« Comme nous sommes le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est de l’Ontario, nous recevons les patients les plus gravement blessés de toute la région, et même parfois du Québec. Notre équipe est en mesure de soigner presque toutes les blessures. »
– Dr Maher Matar

Dr. Matar, trauma surgeon
Dr Maher Matar.

La nuit tombée, lorsque la plupart des gens sont endormis : c’est à ce moment que beaucoup de nos patients arrivent au centre de traumatologie. Je m’appelle Maher Matar, et je suis un chirurgien en traumatologie à L’Hôpital d’Ottawa; il n’est pas rare que je sois tiré du sommeil en plein milieu de la nuit par un code 1. Je n’ai alors que très peu de temps, 20 minutes pour être exact, pour me préparer, me rendre aux services d’urgence du Campus Civic et me joindre au reste de l’équipe de traumatologie. Nous sommes tous prêts et à 110 % de nos capacités. Des vies en dépendent.

L’unique équipe de traumatologie de niveau 1 de la région

Comme nous sommes le seul centre de traumatologie de niveau 1 de l’Est de l’Ontario, nous recevons les patients les plus gravement blessés de toute la région, et même parfois du Québec. Notre équipe est en mesure de soigner presque toutes les blessures.

Dans notre équipe, nous avons un chef (c’est moi!), un anesthésiste, une équipe d’infirmières des services d’urgence, un groupe de médecins résidents et des techniciens en inhalothérapie : ainsi, nous sommes parés à un vaste éventail de cas complexes et aux codes 1.

Un code 1 signifie qu’un patient ayant des blessures graves arrive à l’Hôpital et que nous avons besoin de toutes les ressources des services d’urgence. Il pourrait s’agir de quelques personnes impliquées dans une collision à grande vitesse de véhicules motorisés, ou de quelqu’un qui est tombé dans les escaliers. On parle de code orange lors d’incidents à grande échelle, comme l’accident d’autobus à la station Westboro, et de toute autre catastrophe locale.

Un accident de motoneige cause des blessures potentiellement mortelles

Le 18 janvier 2020, j’ai été arraché aux bras de Morphée quand j’ai reçu un appel en pleine nuit d’un hôpital québécois non loin de chez moi. L’un de leurs patients avait l’aorte sectionnée, c’est-à-dire que son aorte, le principal vaisseau sanguin qui part du cœur, s’était rompue ou déchirée. J’ai tout de suite su que le patient avait peu de chance de survivre à son transport jusqu’à notre hôpital.

Il s’appelait Cody Howard, était de l’Arizona, et avait eu un accident de motoneige à Ripon, au Québec, à environ 70 minutes d’Ottawa. Le fait qu’il ait tenu bon jusqu’au premier hôpital augurait bien, mais ce type de blessure est imprévisible. La vie de Cody dépendait de notre expertise.

Trauma team during a training session at The Ottawa Hospital

Déjà, au téléphone, j’ai commencé à prendre soin de Cody : j’ai expliqué à l’équipe à l’autre bout du fil quels médicaments devaient lui être administrés et de quelle manière il fallait le transférer à notre centre de traumatologie.

« Le patient était étendu et, fait incroyable, il était éveillé et alerte. Il savait qu’il se trouvait dans une situation très critique. » – Dr Maher Matar

Pendant mon trajet vers l’Hôpital, j’ai appelé Cheryl Symington, une infirmière responsable travaillant aux services d’urgence cette nuit-là. C’est une chef formidable. « C’est grave, lui ai-je dit. J’ai besoin de tout le monde. »

L’équipe de traumatologie est prête

J’ai immédiatement appelé l’équipe de chirurgie vasculaire et lui ai demandé de se tenir prête pour l’arrivée de Cody.

Il est arrivé au centre de traumatologie avec son frère plus jeune, Trevor, qui n’avait pas été impliqué dans l’accident. Cody était étendu et, fait incroyable, il était éveillé et alerte. Il savait qu’il se trouvait dans une situation très critique. En fait, le moindre mouvement aurait pu lui être fatal. Nous avons effectué l’évaluation de A à Z, comme nous le faisons toujours, en nous assurant de ne manquer aucune blessure. Pendant ce temps, j’étais au téléphone avec le Dr Prasad Jetty, un chirurgien vasculaire. Il a aussi consulté un autre chirurgien vasculaire, le Dr Fraser Rubens. Vous savez, nous sommes chanceux d’avoir de telles personnes de talent à disposition à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa.

« Je suis infirmière aux urgences depuis plus de 30 ans, et ça a été de loin la nuit la plus difficile, mais aussi la plus gratifiante. Les docteurs Matar, Jetty et Reubens sont tous des spécialistes hautement qualifiés dans leur domaine respectif. Ensemble, ils forment une équipe sans pareille. Les astres étaient alignés, cette nuit-là. » – Cheryl Syminton

Le Dr Rubens est venu au poste de traumatologie – événement rare pour un chirurgien vasculaire : c’est un bon indice de la gravité de la blessure. À ce stade, nous discutions tous les trois du patient, et avons conclu que le risque qu’il meure sur la table d’opération était très élevé. La paralysie était aussi à envisager. Tout cela est arrivé rapidement, dans les 30 minutes suivant l’arrivée de Cody.

L’appel difficile à la famille

J’ai ensuite appelé le père du patient, en Arizona, qui était aussi médecin. J’ai dû lui annoncer la triste nouvelle, mais lui ai promis que les personnes prenant soin de son fils étaient les mieux formées de toute la région. Je lui ai dit de se concentrer sur son trajet vers Ottawa, et que nous nous occuperions du reste.

Ces appels ne sont jamais faciles. Annoncer de mauvaises nouvelles à des membres de la famille, apprendre à une personne qu’un proche est sur le point de subir une opération très délicate, ça nous pèse. Heureusement, les travailleurs sociaux de notre hôpital sont toujours là pour nous aider. Si je suis occupé à prendre soin du patient, l’un d’eux reçoit la famille et les met au courant de ce qui se passe. Ils jouent un rôle primordial dans les services d’urgence.

D’autres blessés arrivent

Tandis que nous élaborions le plan d’opération de Cody, Trevor (son frère) est venu me voir et m’a dit : « Il y a deux autres personnes. » « Pardon? » C’était toute une surprise! Il a expliqué qu’un autre de ses frères, Bret, et son beau-frère s’étaient aussi blessés lors de l’accident et se trouvaient encore dans un hôpital non loin, au Québec.

