Deux fois vainqueur de la Coupe du monde de saut d’obstacles et médaillé d’argent en sports équestres aux Jeux olympiques, Ian Millar s’y connaît en chevaux. Sa longue et prestigieuse carrière lui a même valu le surnom de Capitaine Canada. Après un accident rare sur sa ferme à Perth, il a été transporté d’urgence au Centre de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa à cause d’une grave blessure à un bras. Il perdait rapidement du sang, ce qui mettait sa vie en danger.

« Le principal responsable de l’écurie, qui possède une formation médicale, s’est précipité pour aider avec d’autres membres de la famille. Ils s’inquiétaient en raison de la quantité de sang que je perdais. »

– Ian Millar

Vers la fin d’octobre 2020, Ian montait une jeune jument quand quelque chose l’a fait sursauter. Elle s’est cabrée sur les pattes arrière, puis est retombée violemment et a effectué une pirouette, faisant basculer Ian par-dessus sa tête et atterrir au sol. « Je savais exactement ce que j’allais faire pour atterrir sans me blesser. Normalement, le cheval fait ce qu’il peut pour éviter de nous piétiner, mais celle-ci m’a atteint à trois reprises », explique Ian.

Perte d’une grande quantité de sang

L’homme de 74 ans avait de la douleur aux côtes et à une jambe. Toutefois, la véritable préoccupation était sa blessure au bras gauche juste au dessus du coude. « J’ai essayé de me lever, mais je perdais beaucoup de sang. La blessure mesurait environ 20 cm de long et je pouvais voir les nerfs et les muscles. Le principal responsable de l’écurie, qui possède une formation médicale, s’est précipité pour aider avec d’autres membres de la famille. Ils s’inquiétaient en raison de la quantité de sang que je perdais. »

« Il n’existe pas de mot pour les décrire. Ils étaient environ six à mon arrivée et ils étaient prêts à passer à l’action. »

– Ian Millar

Ils ont rapidement fait un garrot pour arrêter le saignement et appelé au 911 pour obtenir de l’aide. Quelques minutes plus tard, des professionnels paramédicaux arrivaient pour l’amener à Carleton Place, où un hélicoptère l’attendait afin de le transporter au Centre de traumatologie.

Ian est demeuré conscient pendant tout le trajet et a trouvé les paramédicaux fantastiques. Ils ont aidé à contrôler le saignement et à le garder calme jusqu’à ce qu’ils arrivent à l’hôpital. Selon Ian, une équipe exceptionnelle l’attendait à son arrivée. « Les mots me manquent, mais je tiens à dire qu’ils étaient environ six à mon arrivée et ils étaient prêts à passer à l’action. »

Ian Millar, ©Millar Brooke Farm

Centre de traumatologie de l’Est de l’Ontario

Compte tenu de l’incertitude quant à la gravité de la blessure au bras, Ian avait besoin des options de traitement les plus perfectionnées. L’Hôpital d’Ottawa abrite le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est ontarien. C’est là que les patients les plus gravement blessés de toute la région, y compris du Québec dans certains cas, sont amenés pour recevoir des soins vitaux, bien souvent sans passer par les petits hôpitaux communautaires.

« Je venais d’entrer dans l’aire de réanimation lorsque nous avons reçu un appel pour nous prévenir qu’une ambulance aérienne d’ORNGE était en route et qu’il y avait un risque d’hémorragie artérielle potentiellement mortelle. »

– Dr Edmund Kwok

À l’heure actuelle, lorsqu’un patient comme Ian arrive en ambulance aérienne au Campus Civic, le personnel doit lui faire rapidement traverser l’avenue Carling, une artère très fréquentée qui se trouve entre l’héliport et l’hôpital. Ce ne sera plus le cas lorsque le nouveau campus ouvrira ses portes sur l’avenue Carling en 2028. Le nouveau campus de l’Hôpital permettra de gagner des minutes vitales grâce à des ascenseurs très rapides qui amèneront les patients très malades et gravement blessés directement de l’héliport situé sur le toit jusqu’à une aire de traumatologie.

Équipes spécialisées prêtes à intervenir

À l’arrivée d’Ian, le Dr Edmund Kwok, médecin et directeur du Service d’amélioration de la qualité à l’Urgence, était présent. Il se souvient très bien de ce jour. « J’étais au début de mon quart de travail. Je venais d’entrer dans l’aire de réanimation lorsque nous avons reçu un appel pour nous prévenir qu’une ambulance aérienne d’ORNGE était en route et qu’il y avait un risque d’hémorragie artérielle potentiellement mortelle », explique le Dr Kwok.

Le Dr Kwok et son équipe ont alors préparé l’aire de traumatologie à l’arrivée du patient. « Quand nous recevons une ambulance d’ORNGE, nous savons que le cas est plus grave. Notre équipe, qui comprend des médecins comme moi, des infirmières et thérapeutes respiratoires, est prête. »

Ian était conscient, stable et, après l’évaluation complète, la principale préoccupation était son bras. Le Dr Kwok et son équipe devaient déterminer s’il s’agissait d’une hémorragie artérielle ou veineuse – la première étant beaucoup plus problématique que la seconde. « Un patient peut perdre très rapidement tout son sang en cas de blessure artérielle. Sa vie est en jeu. C’est un peu comme la plomberie : lorsque nous relâchons la pression, il faut agir d’une façon très contrôlée », poursuit le Dr Kwok.

Dr Edmund Kwok est médecin et directeur du Service d’amélioration de la qualité à l’Urgence à notre hôpital.

Collaboration d’experts

Après le retrait du garrot, le saignement a repris de plus belle. « Nous avons appelé en renfort des chirurgiens vasculaires, orthopédistes et plasticiens. Nous avions besoin de ces spécialistes et ils sont arrivés rapidement. L’équipe responsable du volet vasculaire était au chevet d’Ian avant que les examens d’imagerie soient terminés. »

« Avant l’accident, je ne savais pas que le Campus Civic hébergeait le seul centre de traumatologie de la région. J’y ai reçu des soins incroyables. Nous avons la chance d’avoir cette équipe d’experts prêts à intervenir en cas de blessure. Il m’a semblé que tous les spécialistes attendaient et étaient prêts à aider. »

– Ian Millar

Le spécialiste des soins vasculaires a déterminé que l’hémorragie n’était pas d’origine artérielle et a réparé les veines avant de passer le relais au chirurgien plasticien, qui a fermé la plaie. Tout s’est déroulé très rapidement, mais le Dr Kwok s’empresse de souligner qu’il s’agit d’un parfait exemple du recours à chaque spécialité pour assurer un résultat positif au patient. « C’est un exemple classique de blessure nécessitant différents spécialistes. Les chirurgiens vasculaires et plasticiens fournissent des services hautement spécialisés et le fait de les avoir tous au même endroit et de pouvoir intervenir rapidement a fait une énorme différence dans le résultat de ce patient parce que le garrot n’aurait pas pu rester en place beaucoup plus longtemps. »

Comme Ian présentait aussi un risque élevé de blessure aux os du bras, il était essentiel de disposer d’orthopédistes sur place. L’équipe spécialisée en soins vasculaires a arrêté l’hémorragie en ligaturant les vaisseaux au chevet du patient pendant qu’Ian attendait de passer une tomodensitométrie et une angiographie.

Retour à la maison six heures plus tard

Fait remarquable, Ian est rentré chez lui environ six heures après son arrivée à l’hôpital. Le Dr Kwok estime que c’est un cas extraordinaire. « Je suis heureux que nous ayons pu aider Ian à retourner chez lui si rapidement. Il a eu beaucoup de chance. Si la blessure avait eu lieu à la tête, le résultat aurait pu être très différent. »

Plus étonnant encore, il n’a eu aucune fracture, seulement une côte disloquée et une blessure superficielle à la jambe. Cette expérience a mené à une prise de conscience pour Ian. « Avant l’accident, je ne savais pas que le Campus Civic hébergeait le seul centre de traumatologie de la région. J’y ai reçu des soins incroyables. Nous avons la chance d’avoir cette équipe d’experts prêts à intervenir en cas de blessure. Il m’a semblé que tous les spécialistes attendaient et étaient prêts à aider. »

Ian Millar, ©Millar Brooke Farm

En tant que médecin urgentologue, le Dr Kwok admet qu’il est merveilleux de voir une histoire comme celle d’Ian se terminer ainsi. « Aucun mot ne peut décrire à quel point il est positif de voir le résultat de Ian. Il revitalise notre équipe et nous rappelle que nous faisons la différence. »

L’athlète olympique était de retour à cheval quelques semaines plus tard et son bras était totalement fonctionnel. Il en est reconnaissant envers l’équipe qui s’est occupée de lui. « Ils sont bien rodés. Ils m’ont rendu fier d’être canadien. »

Dans son enfance, Dan Lynch a appris à aider les autres chaque fois qu’il le pouvait. Ce sont ses parents qui lui ont inculqué ce principe et il n’a jamais cessé de le mettre en pratique. C’est ce qui l’a inspiré à faire un don testamentaire avec sa femme, Wendy, pour soutenir la recherche sur le myélome multiple à L’Hôpital d’Ottawa, après avoir été traité à l’Unité de médecine d’un jour du Centre de cancérologie.  

Dan, qui est né et a grandi à Montréal, a travaillé pendant 30 ans comme mécanicien d’aéronefs. Il a rencontré Wendy en 1988, grâce à des amis communs qui les ont invités à une fête. Deux ans plus tard, ils se mariaient et en 1991, s’installaient sur un domaine pittoresque à Green Valley, en Ontario, près de Lancaster – une terre de 43 acres qui tient Dan bien occupé. « Nous avons environ 200 000 arbres, alors il y a toujours quelque chose à faire. Je me lève tôt pour nourrir le chien et les chats, puis je commence ma journée, mais vers 13 heures je dois me reposer, car je me fatigue plus facilement maintenant », explique-t-il. 

Des symptômes grippaux et des préoccupations pour ses reins 

Pour comprendre pourquoi Dan est plus fatigué maintenant, il faut remonter à juillet 2019. Tout a commencé quand il a ressenti des symptômes de grippe. Après deux semaines, il n’allait toujours pas mieux. Devant l’insistance de Wendy, il s’est rendu à l’Hôpital Glengarry Memorial d’Alexandria, une ville voisine. « Mes prises de sang ont révélé des taux de créatinine extrêmement élevés et les médecins s’inquiétaient de mes fonctions rénales », raconte Dan. 

 « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans. »

– Dan Lynch

Puisque ses résultats laissaient supposer qu’il pourrait avoir besoin d’une dialyse d’urgence, Dan a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa. Cependant, après d’autres analyses, c’est un diagnostic dévastateur que l’on a annoncé à Dan et à Wendy. « Les médecins m’ont dit que mon problème aux reins était causé par un cancer appelé myélome multiple », se souvient-il.  

La nouvelle fut bouleversante. Même s’il ne se sentait pas bien, Dan n’aurait jamais pensé entendre les mots « cancer » ou « myélome multiple ».  

Qu’est-ce que le myélome multiple? 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch à leur domicile de Green Valley 

Le myélome multiple est une forme rare de cancer qui se développe dans les plasmocytes, un type de globule blanc qui produit des anticorps servant à combattre les infections. Les plasmocytes d’une personne atteinte d’un myélome multiple se transforment et se divisent de façon incontrôlable, produisant plus de cellules anormales.  

Les symptômes comprennent de la douleur aux os, de la fatigue et de la faiblesse dues à l’anémie, ainsi qu’un mauvais fonctionnement des reins – Dan avait tous ces symptômes.  

La probabilité d’un diagnostic de myélome multiple est plus élevée chez les hommes que chez les femmes et l’âge médian au diagnostic est de 68 ans. Un médecin peut découvrir ce cancer en faisant les analyses de sang habituelles liées à d’autres problèmes de santé ou en prescrivant des analyses si un patient présente les symptômes de la maladie. Il existe divers traitements pour ce type de cancer, dont la greffe de cellules souches.   

« Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. »

— Wendy Lynch

La greffe de cellules souches se divise en deux grands types : l’allogreffe, s’il s’agit de cellules souches d’un donneur, et – dans le cas de Dan – l’autogreffe, s’il s’agit des cellules souches du patient lui-même.   

Dan a d’abord été hospitalisé pendant une dizaine de jours pour stabiliser son état. Par la suite, il est retourné au Centre de cancérologie chaque vendredi, pendant 16 semaines, pour recevoir de la chimiothérapie en vue d’une greffe de cellules souches. Dan a alors appris qu’il pouvait être son propre donneur. « Ce n’est pas tout le monde qui peut utiliser ses propres cellules souches. Je me trouvais très chanceux de pouvoir le faire, admet-il, car cela réduit les chances d’infection et d’incompatibilité avec les cellules du donneur. »  

Le rôle crucial de l’Unité de médecine d’un jour  

En janvier 2020, l’équipe de soins de Dan avait terminé de prélever et de congeler ses cellules souches (quatre sacs, en fait) en vue de les réintroduire dans son corps. Le 17 février 2020, Dan est entré à l’hôpital et a reçu une dose élevée de chimiothérapie. Deux jours plus tard, ses cellules souches désormais saines lui ont été réadministrées. Dan avait une seconde chance de vivre.   

