervention et neurologue spécialisé à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à l’Université d’Ottawa. Après sa formation en France, le Dr Fahed a été recruté par L’Hôpital d’Ottawa. Il s’est taillé une réputation grâce à sa recherche et à ses soins axés sur l’innovation pratique pour les patients ayant fait un AVC – et d’autres.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le moment étonnant où le Dr Fahed a appris l’existence de la thrombectomie et les raisons qui l’ont amené à s’installer à Ottawa.

Les héros ne portent pas tous une cape : le Dr Robert Fahed retire des caillots de sang du cerveau de patients qui ont fait un AVC pour sauver leur vie et atténuer les dommages. Ce processus révolutionnaire, appelé thrombectomie, représente seulement une partie du travail du Dr Fahed pour lutter contre l’AVC et ses effets incapacitants en tant que neuroradiologue d’intervention et neurologue spécialisé à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à l’Université d’Ottawa. Après sa formation en France, le Dr Fahed a été recruté par L’Hôpital d’Ottawa. Il s’est taillé une réputation grâce à sa recherche et à ses soins axés sur l’innovation pratique pour les patients ayant fait un AVC – et d’autres.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le moment étonnant où le Dr Fahed a appris l’existence de la thrombectomie et les raisons qui l’ont amené à s’installer à Ottawa.

Q : Qu’est-ce qui vous a amené à L’Hôpital d’Ottawa?

R : Je suis né dans une banlieue de Paris, en France, et j’y ai passé mon enfance. Mes deux parents ont immigré de Syrie avant ma naissance parce qu’ils voulaient que leurs enfants aient une meilleure vie. J’ai toujours eu la conviction que j’ai réussi tout ce que j’ai entrepris grâce à eux.

J’ai fait ma résidence en neurologie à Paris, puis j’ai fait une maîtrise à Montréal parce que je voulais réaliser de la recherche. J’ai de la famille à Montréal et j’adore le Canada depuis que je suis haut comme trois pommes. Pourquoi avoir choisi Ottawa? Pour trois raisons, dont deux personnelles et une professionnelle.

La première raison est que L’Hôpital d’Ottawa est reconnu pour son exceptionnelle infrastructure de recherche et son soutien aux chercheurs. La deuxième est qu’Ottawa est une ville paisible, calme et familiale, ce qui est exactement l’environnement que je souhaitais pour élever mes enfants. La troisième est que c’est très stimulant de travailler et de parler constamment en anglais. Cela stimule mon cerveau parce que ce n’est pas ma langue maternelle. Mon cerveau fonctionne toujours plus vite en conséquence et j’adore ça.

Q : Pourquoi avez-vous choisi la neurologie?

R : Mon père et neurologue. J’ai donc baigné dans le domaine quand j’étais jeune et je l’ai toujours trouvé intéressant. Je voyais mon père comme un héros. Ça a toujours été assez clair que je voulais devenir médecin.

Un de mes premiers stages au choix a été en neurologie des AVC. J’y ai vu des patients littéralement revenir à la vie après un AVC. Ce fut comme une révélation pour moi; c’est ce que je voulais faire.

Plus tard, lorsque j’étais résident de première année en France, j’avais déjà décidé que je voulais être neurologue, mais la grande majorité des neurologues ne réalisent pas de procédure endovasculaire. Une femme d’une cinquantaine d’années est arrivée après un AVC majeur; son côté droit était paralysé et elle ne pouvait plus parler.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

— Dr Robert Fahed
Dr. Robert Fahed_neuroradiology_The Ottawa Hospital_profile

Je me suis dit « pauvre femme, elle va être paralysée pour le reste de sa vie ». Un membre de mon équipe m’a ensuite dit « Robert, il y a une intervention qu’on peut essayer. Elle est expérimentale, ça s’appelle une thrombectomie. Amenez-la dans cette salle. » Je l’ai amenée vers la salle; elle est entrée; les portes se sont refermées. J’ai ensuite fait le tour de mes patients. Une demi-heure plus tard, j’ai reçu un appel m’informant que l’intervention était terminée. Je suis allé la chercher. À sa sortie de la salle, elle bougeait son bras droit. Elle n’était plus paralysée!

