Tout savoir sur le méningiome
Le méningiome est un type de tumeur cérébrale dont l’histoire est longue et riche en rebondissements. Le plus ancien cas documenté de méningiome a été découvert dans un crâne fossilisé d’hominidé vieux d’environ 365 000 ans en 1933, aussi appelé le crâne de Steinheim sur lequel ont été identifiées des déformations osseuses typiques d’un méningiome. Ce n’est certes que lors d’une autopsie réalisée en 1614 que remontent les premières traces écrites révélant ainsi la présence d’un méningiome dans le cerveau d’un chevalier. À partir de là, les progrès s’accélèrent considérablement : la première intervention chirurgicale visant à retirer un méningiome a lieu en 1770, et les améliorations apportées aux techniques chirurgicales, à l’anesthésie et à l’hygiène permettent de faire entrer le traitement dans l’ère moderne dès le XXe siècle. À l’aube du XXIe siècle, la plupart des patients atteints d’un méningiome peuvent espérer vivre longtemps après l’ablation de leur tumeur, y compris des célébrités comme Elizabeth Taylor et Mary Tyler Moore!
Définition du méningiome
Le méningiome est une tumeur qui prend naissance dans les cellules des méninges (membranes recouvrant l’encéphale et la moelle épinière). Dans la plupart des cas, le méningiome est bénin, à savoir qu’il n’est pas cancéreux et ne risque pas de s’étendre à d’autres parties du corps. Il n’en reste pas moins que certains méningiomes peuvent être malins et ont une plus grande propension à se développer rapidement et à envahir le cerveau. Ils sont classés en grades 1, 2 ou 3, le grade 1 correspondant à une tumeur bénigne et le grade 3 à une tumeur maligne.
Le méningiome est plus fréquent chez les personnes de plus de 50 ans, le risque augmentant tout particulièrement chez les plus de 65 ans. L’exposition aux rayonnements peut accroître le risque de méningiome. De même, les personnes présentant un indice de masse corporelle (IMC) élevé ont un risque accru d’avoir un méningiome. Dans de rares cas, ces tumeurs peuvent être dues à certaines maladies génétiques, telles que la neurofibromatose de type 2.
Le méningiome est la tumeur primitive du cerveau la plus répandue chez les femmes, tandis que le glioblastome l’est pour les hommes. Les femmes reçoivent un diagnostic de méningiome à un rythme environ deux fois supérieur à celui des hommes, probablement en raison des hormones comme l’œstrogène et la progestérone.
Symptômes d’un méningiome
Les méningiomes ne provoquent pas toujours de symptômes, surtout à un stade précoce, mais à mesure que les tumeurs se développent, certains symptômes peuvent fréquemment apparaître en fonction de leur localisation dans le cerveau. Parmi ceux-ci, on peut citer :
- Un mal de tête qui est pire le matin
- Des troubles de la vision ou une perte de la vue
- Une perte de l’odorat
- Une perte de l’audition ou des acouphènes
- Des convulsions
- Des changements de personnalité ou de comportement
- Des troubles cognitifs ou de la mémoire
- De la difficulté à parler
- De la difficulté à comprendre des mots
- Une faiblesse d’un côté du corps
- Des problèmes d’équilibre ou des étourdissements
- Des nausées ou vomissements
- De la fatigue
Traitement du méningiome
Le diagnostic des méningiomes repose sur un examen neurologique et des examens d’imagerie comme la tomodensitométrie et l’IRM du cerveau. La première étape dans la prise en charge d’un méningiome de bas grade suspecté consiste fréquemment à adopter une attitude d’attente vigilante. Si le méningiome commence à grossir et à être problématique, une intervention chirurgicale est généralement indiquée. La radiothérapie est recommandée si la tumeur ne peut pas être retirée par chirurgie, ou en phase postopératoire pour certaines tumeurs de grade 2 et toutes les tumeurs de grade 3, ou encore si la tumeur récidive après l’intervention chirurgicale. L’Hôpital d’Ottawa dispose d’instruments de pointe comme le CyberKnife et l’accélérateur linéaire (LINAC) qui tous deux permettent d’administrer des rayons précis et à forte dose à des tumeurs telles que les méningiomes, ce qui accroît l’efficacité du traitement, tout en limitant les effets secondaires de la radiothérapie sur les tissus sains environnants. Ces outils, financés par des donateurs, nous aident à offrir à nos patients de meilleures chances de vivre plus longtemps, avec moins d’effets à long terme.
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