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie »

— Dan Lynch

Ces deux interventions ont eu lieu à l’Unité de médecine d’un jour. Le Programme de transplantation et de thérapie cellulaire (TTC) de L’Hôpital d’Ottawa réalise environ 200 greffes par année. Notre Programme de TTC a été le premier à l’extérieur des États-Unis à obtenir l’agrément de la Foundation for the Accreditation of Cellular Therapy (FACT), qui établit la norme mondiale des soins de qualité supérieure dans le cadre de thérapies cellulaires. Le Programme de TTC offre des soins à quatre emplacements, dont l’Unité de médecine d’un jour où Dan a reçu sa greffe de cellules souches.  

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie », affirme Dan.  

Une reconnaissance infinie envers L’Hôpital d’Ottawa  

Le 7 mars 2020, Dan était de retour à la maison auprès de Wendy, sur cette vaste propriété qui leur procure tant de bonheur, pour entreprendre le prochain chapitre de leur vie. 

Aujourd’hui, ils sont infiniment reconnaissants envers notre hôpital – tout en admettant qu’ils ne réalisaient pas pleinement l’importance de son rôle. « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans », explique Dan. 

« Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. »  

— Dan Lynch

Quant à Wendy, elle est reconnaissante d’avoir pu accompagner son mari pendant cette période et être témoin des soins extraordinaires qu’il a reçus. « Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. » 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch laissent un don à notre hôpital dans leur testament

C’est ainsi que le couple a décidé de poser un geste spécial pour remercier notre hôpital. En repensant aux valeurs que ses parents lui avaient transmises longtemps auparavant, Dan a décidé avec Wendy de léguer dans leur testament un don en appui à L’Hôpital d’Ottawa. « Nous sommes si reconnaissants des soins que j’ai reçus. Merci aux médecins, aux infirmières, aux préposés aux soins personnels, aux infirmières auxiliaires et aux bénévoles qui travaillent si fort pour les patients comme moi. Leur compassion et leur professionnalisme envers les patients, dans des circonstances difficiles, sont irréprochables. Je veux maintenant aider ceux qui m’ont sauvé. Les Drs Gregory Hundemer, Arleigh McCurdy et Michael Kennah ont grandement contribué à mes soins et je ne les en remercierai jamais assez », conclut Dan. 

Pour finir, Dan a quelques conseils d’ami à donner aux gens qui planifient leur avenir : « Essayez de faire ce que vous pouvez et faites tout ce que vous pouvez. Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. On ne sait jamais ce qui nous attend. Un diagnostic dévastateur peut frapper à tout moment – vous, votre famille ou vos amis. Les membres des équipes de soins de L’Hôpital d’Ottawa seront toujours là pour nous, alors soyons là pour eux aujourd’hui et pour les prochaines années. » 

When Petra Smith heard the news that she was pregnant, she thought the experience would be the greatest joy of her life. But instead, her mental health took a drastic turn for the worse. She battled peripartum depression and thoughts of suicide. When the thought of taking another step became too hard to bear, she sought out treatment and care from our experts who were ready to help her through her darkest time.

Un diagnostic de trouble bipolaire

Petra connaît bien les réalités de la vie avec la maladie mentale, puisqu’à 21 ans, elle a reçu un diagnostic de trouble bipolaire. Près d’une décennie plus tard, elle se souvient encore de la première fois où elle a senti que quelque chose clochait.

Elle avait un comportement erratique et a connu une variation extrême de l’humeur souvent caractéristique du trouble bipolaire. Après avoir été pleine d’énergie et dans un état d’euphorie extrême pendant plusieurs semaines, elle est tombée dans une phase dépressive dont elle a eu de la difficulté à ressortir. La famille de Petra l’a incitée à en parler à son médecin et peu de temps après, elle a reçu un diagnostic officiel.

« J’ai de la chance d’avoir une famille qui me soutient énormément et qui m’encourage à aller chercher l’aide dont j’ai besoin pour gérer mon trouble, affirme Petra. Pour les personnes qui sont atteintes d’une maladie mentale, un réseau de soutien solide est essentiel. »

Le soutien qu’elle reçoit de sa famille et l’aide qu’elle a reçue plus tard à notre hôpital ont joué un rôle crucial dans le cheminement de Petra.

Petra with her family.
Petra avec sa famille et son fils, William.

Combattre la dépression pendant la grossesse

Quand Petra a appris qu’elle était enceinte, elle était enchantée. Mais ces premiers moments de bonheur se sont vite assombris. Après deux mois de grossesse seulement, la santé mentale de Petra a commencé à se détériorer. Ne sachant pas trop quelles seraient les répercussions sur son enfant à naître, elle cachait ses sentiments à quiconque ne faisait pas partie de sa famille. Dissimulant ses angoisses derrière un large sourire, elle souffrait en silence. « Je m’imaginais que personne ne pourrait m’aider à me sentir mieux, confie Petra. J’avais peur d’être considérée comme une mère inapte et qu’on m’enlève mon bébé. »

Une nouvelle vie

À mesure que la grossesse de Petra avançait, sa santé mentale a continué à se dégrader sans qu’elle obtienne de soutien – jusqu’à la naissance de son fils, William, en 2018.

« J’ai été très impressionnée par les soins que j’ai reçus à L’Hôpital d’Ottawa. Quand j’ai donné naissance à mon fils, j’avais pleinement confiance en mon équipe de soins. Ils ont pris le temps de me tenir informée et m’ont rassurée tout au long de ma césarienne. J’étais vraiment en bonnes mains. »

Après la chirurgie, les infirmières de Petra vérifiaient fréquemment si elle se rétablissait bien. Elles ont donné à la nouvelle maman des conseils pour allaiter William et changer ses couches. Et parce qu’elle a tissé des liens particuliers avec son équipe de soins, pour la première fois, Petra s’est sentie à l’aise de parler de sa dépression. Après s’être confiée à l’une de nos infirmières, elle a été dirigée vers la Dre Jasmine Gandhi, directrice médicale du Programme de santé mentale périnatale.

Petra tenant son fils.

La Dre Gandhi, déterminée à l’aider, a planifié une consultation peu de temps après. Mais avant la date du rendez-vous, la dépression de Petra s’est beaucoup aggravée. Submergée par des sentiments de désespoir et d’épuisement total, elle songeait de plus en plus au suicide. Incapable d’effacer l’idée de son esprit, elle ne pouvait même plus se résoudre à mettre un pied devant l’autre. « J’étais au point le plus bas qu’un être humain puisse atteindre, confie Petra. Je me souviens que je me disais qu’un corps humain ne devrait pas avoir la possibilité de bouger quand il se sent comme ça. C’était comme de la torture. Et je devais prendre soin d’un nouveau-né en plus. »

Peu de temps avant le rendez-vous de suivi de Petra, sa mère, Sylvia, l’a encouragée à parler franchement de ses sentiments à la Dre Gandhi – c’était la seule manière d’obtenir l’aide dont elle avait désespérément besoin.

En suivant les conseils de sa mère, Petra a pris la meilleure décision de son existence – non seulement pour sauver sa vie, mais aussi pour offrir une vie plus belle à William.

Un diagnostic

Le jour du rendez-vous de Petra, Evan, son père, l’a conduite sur place et a patienté à l’extérieur pendant la rencontre d’une heure. Evan ne se doutait pas qu’il rentrerait seul à la maison ce jour-là.

« Quand j’ai été hospitalisée, elle m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : “Nous allons vous aider à vous sentir mieux.” »

– Petra Smith
La Dre Jasmine Gandhi est la directrice médicale du Programme de santé mentale périnatale à L’Hôpital d’Ottawa.

Dans le bureau de la Dre Gandhi, Petra a révélé ce qu’elle ressentait, y compris le fait qu’elle avait des idées suicidaires. Inquiète pour la sécurité de Petra et de son bébé, la Dre Gandhi a hospitalisé celle-ci sur-le-champ à l’unité du Programme de santé mentale périnatale.

Petra souffrait d’une dépression périnatale. Semblable à la dépression postpartum, la dépression périnatale est une forme de dépression clinique sévère et de longue durée qui survient pendant la grossesse et jusqu’à un an après l’accouchement. Même si l’expérience varie d’une patiente à l’autre, les symptômes peuvent comprendre de sévères sautes d’humeur, de la difficulté à s’attacher au bébé, un sentiment de désespoir, de l’anxiété intense et l’idée de se faire du mal à soi-même ou d’en faire au bébé. Vu son diagnostic de trouble bipolaire, Petra était prédisposée à cette maladie. Heureusement, en se confiant à la Dre Gandhi, elle a franchi une étape importante vers la guérison. « C’était comme si je me libérais d’un poids, raconte Petra. Je ne voulais pas que le suicide soit la solution. Je voulais vivre et je voulais bien vivre. Je voulais aussi être une bonne mère pour mon fils. »

À son arrivée à la clinique du Programme de santé mentale périnatale, Petra se rappelle qu’elle était nerveuse, mais soulagée de savoir qu’elle recevrait finalement l’aide dont elle avait besoin.

Le Programme de santé mentale périnatale de L’Hôpital d’Ottawa

Notre Programme de santé mentale périnatale offre du soutien psychiatrique spécialisé aux personnes comme Petra, qui connaissent des problèmes de santé mentale avant, pendant et après la grossesse. Prête à s’attaquer même aux cas les plus complexes, l’équipe du Programme de santé mentale périnatale prend soin des patientes ayant des problèmes comme la dépression périnatale, l’anxiété et la psychose, de même que le trouble de stress post-traumatique postpartum. À ses débuts, ce programme de pointe était l’un des rares du genre au Canada. Conçu pour combler une lacune importante, ce programme novateur a été créé pour offrir un plan de traitement et de rétablissement unique aux futurs et nouveaux parents.

« Quand je suis arrivée à L’Hôpital d’Ottawa, j’étais extrêmement fragile. Mais quand j’en suis repartie, je sentais que j’allais non seulement survivre à une autre journée, mais m’épanouir. »

– Petra Smith

Notre équipe multidisciplinaire composée de psychiatres, de travailleuses sociales et d’infirmières traite près de 400 patientes par année. « L’accès à des soins de santé mentale pendant la période périnatale, c’est-à-dire quelque temps avant l’accouchement, pendant celui-ci ou après, peut véritablement changer la vie de nos mamans et de leur famille », affirme la Dre Gandhi. Ce programme permet aux futurs parents d’obtenir l’aide dont ils ont besoin pour avoir une vie meilleure, pour eux-mêmes et pour leurs enfants. C’est exactement ce que Petra a fait.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Le chemin du rétablissement

Petra a suivi un traitement personnalisé pendant 12 jours, tout en demeurant à l’unité de psychiatrie. Elle réagissait bien à la médication et participait à des séances de groupe et individuelles. Après quelques jours seulement, Petra a commencé à se sentir mieux. « J’ai laissé derrière moi les longues nuits sans sommeil avec mon fils pour commencer à prendre les médicaments dont j’avais besoin pour penser clairement, explique Petra. Je savais que j’améliorais ma santé pour moi et William. »

Petra with her son William.
Petra et William.

« Le pire des scénarios aurait pu se produire pour Petra. Au lieu de cela, elle s’épanouit et va très bien. »

– Dre Jasmine Gandhi

Elle a accordé sa confiance à la Dre Veronica McCarthy, médecin à notre Unité de soins en santé mentale, qui était déterminée à aider Petra à se remettre sur pied. « Elle a été si bienveillante, dévouée et attentionnée », affirme Petra au sujet de la Dre McCarthy. « Quand j’ai été hospitalisée, elle m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : “Nous allons vous aider à vous sentir mieux.” À ce moment-là, je l’ai crue et effectivement, c’est exactement ce qu’elle a fait. C’est un médecin fantastique. »

La Dre McCarthy a pris grand soin d’adapter le traitement de Petra en fonction de ses besoins précis en trouvant des solutions qui fonctionneraient à long terme et qui conviendraient à la vie quotidienne de Petra à la maison.

Petra, qui se sentait si fragile à son arrivée, est rentrée chez elle non seulement prête à survivre, mais aussi à s’épanouir. Et elle avait un plan d’action pour y parvenir.