Je me suis immédiatement dit « Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

Je me suis dit « pauvre femme, elle va être paralysée pour le reste de sa vie ». Un membre de mon équipe m’a ensuite dit « Robert, il y a une intervention qu’on peut essayer. Elle est expérimentale, ça s’appelle une thrombectomie. Amenez-la dans cette salle. » Je l’ai amenée vers la salle; elle est entrée; les portes se sont refermées. J’ai ensuite fait le tour de mes patients. Une demi-heure plus tard, j’ai reçu un appel m’informant que l’intervention était terminée. Je suis allé la chercher. À sa sortie de la salle, elle bougeait son bras droit. Elle n’était plus paralysée!

Je me suis immédiatement dit « Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

« Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

— Dr Robert Fahed
Dr. Robert Fahed_neuroradiology_The Ottawa Hospital_profile

Je me suis dit « pauvre femme, elle va être paralysée pour le reste de sa vie ». Un membre de mon équipe m’a ensuite dit « Robert, il y a une intervention qu’on peut essayer. Elle est expérimentale, ça s’appelle une thrombectomie. Amenez-la dans cette salle. » Je l’ai amenée vers la salle; elle est entrée; les portes se sont refermées. J’ai ensuite fait le tour de mes patients. Une demi-heure plus tard, j’ai reçu un appel m’informant que l’intervention était terminée. Je suis allé la chercher. À sa sortie de la salle, elle bougeait son bras droit. Elle n’était plus paralysée!

« Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

— Dr Robert Fahed
Dr. Robert Fahed_neuroradiology_The Ottawa Hospital_profile
Je me suis immédiatement dit « Je ne sais pas ce qui s’est passé dans cette salle, mais je veux être celui qui le fait. Je veux être celui qui ramène ces personnes à la vie. »

Cette femme voulait nous donner un cadeau pour ce qu’on avait fait pour elle. Elle gérait un institut de beauté. Elle m’a donné un coupon et elle a dit « C’est pour vos… ». Comme elle ne se souvenait pas du nom, elle a pointé mes sourcils.

J’ai trouvé ce moment hilarant. Elle m’a serré dans ses bras et elle est partie. Je ne l’ai jamais revue. Ce moment a une signification particulière pour moi et chaque fois que je fais une thrombectomie, je pense à cette femme.

Q : En quoi consiste votre rôle à L’Hôpital d’Ottawa?

R : J’ai une double formation. Je suis un neurologue qui s’occupe d’AVC et je suis un neuroradiologue d’intervention, ce qui signifie que je fais de la neurologie endovasculaire. Cela consiste à acheminer de petits cathéters dans le cerveau à partir de l’aine ou du poignet après avoir réalisé une minuscule ouverture qui ne laisse aucune cicatrice. Après le traitement, vous ne pouvez pas montrer que vous avez eu une intervention, car le processus est une mini-chirurgie.

Il n’y a que quatre neurologues qui font de la neurologie d’intervention dans tout le pays, et je suis l’un d’eux. Ce sont généralement des radiologistes ou des neurochirurgiens qui s’en chargent, mais les neurologues peuvent aussi le faire.

Ici, à L’Hôpital d’Ottawa, nous cultivons cette approche multidisciplinaire. Je crois que c’est la meilleure façon d’offrir des soins optimaux aux patients.

Je suis également chercheur. C’est un travail important parce que la recherche d’aujourd’hui procure les soins de demain. Ce que nous étudions aujourd’hui sera le traitement de pointe, révolutionnaire et percutant que nous pourrons offrir aux patients.

Q : Comment évolue le domaine de la neurologie?

R : Je suis fier de pouvoir participer à des innovations et à des traitements aussi percutants et je suis très enthousiaste parce que l’avenir est encore plus prometteur.

Non seulement nous pourrons mieux traiter les AVC, mais nous allons aussi augmenter le nombre de personnes traitées. Nous traitons davantage d’AVC parce que nous pouvons aller retirer des caillots plus petits, nous pouvons traiter des patients un peu plus âgés et nous avons des cathéters qui peuvent être acheminés presque n’importe où.

