Publié : juin 2026

Temps de lecture : 4 min

Publié : juin 2026

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Cheryl Langill ne s’est pas retrouvée à l’Urgence de notre hôpital à cause d’un symptôme flagrant ou d’une maladie évidente. C’était plutôt en raison d’une série de changements subtils apparus au fil du temps qui sont devenus progressivement impossibles à ignorer.

Tout d’abord, son mari, Steve, a remarqué des changements inhabituels dans son comportement. Cheryl était plus irritable que d’habitude et prompte à se sentir frustrée. Elle ne ressemblait plus à la femme qu’il connaissait depuis 22 ans.

« Je ne reconnaissais plus ma femme », a déclaré Steve. Même leurs enfants adolescents ont senti que quelque chose n’allait pas.

Ils ont aussi constaté des changements physiques. Cheryl avait de temps à autre de petits spasmes faciaux. Puis, lors d’un examen de la vue de routine, elle apprend que la vision de son œil gauche s’est considérablement détériorée.

Mais même à ce moment-là, lorsque sa famille lui a fait part de ses inquiétudes, Cheryl a eu du mal à reconnaître à quel point les choses avaient changé. De son point de vue, il n’y avait rien de grave. Au fur et à mesure de la progression des changements, leur impact sur la vie quotidienne de Cheryl est devenu plus difficile à ignorer. Ces changements ont même nui à son rendement au travail, et elle a fini par perdre son emploi.

« Je me souviens que les gens me disaient que quelque chose n’allait pas, mais je ne le voyais pas, a déclaré Cheryl. J’ai continué à dire à tout le monde que j’allais bien, parce que je me sentais tout à fait normale. »

Tout seuls, les symptômes de Cheryl ne semblaient pas particulièrement alarmants. Mais ensemble, ils racontaient une tout autre histoire — une histoire qui a enfin conduit son mari à l’amener à notre Urgence en quête de réponses.

Cheryl à L’Hôpital d’Ottawa

Un diagnostic bouleversant

Ce que l’équipe soignante de Cheryl a découvert lors de cette visite à l’hôpital en juin 2021 a ébranlé sa famille.

Un examen de tomodensitométrie a révélé la présence d’une tumeur cérébrale de la taille d’une balle de golf qui avait probablement crû, inaperçue, pendant des années. Au fil du temps, la tumeur a commencé à appuyer sur des zones critiques de son cerveau, provoquant des changements dans sa vision et son comportement, et limitant même sa capacité à reconnaître que quelque chose n’allait pas.

« La tumeur était située dans la partie antérieure du cerveau », explique le Dr Safraz Mohammed, neurochirurgien à L’Hôpital d’Ottawa. « Cette zone joue un rôle important dans la personnalité, le jugement et le comportement. »

Dans le cas de Cheryl, la tumeur affectait également son nerf optique, ce qui expliquait sa perte de vision dans l’œil gauche.

Même si la tumeur était bénigne et progressait lentement, sa taille et sa localisation la rendaient dangereuse. Sans intervention chirurgicale, son état continuerait à se détériorer. Une intervention chirurgicale complexe était donc la seule option pour Cheryl.

Avant l’opération, l’imagerie de Cheryl montrait une grosse tumeur qui appuyait sur des zones importantes du cerveau. Après l’opération, la majeure partie a été retirée en toute sécurité, améliorant beaucoup son état.

Planification d’une chirurgie extrêmement risquée

Avant d’aller plus loin, l’équipe soignante de Cheryl a agi rapidement pour stabiliser son état : des médicaments pour réduire le gonflement de son cerveau et des antiépileptiques pour prévenir d’autres spasmes faciaux.

En parallèle, un plan chirurgical très détaillé prenait déjà forme. L’intervention nécessiterait l’ablation d’une portion de la partie antérieure du crâne et des os autour de l’œil gauche afin de permettre aux chirurgiens d’accéder plus facilement à la tumeur. Les chirurgiens utiliseraient ensuite des outils de pointe, notamment un aspirateur chirurgical à ultrasons, pour décomposer et retirer soigneusement la tumeur tout en préservant les tissus cérébraux environnants.

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Cette technologie permettrait aux chirurgiens de cibler les cellules tumorales tout en protégeant les parties saines du cerveau de Cheryl — une précision essentielle lorsqu’il s’agit d’opérer dans une zone aussi sensible.

« Chaque mouvement est important en chirurgie cérébrale, déclare le Dr Mohammed. Il faut constamment trouver un équilibre entre ce que l’on peut retirer en toute sécurité et la protection des parties du cerveau qui font de la personne ce qu’elle est. »

Dans la salle d’opération

Cinq jours seulement après son arrivée à l’hôpital, Cheryl se trouvait dans la salle d’opération pour une intervention chirurgicale qui allait lui sauver la vie.