Un avenir souriant

Pendant son hospitalisation, Petra a commencé à planifier un avenir souriant et enrichissant : elle ferait des études collégiales, obtiendrait un diplôme et volerait de ses propres ailes. Aujourd’hui, elle s’apprête à obtenir son diplôme d’un programme d’assistante judiciaire et elle est impatiente d’offrir un bel avenir à son fils.

« En tant que médecin, l’une des choses les plus valorisantes que l’on peut vivre est de constater que l’on a contribué en partie à sauver la vie de quelqu’un, soutient la Dre Gandhi. Le pire des scénarios aurait pu se produire pour Petra. Au lieu de cela, elle s’épanouit et va très bien. Elle est éblouissante. »

Petra was treated at The Ottawa Hospital for peripartum depression after giving birth.
Petra a été traitée pour une dépression périnatale après l’accouchement.

Petra est éternellement reconnaissante des soins qu’elle a reçus et son histoire se veut un message d’espoir pour quiconque est aux prises avec des problèmes de santé mentale. Elle nous rappelle qu’il faut demander de l’aide, même quand tout nous semble impossible, car l’espoir d’un meilleur lendemain est toujours là. « Rien ne me rend plus heureuse que d’avoir retrouvé la santé et de me sentir bien à nouveau. Grâce aux soins que j’ai reçus à L’Hôpital d’Ottawa, l’avenir nous sourit, à moi et à mon fils. »


Lisez notre entrevue avec le Dr Jess Fiedorowicz, nouveau directeur du Département de santé mentale de L’Hôpital d’Ottawa.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Pendant des mois, Mina King a souffert de douloureux ulcères aux jambes causés par l’athérosclérose, un problème de santé qui limite la circulation sanguine et peut entraîner l’amputation si on ne le traite pas. Le pronostic de Mina, qui est musicienne depuis toujours, pouvait non seulement la priver de ses jambes, mais aussi l’empêcher de jouer au piano – l’une de ses plus grandes passions. Toutefois, grâce à une technique chirurgicale à la fine pointe, à la collaboration entre nos experts de la clinique de préservation des membres et à des soins virtuels continus pour surveiller sa guérison, Mina peut continuer à jouer avec le sourire.

Les ulcères : un problème persistant

Quand les premiers ulcères sont apparus sur les deux jambes de Mina, celle-ci espérait qu’avec le temps et les bons soins, ils disparaîtraient. Mais après près d’une année et demie de rendez-vous et de suivi régulier à la clinique de préservation des membres, la situation ne s’améliorait pas.

« Un pontage est une chirurgie très complexe, qui dure plusieurs heures. Cette intervention sophistiquée ne peut pas être réalisée dans tous les hôpitaux, car elle est extrêmement exigeante sur le plan technique et les vaisseaux sanguins sont très petits. Mais de tous les hôpitaux en Ontario, c’est L’Hôpital d’Ottawa qui en fait le plus. »

— Dr Sudhir Nagpal

« Malgré les traitements que je recevais, mes ulcères aux jambes ne diminuaient pas et ne semblaient pas guérir. De plus, ils étaient douloureux », raconte Mina, âgée de 89 ans, qui est professeure de musique à la retraite et musicienne depuis toujours.

Mina Jean King pictured with her husband, Stan, was treated for atherosclerosis at The Ottawa Hospital.
Mina avec son mari, Stan.

Les ulcères de Mina étaient causés par l’athérosclérose, une accumulation de dépôts (ou plaques) dans les artères qui ralentit la circulation sanguine. Ce problème est habituellement causé par le diabète, mais il peut aussi se développer avec l’âge. Sans soins médicaux, les ulcères peuvent s’aggraver et entraîner des infections ou même la perte d’un membre.

« Si les ulcères de Mina s’étaient aggravés, il aurait fallu amputer ses jambes pour lui sauver la vie », dit le Dr Sudhir Nagpal, chef de la Division de chirurgie vasculaire de L’Hôpital d’Ottawa, le chirurgien qui a pris en charge Mina. Par contre, cette double amputation qui aurait sauvé la vie de Mina voulait dire qu’elle ne pourrait plus atteindre les pédales de son piano – et elle en joue tous les jours. « Le piano a toujours été une source de force pour moi, confie Mina. Je savais qu’il fallait faire quelque chose. »

En 2020, quand une tomodensitométrie a révélé que des caillots de sang s’étaient formés dans les deux jambes de Mina, son équipe de soins a décidé qu’il était temps d’agir.

Un pontage pour contourner l’obstruction

Illustration of a leg bypass
Si une obstruction artérielle s’aggrave, un pontage peut être nécessaire pour rétablir le flux sanguin dans les jambes.

Heureusement, les ulcères de Mina n’avaient pas évolué au point où elle avait besoin d’amputations totales. Une autre solution chirurgicale pouvait encore fonctionner.

En août 2020, une équipe de chirurgiens et de radiologistes interventionnistes de notre hôpital ont effectué sur sa jambe droite une mini-chirurgie qui consistait à placer un tuteur (appelé endoprothèse et parfois désigné par son appellation anglaise, stent) dans l’artère pour la garder ouverte et améliorer la circulation du sang. Par contre, cette méthode n’a pas fonctionné dans l’autre jambe.

Pour permettre au sang de circuler dans la jambe gauche de Mina, les chirurgiens ont réalisé un pontage artériel complexe afin que la circulation sanguine puisse contourner le vaisseau bloqué – comme des voitures qui empruntent une voie de contournement. Pendant l’intervention qui a duré cinq heures, une équipe d’experts hautement spécialisés en chirurgie vasculaire, s’aidant de loupes, a délicatement fixé une veine de Mina sur son artère, au-dessus et en dessous de l’obstruction, pour que le sang puisse circuler à nouveau.

Mina a eu de la chance de pouvoir profiter de cette technique chirurgicale spécialisée à notre hôpital – une intervention qui n’est pas offerte partout.

« Un pontage est une chirurgie très complexe, qui dure plusieurs heures. Cette intervention sophistiquée ne peut pas être réalisée dans tous les hôpitaux, car elle est extrêmement exigeante sur le plan technique et les vaisseaux sanguins sont très petits. Mais de tous les hôpitaux en Ontario, c’est L’Hôpital d’Ottawa qui en fait le plus », affirme le Dr Nagpal.

Trouver l’anesthésie la plus sécuritaire – grâce à la recherche

Au moment où Mina a été opérée, nos chercheurs venaient de terminer une étude sur l’anesthésie et la chirurgie de pontage artériel de la jambe. L’étude, publiée dans The British Medical Journal en novembre 2020, révèle qu’après une chirurgie pour améliorer la circulation dans les jambes, les patients récupèrent mieux et peuvent quitter l’hôpital plus rapidement s’ils reçoivent une forme d’anesthésie plus légère, comme l’anesthésie épidurale, qui ne nécessite pas l’insertion d’un tube dans les voies respiratoires.

Dr. Sudhir Nagpal The Ottawa Hospital
Dr Sudhir Nagpal, chef de la Division de chirurgie vasculaire de L’Hôpital d’Ottawa.

« Nous sommes un modèle au pays pour l’excellence de nos soins cliniques, grâce aux experts qui sont à notre portée et aux recherches qui se déroulent ici même, à L’Hôpital d’Ottawa. » –

— Dr Sudhir Nagpal

Les chirurgiens de Mina, qui connaissaient déjà les résultats de l’étude avant l’opération, ont pu lui recommander d’opter pour l’anesthésie épidurale. « Ils m’ont demandé quel type d’anesthésie je voulais et m’ont décrit les différents types, mais ils m’ont dit qu’à 89 ans, l’épidurale serait moins risquée, dit Mina. Et tout s’est très bien passé. »

D’après le Dr Nagpal, il est crucial d’effectuer ces recherches sous notre propre toit. « Mina a bénéficié des recherches que nous faisons et cela a amélioré sa santé. »

L’accès à des soins de calibre mondial

Malgré leur complexité, les deux chirurgies de Mina ont réussi. Toutefois, elle a dû patienter avant de renouer avec le piano. Une semaine après sa chirurgie, Mina est retournée chez elle pour poursuivre sa convalescence tout en étant suivie de façon virtuelle par la clinique de préservation des membres.

La clinique, créée il y a plusieurs années dans le cadre d’un projet pilote, regroupe des professionnels de tout l’hôpital qui sont spécialistes des plaies aux membres inférieurs. Les patients comme Mina qui sont pris en charge par la clinique ont accès à des experts en chirurgie vasculaire, en soins des plaies, en chirurgie plastique, en prévention et en contrôle des infections, en orthopédie, en podologie et bien plus. Selon ce modèle de soins, les patients n’attendent pas longtemps avant de pouvoir consulter les experts dont ils ont besoin. D’ailleurs, des hôpitaux du pays entier veulent mettre ce modèle en place.

« La collaboration entre plusieurs spécialités et champs de compétence réunis en un seul endroit distingue notre clinique de préservation des membres des autres cliniques du genre au Canada, explique le Dr Nagpal. Nous sommes capables d’offrir des soins de calibre mondial, d’excellente qualité, grâce aux experts qui sont à notre portée et aux recherches qui se déroulent ici même, à L’Hôpital d’Ottawa. »

Mina, with her family, had leg artery bypass surgery at The Ottawa Hospital.
Mina avec son fils David, sa fille Jennifer et son mari Stan.

L’équipe de soins de Mina a surveillé l’évolution de ses ulcères à l’aide d’un logiciel de soins des plaies appelé how2trak. Une infirmière à domicile qui rendait visite à Mina chaque semaine après sa chirurgie téléversait des photos de ses plaies dans le logiciel. L’équipe de soins analysait ensuite les images pour déterminer si les plaies guérissaient ou s’aggravaient.

« Ce logiciel nous a permis de constater que les ulcères de Mina, qui étaient de bonne taille au départ, étaient presque complètement guéris, dit le Dr Nagpal. Tout cela, sans qu’elle quitte le confort de son foyer. »

De retour au piano

À mesure que l’état de Mina s’est amélioré, les visites de l’infirmière et ses consultations avec l’équipe de la clinique se sont espacées. « Je suis très heureuse de la tournure des choses. Maintenant, je n’ai plus de douleur, dit Mina. Le Dr Nagpal a été excellent. »

« Le piano a toujours été une source de force pour moi. »

— Mina King

Pratiquement guérie de ses ulcères, et sachant qu’il suffit d’un appel virtuel pour parler à son équipe de spécialistes, Mina a repris sa routine et joue du piano chaque jour – sans s’inquiéter.

« J’étais vraiment ravie de revenir à la maison et de reprendre le piano. Je crois que c’est l’une des choses qui m’ont aidée à me rétablir si vite, dit-elle. Quand je suis fatiguée ou que quelque chose me dérange, je m’assois au piano et tout semble disparaître. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Au début de l’automne 2020, Michele Juma a remarqué que la vision de son œil gauche était en train de se brouiller. Cette résidante de Sault-Sainte-Marie s’est initialement tournée vers son médecin de famille pour en trouver la raison. Elle a alors appris qu’elle avait un méningiome et que le temps ne jouait pas en sa faveur pour sauver sa vision. Craignant de devenir aveugle, Michele, qui est mère de quatre enfants, s’est rendue à L’Hôpital d’Ottawa pour recevoir des soins spécialisés qui n’étaient pas disponibles près de chez elle.

C’est au début de novembre que les résultats d’un examen d’IRM ont révélé la présence d’une masse à la base de son lobe frontal. « À ce moment-là, je ne pouvais plus distinguer les couleurs avec mon œil gauche. Ma vision se détériorait. J’avais l’impression de voir à travers une fenêtre givrée », se rappelle Michele. Son œil droit avait commencé à compenser, ce qui était utile pour réaliser les tâches au quotidien, mais s’occuper de ses quatre adolescents tout en occupant un emploi était devenu un réel défi. Michele savait qu’elle devait consulter un spécialiste. Son mari et elle ont ainsi rapidement fait des plans pour effectuer le trajet de huit heures qui les séparait d’Ottawa et rencontrer la Dre Danah Albreiki à l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa, situé à L’Hôpital d’Ottawa

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Chercher des réponses à l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa

L’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa a été créé en 1992 pour accueillir le Département d’ophtalmologie de L’Hôpital d’Ottawa. C’est un important centre de soins cliniques, d’enseignement et de recherche pour les maladies de l’œil au Canada. La Dre Albreiki est spécialisée en neuro-ophtalmologie et en chirurgie de traitement du strabisme chez l’adulte, qui vise à corriger un mauvais alignement des yeux.

Née et élevée en Arabie saoudite, la Dre Albreiki affirme que l’Institut de l’œil joue un rôle à l’échelle internationale pour communiquer notre expertise aux patients et aux ophtalmologistes dans plus de 86 pays. Elle explique notamment que l’institut est affilié au Srikiran Institute of Ophthalmology situé à Kakinada dans l’état d’Andhra Pradesh en Inde. Des affiliations comme celle-ci donnent aux résidents en ophtalmologie une occasion de voyager et d’explorer l’ophtalmologie dans un cadre très différent.