Nous avons même commencé à traiter d’autres problèmes, comme l’acouphène, et nous pourrions dans l’avenir aider à traiter la maladie de Parkinson, car nous ne sommes pas capables d’implanter de petites électrodes dans le cerveau à partir de l’intérieur des vaisseaux.

1
Un caillot de sang obtrue un important vaisseau sanguin dans le cerveau, ce qui cause un AVC ischémique aigu.
2
Un minuscule cathéter est inséré dans une incision à une artère de l’aine et acheminé jusqu’au caillot de sang. Un tuteur est ensuite inséré dans le cathéter et acheminé jusqu’au caillot pour s’en emparer en l’enveloppant.
3
Le tuteur contenant le caillot est ensuite ramené vers l’incision dans l’aine pour retirer le caillot. L’objectif est de retirer tout le caillot dès la première tentative pour restaurer la circulation sanguine le plus vite possible et limiter ainsi les dommages causés par l’AVC.
4
La circulation sanguine est restaurée. La fonction cérébrale peut bien souvent s’améliorer immédiatement.
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Q : Comment évolue le domaine de la neurologie?

R : Je suis fier de pouvoir participer à des innovations et à des traitements aussi percutants et je suis très enthousiaste parce que l’avenir est encore plus prometteur.

Non seulement nous pourrons mieux traiter les AVC, mais nous allons aussi augmenter le nombre de personnes traitées. Nous traitons davantage d’AVC parce que nous pouvons aller retirer des caillots plus petits, nous pouvons traiter des patients un peu plus âgés et nous avons des cathéters qui peuvent être acheminés presque n’importe où.

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Un caillot de sang obtrue un important vaisseau sanguin dans le cerveau, ce qui cause un AVC ischémique aigu.
2
Un minuscule cathéter est inséré dans une incision à une artère de l’aine et acheminé jusqu’au caillot de sang. Un tuteur est ensuite inséré dans le cathéter et acheminé jusqu’au caillot pour s’en emparer en l’enveloppant.
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Le tuteur contenant le caillot est ensuite ramené vers l’incision dans l’aine pour retirer le caillot. L’objectif est de retirer tout le caillot dès la première tentative pour restaurer la circulation sanguine le plus vite possible et limiter ainsi les dommages causés par l’AVC.
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La circulation sanguine est restaurée. La fonction cérébrale peut bien souvent s’améliorer immédiatement.
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Nous avons même commencé à traiter d’autres problèmes, comme l’acouphène, et nous pourrions dans l’avenir aider à traiter la maladie de Parkinson, car nous ne sommes pas capables d’implanter de petites électrodes dans le cerveau à partir de l’intérieur des vaisseaux.

Le rythme de l’évolution et des améliorations est exponentiellement plus élevé et meilleur chaque année. Mon travail n’a déjà plus rien à voir avec ce qu’il était il y a 10 ans quand j’ai commencé; il est déjà tellement différent. Dans 10 ans, ce sera à nouveau un domaine complètement différent.

Q : Qu’est-ce que la campagne Créons des lendemains apportera dans le domaine de la neurologie?

R : Elle permettra d’avoir plus de lits pour traiter plus de patients rapidement, donc d’offrir ainsi de meilleurs soins. Plus important encore, elle nous donnera plus de soutien pour réaliser de la recherche. Beaucoup de gens font une distinction entre la recherche et les soins; ils séparent ces deux entités, ce qui est une grosse erreur que L’Hôpital d’Ottawa ne fait pas. L’Hôpital d’Ottawa soutient les études et les essais intégrés aux soins cliniques de sorte que nous pouvons soigner les patients tout en leur offrant des traitements de pointe dans le contexte d’une étude.

Le Dr Fahed accueille une nouvelle technologie à L'HO.

La recherche nous permettra de trouver des médicaments neuroprotecteurs qui peuvent être administrés dans l’ambulance pour protéger le cerveau. Nous étudions également une thérapie par cellules souches pour améliorer la réadaptation et la récupération du cerveau après un AVC. Nous disposerons de nouveaux outils et techniques qui nous permettront de rouvrir les vaisseaux plus rapidement et plus efficacement, ce qui procurera de meilleurs résultats aux patients.