« Je lui ai promis que les personnes prenant soin de son fils étaient les mieux formées de toute la région. Je lui ai dit de se concentrer sur son trajet vers Ottawa, et que nous nous occuperions du reste. » – Dr Maher Matar

Intense training situation with the trauma team at The Ottawa Hospital

C’est dans ces moments-là que le côté humanitaire des soins vient teinter notre travail – notre travail à tous. Il était hors de question que la famille, lorsqu’elle arriverait à Ottawa, doive faire l’aller-retour entre les deux hôpitaux. Elle s’inquiétait déjà beaucoup pour ses proches, et les membres avaient besoin d’être tous ensemble.

Nous avons appelé l’autre hôpital et avons convenu que les deux autres patients seraient admis immédiatement, quelle que soit la gravité de leurs blessures. Tandis que le beau-frère ne souffrait que de blessures mineures, Bret avait subi un important traumatisme crânien et avait une blessure à l’abdomen. Je devais l’opérer pour une rupture de la vessie. L’équipe de chirurgie vasculaire et l’équipe de chirurgie cardiaque se sont chargées de l’opération de Cody à l’Institut de cardiologie pendant que je m’occupais de la chirurgie d’urgence de Bret au Campus Civic.

Des vies sauvées, une nuit réussie

Bret s’est rétabli rapidement. Après dix jours dans notre hôpital, il a pu prendre l’avion pour retourner chez lui. Ce fut moins facile pour Cody. Il a heureusement survécu à l’opération, mais il était paralysé à partir de la taille. L’ancien combattant de 37 ans des forces armées des États-Unis a été dans le coma pendant une semaine, puis est resté avec nous jusqu’à la mi-février. Il était alors dans un état assez stable pour retourner chez lui par vol médical. Son rétablissement n’a pas été de tout repos, mais il a fini par marcher de nouveau. La dernière fois que je lui ai parlé, il m’a dit qu’il faisait maintenant de la randonnée.

« Lorsqu’on entend “merci” de la part d’un patient ou d’un membre de sa famille, c’est une leçon d’humilité. Ça ne rend pas plus fier… ça enseigne l’humilité, tout simplement. »
– Dr Maher Matar

La journée a été couronnée de succès. Tout ça a commencé après minuit. Tout le monde a mis la main à la pâte, dont les talentueux docteurs Jetty et Rubens. Même si nous n’avions jamais travaillé ensemble auparavant, ils ont collaboré et sauvé la vie de notre patient. Et il ne faut pas oublier les soins d’anesthésie exceptionnels du Dr Adam Dryden; par son travail rapide et efficace, il a lui aussi contribué à garder notre patient en vie. Ce fut un travail d’équipe sur tous les plans.

Le mot « merci », une leçon d’humilité

Lorsque des personnes grièvement blessées sont tirées d’affaire, c’est merveilleux. C’est la combinaison d’une bonne formation, d’une équipe hautement qualifiée, du meilleur équipement et des meilleures installations.

Et lorsqu’on entend « merci » de la part d’un patient ou d’un membre de sa famille, c’est une leçon d’humilité. Ça ne rend pas plus fier… ça enseigne l’humilité, tout simplement. Il m’est déjà arrivé de ne pas pouvoir sauver une vie; ces cas me hanteront toujours.

À la fin de la journée, lorsque je franchis les portes de l’Hôpital, la première chose que je fais, c’est prendre une profonde respiration, car dehors, l’air est différent. Je lève les yeux, et je dis « merci » d’être en mesure de prodiguer ce genre de soins spécialisés.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Bret Howard dit merci pour les soins empreints de compassion qui ont sauvé une vie

« Je ne crois réellement pas que Cody serait encore vivant aujourd’hui s’il n’avait pas été transféré à L’Hôpital d’Ottawa. Ça lui a sauvé la vie.

« Nous croyons que ça se serait moins bien terminé si nous avions été ailleurs qu’à L’Hôpital d’Ottawa. Nous serons à jamais reconnaissants. » – Bret Howard

L’équipe s’est mise de la partie pour nous rassembler dans le même établissement; c’était un acte spécial, et nous ne l’oublierons jamais (en fait, je ne crois pas que c’est courant). Je n’aurais pas pu imaginer vivre tout ça dans un autre établissement tandis que mon frère luttait pour sa vie à L’Hôpital d’Ottawa. Cela compte beaucoup pour ma famille, que nous ayons pu être tous ensemble.

Le Dr Matar a été incroyable, et pas seulement pour mon opération, mais aussi envers ma famille – ma femme et mes parents. Avec son équipe, il les a guidés, et il était toujours au courant de ce qui se passait avec moi et mon frère.

Merci aux infirmières, aux médecins, aux travailleurs sociaux. Je voyais bien qu’ils avaient la situation à cœur et souhaitaient réellement nous aider à traverser cette épreuve. Nous croyons que ça se serait moins bien terminé si nous avions été ailleurs qu’à L’Hôpital d’Ottawa. Nous serons à jamais reconnaissants. »

Bret and his brothers
Cody, Trevor, et Bret Howard.

La recherche pour l’amélioration des soins en traumatologie

La recherche à L’Hôpital d’Ottawa contribue à assurer la survie et la qualité de vie des personnes qui subissent des blessures traumatiques graves. Voici quelques projets en cours :

  • Élaboration d’un outil simple qui détecte les hémorragies graves chez les patients en traumatologie pour qu’elles soient traitées plus rapidement;
  • Mise à l’essai de nouvelles méthodes pour traiter les hémorragies et les caillots chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien;
  • Création de nouvelles technologies et prothèses de réadaptation, dont une interface cerveau-machine qui pourrait permettre de contrôler un bras robotique par la pensée;
  • Élaboration d’un outil aidant les ambulanciers à déterminer quels patients doivent être immobilisés sur une planche dorsale et lesquels peuvent être examinés en toute sécurité sans être immobilisés.

Écoutez le balado Pulse pour entendre le Dr Maher Matar parler de son expérience à titre de chirurgien en traumatologie.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Clarence Byrd a toujours su exactement comment il voulait vivre sa vie, et ce qu’il adviendrait après son décès. Il s’est éteint paisiblement le 30 mai 2020, grâce au programme d’aide médicale à mourir (AMAM). Dans les jours qui ont précédé son décès, il a planifié avec soin, à son domicile au centre-ville d’Ottawa, le don par testament qu’il ferait à L’Hôpital d’Ottawa, s’assurant ainsi que ses inébranlables convictions philanthropiques perdurent des années durant.

M. Byrd et son épouse, Ida Chen, ont été mariés durant 43 ans. Ils ont vécu une belle vie, passant presque tout leur temps ensemble. « D’emblée, nous sommes devenus les meilleurs amis, et nos aptitudes complémentaires nous ont amenés à publier plus de 150 ouvrages sur la comptabilité générale et l’imposition, dont Canadian Tax Principles, le manuel de référence sur l’imposition dans les universités et collèges canadiens », a écrit M. Byrd avant de mourir.

« Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

— Clarence Byrd

Retraités du milieu de l’éducation depuis 15 ans, M. Byrd et Mme Chen étaient inséparables. Ils adoraient la nature, et profitaient de chaque instant passé ensemble pour faire de la randonnée, du ski et du vélo un peu partout en Amérique du Nord.

Le choc du diagnostic

En décembre 2016, Mme Chen reçoit un diagnostic bouleversant : on lui a détecté un glioblastome, une tumeur au cerveau particulièrement agressive. Elle subit de nombreuses chirurgies, dont une à l’aide d’un microscope révolutionnaire, qui était alors prêté à l’Hôpital. Peu de temps après cette intervention, M. Byrd et Mme Chen, conscients de l’importance de l’équipement, versent une contribution substantielle pour l’achat du microscope. La philanthropie a toujours occupé une place de choix dans leur vie, et grâce à leur générosité, de nombreux patients ont pu bénéficier de cet instrument chirurgical capable de sauver des vies, l’un des rares au Canada.

Clarence and Ida skating
Clarence Byrd et Ida Chen patinent sur la patinoire du canal Rideau.

Le 6 novembre 2019, M. Byrd disait adieu à l’amour de sa vie. Ida Chen est décédée paisiblement avec l’aide médicale. Elle n’avait plus à souffrir.

Et puis, moins de quatre mois après le décès d’Ida, M. Byrd reçoit un diagnostic de cancer de l’œsophage. On lui apprend qu’en raison de l’emplacement de la tumeur, la chirurgie n’est pas une option, et qu’il lui reste de 12 à 18 mois à vivre.

C’est à ce moment que Clarence Byrd met à exécution son plan pour le temps qu’il lui reste à vivre et pour ce qu’il adviendra de son patrimoine après son décès. Il demande à bénéficier du programme AMAM et reçoit une réponse favorable. Cette nouvelle lui apporte la tranquillité d’esprit dont il avait besoin : « Il était extrêmement réconfortant pour moi de savoir que je n’aurais pas à souffrir inutilement à la fin de ma vie », écrit-il.

Éduquer les autres, des années durant

Laura Wilding, infirmière en pratique avancée à L’Hôpital d’Ottawa et gestionnaire de programme, Réseau d’aide médicale à mourir de la région de Champlain, a participé à la planification des interventions de M. Byrd et de Mme Chen. Depuis l’introduction du programme d’AMAM, il y a quatre ans, des patients lui disent qu’ils veulent aider l’Hôpital en faisant un don par testament. M. Byrd lui a indiqué très clairement que c’est ce qu’il voulait faire. « Il a même repoussé la date à laquelle il devait recevoir l’aide médicale à mourir pour s’assurer que son don serait versé comme il le voulait », précise Mme Wilding.

« Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leur maladie. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital. »

— Joshua Smith

Le couple a eu des carrières fructueuses, et il était important pour M. Byrd de tirer parti de sa bonne fortune pour aider à bâtir l’avenir, même lorsqu’il ne serait plus là. Mme Wilding se souvient de l’avoir entendu dire : « Nous avons de l’argent, nous sommes des philanthropes et nous sommes convaincus que plus de gens doivent connaître et de comprendre le programme d’AMAM. »

Clarence Byrd et Ida Chen lors d’une randonnée.
Le couple aimait jouer de la musique ensemble à la maison.

Le comptable de M. Byrd, Joshua Smith, un associé à Welch, explique que les séjours de Clarence et d’Ida à L’Hôpital d’Ottawa ont laissé leur marque. « Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leurs maladies. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital », affirme M. Smith.

« Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait. »

— Laura Wilding

Margaret Tardiff était une amie proche du couple. Elle souligne à quel point l’éducation était importante aux yeux de M. Byrd, ce que son don à l’Hôpital perpétuera pendant de nombreuses années. « Il était toujours en train de s’éduquer ou d’éduquer les autres. Il était d’avis que l’éducation aiderait les gens à comprendre l’importance du programme d’AMAM », explique-t-elle.

Un héritage durable

Les patients de l’Hôpital et leur famille bénéficieront pendant des décennies du legs de M. Byrd. « Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait », explique Mme Wilding.

M. Byrd est décédé à son domicile, à l’âge de 82 ans, comme il l’entendait et en ayant planifié son patrimoine exactement comme il le voulait. Son décès marque la fin d’une vie vécue pleinement, marquée par 43 années passées aux côtés de sa tendre épouse, Ida Chen. M. Byrd a même rédigé un article dans l’Ottawa Citizen avant son décès : « Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

Une vie exceptionnelle, et un héritage qui se perpétuera grâce à la prévoyance de M. Byrd et à son désir de soutenir L’Hôpital d’Ottawa. Il fut un philanthrope jusqu’à la fin.

Clarence at Yoho National Park
Clarence Byrd dans le parc national Yoho.

Une patrouille de routine à Kandahar a altéré le cours de la vie de Bushra Saeed-Khan pour toujours. En un bref instant, la détonation d’un engin explosif improvisé a tout changé : employée du gouvernement fédéral en mission en Afghanistan un instant, amputée survivant à un traumatisme aux prises avec un stress post-traumatique l’instant suivant. La complexité de ses blessures l’a amenée à L’Hôpital d’Ottawa, où une équipe de spécialistes dévoués étaient prêts à l’aider à rentrer chez elle.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Travailler en zone de guerre

À la huitième semaine de sa mission d’un an en Afghanistan, Bushra a reçu la permission d’accompagner des troupes « à l’extérieur du périmètre », soit au-delà de la protection conférée par la base militaire. C’est sur le chemin du retour que le véhicule blindé léger dans lequel elle se trouvait a roulé sur un engin explosif improvisé dissimulé dans le sol.

Bushra in Kandahar

Elle se rappelle la forte détonation. Elle n’avait jamais entendu un son pareil. Elle a ensuite perdu conscience. Lorsqu’elle a repris ses esprits, le silence régnait. La confusion et le choc avaient paralysé tout son corps, mais cela n’avait pas d’importance. Elle était coincée à l’intérieur du véhicule, incapable de bouger. La peur s’est insinuée dans chacune de ses pensées. Était-elle la seule survivante? Le véhicule allait-il s’enflammer pendant qu’elle était prise à l’intérieur? Y avait-il quelqu’un à proximité pour lui sauver la vie? Chaque pensée était toute aussi anxiogène que la suivante dans ce pays déchiré par la guerre à des kilomètres de la base, de la sécurité, de sa famille et de sa maison.