La Dre Albreiki a fait sa résidence en ophtalmologie à Ottawa et croit à l’importance de l’enseignement. « J’estime que l’Institut de l’œil est honnêtement un milieu d’enseignement extraordinaire où le personnel se dévoue d’abord et avant tout aux patients tout en accordant aussi une grande place à l’enseignement de l’ophtalmologie aux résidents. Leur engagement se répercute au-delà d’Ottawa et partout où les résidents vont ensuite travailler, car ils transmettent leurs connaissances et leur expertise à leur collectivité. En fait, Michele a d’abord rencontré une monitrice clinique en neuro-ophtalmologie, la Dre Noran Badeeb, qui est venue de l’Arabie saoudite pour effectuer sa formation parmi nous. »

Michele, pictured with her family, was treated at the Ottawa Hospital for meningioma tumour.
Michele et sa famille.

« Le danger est que la tumeur est très près du nerf optique et le cas de Michele est un bon exemple de la rapidité à laquelle un état peut se détériorer à cause de ce type de tumeurs. Le risque de perdre la vision est élevé. »

— Dr Fahad Alkherayf

Au début de décembre, Michele a rencontré l’équipe de la Dre Albreiki et en a appris davantage sur la tumeur. « Si nous laissons une tumeur comprimer le nerf optique pendant trop longtemps, elle risque fortement de l’endommager au point de mener à une perte permanente de la vision, ajoute la Dre Albreiki. Malgré l’importante perte de vision, nous avons pu déterminer grâce à des examens diagnostiques que le nerf optique de Michele semblait plus étouffé que mort. En retirant la source de l’étouffement, nous allions lui permettre de respirer à nouveau pour donner à Michèle une bonne chance de retrouver sa vision en partie, voire en totalité. »

Pour réussir, il fallait toutefois agir vite.

Comprendre le méningiome

Sachant que Michele avait fait la route depuis Sault-Sainte-Marie pour la consultation à l’Institut de l’œil, la Dre Albreiki lui a obtenu un rendez-vous le même jour avec le Dr Fahad Alkherayf, chirurgien de la base du crâne de calibre mondial, qui a entamé la planification du retrait de la masse.

“« L’Hôpital d’Ottawa est l’un des principaux centres en mini-chirurgie de la base du crâne et je crois que c’est grâce à l’expertise que nous possédons. »

— Dr Fahad Alkherayf

Il a expliqué à Michele qu’elle avait un méningiome de la base du crâne. La tumeur mesurait environ trois centimètres sur trois centimètres, soit environ la taille d’une balle de golf. Le plus gros défi pour enlever ce type de tumeur est souvent l’emplacement. « Il est crucial de trouver une façon de l’atteindre sans endommager le cerveau ni les structures qui y sont reliées. Si on ne fait pas attention et qu’on les endommage, le résultat est malheureusement dévastateur », explique le Dr Alkherayf.

La mini-chirurgie offre de nouvelles options de traitement

Intervention chirurgicale visant à introduire une sonde étroite (dotée d’une lumière) par le nez pour retier une tumeur.

Le traitement utilisé à l’heure actuelle pour un méningiome est relativement nouveau. Auparavant, il fallait faire une intervention beaucoup plus effractive appelée craniotomie, qui nécessitait une large incision et qui comportait un risque plus élevé d’endommager le nerf optique. Heureusement, la mini-chirurgie est maintenant une option beaucoup plus efficace et sécuritaire pour les patients. « L’ancienne technique consistait traditionnellement à passer à travers le crâne et à soulever le cerveau. De nos jours, nous passons par le nez », explique le Dr Alkherayf. Il n’y a pas d’incision, le patient se rétablit plus vite, a moins de douleur et reste moins longtemps à l’hôpital et le degré de précision est plus élevé qu’avec la technique traditionnelle.

L’Hôpital d’Ottawa s’est taillé une réputation de chef de file au Canada pour ce type de mini-chirurgie. Le Dr Alkherayf estime que nous sommes l’un des plus grands centres qui la réalisent au Canada. « À l’échelle du pays, L’Hôpital d’Ottawa est l’un des principaux centres en mini-chirurgie de la base du crâne et je crois que c’est grâce à l’expertise que nous possédons. Il ne faut pas seulement d’excellents chirurgiens. Il faut aussi une bonne équipe en anesthésie, en soins infirmiers et en neurophysiologie pour que le chirurgien puisse bien faire son travail. Ce qui est unique, à L’Hôpital d’Ottawa, est que nous avons tous ces professionnels nécessaires pour offrir des soins aux patients. »

Avoir accès à cette expertise représente un avantage considérable pour des personnes comme Michele, qui a eu besoin d’une chirurgie urgente en raison de la croissance rapide de sa tumeur et du risque qu’elle entraîne la cécité non seulement de l’œil gauche, mais aussi de l’œil droit. Après la rencontre du Dr Alkherayf et du Dr Shaun Kilty, otorhinolaryngologiste, sa chirurgie a été fixée au 17 décembre 2020.

Michele était anxieuse et nerveuse. « Je me sentais complètement dépassée par les événements. Tout était surréaliste. J’avais probablement cette tumeur depuis des années… c’était assez incroyable pour moi de penser à la gravité de la situation. » Michele affirme toutefois qu’elle savait qu’elle était en bonnes mains. « Quand j’ai rencontré les Drs Albreiki, Alkherayf et Kilty, ils ont été très rassurants et ont répondu à toutes nos questions, ce qui a beaucoup réduit mon anxiété. »

Des techniques spécialisées utilisées seulement à L’Hôpital d’Ottawa

Laissant leurs quatre enfants à la maison, Michele et son mari sont revenus à Ottawa un peu plus d’une semaine avant Noël. La mini-chirurgie allait durer huit heures. Les Drs Alkherayf et Kilty allaient travailler ensemble pour retirer la tumeur morceau par morceau par le nez de Michele.

« La technique de surveillance nous a aidés à ne pas tirer trop fort sur son nerf optique. Sans elle, je ne crois pas que nous aurions obtenu les mêmes résultats. »

— Dr Fahad Alkherayf
Michele Juma underwent surgery at The Ottawa Hospital.

Pendant l’intervention, le Dr Alkherayf a pu surveiller la vision de Michele. En fait, notre hôpital est le seul centre au Canada qui utilise cette technique spécialisée. « Nous avons établi une méthode qui permet de recevoir un signal des yeux, du nerf optique et du cerveau pour savoir ce qui se produit au niveau de la vision pendant que le patient est endormi. » Nous mettons au patient des lunettes similaires à des lunettes de natation après son anesthésie. Elles émettent une lumière clignotante qui envoie un signal à la rétine. Le signal parcourt ensuite le nerf optique jusqu’au chiasma (entrecroisement de nerfs à l’arrière du nerf optique), puis il se rend au centre de la vision dans le cerveau. Les signaux changent si les chirurgiens appuient ou tirent sur les nerfs optiques et pourraient ainsi les endommager.

« J’ai pu voir immédiatement à mon réveil! »

— Michele Juma

Dr Alkherayf, cette technique a été cruciale pendant la chirurgie de Michele. « Sa tumeur était tellement collée sur son nerf optique. C’est ce qui explique pourquoi elle avait cet important problème de vision. La technique de surveillance nous a aidés à ne pas tirer trop fort sur son nerf optique. Sans elle, je ne crois pas que nous aurions obtenu les mêmes résultats. »

Un avenir prometteur

Michele a beaucoup dormi pendant les cinq jours qui ont suivi la chirurgie, mais elle se rappelle du moment où elle a ouvert les yeux à son réveil. « Mon mari était là et je pouvais voir. J’ai pu voir immédiatement à mon réveil! » Encore mieux, avant son départ de l’hôpital la veille de Noël, le Dr Alkherayf lui a transmis la nouvelle qu’elle espérait : la tumeur était bénigne et il avait pu la retirer entièrement.

« Je suis reconnaissante de pouvoir voir mes fils continuer de grandir et, bien sûr, d’avoir la chance de participer à leurs activités préférées comme nager et jouer au hockey. »

— Michele Juma

À la suite de ces merveilleuses nouvelles, Michele et son mari ont repris la longue route pour retourner à Sault-Sainte-Marie. Ils sont arrivés à 23 h 30 le 24 décembre, soit juste à temps pour célébrer Noël avec leurs enfants. « C’était comme dans un grand film », affirme Michele en souriant.

Michele and family Christmas
Michele, son mari, ainsi que leurs quatre fils, de retour à la maison juste avant Noël en 2020.

Elle a maintenant recouvré toute sa vision. Elle est de retour au travail et suit le rythme trépidant de la vie avec quatre adolescents. « Je me considère incroyablement chanceuse d’avoir eu comme chirurgien les Drs Alkherayf et Kilty. Chaque fois que je pense à la complexité de l’intervention, je suis toujours aussi étonnée et je me sens vraiment privilégiée. »

Michele et sa famille apprécient vraiment les compétences exceptionnelles des deux médecins. Michele ajoute qu’ils ont été aimables, empreints de compassion et empathiques tout au long de son cheminement. « L’aventure a été extrêmement terrifiante, mais je me suis toujours sentie en très bonnes mains, ajoute-t-elle. Je suis reconnaissante de pouvoir voir mes fils continuer de grandir et, bien sûr, d’avoir la chance de participer à leurs activités préférées comme nager et jouer au hockey. »

Quand la COVID-19 s’est invitée à Ottawa en mars 2020, nous étions dans l’inconnu. Toutefois, malgré l’arrivée rapide de nouvelle information au début de la crise et l’incertitude entourant le virus, un sentiment est clairement ressorti : la solidarité. La communauté allait bientôt faire déferler une vague de soutien à l’endroit de L’Hôpital d’Ottawa, pendant que les équipes de soins se mobilisaient pour les patients, dans un contexte qu’elles n’avaient jamais connu.

« Merci à nos généreux donateurs, dont certains ont fait un don pour la première fois. »
– Tim Kluke

Nos travailleurs de première ligne franchissaient les portes de l’Hôpital chaque jour pour lutter contre le virus et la population restait à la maison pour contribuer à aplatir la courbe. Malgré tout, il est devenu évident que les résidents voulaient en faire plus – et c’est ce qu’ils ont fait. Les dons, petits et grands, ont commencé à affluer et le Fonds d’urgence COVID‑19 a été créé. À ce jour, ce sont plus de deux millions de dollars qui ont été donnés généreusement pour soutenir la lutte de notre hôpital contre la COVID-19, et ces dons ont déjà servi. Tim Kluke, président-directeur général de La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, souligne que cet appui a changé la donne dans la recherche et les projets de soins. « C’est encore une fois la preuve que nous sommes plus forts ensemble. Merci à nos généreux donateurs, dont certains ont fait un don pour la première fois. Les recherches en cours nous aideront à mieux comprendre et traiter la maladie, et ce faisant, à protéger nos patients et notre communauté. » Les dons sont encore les bienvenus.

La communauté nous a aussi aidés à nous procurer de l’équipement de protection individuelle (EPI). La communauté chinoise d’Ottawa s’est rapidement mobilisée et a amassé plus de 120 000 $ pour l’achat d’équipement essentiel comme des respirateurs et de l’EPI pour le personnel.

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Se lancer dans l’inconnu

Alors que la communauté s’unissait pour montrer son soutien aux travailleurs de première ligne, une aile COVID-19 a été créée aux Campus Général et Civic pour les patients ayant contracté le virus. L’équipe du Campus Général, qui prenait normalement en charge des patients atteints de problèmes thoraciques ou oto-rhino-laryngologiques (touchant les oreilles, le nez ou la gorge) ou ayant subi une intervention chirurgicale, est devenue, presque du jour au lendemain, responsable de patients atteints de la COVID-19. Ces travailleurs ne se doutaient pas à l’époque qu’ils s’occuperaient de ces malades pendant plus d’un an. « Nous avons de l’expérience dans le traitement de problèmes pulmonaires et respiratoires sur notre unité; nous étions donc bien placés pour prendre soin de ces patients », explique Vanessa Large, une infirmière autorisée à notre hôpital depuis quatre ans.

Néanmoins, le défi était énorme et éprouvant. Kristine Belmore est une infirmière autorisée à notre hôpital depuis 11 ans et elle n’aurait jamais imaginé vivre une telle situation durant sa carrière. « Je travaillais la journée où les premiers patients atteints de la COVID-19 ont été admis. On recevait constamment de nouveaux protocoles pour la prise en charge de ces patients – et pas seulement chaque jour, mais même durant un quart de travail », mentionne l’infirmière. Elle ajoute : « Avant un quart de travail, je me sentais comme à mes débuts dans la profession, je ne dormais pas bien. J’étais anxieuse et j’avais peur de ce qui m’attendait ».