Notre performance en recherche en neurosciences est déjà assez étonnante pour le monde entier, mais nous allons passer au niveau supérieur grâce à un nouvel institut des neurosciences. J’ai très bon espoir que cette nouvelle infrastructure de recherche nous permettra de faire des miracles.

Le Dr Fahed accueille une nouvelle technologie à L'HO.

La recherche nous permettra de trouver des médicaments neuroprotecteurs qui peuvent être administrés dans l’ambulance pour protéger le cerveau. Nous étudions également une thérapie par cellules souches pour améliorer la réadaptation et la récupération du cerveau après un AVC. Nous disposerons de nouveaux outils et techniques qui nous permettront de rouvrir les vaisseaux plus rapidement et plus efficacement, ce qui procurera de meilleurs résultats aux patients.

Notre performance en recherche en neurosciences est déjà assez étonnante pour le monde entier, mais nous allons passer au niveau supérieur grâce à un nouvel institut des neurosciences. J’ai très bon espoir que cette nouvelle infrastructure de recherche nous permettra de faire des miracles.

Q : Comment vous occupez-vous en dehors du travail?

R : Voilà une question facile : je suis un accro de l’entraînement physique. J’adore m’entraîner! Je le fais depuis que je suis ado. J’ai des haltères, un banc et un rameur. Je m’entraînais au centre de conditionnement du campus, mais lorsque la COVID est arrivée, j’ai acheté mon propre équipement. Mes collègues se sont tous moqués de moi en disant qu’elle ne durerait pas si longtemps. Deux mois plus tard, tout le monde frappait à ma porte pour demander s’il pouvait utiliser mon équipement pour s’entraîner.

Un dicton latin va comme suit : « mens sana in corpore sano ». Cela veut dire en gros « un esprit sain dans un corps sain ». J’entraîne suffisamment mon cerveau par mon travail, mais le corps est aussi très important. Nous n’en avons qu’un. Nous devons en prendre soin. La prévention est le meilleur remède.

Je passe aussi beaucoup de temps avec ma famille. Mes parents et ma sœur sont maintenant à Gatineau. Avec ma femme et ma fille – et bientôt ma deuxième fille –, nous profitons de tout ce que le Canada a à offrir. Ottawa est une ville magique : elle est pleine de parcs, on peut faire du bateau sur le lac Dow en été et, en hiver, on peut faire du patin à glace, ce qui est tout à fait nouveau pour moi. On peut faire du ski et aller au zoo. Il y a tant de choses à faire. Je suis ici depuis trois ans et j’ai tant de choses à découvrir. Je profite de tout ce que ce beau pays a à offrir.

Q : Pouvez-vous nous parler de la première mondiale que vous venez de réaliser sur un patient ayant des acouphènes?

R : Nous avons récemment utilisé cette procédure endovasculaire sur un patient ayant des acouphènes pulsatiles. Il s’agit d’un type rare d’acouphènes dans lequel les patients présentent toute une série de troubles sous-jacents des vaisseaux qui provoquent un sifflement dans les oreilles. Nous pouvons presque toujours traiter ce type d’acouphènes par voie endovasculaire. Traditionnellement, nous posons une endoprothèse et mettons le patient sous anticoagulants. Mais pour le patient Chris Scharff, nous avons utilisé le processus généralement utilisé pour les anévrismes artériels cérébraux sur l’anévrisme veineux qui causait l’acouphène pulsatile. Cela a permis de résoudre l’acouphène sans qu’il soit nécessaire de mettre le patient sous anticoagulants. C’était une première mondiale. 

Nous avons également ouvert récemment la clinique de l’acouphène pulsatile d’Ottawa. Alors que les autres types d’acouphènes sont traités par un oto-rhino-laryngologiste (ORL), les acouphènes pulsatiles nécessitent une approche différente. 

Ce nouveau traitement et la clinique illustrent bien la position de L’Hôpital d’Ottawa à la fine pointe de l’innovation.