Quatre soldats et un civil, qui était devenu son ami, sont décédés ce jour-là, le 30 décembre 2009. Les cinq survivants, dont Bushra, sont chanceux d’être en vie. Elle ne s’en est toutefois pas sortie indemne. Elle continue toujours de sentir les répercussions de l’incident plus d’une décennie plus tard.

Obtenir des soins médicaux

Après l’explosion, les troupes dans le second véhicule blindé ont rapidement demandé des renforts pour aider les survivants. À la vue de Bushra, ils ont su clairement que ses blessures étaient graves. Tout son corps était touché. Le choc avait été si fort : son abdomen était ouvert et ses jambes, en piteux état – une partie avait même été entièrement soufflée par l’explosion.

Bushra in Germany

Bushra a été transportée en hélicoptère jusqu’à une base militaire pour y recevoir des soins médicaux avant d’être amenée à un hôpital à Landstuhl, en Allemagne, où elle a été placée dans un coma artificiel. Pendant que les médecins tentaient de stabiliser son état en vue du long vol jusqu’au Centre de traumatologie du Campus Civic de L’Hôpital d’Ottawa, Bushra a appris l’existence de la Dre Nancy Dudek, directrice médicale du programme destiné aux amputés. La D<sup>re</sup> Dudek est devenue sa principale médecin pendant plus d’une décennie. « Je n’ai pas pris conscience, à ce moment, du rôle extraordinaire que la Dre Dudek allait jouer dans ma vie. »

Cheminement vers la guérison et le rétablissement

Dès l’arrivée de Bushra au Centre de traumatologie, des spécialistes ont commencé à travailler 24 heures sue 24 pour réparer les dommages considérables causés par l’engin explosif. « Je me rappelle ma première rencontre avec Bushra, raconte la Dre Dudek. Elle venait d’arriver à l’Hôpital et avait énormément de blessures. La question la plus importante que je devais lui poser à ce moment concernait sa jambe. » Une jambe étant gravement blessée, son amputation était inévitable. Comme le fémur était en plus fracturé, il fallait décider si le chirurgien orthopédiste allait amputer toute la jambe ou réparer la fracture au fémur pour conserver la plus grande partie possible de la jambe. « C’est très important, lorsque c’est possible, d’inclure le patient dans la décision, ajoute la Dre Dudek. Nous voulons que les patients aient leur mot à dire sur ce qui va arriver à leur corps. » L’équipe a finalement décidé de réparer la fracture du fémur et de réaliser une amputation au niveau du genou.

C’était la première des multiples chirurgies que Bushra a reçues à notre Hôpital. « La première semaine dans l’Unité de traumatologie, j’ai eu l’impression de subir plus de 20 opérations, affirme Bushra. J’ai alors décidé de cesser de compter. »

Les femmes du Centre de réadaptation

L’état médical de Bushra s’est assez amélioré pour lui permettre de passer au Centre de réadaptation. Elle allait y séjourner pendant plus d’un an, puis poursuivre la réadaptation en consultation externe. Avec l’encadrement de certains des meilleurs physiothérapeutes et prothésistes du domaine, Bushra a dû réapprendre à faire les activités les plus simples, par exemple lever les bras, bouger la tête et s’asseoir dans le lit, avant d’apprendre à marcher avec une prothèse. « Je les appelle les femmes du Centre de réadaptation, explique Bushra. Elles sont tellement compétentes dans leur domaine respectif, en plus d’être gentilles et attentionnées. Elles sont formidables. »

Bushra at the Rehab Centre, learning to stand.

À cette époque, Bushra ressentait toujours un grand malaise, non seulement à cause des chirurgies, mais aussi parce qu’elle revivait l’incident, éprouvait la culpabilité du survivant et pensait au reste de sa vie avec une incapacité. En essayant de gérer ces émotions, elle avait parfois l’impression de gravir des montagnes, mais certains jours, les émotions étaient trop lourdes à porter. « À un certain moment, j’ai même envisagé le suicide. Certains jours, je n’arrivais pas à me sortir du lit. Je n’avais pas seulement des entraves physiques. Sur le plan mental, je n’arrivais plus à composer avec tous les combats sur mon parcours », confie Bushra. Le personnel l’a alors présentée à Josie Marino, psychologue de l’Hôpital aujourd’hui à la retraite. Josie a joué un rôle déterminant dans les soins de Bushra parce qu’elle l’a aidée à surmonter ces obstacles mentaux. « Le stress post-traumatique ne s’estompe jamais complètement. Il resurgit lors de moments difficiles, mais Josie m’a donné les outils dont j’ai besoin pour le gérer », poursuit Bushra.

« J’aime aider les patients à acquérir la confiance qu’ils peuvent en faire plus qu’ils ne le pensent. » – Marie Andrée.

Les jours plus difficiles pour Bushra, sa physiothérapeute, Marie Andrée Paquin, adaptait les exercices à la douleur qu’elle ressentait. Les jours où Bushra ne se sentait pas assez bien pour quitter sa chambre, Marie Andrée lui faisait faire les exercices au lit. Les jours où elle se sentait plus forte, elle la poussait un peu plus loin. « J’aime aider les patients à acquérir la confiance qu’ils peuvent en faire plus qu’ils ne le pensent », précise Marie Andrée.

Elle est même allée jusqu’à montrer à Bushra à faire des exercices qui ressemblent à des mouvements de danse pour qu’elle puisse danser au mariage de sa sœur. « Cette flexibilité dans les soins était extraordinaire. Ils les ont véritablement adaptés à mes besoins », ajoute Bushra.

Découvrir l’espoir

Bushra, prosthetic leg

Après l’amputation, Bushra ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour l’avenir. Après tout, elle n’avait jamais rencontré une personne ayant une prothèse de jambe. « Ma famille, tout comme moi, s’inquiétait du type de vie qui m’attendait », avoue Bushra. Lorsqu’elle en a pris conscience, la Dre Dudek a demandé à une ancienne patiente de venir voir Bushra. « Je me rappelle très clairement cette femme qui est entrée dans ma chambre de l’unité de traumatologie. J’ai eu un choc en la voyant marcher et jouer avec ses enfants, ajoute Bushra. Je suis contente que la Dre Dudek me l’ait présentée. Ce fut une rencontre déterminante pour moi. » Bushra ne s’est plus inquiété de son avenir par la suite. Au contraire, elle était pleine d’espoir.

Cette rencontre a donné à Bushra la confiance dont elle avait besoin pour essayer une prothèse de jambe. Elle a consulté Laura Scholtes, prothésiste à l’Hôpital, qui a ajusté son nouveau membre artificiel. Elle a appris à l’utiliser rapidement. Le personnel lui a ensuite parlé du système CAREN (Computer-Assisted Rehabilitation Environment).