« Je ne savais même pas que quelque chose n’allait pas, et soudain, je me préparais à subir une chirurgie au cerveau. »

« C’était très difficile à assimiler, dit-elle. Quelques jours auparavant, je ne savais même pas que quelque chose n’allait pas, et soudain, je me préparais à subir une chirurgie au cerveau. » Au cours d’une intervention chirurgicale complexe de huit heures, le Dr Mohammed et son équipe ont travaillé méticuleusement pour retirer la tumeur, mais une partie de celle-ci comprimait une artère importante qui alimente le cerveau en sang.

L’ablation de cette partie de la tumeur réduirait le risque qu’elle continue à se développer, mais opérer à proximité d’une artère aussi importante exigeait une extrême précision — la moindre perturbation de la circulation sanguine pouvait avoir de graves conséquences.

« Il s’agit d’une partie importante du cerveau qui affecte le mouvement et la parole, dit le Dr Mohammed. Il faut donc penser non seulement à l’intervention chirurgicale en cours, mais aussi à ce que toute décision pourrait signifier pour le patient sur le long terme. »

L’équipe chirurgicale a décidé de procéder avec soin. Pendant cette partie de l’intervention, Cheryl a été victime d’un accident vasculaire cérébral mineur, un risque connu pour une intervention chirurgicale de cette complexité. Pour éviter tout dommage supplémentaire, l’équipe a choisi de ne pas retirer le petit morceau de tumeur restant.

Malgré cela, la chirurgie fut un succès. La majeure partie de la tumeur de Cheryl a été enlevée en toute sécurité, ce qui a permis de soulager la pression sur son cerveau et son nerf optique et d’éviter d’autres dommages.

Le chemin du rétablissement

Dans les jours qui ont suivi, Cheryl a entamé sa convalescence à l’hôpital, soutenue par une équipe de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, d’infirmières et de médecins qui ont travaillé ensemble pour l’aider à retrouver sa force et son indépendance.

« La vision d’un patient ne revient pas souvent dans des cas comme celui-ci. »

Les premiers signes de rétablissement étaient encourageants. Sa vision s’est considérablement améliorée et les changements de personnalité et de comportement qui avaient inquiété sa famille ont commencé à s’estomper.

« C’était un grand soulagement, dit Steve. Nous avons eu l’impression de retrouver Cheryl. »

Pour l’équipe soignante, ces premières améliorations ont été significatives. « La vision d’un patient ne revient pas souvent dans des cas comme celui-ci, déclare le Dr Mohammed. C’était un résultat très positif. »

Cheryl fait du bénévolat à L’Hôpital d’Ottawa

Radiothérapie spécialisée

La chirurgie a permis d’éliminer la majeure partie de la tumeur, mais les soins offerts à Cheryl ne se sont pas arrêtés là.

En 2024, des examens de suivi en imagerie ont montré que la partie restante de la tumeur avait commencé à se développer. Cheryl a donc reçu une radiothérapie ciblée au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa.

Ce traitement fait appel à une technologie de haute précision pour administrer une radiothérapie qui cible directement la tumeur tout en minimisant l’exposition des tissus sains environnants. Il s’agit d’une option non invasive qui permet de contrôler la progression de la tumeur sans risquer une autre intervention chirurgicale majeure.

Pour Cheryl, il s’agissait d’une étape supplémentaire importante dans la gestion sûre et efficace de sa maladie.

Regard vers l’avenir

Aujourd’hui, un an après sa dernière radiothérapie, les plus récents examens de Cheryl montrent que sa tumeur a cessé de progresser. Bien que son parcours ne soit pas terminé, les résultats obtenus jusqu’à présent sont encourageants.

Aujourd’hui, elle est bénévole au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa, où elle soutient les patients et les familles qui traversent leurs propres épreuves difficiles, ce qui lui tient particulièrement à cœur.

« Je suis très reconnaissante des soins que j’ai reçus, et le bénévolat est ma façon de donner en retour à l’hôpital qui m’a sauvé la vie. »

« Je sais à quel point le fait d’être un patient peut être accablant, dit Cheryl. Je suis très reconnaissante des soins que j’ai reçus, et le bénévolat est ma façon de donner en retour à l’hôpital qui m’a sauvé la vie. »

Pour sa famille, la différence est déjà évidente. C’est un rappel du chemin parcouru par Cheryl et de ce qui a été rendu possible grâce à des soins spécialisés, à une technologie de pointe, au soutien des donateurs et à une équipe qui était prête à agir au moment décisif.

Cheryl après son opération, avec ses enfants
Cheryl, un an après son opération, en compagnie de sa famille