Leah Mills était infirmière autorisée depuis à peine trois ans lorsqu’elle a dû s’occuper de patients atteints de la COVID-19. « Il n’y a pas eu de transition, notre monde a été complètement chamboulé », décrit-elle.

La résilience devant les semaines qui devenaient des mois

Dr. Samantha Halman
La Dre Samantha Halman aide un patient à communiquer avec ses proches à l’aide d’un iPad.

Durant ces premières semaines de prise en charge, il était très difficile de voir certains patients stables passer soudainement à un état où leur vie ne tenait plus qu’à un fil. Ces événements ont pesé lourd sur le moral des trois infirmières. « L’augmentation de la charge de travail avec l’arrivée massive de patients était très exigeante. Au fil du temps, la situation s’est améliorée puisque des politiques claires ont été mises en place et que nous avons commencé à reconnaître une tendance dans le déclin des patients », se rappelle Leah Mills.

« Nous sommes devenus leur seul lien humain, nous sommes devenus leur deuxième famille. Nous tenions un iPad pour qu’ils puissent voir le sourire bienveillant d’un proche, parfois pour dire adieu. » – Vanessa Large

Nous avons dû réinventer nos façons de faire et trouver de nouvelles façons de calmer les patients lorsqu’ils avaient de la difficulté à respirer ou peur de ce qui pourrait leur arriver. Il y avait aussi les multiples pièces d’EPI, qui nous procuraient une meilleure sécurité, mais qui amenaient aussi de nouveaux défis. « Les soins aux patients étaient plus complexes, surtout avec les aînés qui sont parfois confus, parce qu’ils ne pouvaient pas voir nos expressions faciales; nous devions trouver d’autres moyens de les rassurer. Nous sommes aussi devenus le lien entre le patient et sa famille, par l’entremise d’appels téléphoniques et vidéo, une situation que nous n’avions jamais vécue auparavant », explique Kristine.

Vanessa renchérit : « Nous sommes devenus leur seul lien humain, nous sommes devenus leur deuxième famille. Nous tenions un iPad pour qu’ils puissent voir le sourire bienveillant d’un proche, parfois pour dire adieu. »

La durée de la pandémie a commencé à épuiser les infirmières sur les plans psychologique et émotionnel. Leah explique que le personnel infirmier a l’habitude d’aider les patients à se rétablir. « On se sent dépassés et épuisés quand on voit les patients rapidement dépérir et parfois, mourir. Ce n’est pas une réalité à laquelle j’étais habituée dans ma profession. »

Heureusement, au cours de la dernière année, cette équipe dévouée a aidé la majorité des patients atteints de la COVID-19 à recouvrer la santé et à retourner à la maison, auprès de leurs proches.

Les infirmières de « l’étage de la COVID »

« Quand on travaille à l’unité de COVID-19, on voit les chiffres grimper et redescendre; on ne sait jamais quand tout pourrait basculer. »
— Leah
« L’équipe a vraiment été le point fort de mon expérience à l’unité de COVID-19. Tout le monde était prêt à soutenir et à former les petits nouveaux. Les patients étaient aussi très accommodants, et je me souviendrai d’eux pendant longtemps. »
— Margaret
« Ce que j’ai trouvé le plus difficile cette année, c’est d’être témoin de beaucoup de souffrance et de ne pas être en mesure d’aider autant que je l’aurais voulu. »
— Michael
« La COVID-19 m’a appris à chérir les moments passés avec ma famille, mes amis et mes collègues, et à en profiter pleinement. »
— Jeannette

Un patient atteint de la COVID-19 est reconnaissant des soins empreints de compassion qu’il a reçus

L’un des patients ayant été aux premières loges des soins empreints de compassion prodigués dans l’aile COVID-19 est le Père Alex Michalopulos. Le prêtre orthodoxe grec a été hospitalisé 10 jours. Il se sent extrêmement chanceux de se sentir mieux aujourd’hui. « Je suis reconnaissant pour les moments où les médecins et le personnel infirmier passaient me voir et me rassuraient, je suis reconnaissant des soins extraordinaires qui m’ont été prodigués avec amour et respect pour la vie humaine. »

« J’ai beaucoup plus de respect pour les professionnels de la santé. J’en ai toujours eu, mais cette fois, c’était différent; ils étaient là pour moi. » – Père Alex Michalopulos

Fr. Alex Michalopoulos of the Greek Orthodox Church
Le père Alex Michalopoulos de l’Église orthodoxe grecque. Le père Alex a été traité contre la COVID-19 à L’Hôpital d’Ottawa l’an dernier.

Les larmes aux yeux, il prend une courte pause pour se reprendre. Le Père Michalopulos dit qu’il est parfois bien de voir l’autre côté de la médaille, de vivre ce que traversent d’autres personnes. « J’ai beaucoup plus de respect pour les professionnels de la santé. J’en ai toujours eu, mais cette fois, c’était différent; ils étaient là pour moi. »

Il ajoute : « Ils m’ont tenu la main et ont fait preuve d’empathie. Ils m’ont montré beaucoup de respect et d’amour. Je leur en serai toujours reconnaissant ». C’est cette touche particulière et ces soins uniques prodigués par de parfaits étrangers qui ont aidé le Père Michalopulos à regagner la force nécessaire pour retrouver ses proches et plus tard, sa famille paroissiale.

« Je n’oublierai jamais la façon dont j’ai été traitée par ces personnes qui ne me connaissaient pas. Je les admire et elles feront toujours partie de mes prières. »

Pour contribuer aux efforts, le Père Michalopulos participe à une étude sur les effets à long terme du virus. La scientifique Sara J. Abdallah et la Dre Juthaporn Cowan effectuent un suivi auprès des patients participants 3, 6 et 12 mois après l’infection.

Le Père Michalopulos explique pourquoi il voulait s’impliquer : « Je voulais aider les scientifiques à comprendre les effets à court et à long terme du virus, et ainsi contribuer au développement d’un vaccin ou d’un traitement ».

Contribuer par la recherche

Des chercheurs de notre hôpital ont grandement contribué à la course contre la montre mondiale pour combattre la COVID-19. Ils explorent plus de 60 projets de recherche pour appuyer les efforts planétaires visant à trouver de meilleures façons de traiter et de prévenir l’infection au virus. Certains de ces projets ont été financés par des donateurs, par l’entremise du Fonds d’urgence COVID‑19, dont le premier essai clinique au monde visant à protéger les patients atteints du cancer contre la COVID-19. À ce jour, 22 patients ont été recrutés pour ce projet dirigé par la Dre Rebecca Auer.

Les scientifiques John Bell et Carolina Ilkow mettent à profit leur expertise en fabrication de virus qui s’attaquent au cancer pour développer un vaccin contre la COVID-19, une solution canadienne. De plus, notre Centre de fabrication de biothérapies participe à la fabrication de trois autres vaccins contre la COVID-19 pour des essais cliniques, ainsi qu’au développement d’un traitement expérimental par cellules souches.

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Des signes d’espoir après une année éprouvante

Avec la recherche qui apporte de plus en plus de réponses, l’optimisme grandit dans l’équipe de soins. L’arrivée du premier vaccin en décembre était aussi une lueur au bout du tunnel. « Le vaccin nous donne de l’espoir. Je me souviens à quel point j’étais heureuse de recevoir le mien », décrit Kristine.

Venus Lucero, a nurse at The Ottawa Hospital
Venus Lucero, infirmière à L’Hôpital d’Ottawa, administre la première dose de l’hôpital du vaccin contre la COVID-19.

Il y a de l’espoir qu’un jour la vie reprenne son cours, comme avant, ou presque. Pour Kristine, cela voudrait dire qu’elle ne serait plus inquiète en serrant ses enfants dans ses bras au retour du travail.

Pour Leah, cela voudrait dire qu’elle pourrait enfin décrocher, pour la première fois en un an, et vraiment relaxer. Pour Vanessa, cela voudrait dire de pouvoir enfin passer du temps avec son fiancé, Colin, qui est aussi travailleur de première ligne, puisqu’ils ne se voient pas durant la pandémie. Avec ce sentiment d’espoir vient également une grande fierté d’avoir su donner des soins de qualité durant cette période sans précédent. Et d’avoir su se serrer les coudes.

Écoutez le balado Pulse pour entendre le pour en savoir plus sur cette année dans l’aile COVID-19.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

À bien des égards, Bryde Fresque est un spécimen rare. Il possède un goût pour la vie qui le distingue des autres. Cela, la Dre Carolyn Nessim, chirurgienne oncologue et chercheuse clinicienne à L’Hôpital d’Ottawa, l’a constaté quand M. Fresque a reçu un diagnostic qui l’a forcé à lutter pour sa vie contre une succession de rares problèmes de santé. Au bout du compte, une équipe d’experts aura été nécessaire pour arriver à diagnostiquer et à traiter son phéochromocytome, une tumeur rare qui a mis son avenir en péril.

Le parcours du jeune homme, qui a abouti au diagnostic d’une rare tumeur cancéreuse, a débuté en 2012, le lendemain de Noël. M. Fresque revenait de Napanee quand il a commencé à ressentir une douleur du côté gauche de son corps. Il a alors décidé de s’arrêter dans une pharmacie non loin d’Ottawa où, en le voyant plié de douleur, on lui a recommandé de se rendre à l’hôpital le plus près, un hôpital communautaire.

À peine arrivé à la salle d’urgence, M. Fresque a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa pour y recevoir des soins spécialisés. La douleur était alors intolérable. Une fois à l’Hôpital, on a constaté qu’il avait subi une rupture hémorragique spontanée de la glande suprarénale gauche et qu’il saignait abondamment. Heureusement, le jeune homme était entre bonnes mains : les radiologistes interventionnels ont pratiqué une embolisation d’urgence, une opération qui consiste à introduire un fil guide dans l’un des vaisseaux sanguins de la jambe, pour atteindre le vaisseau rupturé, près de la glande suprarénale. On injecte ensuite un produit pour colmater ce vaisseau et ainsi interrompre le saignement. Après l’opération, Bryde Fresque a séjourné dix jours à l’hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui.

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Les symptômes inhabituels se multiplient

Par la suite, Bryde Fresque, pourtant jeune et actif, a continué de sentir que quelque chose clochait. Impossible pour lui de se débarrasser de ses symptômes inhabituels : « Je me souviens que j’étais trempé de sueur, comme si mon corps n’arrivait pas à se refroidir. À la salle d’entraînement, je pouvais rester 15 minutes sous l’eau froide après avoir fait du vélo, sans voir de différence », explique-t-il.

À l’été 2013, il s’est soumis à une batterie de tests et de questions au Centre de cancérologie, dans l’espoir d’obtenir un diagnostic.

« Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. »

— Dre Carolyn Nessim
Bryde kayaking in Iceland with Natalie.
Bryde Fresque et Natalie en kayak en Islande.

À 32 ans, Bryde Fresque n’aurait jamais pensé qu’il pouvait être atteint d’un cancer. « J’étais jeune et en santé, je ne fumais pas, je ne consommais pas de drogue et j’étais actif. D’ailleurs, au départ, mes symptômes se manifestaient seulement quand je faisais du sport. Mon corps surchauffait, même par temps froid, et j’étais incapable de me rafraîchir. »

« Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

— Dre Carolyn Nessim

La rupture spontanée de la glande suprarénale de M. Fresque, six mois auparavant, est aussi venue compliquer le diagnostic. On a d’abord cru qu’il souffrait d’un gros hématome, un caillot résiduel qui se serait formé après l’interruption du saignement. « Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. Une rupture spontanée de la glande suprarénale, ça n’arrive que très rarement. Selon moi, le problème venait de la taille du caillot. Il dissimulait la tumeur qui se trouvait en dessous et la rendait difficile à détecter aux examens d’imagerie », explique la Dre Nessim.

À la recherche de la cause

Bryde at The Ottawa Hospital
Bryde Fresque a reçu des traitements pour une rare tumeur cancéreuse à L’Hôpital d’Ottawa.

Après quelque temps, M. Fresque a commencé à avoir de la difficulté à respirer et à se pencher dans certaines directions. Il a aussi remarqué qu’une distension était apparue sur son côté gauche. La théorie de l’hématome ne fonctionnait plus, car celui-ci aurait dû se résorber en quelques mois, selon la Dre Nessim. La médecin a alors envisagé la possibilité d’une tumeur.