Système CAREN

Bushra n’est pas la seule patiente ayant subi des blessures en Afghanistan. Ayant pris conscience du besoin, les Forces armées canadiennes et notre collectivité ont amassé des fonds pour permettre à L’Hôpital d’Ottawa d’acquérir un système de réalité virtuelle qui existe dans seulement deux villes au Canada. Le système CAREN joue un rôle déterminant pour les patients du Centre de réadaptation.

Bushra Saeed on the Computer-Assisted Rehabilitation Environment

« Le système CAREN est incroyable », explique Bushra, qui a utilisé cet équipement unique de réadaptation en réalité virtuelle. Il comprend un écran géant où des images en 3D sont projetées pour simuler un environnement réel ainsi qu’un tapis roulant contrôlé à distance. « Il permet aux patients de renforcer leur équilibre en toute sécurité », explique Marie Andrée. « Le système CAREN a été au cœur de mon rétablissement parce que j’ai pu apprendre à marcher avec une prothèse et repousser mes limites dans un environnement contrôlé et sécuritaire, ajoute Bushra. Il nous permet de nous exercer à marcher sur toutes sortes de surfaces. Il y avait même un programme de planche à pagaie. C’était très amusant. » L’entrainement avec ce système lui a permis de gagner en confiance. Aujourd’hui, elle fait du vélo et excelle à un poste de diplomate, des choses qu’elle ne s’attendait pas à pouvoir faire.

Une nouvelle vie après le traumatisme

Bushra with her baby

Une des premières questions de Bushra après la chirurgie de reconstruction de son abdomen concernait sa capacité d’avoir un enfant. Les blessures étaient tellement étendues que les chirurgiens ont dû insérer un filet pour reconstruire son abdomen. À cette époque, les médecins ne savaient pas si son corps allait être capable de s’adapter pour porter à terme un enfant. Huit ans plus tard, Bushra a annoncé qu’elle était enceinte et, tout comme elle s’est adaptée à une nouvelle normalité avec une incapacité, son corps s’est adapté à la croissance du bébé.

« Ce sont mes anges gardiens. Ce sont mes héros. Ils m’ont sauvé la vie. » – Bushra Saeed-Khan

À mesure que son ventre prenait de l’ampleur, toutefois, elle a eu davantage de difficultés avec sa prothèse. Laura a pu suivre Bushra tout au long de sa grossesse pour assurer le confort de la prothèse. Les deux derniers mois de la grossesse, cependant, Bushra ne parvenait plus à marcher sans douleur et a temporairement utilisé un fauteuil roulant. Comme Bushra devait accoucher par césarienne, la Dre Dudek a collaboré avec l’obstétricienne, la Dre Laura M. Gaudet, pour veiller à ce que Bushra ait une salle d’accouchement accessible – le cadre de porte devait être assez large pour laisser passer son fauteuil roulant et le lit devait être abaissable pour qu’elle puisse facilement se lever et se coucher.

Le jour après que Bushra ait donné naissance à une petite fille, la Dre Dudek est passée la voir. « Après ma première chirurgie, les médecins n’étaient pas certains que je pourrais avoir un enfant. Huit ans plus tard, la Dre Dudek a pris mon bébé dans ses bras, confie Bushra. C’était un moment spécial. C’était comme si je bouclais la boucle. »

Aujourd’hui, Bushra est capable de jouer avec sa fille de deux ans, tout comme la femme à la prothèse qui est venue la rencontrer à l’Hôpital au début de son rétablissement. L’espoir a pris forme et s’est concrétisé.

Plus d’une décennie plus tard

Plus de dix ans après l’incident, il est facile d’être impressionné par l’immense progrès de Bushra. Elle accepte toutefois chaque compliment sur son rétablissement avec humilité parce qu’elle sait qu’elle n’y est pas parvenue seule. Elle a eu le soutien de certains des meilleurs professionnels de la santé au pays. « Je suis devenue le fruit d’un ensemble de circonstances. J’ai eu la chance d’avoir la structure de soutien offerte par le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, exprime Bushra. C’était un effort d’équipe. C’est grâce aux personnes qui ont pris soin de moi que j’ai pu retrouver une autonomie. Ce sont mes anges gardiens. Ce sont mes héros. Ils m’ont sauvé la vie. »

Téléchargez le balado Pulse pour entendre le Dr dès aujourd’hui pour connaître l’histoire de Bushra.

LE DÉFI, une des activités de vélo les plus importantes à Ottawa, est maintenant terminé. Cependant, Mike Bull, ancien capitaine du DÉFI pour l’équipe Team Enterprise, continue de s’investir et de redonner en commençant son propre parcours de vélo virtuel pour amasser des fonds pour L’Hôpital d’Ottawa. Les dons de bienfaisance, à notre hôpital en particulier, revêtent une énorme importance pour Mike Bull et sa famille depuis que son épouse, Rie, a été transportée à l’Urgence après s’être effondrée après la rupture d’un anévrisme cérébral.

Si Mike est motivé à redonner chaque année, c’est à cause du processus de guérison de son épouse et des soins qui lui ont sauvé la vie. « Chaque année, plus de gens veulent m’épauler et faire un don pour mon parcours virtuel. Nous sommes chanceux d’avoir ici même, à Ottawa, une équipe de neurosciences aussi incroyable. Ils ont sauvé la vie de ma femme. »

Hémorragie sous-arachnoïdienne

Un soir de mars 2017, Rie Bull s’effondrait à la maison en fin de soirée parce qu’un anévrisme s’était mis à saigner dans son cerveau. Elle a été transportée d’urgence à L’Hôpital d’Ottawa, où elle a reçu un diagnostic d’hémorragie subarachnoïdienne, aggravée par un autre problème de santé pour lequel elle prenait des anticoagulants. Elle n’a pas pu parler pendant trois semaines et ne se souvenait plus du nom de son mari ni de celui de ses deux fils. Sa famille s’inquiétait à son sujet, ne sachant pas si elle allait guérir.

Dr. Sinclair in the neurosurgery operating room

Rie a subi une chirurgie de huit heures réalisée par le Dr John Sinclair, directeur de la Chirurgie vasculaire cérébrale. La chirurgie terminée, il a rassuré Mike et ses fils avec une compassion remarquable. Il a répondu à leurs questions, expliqué en termes simples des notions médicales complexes et leur a assuré que Rie recevrait d’excellents soins pendant sa guérison.