C’est ainsi que le cas de Bryde Fresque a finalement atterri devant le comité de traitement des sarcomes de L’Hôpital d’Ottawa. « Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

Le comité d’experts a décidé que la chirurgie était la meilleure option pour diagnostiquer la maladie de M. Fresque, mais aussi pour traiter ce dernier en retirant la tumeur qui minait considérablement sa qualité de vie. Vu la taille de la tumeur et le nombre d’organes qu’elle semblait avoir envahi selon les résultats d’imagerie, l’opération s’annonçait à la fois longue et complexe, et comportait des risques et des complications potentielles qu’une équipe spécialisée serait le mieux à même de prévenir. L’équipe chargée du traitement des sarcomes possédait l’équipement et les connaissances nécessaires pour réaliser une telle opération. D’ailleurs, l’Hôpital est l’un des trois centres de traitement des sarcomes de la province qui possède la désignation d’Action Cancer Ontario. Même si la tumeur de Bryde Fresque était un phéochromocytome plutôt qu’un sarcome, l’approche chirurgicale était la même.

Un rendez-vous préopératoire des plus inusités

À l’automne 2013, la masse de M. Fresque avait atteint la taille d’un bloc de béton. Fidèle à sa personnalité unique, ce grand amateur de l’Halloween a décidé de se présenter à son rendez-vous préopératoire le 31 octobre vêtu d’un déguisement d’Ironman fait maison!

Le 15 novembre, une impressionnante équipe de plus de 20 professionnels était rassemblée dans la salle d’opération. M. Fresque se rappelle avoir entendu la Dre Nessim raconter l’anecdote du rendez-vous alors qu’il était étendu sur la table d’opération. « Ensuite, elle s’est penchée vers moi et m’a dit “prends une grande inspiration, Ironman” alors qu’on m’intubait. »

Le jeune homme a dû s’en remettre entièrement à la Dre Nessim et à son équipe durant l’opération délicate de 12 heures. Celle-ci pouvait comporter plusieurs risques; même si le phéochromocytome de M. Fresque semblait non fonctionnel, le stress associé à la chirurgie aurait pu stimuler la tumeur et lui faire sécréter de l’adrénaline, une hormone susceptible de faire gravement augmenter la pression artérielle. L’équipe a administré au patient des médicaments particuliers pour éviter que cela ne se produise.

« Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »

— Dre Carolyn Nessim
Dr. Carolyn Nessim, The Ottawa Hospital
La chirurgienne oncologue de Bryde Fresque, la Dre Carolyn Nessim.

Juste avant de se rendre dans la salle d’opération pour réaliser l’épineuse chirurgie, la Dre Nessim a étudié les résultats d’imagerie et visualisé, dans l’ordre, chaque étape à suivre pour retirer la tumeur. La médecin était entourée d’une équipe hautement spécialisée comprenant un urologue, un chirurgien thoracique, un chirurgien hépato-biliaire et pancréatique, et deux anesthésistes. « Ce n’était pas un cas banal », résume t-elle.

L’équipe a retiré le rein et la glande suprarénale gauches de Bryde Fresque, ainsi que le tiers de son pancréas. Elle a aussi réséqué, puis reconstruit, son côlon, son intestin et son diaphragme, et a retiré sa rate, une rate accessoire – présente chez certains patients –, dix nœuds lymphatiques et l’hématome. Heureusement, la Dre Nessim a également pu retirer la tumeur en entier. L’opération a été un succès.

Des réponses

Bryde Fresque a passé 40 jours à l’hôpital après l’opération, et c’est durant son séjour qu’il a finalement obtenu une explication pour ses symptômes. On lui a diagnostiqué un phéochromocytome, une tumeur rare et parfois cancéreuse qui se forme en général sur l’une des deux glandes suprarénales, situées au-dessus des reins. Dans environ 10 % des cas, la tumeur se propage à d’autres parties du corps. Le danger du phéochromocytome, c’est qu’il peut sécréter une hormone appelée adrénaline en quantité excessive, ce qui fait grimper la pression artérielle et peut rendre les gens malades. Par contre, la tumeur de M. Fresque était non fonctionnelle, ce qui signifie qu’elle ne sécrétait pas d’adrénaline ou très peu, compliquant ainsi l’établissement d’un diagnostic avant la chirurgie. Qui plus est, les tests urinaires du jeune homme visant à détecter la présence de marqueurs de l’adrénaline étaient négatifs.

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. »

— Dr Neal Rowe

« Voilà qui pourrait expliquer pourquoi il avait chaud et suait abondamment. Sa tumeur sécrétait peut-être une quantité subclinique d’adrénaline. Elle était bien cancéreuse », indique la Dre Nessim.

L’expertise dans les phéochromocytomes

Bryde with his wife and child
Bryde Fresque, son épouse Natalie et leur fils, Edmond.

Une bonne partie de la recherche qui s’effectue à l’Hôpital et ailleurs dans le monde se concentre sur la détection et le traitement rapides du phéochromocytome. Le Dr Neal Rowe, urologue clinicien à L’Hôpital d’Ottawa, mène des recherches sur ce type de tumeur : « Nous savons que certains gènes augmentent le risque de développer un phéochromocytome. En les repérant chez des patients, nous pouvons tester les membres de leur famille, ce qui permet de détecter la tumeur rapidement et d’étudier les facteurs biologiques qui mènent à sa formation. » Selon lui, ce type de tumeur touche environ une à deux personnes sur 100 000.

« Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père. »

— Bryde Fresque

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. Nous avons un groupe collaboratif d’experts en endocrinologie et en génétique médicale, ainsi qu’une équipe d’anesthésistes et de chirurgiens dédiés. Grâce à nos recherches et à nos diverses initiatives nationales, je crois que nous nous démarquons », ajoute le Dr Rowe.

Aller de l’avant, viser plus haut et redonner

Aujourd’hui, sept ans après l’opération, le cancer de Bryde Fresque ne montre aucun signe de récidive. Il lui a fallu du temps, mais le jeune homme a repris son mode de vie actif et il est très reconnaissant des soins qu’il a reçus. Lui et son épouse ont d’ailleurs gravi le mont Kilimandjaro, en Tanzanie, ainsi que le col le plus élevé au monde, situé dans la chaîne Annapurna de l’Himalaya, au Népal, dans le but d’amasser des fonds et de sensibiliser les gens aux cancers endocriniens rares – tout cela alors que M. Fresque était toujours considéré comme un patient atteint du cancer.

Bryde and Natalie at Uhuru Peak on Mount Kilimanjaro.
Bryde Fresque et Natalie au mont Kilimandjaro.

« Avoir un cancer, ou simplement tomber malade, ça change une vie. Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père », affirme M. Fresque, avant d’ajouter : « Honnêtement, je pense que si j’avais été ailleurs, si on m’avait confié à quelqu’un d’autre, je ne serais probablement pas ici aujourd’hui. J’en suis certain. »

C’est pourquoi M. Fresque organise chaque année une fête d’Halloween, connue sous le nom de « Spadinaween », pour amasser des fonds en appui à l’Hôpital. Il a recueilli plus de 10 000 $ jusqu’à maintenant, et même la Dre Nessim vient faire un tour.

Un lien particulier unit toujours le patient et la médecin; M. Fresque s’est même porté volontaire pour aider la Dre Nessim à mener un projet de recherche mondial sur les sarcomes. Pour le jeune homme, c’est un honneur d’aider d’autres patients. « Pour moi, ce qui a bouclé la boucle, c’est quand on m’a invité à participer à une étude internationale – avec la Dre Nessim et d’autres médecins du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Australie – pour améliorer l’expérience des patients. Si je peux transformer quelque chose de négatif en positif, vous pouvez compter sur moi! »

Le fait de voir Bryde Fresque profiter de la vie aujourd’hui rend plus supportables les journées interminables et éreintantes passées en salle d’opération et la recherche constante de réponses. « C’est pour ça que je fais ce travail. C’est ma plus grande joie et ma plus belle récompense, affirme la Dre Nessim. Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

« Comme nous sommes le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est de l’Ontario, nous recevons les patients les plus gravement blessés de toute la région, et même parfois du Québec. Notre équipe est en mesure de soigner presque toutes les blessures. »
– Dr Maher Matar

Dr. Matar, trauma surgeon
Dr Maher Matar.

La nuit tombée, lorsque la plupart des gens sont endormis : c’est à ce moment que beaucoup de nos patients arrivent au centre de traumatologie. Je m’appelle Maher Matar, et je suis un chirurgien en traumatologie à L’Hôpital d’Ottawa; il n’est pas rare que je sois tiré du sommeil en plein milieu de la nuit par un code 1. Je n’ai alors que très peu de temps, 20 minutes pour être exact, pour me préparer, me rendre aux services d’urgence du Campus Civic et me joindre au reste de l’équipe de traumatologie. Nous sommes tous prêts et à 110 % de nos capacités. Des vies en dépendent.

L’unique équipe de traumatologie de niveau 1 de la région

Comme nous sommes le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est de l’Ontario, nous recevons les patients les plus gravement blessés de toute la région, et même parfois du Québec. Notre équipe est en mesure de soigner presque toutes les blessures.

Dans notre équipe, nous avons un chef (c’est moi!), un anesthésiste, une équipe d’infirmières des services d’urgence, un groupe de médecins résidents et des techniciens en inhalothérapie : ainsi, nous sommes parés à un vaste éventail de cas complexes et aux codes 1.

Un code 1 signifie qu’un patient ayant des blessures graves arrive à l’Hôpital et que nous avons besoin de toutes les ressources des services d’urgence. Il pourrait s’agir de quelques personnes impliquées dans une collision à grande vitesse de véhicules motorisés, ou de quelqu’un qui est tombé dans les escaliers. On parle de code orange lors d’incidents à grande échelle, comme l’accident d’autobus à la station Westboro, et de toute autre catastrophe locale.

Un accident de motoneige cause des blessures potentiellement mortelles

Le 18 janvier 2020, j’ai été arraché aux bras de Morphée quand j’ai reçu un appel en pleine nuit d’un hôpital québécois non loin de chez moi. L’un de leurs patients avait l’aorte sectionnée, c’est-à-dire que son aorte, le principal vaisseau sanguin qui part du cœur, s’était rompue ou déchirée. J’ai tout de suite su que le patient avait peu de chance de survivre à son transport jusqu’à notre hôpital.

Il s’appelait Cody Howard, était de l’Arizona, et avait eu un accident de motoneige à Ripon, au Québec, à environ 70 minutes d’Ottawa. Le fait qu’il ait tenu bon jusqu’au premier hôpital augurait bien, mais ce type de blessure est imprévisible. La vie de Cody dépendait de notre expertise.

Trauma team during a training session at The Ottawa Hospital

Déjà, au téléphone, j’ai commencé à prendre soin de Cody : j’ai expliqué à l’équipe à l’autre bout du fil quels médicaments devaient lui être administrés et de quelle manière il fallait le transférer à notre centre de traumatologie.

« Le patient était étendu et, fait incroyable, il était éveillé et alerte. Il savait qu’il se trouvait dans une situation très critique. » – Dr Maher Matar

Pendant mon trajet vers l’Hôpital, j’ai appelé Cheryl Symington, une infirmière responsable travaillant aux services d’urgence cette nuit-là. C’est une chef formidable. « C’est grave, lui ai-je dit. J’ai besoin de tout le monde. »

L’équipe de traumatologie est prête

J’ai immédiatement appelé l’équipe de chirurgie vasculaire et lui ai demandé de se tenir prête pour l’arrivée de Cody.

Il est arrivé au centre de traumatologie avec son frère plus jeune, Trevor, qui n’avait pas été impliqué dans l’accident. Cody était étendu et, fait incroyable, il était éveillé et alerte. Il savait qu’il se trouvait dans une situation très critique. En fait, le moindre mouvement aurait pu lui être fatal. Nous avons effectué l’évaluation de A à Z, comme nous le faisons toujours, en nous assurant de ne manquer aucune blessure. Pendant ce temps, j’étais au téléphone avec le Dr Prasad Jetty, un chirurgien vasculaire. Il a aussi consulté un autre chirurgien vasculaire, le Dr Fraser Rubens. Vous savez, nous sommes chanceux d’avoir de telles personnes de talent à disposition à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

« Je suis infirmière aux urgences depuis plus de 30 ans, et ça a été de loin la nuit la plus difficile, mais aussi la plus gratifiante. Les docteurs Matar, Jetty et Reubens sont tous des spécialistes hautement qualifiés dans leur domaine respectif. Ensemble, ils forment une équipe sans pareille. Les astres étaient alignés, cette nuit-là. » – Cheryl Syminton

Le Dr Rubens est venu au poste de traumatologie – événement rare pour un chirurgien vasculaire : c’est un bon indice de la gravité de la blessure. À ce stade, nous discutions tous les trois du patient, et avons conclu que le risque qu’il meure sur la table d’opération était très élevé. La paralysie était aussi à envisager. Tout cela est arrivé rapidement, dans les 30 minutes suivant l’arrivée de Cody.