Prêts pour les cas les plus complexes

Le trouble de saignement de Rie et son anévrisme ont rendu son cas extrêmement complexe. De 3 à 4 % de la population a un anévrisme et ne le sait même pas. La rupture d’un anévrisme cause souvent un mal de tête soudain et intense, le pire de leur vie, selon les personnes qui en ont fait l’expérience. Mais dans des cas comme celui de Rie, 50 % des patients ne survivent pas à l’hémorragie ou en meurent peu après. Pour l’autre 50 % qui survit, la moitié a des problèmes de santé qui changent leur vie à jamais.

Malgré la complexité du cas de Rie, son équipe de soins était prête et possédait le savoir et les outils nécessaires pour lui sauver la vie. Selon Mike, leurs espoirs se sont réalisés et Rie a fait d’excellents progrès.

Rie Bull

« Elle a passé plus d’un mois aux Soins intensifs, un mois à l’Unité de soins intermédiaires en neurosciences et cinq semaines au Programme des lésions cérébrales acquises du Centre de réadaptation. Tous les membres du personnel lui ont donné des soins extraordinaires. » – Mike Bull

Pendant sa guérison, Rie a dû réapprendre à parler l’anglais, ne connaissant plus que sa langue maternelle, le japonais. Lorsqu’elle a vu le Dr Sinclair avec Mike en janvier 2018, le médecin était très satisfait de sa récupération.

Grâce à des donateurs comme Mike et Rie, L’Hôpital d’Ottawa peut mener des recherches de pointe pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et continuer d’être parmi les meilleurs hôpitaux au pays, reconnu mondialement pour ses recherches avant-gardistes sur la maladie de Parkinson, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies neuromusculaires et la sclérose en plaques.

Reconnaissance pour des soins exceptionnels

Mike aime dire qu’ils « rentrent chez eux » lorsqu’il revient à L’Hôpital d’Ottawa avec Rie pour des rendez-vous et des examens. Lorsqu’ils y sont, ils ne cessent de rencontrer des médecins, des infirmières, des préposés aux soins et des concierges qui se réjouissent des immenses progrès de Rie et constatent sa remarquable récupération. Pour Mike et Rie, chacun et chacune a joué un grand rôle dans cette guérison.

Mike Bull with his family in support of The Ottawa Hospital

Mike est plus déterminé que jamais à redonner et à faire une différence. Il continuera d’enfourcher son vélo pour amasser des fonds et faire connaître L’Hôpital d’Ottawa. Il espère que son parcours virtuel rappellera à tous la grande importance des dons pour permettre à chaque patient de recevoir les soins dont il a besoin. « C’est bon pour la forme, pour la recherche et pour la collectivité. Ce sera toujours une façon de dire “merci, merci, merci” à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa! »

Le commentateur sportif de TSN 1200 A.J. Jakubec n’avait jamais entendu parler de la pancréatite aiguë avant décembre 2019. Aujourd’hui, il ne connaît que trop bien cette maladie qui peut entraîner des complications fatales. C’est pourquoi il est déterminé à témoigner sa reconnaissance aux héros de l’Hôpital qui ont contribué à lui sauver la vie.

Le matin du 2 décembre 2019, A.J. s’est réveillé avec la pire douleur qu’il avait jamais ressentie. Une douleur si intense qu’il en vomissait. Effrayé et ayant désespérément besoin d’aide, il a signalé le 911 et on l’a transporté à toute vitesse à l’Urgence de L’Hôpital d’Ottawa. « J’ai été hospitalisé et je savais que mon état était grave, mais je ne me doutais pas de la tournure que prendrait la situation », raconte A.J.

En effet, la situation était critique. A.J. a dû être intubé et passer huit jours à l’Unité de soins intensifs. Sa famille, à Edmonton, s’est précipitée à son chevet. Pour lui, ces premiers jours sont flous, mais ses parents et sa sœur ont vécu des moments terribles.

A.J. broadcasting at the 2016 Grey Cup
A.J., qui couvrait la Coupe Grey en 2016.

Le début d’un long parcours

Un examen d’IRM a révélé une pancréatite aiguë – un diagnostic très inquiétant. La pancréatite aiguë est une inflammation soudaine du pancréas qui peut parfois causer une douleur légère, ou aller jusqu’à menacer la vie. « Ma pancréatite aiguë a été provoquée par des calculs biliaires. On a retiré les calculs, mais ils bloquaient mon canal biliaire dans la région du pancréas, et celui-ci a été assez sérieusement endommagé. »

Lynne, with A.J. in ICU at the General Campus
A.J. aux Soins intensifs du Campus Général avec sa mère, Lynne, à ses côtés.

Même si l’état d’A.J. était alarmant, les médecins de L’Hôpital d’Ottawa avaient un plan pour l’aider et lui permettre de retrouver ce qu’il aime le plus – son métier de journaliste sportif.

« Je suis ému quand je pense au soutien que j’ai reçu de tant de gens qui travaillent à l’Hôpital. Même une note de 10 sur 10 ne rendrait pas justice à tout ce que l’équipe de professionnels a fait pour moi, au-delà des soins médicaux. »

— A.J. Jakubec

Le 9 décembre, A.J. se portait mieux et a pu quitter les Soins intensifs, mais son parcours était très loin d’être terminé. Il a finalement été hospitalisé pendant 66 jours en tout : 37 jours une première fois, puis 29 jours après avoir été admis une seconde fois à cause d’une infection.

La gravité de sa pancréatite aiguë a laissé A.J. très affaibli. Il a même dû utiliser une marchette pendant un certain temps, pour rebâtir ses forces. Mais malgré la complexité de son cas et la quantité de soins dont A.J. a eu besoin, au bout du compte, il attribue son rétablissement aux soins excellents et empreints de compassion qu’il a reçus.

« J’ai connu des creux de vague à différents moments, en raison de la déstabilisation de mes reins. On m’a fait cinq examens d’endoscopie. J’ai énormément souffert, mais après des mois à recevoir des soins extraordinaires, j’ai finalement eu mon congé le 27 février 2020. »

Super A.J. est né

« Je suis ému quand je pense au soutien que j’ai reçu de tant de gens qui travaillent à l’Hôpital. Même une note de 10 sur 10 ne rendrait pas justice à tout ce que l’équipe de professionnels a fait pour moi, au-delà des soins médicaux, » affirme A.J.

Nickname Super AJ, written on message board for AJ
Quand A.J. a commencé à reprendre des forces, le personnel l’a surnommé « Super A.J. ».

Il ajoute que les soins attentionnés et remplis de compassion d’une foule de personnes ont joué un rôle déterminant dans son rétablissement. C’est cette équipe de supporteurs qui lui a valu le surnom de « Super A.J. ». Tout a commencé en janvier 2020, lorsqu’il a commencé à se sentir plus confiant et plus fort. « Je commençais à aller mieux et Kenzie, une infirmière qui prenait soin de moi, voyait les progrès que je faisais. Elle m’encourageait beaucoup et m’a surnommé “Super A.J.”. Elle l’a même inscrit sur mon tableau blanc. À partir de là, tout le monde m’appelait “Super A.J.”. »

Le surnom rappelle à A.J. tout ce qu’il a surmonté. « Mon pseudonyme Twitter est devenu “Super A.J.” et je crois que je le garderai toujours, simplement parce que cela me motive en me rappelant que si j’ai réussi à traverser cette épreuve, je peux traverser n’importe quoi. »

Redonner à ses héros de l’Hôpital

Les parents d’A.J., Zane et Lynne Jakubec, étaient remplis de gratitude après avoir été témoins des soins incroyables et de la compassion que leur fils a reçus pendant son hospitalisation. Ils tenaient à poser un geste en retour afin de rendre hommage à ceux qui ont aidé A.J. à se remettre sur pied.

« Ils m’ont demandé à qui je voulais rendre hommage et immédiatement, de huit à dix personnes me sont venues en tête. Ce fut très difficile, mais j’ai fini par conserver trois noms : Angela Richardson, Nicole Dannel et Alex Rowe. » Pour utiliser une analogie sportive, disons que ce sont ses trois étoiles à lui.

« Nous ne pouvions pas nous permettre de donner une grosse somme, mais nous tenions à souligner l’excellence, la compassion et la bienveillance dont les médecins, les infirmières et le reste du personnel ont fait preuve. » – Zane et Lynne Jakubec

A.J. leaving The Ottawa Hospital
A.J. a quitté l’Hôpital après 66 jours d’hospitalisation.

Le couple a donc fait un don en l’honneur de ces trois héros de l’Hôpital dans le cadre d’un programme conçu pour remercier des membres du personnel qui sont allés au-delà de l’ordinaire en soulignant leur travail. Pour A.J. et ses parents, c’était une manière de dire merci à chacune de ces personnes pour les soins, les visites impromptues et le soutien moral qui l’ont aidé à guérir. « Nous ne pouvions pas nous permettre de donner une grosse somme, mais nous tenions à souligner l’excellence, la compassion et la bienveillance dont les médecins, les infirmières et le reste du personnel ont fait preuve », confie Zane.

Ils seront toujours reconnaissants envers l’ensemble du personnel, qu’ils décrivent comme dévoué et travaillant, et au temps que chacun a pris pour bien s’occuper d’A.J. « Ce sont de petits gestes qui s’additionnent, comme apporter une couverture chaude, essayer de trouver quelque chose de spécial dans le réfrigérateur de l’unité ou discuter de sports quelques minutes », souligne Lynne.

« C’est une chose dont je me souviendrai toujours : ces gens se souciaient vraiment de moi. Pour tout ce soutien physique, émotionnel et mental, un “merci” ne suffit certainement pas, mais je suis rempli de gratitude pour les soins que j’ai reçus. »

— A.J. Jakubec

Il est difficile pour A.J. de traduire en mots la reconnaissance qu’il ressent, maintenant qu’il est de retour dans la zone des médias. Il repense au jour où il a quitté l’Hôpital pour la deuxième et dernière fois. « Des membres du personnel se tenaient en rang, à m’applaudir. C’était vraiment émouvant. Voilà pourquoi c’est une chose dont je me souviendrai toujours : ces gens se souciaient vraiment de moi. Pour tout ce soutien physique, émotionnel et mental, un “merci” ne suffit certainement pas, mais je suis rempli de gratitude pour les soins que j’ai reçus. »

Toujours reconnaissant

Il est difficile pour A.J. de traduire en mots la reconnaissance qu’il ressent, maintenant qu’il est de retour dans la zone des médias.

Il repense aux trois premières semaines d’hospitalisation, qu’il a trouvées incroyablement difficiles et pendant lesquelles il s’est beaucoup affaibli. Il marchait peu et devait, pour le faire, utiliser une marchette. Mais un moment décisif a été la veille de Noël, lorsqu’il a reçu la permission de rentrer chez lui afin d’être avec les siens pour le souper de Noël. « Cela m’a fait énormément de bien psychologiquement », dit A.J.

Il repense aussi au Il jour où il a quitté l’Hôpital pour la deuxième et dernière fois. « Des membres du personnel se tenaient en rang, à m’applaudir. C’était vraiment émouvant. Voilà pourquoi c’est une chose dont je me souviendrai toujours : ces gens se souciaient vraiment de moi. Pour tout ce soutien physique, émotionnel et mental, un “merci” ne suffit certainement pas, mais je suis rempli de gratitude pour les soins que j’ai reçus. »

Écoutez A. J. Jakubec témoigner dans Pulse, le balado de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, et remercier l’Hôpital pour les excellents soins qu’il y a reçus.

Fran Cosper, un cycliste de longue distance, considérait qu’il était dans la meilleure forme de sa vie à l’approche de l’hiver 2017. Mais à la mi-février, il s’est réveillé en pleine nuit pour réaliser qu’il ne sentait plus ses jambes. Le lendemain matin, en essayant de sortir du lit, il s’est écroulé : ses fortes jambes n’étaient tout à coup plus fonctionnelles. Peu de temps après, il a reçu un diagnostic de syndrome de Guillain-Barré (SGB), une maladie qui peut entraîner une paralysie permanente. Il était alors loin de se douter que sa récupération l’amènerait à côtoyer une équipe d’experts, à utiliser la réalité virtuelle à L’Hôpital d’Ottawa et à trouver la détermination de marcher à nouveau, mais aussi d’aider des patients à son tour.

Quand les symptômes se sont soudainement manifestés, Fran a d’abord cru que ce ne pouvait être grave, parce qu’il prenait soin de sa santé. Le matin, il a tenté d’aller au sous-sol pour s’entraîner. « J’ai voulu me mettre à quatre pattes, mais je suis tombé face première sur le tapis. Je me suis dit : “Bon, je ne peux plus bouger. C’est très grave, finalement.” Elise, ma femme, est descendue et a vu que j’avais une paralysie faciale. Elle pensait que je faisais un AVC. »

Mais comme Fran le savait, les AVC ne paralysent habituellement qu’un côté du corps, ce qui voulait dire que c’était autre chose. Et que c’était grave.

Qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré?

Fran is secured to an adjustable bed prior to using the CAREN machine at the Ottawa Hospital Rehab Centre.
Fran à l’hôpital.