L’appel difficile à la famille

J’ai ensuite appelé le père du patient, en Arizona, qui était aussi médecin. J’ai dû lui annoncer la triste nouvelle, mais lui ai promis que les personnes prenant soin de son fils étaient les mieux formées de toute la région. Je lui ai dit de se concentrer sur son trajet vers Ottawa, et que nous nous occuperions du reste.

Ces appels ne sont jamais faciles. Annoncer de mauvaises nouvelles à des membres de la famille, apprendre à une personne qu’un proche est sur le point de subir une opération très délicate, ça nous pèse. Heureusement, les travailleurs sociaux de notre hôpital sont toujours là pour nous aider. Si je suis occupé à prendre soin du patient, l’un d’eux reçoit la famille et les met au courant de ce qui se passe. Ils jouent un rôle primordial dans les services d’urgence.

D’autres blessés arrivent

Tandis que nous élaborions le plan d’opération de Cody, Trevor (son frère) est venu me voir et m’a dit : « Il y a deux autres personnes. » « Pardon? » C’était toute une surprise! Il a expliqué qu’un autre de ses frères, Bret, et son beau-frère s’étaient aussi blessés lors de l’accident et se trouvaient encore dans un hôpital non loin, au Québec.

« Je lui ai promis que les personnes prenant soin de son fils étaient les mieux formées de toute la région. Je lui ai dit de se concentrer sur son trajet vers Ottawa, et que nous nous occuperions du reste. » – Dr Maher Matar

Intense training situation with the trauma team at The Ottawa Hospital

C’est dans ces moments-là que le côté humanitaire des soins vient teinter notre travail – notre travail à tous. Il était hors de question que la famille, lorsqu’elle arriverait à Ottawa, doive faire l’aller-retour entre les deux hôpitaux. Elle s’inquiétait déjà beaucoup pour ses proches, et les membres avaient besoin d’être tous ensemble.

Nous avons appelé l’autre hôpital et avons convenu que les deux autres patients seraient admis immédiatement, quelle que soit la gravité de leurs blessures. Tandis que le beau-frère ne souffrait que de blessures mineures, Bret avait subi un important traumatisme crânien et avait une blessure à l’abdomen. Je devais l’opérer pour une rupture de la vessie. L’équipe de chirurgie vasculaire et l’équipe de chirurgie cardiaque se sont chargées de l’opération de Cody à l’Institut de cardiologie pendant que je m’occupais de la chirurgie d’urgence de Bret au Campus Civic.

Des vies sauvées, une nuit réussie

Bret s’est rétabli rapidement. Après dix jours dans notre hôpital, il a pu prendre l’avion pour retourner chez lui. Ce fut moins facile pour Cody. Il a heureusement survécu à l’opération, mais il était paralysé à partir de la taille. L’ancien combattant de 37 ans des forces armées des États-Unis a été dans le coma pendant une semaine, puis est resté avec nous jusqu’à la mi-février. Il était alors dans un état assez stable pour retourner chez lui par vol médical. Son rétablissement n’a pas été de tout repos, mais il a fini par marcher de nouveau. La dernière fois que je lui ai parlé, il m’a dit qu’il faisait maintenant de la randonnée.

« Lorsqu’on entend “merci” de la part d’un patient ou d’un membre de sa famille, c’est une leçon d’humilité. Ça ne rend pas plus fier… ça enseigne l’humilité, tout simplement. »
– Dr Maher Matar

La journée a été couronnée de succès. Tout ça a commencé après minuit. Tout le monde a mis la main à la pâte, dont les talentueux docteurs Jetty et Rubens. Même si nous n’avions jamais travaillé ensemble auparavant, ils ont collaboré et sauvé la vie de notre patient. Et il ne faut pas oublier les soins d’anesthésie exceptionnels du Dr Adam Dryden; par son travail rapide et efficace, il a lui aussi contribué à garder notre patient en vie. Ce fut un travail d’équipe sur tous les plans.

Le mot « merci », une leçon d’humilité

Lorsque des personnes grièvement blessées sont tirées d’affaire, c’est merveilleux. C’est la combinaison d’une bonne formation, d’une équipe hautement qualifiée, du meilleur équipement et des meilleures installations.

Et lorsqu’on entend « merci » de la part d’un patient ou d’un membre de sa famille, c’est une leçon d’humilité. Ça ne rend pas plus fier… ça enseigne l’humilité, tout simplement. Il m’est déjà arrivé de ne pas pouvoir sauver une vie; ces cas me hanteront toujours.

À la fin de la journée, lorsque je franchis les portes de l’Hôpital, la première chose que je fais, c’est prendre une profonde respiration, car dehors, l’air est différent. Je lève les yeux, et je dis « merci » d’être en mesure de prodiguer ce genre de soins spécialisés.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Bret Howard dit merci pour les soins empreints de compassion qui ont sauvé une vie

« Je ne crois réellement pas que Cody serait encore vivant aujourd’hui s’il n’avait pas été transféré à L’Hôpital d’Ottawa. Ça lui a sauvé la vie.

« Nous croyons que ça se serait moins bien terminé si nous avions été ailleurs qu’à L’Hôpital d’Ottawa. Nous serons à jamais reconnaissants. » – Bret Howard

L’équipe s’est mise de la partie pour nous rassembler dans le même établissement; c’était un acte spécial, et nous ne l’oublierons jamais (en fait, je ne crois pas que c’est courant). Je n’aurais pas pu imaginer vivre tout ça dans un autre établissement tandis que mon frère luttait pour sa vie à L’Hôpital d’Ottawa. Cela compte beaucoup pour ma famille, que nous ayons pu être tous ensemble.

Le Dr Matar a été incroyable, et pas seulement pour mon opération, mais aussi envers ma famille – ma femme et mes parents. Avec son équipe, il les a guidés, et il était toujours au courant de ce qui se passait avec moi et mon frère.

Merci aux infirmières, aux médecins, aux travailleurs sociaux. Je voyais bien qu’ils avaient la situation à cœur et souhaitaient réellement nous aider à traverser cette épreuve. Nous croyons que ça se serait moins bien terminé si nous avions été ailleurs qu’à L’Hôpital d’Ottawa. Nous serons à jamais reconnaissants. »

Bret and his brothers
Cody, Trevor, et Bret Howard.

La recherche pour l’amélioration des soins en traumatologie

La recherche à L’Hôpital d’Ottawa contribue à assurer la survie et la qualité de vie des personnes qui subissent des blessures traumatiques graves. Voici quelques projets en cours :

  • Élaboration d’un outil simple qui détecte les hémorragies graves chez les patients en traumatologie pour qu’elles soient traitées plus rapidement;
  • Mise à l’essai de nouvelles méthodes pour traiter les hémorragies et les caillots chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien;
  • Création de nouvelles technologies et prothèses de réadaptation, dont une interface cerveau-machine qui pourrait permettre de contrôler un bras robotique par la pensée;
  • Élaboration d’un outil aidant les ambulanciers à déterminer quels patients doivent être immobilisés sur une planche dorsale et lesquels peuvent être examinés en toute sécurité sans être immobilisés.

Écoutez le balado Pulse pour entendre le Dr Maher Matar parler de son expérience à titre de chirurgien en traumatologie.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Clarence Byrd a toujours su exactement comment il voulait vivre sa vie, et ce qu’il adviendrait après son décès. Il s’est éteint paisiblement le 30 mai 2020, grâce au programme d’aide médicale à mourir (AMAM). Dans les jours qui ont précédé son décès, il a planifié avec soin, à son domicile au centre-ville d’Ottawa, le don par testament qu’il ferait à L’Hôpital d’Ottawa, s’assurant ainsi que ses inébranlables convictions philanthropiques perdurent des années durant.

M. Byrd et son épouse, Ida Chen, ont été mariés durant 43 ans. Ils ont vécu une belle vie, passant presque tout leur temps ensemble. « D’emblée, nous sommes devenus les meilleurs amis, et nos aptitudes complémentaires nous ont amenés à publier plus de 150 ouvrages sur la comptabilité générale et l’imposition, dont Canadian Tax Principles, le manuel de référence sur l’imposition dans les universités et collèges canadiens », a écrit M. Byrd avant de mourir.

« Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

— Clarence Byrd

Retraités du milieu de l’éducation depuis 15 ans, M. Byrd et Mme Chen étaient inséparables. Ils adoraient la nature, et profitaient de chaque instant passé ensemble pour faire de la randonnée, du ski et du vélo un peu partout en Amérique du Nord.

Le choc du diagnostic

En décembre 2016, Mme Chen reçoit un diagnostic bouleversant : on lui a détecté un glioblastome, une tumeur au cerveau particulièrement agressive. Elle subit de nombreuses chirurgies, dont une à l’aide d’un microscope révolutionnaire, qui était alors prêté à l’Hôpital. Peu de temps après cette intervention, M. Byrd et Mme Chen, conscients de l’importance de l’équipement, versent une contribution substantielle pour l’achat du microscope. La philanthropie a toujours occupé une place de choix dans leur vie, et grâce à leur générosité, de nombreux patients ont pu bénéficier de cet instrument chirurgical capable de sauver des vies, l’un des rares au Canada.

Clarence and Ida skating
Clarence Byrd et Ida Chen patinent sur la patinoire du canal Rideau.

Le 6 novembre 2019, M. Byrd disait adieu à l’amour de sa vie. Ida Chen est décédée paisiblement avec l’aide médicale. Elle n’avait plus à souffrir.

Et puis, moins de quatre mois après le décès d’Ida, M. Byrd reçoit un diagnostic de cancer de l’œsophage. On lui apprend qu’en raison de l’emplacement de la tumeur, la chirurgie n’est pas une option, et qu’il lui reste de 12 à 18 mois à vivre.

C’est à ce moment que Clarence Byrd met à exécution son plan pour le temps qu’il lui reste à vivre et pour ce qu’il adviendra de son patrimoine après son décès. Il demande à bénéficier du programme AMAM et reçoit une réponse favorable. Cette nouvelle lui apporte la tranquillité d’esprit dont il avait besoin : « Il était extrêmement réconfortant pour moi de savoir que je n’aurais pas à souffrir inutilement à la fin de ma vie », écrit-il.

Éduquer les autres, des années durant

Laura Wilding, infirmière en pratique avancée à L’Hôpital d’Ottawa et gestionnaire de programme, Réseau d’aide médicale à mourir de la région de Champlain, a participé à la planification des interventions de M. Byrd et de Mme Chen. Depuis l’introduction du programme d’AMAM, il y a quatre ans, des patients lui disent qu’ils veulent aider l’Hôpital en faisant un don par testament. M. Byrd lui a indiqué très clairement que c’est ce qu’il voulait faire. « Il a même repoussé la date à laquelle il devait recevoir l’aide médicale à mourir pour s’assurer que son don serait versé comme il le voulait », précise Mme Wilding.

« Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leur maladie. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital. »

— Joshua Smith

Le couple a eu des carrières fructueuses, et il était important pour M. Byrd de tirer parti de sa bonne fortune pour aider à bâtir l’avenir, même lorsqu’il ne serait plus là. Mme Wilding se souvient de l’avoir entendu dire : « Nous avons de l’argent, nous sommes des philanthropes et nous sommes convaincus que plus de gens doivent connaître et de comprendre le programme d’AMAM. »

Clarence Byrd et Ida Chen lors d’une randonnée.
Le couple aimait jouer de la musique ensemble à la maison.

Le comptable de M. Byrd, Joshua Smith, un associé à Welch, explique que les séjours de Clarence et d’Ida à L’Hôpital d’Ottawa ont laissé leur marque. « Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leurs maladies. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital », affirme M. Smith.

« Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait. »

— Laura Wilding

Margaret Tardiff était une amie proche du couple. Elle souligne à quel point l’éducation était importante aux yeux de M. Byrd, ce que son don à l’Hôpital perpétuera pendant de nombreuses années. « Il était toujours en train de s’éduquer ou d’éduquer les autres. Il était d’avis que l’éducation aiderait les gens à comprendre l’importance du programme d’AMAM », explique-t-elle.

Un héritage durable

Les patients de l’Hôpital et leur famille bénéficieront pendant des décennies du legs de M. Byrd. « Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait », explique Mme Wilding.

M. Byrd est décédé à son domicile, à l’âge de 82 ans, comme il l’entendait et en ayant planifié son patrimoine exactement comme il le voulait. Son décès marque la fin d’une vie vécue pleinement, marquée par 43 années passées aux côtés de sa tendre épouse, Ida Chen. M. Byrd a même rédigé un article dans l’Ottawa Citizen avant son décès : « Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

Une vie exceptionnelle, et un héritage qui se perpétuera grâce à la prévoyance de M. Byrd et à son désir de soutenir L’Hôpital d’Ottawa. Il fut un philanthrope jusqu’à la fin.

Clarence at Yoho National Park
Clarence Byrd dans le parc national Yoho.

Une patrouille de routine à Kandahar a altéré le cours de la vie de Bushra Saeed-Khan pour toujours. En un bref instant, la détonation d’un engin explosif improvisé a tout changé : employée du gouvernement fédéral en mission en Afghanistan un instant, amputée survivant à un traumatisme aux prises avec un stress post-traumatique l’instant suivant. La complexité de ses blessures l’a amenée à L’Hôpital d’Ottawa, où une équipe de spécialistes dévoués étaient prêts à l’aider à rentrer chez elle.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Travailler en zone de guerre

À la huitième semaine de sa mission d’un an en Afghanistan, Bushra a reçu la permission d’accompagner des troupes « à l’extérieur du périmètre », soit au-delà de la protection conférée par la base militaire. C’est sur le chemin du retour que le véhicule blindé léger dans lequel elle se trouvait a roulé sur un engin explosif improvisé dissimulé dans le sol.

Bushra in Kandahar

Elle se rappelle la forte détonation. Elle n’avait jamais entendu un son pareil. Elle a ensuite perdu conscience. Lorsqu’elle a repris ses esprits, le silence régnait. La confusion et le choc avaient paralysé tout son corps, mais cela n’avait pas d’importance. Elle était coincée à l’intérieur du véhicule, incapable de bouger. La peur s’est insinuée dans chacune de ses pensées. Était-elle la seule survivante? Le véhicule allait-il s’enflammer pendant qu’elle était prise à l’intérieur? Y avait-il quelqu’un à proximité pour lui sauver la vie? Chaque pensée était toute aussi anxiogène que la suivante dans ce pays déchiré par la guerre à des kilomètres de la base, de la sécurité, de sa famille et de sa maison.

Quatre soldats et un civil, qui était devenu son ami, sont décédés ce jour-là, le 30 décembre 2009. Les cinq survivants, dont Bushra, sont chanceux d’être en vie. Elle ne s’en est toutefois pas sortie indemne. Elle continue toujours de sentir les répercussions de l’incident plus d’une décennie plus tard.

Obtenir des soins médicaux

Après l’explosion, les troupes dans le second véhicule blindé ont rapidement demandé des renforts pour aider les survivants. À la vue de Bushra, ils ont su clairement que ses blessures étaient graves. Tout son corps était touché. Le choc avait été si fort : son abdomen était ouvert et ses jambes, en piteux état – une partie avait même été entièrement soufflée par l’explosion.

Bushra in Germany

Bushra a été transportée en hélicoptère jusqu’à une base militaire pour y recevoir des soins médicaux avant d’être amenée à un hôpital à Landstuhl, en Allemagne, où elle a été placée dans un coma artificiel. Pendant que les médecins tentaient de stabiliser son état en vue du long vol jusqu’au Centre de traumatologie du Campus Civic de L’Hôpital d’Ottawa, Bushra a appris l’existence de la Dre Nancy Dudek, directrice médicale du programme destiné aux amputés. La D<sup>re</sup> Dudek est devenue sa principale médecin pendant plus d’une décennie. « Je n’ai pas pris conscience, à ce moment, du rôle extraordinaire que la Dre Dudek allait jouer dans ma vie. »

Cheminement vers la guérison et le rétablissement

Dès l’arrivée de Bushra au Centre de traumatologie, des spécialistes ont commencé à travailler 24 heures sue 24 pour réparer les dommages considérables causés par l’engin explosif. « Je me rappelle ma première rencontre avec Bushra, raconte la Dre Dudek. Elle venait d’arriver à l’Hôpital et avait énormément de blessures. La question la plus importante que je devais lui poser à ce moment concernait sa jambe. » Une jambe étant gravement blessée, son amputation était inévitable. Comme le fémur était en plus fracturé, il fallait décider si le chirurgien orthopédiste allait amputer toute la jambe ou réparer la fracture au fémur pour conserver la plus grande partie possible de la jambe. « C’est très important, lorsque c’est possible, d’inclure le patient dans la décision, ajoute la Dre Dudek. Nous voulons que les patients aient leur mot à dire sur ce qui va arriver à leur corps. » L’équipe a finalement décidé de réparer la fracture du fémur et de réaliser une amputation au niveau du genou.

C’était la première des multiples chirurgies que Bushra a reçues à notre Hôpital. « La première semaine dans l’Unité de traumatologie, j’ai eu l’impression de subir plus de 20 opérations, affirme Bushra. J’ai alors décidé de cesser de compter. »

Les femmes du Centre de réadaptation

L’état médical de Bushra s’est assez amélioré pour lui permettre de passer au Centre de réadaptation. Elle allait y séjourner pendant plus d’un an, puis poursuivre la réadaptation en consultation externe. Avec l’encadrement de certains des meilleurs physiothérapeutes et prothésistes du domaine, Bushra a dû réapprendre à faire les activités les plus simples, par exemple lever les bras, bouger la tête et s’asseoir dans le lit, avant d’apprendre à marcher avec une prothèse. « Je les appelle les femmes du Centre de réadaptation, explique Bushra. Elles sont tellement compétentes dans leur domaine respectif, en plus d’être gentilles et attentionnées. Elles sont formidables. »

Bushra at the Rehab Centre, learning to stand.

À cette époque, Bushra ressentait toujours un grand malaise, non seulement à cause des chirurgies, mais aussi parce qu’elle revivait l’incident, éprouvait la culpabilité du survivant et pensait au reste de sa vie avec une incapacité. En essayant de gérer ces émotions, elle avait parfois l’impression de gravir des montagnes, mais certains jours, les émotions étaient trop lourdes à porter. « À un certain moment, j’ai même envisagé le suicide. Certains jours, je n’arrivais pas à me sortir du lit. Je n’avais pas seulement des entraves physiques. Sur le plan mental, je n’arrivais plus à composer avec tous les combats sur mon parcours », confie Bushra. Le personnel l’a alors présentée à Josie Marino, psychologue de l’Hôpital aujourd’hui à la retraite. Josie a joué un rôle déterminant dans les soins de Bushra parce qu’elle l’a aidée à surmonter ces obstacles mentaux. « Le stress post-traumatique ne s’estompe jamais complètement. Il resurgit lors de moments difficiles, mais Josie m’a donné les outils dont j’ai besoin pour le gérer », poursuit Bushra.

« J’aime aider les patients à acquérir la confiance qu’ils peuvent en faire plus qu’ils ne le pensent. » – Marie Andrée.

Les jours plus difficiles pour Bushra, sa physiothérapeute, Marie Andrée Paquin, adaptait les exercices à la douleur qu’elle ressentait. Les jours où Bushra ne se sentait pas assez bien pour quitter sa chambre, Marie Andrée lui faisait faire les exercices au lit. Les jours où elle se sentait plus forte, elle la poussait un peu plus loin. « J’aime aider les patients à acquérir la confiance qu’ils peuvent en faire plus qu’ils ne le pensent », précise Marie Andrée.

Elle est même allée jusqu’à montrer à Bushra à faire des exercices qui ressemblent à des mouvements de danse pour qu’elle puisse danser au mariage de sa sœur. « Cette flexibilité dans les soins était extraordinaire. Ils les ont véritablement adaptés à mes besoins », ajoute Bushra.

Découvrir l’espoir

Bushra, prosthetic leg

Après l’amputation, Bushra ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour l’avenir. Après tout, elle n’avait jamais rencontré une personne ayant une prothèse de jambe. « Ma famille, tout comme moi, s’inquiétait du type de vie qui m’attendait », avoue Bushra. Lorsqu’elle en a pris conscience, la Dre Dudek a demandé à une ancienne patiente de venir voir Bushra. « Je me rappelle très clairement cette femme qui est entrée dans ma chambre de l’unité de traumatologie. J’ai eu un choc en la voyant marcher et jouer avec ses enfants, ajoute Bushra. Je suis contente que la Dre Dudek me l’ait présentée. Ce fut une rencontre déterminante pour moi. » Bushra ne s’est plus inquiété de son avenir par la suite. Au contraire, elle était pleine d’espoir.

Cette rencontre a donné à Bushra la confiance dont elle avait besoin pour essayer une prothèse de jambe. Elle a consulté Laura Scholtes, prothésiste à l’Hôpital, qui a ajusté son nouveau membre artificiel. Elle a appris à l’utiliser rapidement. Le personnel lui a ensuite parlé du système CAREN (Computer-Assisted Rehabilitation Environment).

Système CAREN

Bushra n’est pas la seule patiente ayant subi des blessures en Afghanistan. Ayant pris conscience du besoin, les Forces armées canadiennes et notre collectivité ont amassé des fonds pour permettre à L’Hôpital d’Ottawa d’acquérir un système de réalité virtuelle qui existe dans seulement deux villes au Canada. Le système CAREN joue un rôle déterminant pour les patients du Centre de réadaptation.

Bushra Saeed on the Computer-Assisted Rehabilitation Environment

« Le système CAREN est incroyable », explique Bushra, qui a utilisé cet équipement unique de réadaptation en réalité virtuelle. Il comprend un écran géant où des images en 3D sont projetées pour simuler un environnement réel ainsi qu’un tapis roulant contrôlé à distance. « Il permet aux patients de renforcer leur équilibre en toute sécurité », explique Marie Andrée. « Le système CAREN a été au cœur de mon rétablissement parce que j’ai pu apprendre à marcher avec une prothèse et repousser mes limites dans un environnement contrôlé et sécuritaire, ajoute Bushra. Il nous permet de nous exercer à marcher sur toutes sortes de surfaces. Il y avait même un programme de planche à pagaie. C’était très amusant. » L’entrainement avec ce système lui a permis de gagner en confiance. Aujourd’hui, elle fait du vélo et excelle à un poste de diplomate, des choses qu’elle ne s’attendait pas à pouvoir faire.

Une nouvelle vie après le traumatisme

Bushra with her baby

Une des premières questions de Bushra après la chirurgie de reconstruction de son abdomen concernait sa capacité d’avoir un enfant. Les blessures étaient tellement étendues que les chirurgiens ont dû insérer un filet pour reconstruire son abdomen. À cette époque, les médecins ne savaient pas si son corps allait être capable de s’adapter pour porter à terme un enfant. Huit ans plus tard, Bushra a annoncé qu’elle était enceinte et, tout comme elle s’est adaptée à une nouvelle normalité avec une incapacité, son corps s’est adapté à la croissance du bébé.

« Ce sont mes anges gardiens. Ce sont mes héros. Ils m’ont sauvé la vie. » – Bushra Saeed-Khan

À mesure que son ventre prenait de l’ampleur, toutefois, elle a eu davantage de difficultés avec sa prothèse. Laura a pu suivre Bushra tout au long de sa grossesse pour assurer le confort de la prothèse. Les deux derniers mois de la grossesse, cependant, Bushra ne parvenait plus à marcher sans douleur et a temporairement utilisé un fauteuil roulant. Comme Bushra devait accoucher par césarienne, la Dre Dudek a collaboré avec l’obstétricienne, la Dre Laura M. Gaudet, pour veiller à ce que Bushra ait une salle d’accouchement accessible – le cadre de porte devait être assez large pour laisser passer son fauteuil roulant et le lit devait être abaissable pour qu’elle puisse facilement se lever et se coucher.

Le jour après que Bushra ait donné naissance à une petite fille, la Dre Dudek est passée la voir. « Après ma première chirurgie, les médecins n’étaient pas certains que je pourrais avoir un enfant. Huit ans plus tard, la Dre Dudek a pris mon bébé dans ses bras, confie Bushra. C’était un moment spécial. C’était comme si je bouclais la boucle. »

Aujourd’hui, Bushra est capable de jouer avec sa fille de deux ans, tout comme la femme à la prothèse qui est venue la rencontrer à l’Hôpital au début de son rétablissement. L’espoir a pris forme et s’est concrétisé.

Plus d’une décennie plus tard

Plus de dix ans après l’incident, il est facile d’être impressionné par l’immense progrès de Bushra. Elle accepte toutefois chaque compliment sur son rétablissement avec humilité parce qu’elle sait qu’elle n’y est pas parvenue seule. Elle a eu le soutien de certains des meilleurs professionnels de la santé au pays. « Je suis devenue le fruit d’un ensemble de circonstances. J’ai eu la chance d’avoir la structure de soutien offerte par le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, exprime Bushra. C’était un effort d’équipe. C’est grâce aux personnes qui ont pris soin de moi que j’ai pu retrouver une autonomie. Ce sont mes anges gardiens. Ce sont mes héros. Ils m’ont sauvé la vie. »

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