Après s’être soumis à un examen minutieux, Fran a reçu un diagnostic de SGB. Cette maladie auto-immune rare pousse le système nerveux à attaquer les nerfs et à endommager la gaine de myéline, soit la membrane qui les protège. Les dommages empêchent la transmission des signaux du cerveau vers les nerfs des muscles, ce qui entraîne une faiblesse, un engourdissement ou, comme dans le cas de Fran, la paralysie.

Le syndrome de Guillain-Barré peut être causé par une infection ou un virus. Fran, âgé de 56 ans, avait contracté deux rhumes coup sur coup, ce qui pourrait avoir affolé son système immunitaire. En l’espace de quelques jours, il s’est mis à perdre l’équilibre et à avoir de la difficulté à soulever ses casseroles. Puis quelques heures plus tard, la maladie atteignait son point culminant et attaquait le système nerveux. Fran ne pouvait plus bouger.

« C’était comme une expérience extracorporelle. Mon cerveau fonctionnait normalement, mais mon corps ne m’obéissait plus. » – Fran Cosper

« Le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa accueille chaque année cinq ou six patients atteints du syndrome de Guillain-Barré, explique la Dre Vidya Sreenivasan, spécialisée en médecine physique et en réadaptation. Chez certains, les symptômes sont légers, mais chez d’autres, comme Fran, l’atteinte est plus grave. »

Une récupération particulièrement difficile

Chaque année, environ un Canadien sur 100 000 contracte le syndrome de Guillain-Barré. La récupération peut durer plus d’un an, parce que les nerfs se régénèrent lentement, à raison d’un millimètre par mois. Pour Fran, la récupération serait beaucoup plus longue.

Même une fois qu’il a été admis à l’hôpital, la maladie a continué d’endommager ses nerfs. Deux semaines après son arrivée, il a été transféré au Centre de réadaptation, où son équipe de soin comprenait médecins, psychologues, travailleurs sociaux, thérapeutes en loisirs, physiothérapeutes, pneumologues, ergothérapeutes et personnel infirmier.

« À ce moment-là, j’ai décidé de me battre. J’allais me retrousser les manches et tout faire pour améliorer mon sort, même si je ne savais pas ce que ça donnerait. » – Fran Cosper

Fran était entièrement dépendant de cette équipe. Il fallait le laver, l’habiller et le retourner dans son lit. Il ne pouvait même pas fermer les yeux, si bien que le personnel infirmer devait maintenir ses paupières closes avec du ruban adhésif pour qu’il puisse dormir.

« C’était comme une expérience extracorporelle. Mon cerveau fonctionnait normalement, mais mon corps ne m’obéissait plus. » Le cycliste ressentait aussi des douleurs atroces en raison des dommages subis par ses nerfs. Couché dans son lit d’hôpital et incapable de bouger, il a pris une décision.

« Étrangement, je n’avais pas peur. À ce moment-là, j’ai décidé de me battre. J’allais me retrousser les manches et tout faire pour améliorer mon sort, même si je ne savais pas ce que ça donnerait. »

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

La haute technologie au service de la réadaptation

Si Fran a pu passer à travers un plan de thérapie rigoureux, c’est parce qu’il avait une excellente forme physique, beaucoup de détermination et une attitude positive. Il faisait de la physiothérapie cinq heures par jour, notamment à la piscine du Centre de réadaptation trois fois par semaine. Après deux mois, il pouvait se tenir debout et, avec de l’aide, faire quelques pas. C’est entre autres grâce au laboratoire de réalité virtuelle – l’un des deux seuls au Canada – qu’il a pu réapprendre à marcher.

Fran in pool.
Fran se rendait à la piscine du Centre de réadaptation trois fois par semaine.

« La piscine et la salle de réalité virtuelle m’ont été indispensables. Sans ces installations, il m’aurait fallu beaucoup plus de temps pour retrouver l’usage de mes jambes. »
– Fran Cosper

Le système CAREN (acronyme anglais signifiant « environnement de réadaptation assisté par ordinateur ») combine un écran de la taille d’une pièce, un tapis roulant double contrôlé à distance, une technologie d’analyse du mouvement de classe mondiale et une plateforme qui répond aux mouvements du patient alors qu’il explore un monde en trois dimensions tout en étant retenu par un harnais. Installé devant des représentations visuelles préprogrammées, le patient répond à des stimuli environnementaux en transférant son poids, en accélérant ou en décélérant ou même en faisant des mouvements particuliers. Le niveau de difficulté peut être rehaussé graduellement, à mesure que progresse la réadaptation.

Fran in VR lab.
Si Fran a réappris à marcher, c’est entre autres grâce au laboratoire de réalité virtuelle – l’un des deux seuls au Canada.

« Cette salle est tout droit sortie d’un film de science-fiction. Elle met vraiment le corps à l’épreuve. Après une heure d’exercices, j’étais tout en sueur. La piscine et la salle de réalité virtuelle m’ont été indispensables. Sans ces installations, il m’aurait fallu beaucoup plus de temps pour retrouver l’usage de mes jambes. »

« J’ai pratiquement été effacé de la carte pendant un an. Mais le seul point négatif de mon séjour à l’hôpital, ç’a été la maladie elle-même. »
– Fran Cosper

Selon la Dre Nancy Dudek, directrice médicale du programme pour les amputés du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, ce système d’exception présente de nombreux avantages pour les patients. « Tout est possible, ça donne vraiment libre cours à la créativité. Au lieu de se tenir à des barres parallèles, le patient est retenu par un harnais de sécurité. C’est un système très novateur et bénéfique. »

Installé en 2010 grâce à l’appui local et à un partenariat avec les Forces canadiennes, le système CAREN a initialement servi, entre autres choses, à aider les soldats blessés de retour d’Afghanistan. Depuis, il a profité à bien des patients hospitalisés pour diverses raisons : traumatisme cérébral, AVC, maladie neuromusculaire, amputation, douleur chronique, etc.

La récupération se poursuit

Quand Fran a reçu son congé du Centre de réadaptation, en octobre 2017, il a versé quelques larmes, et les membres du personnel soignant aussi. Ce sont eux qui lui avaient fourni ses soins quotidiens et qui l’avaient guidé pour qu’il puisse à nouveau se laver, s’habiller et être autonome.

Fran on exercise ball
Fran entre les mains de l’équipe de réadaptation.

« Je suis vraiment reconnaissant de la gentillesse et de la qualité des soins auxquels j’ai eu droit. Le personnel a été incroyable, raconte Fran. J’ai pratiquement été effacé de la carte pendant un an. Mais le seul point négatif de mon séjour à l’hôpital, ç’a été la maladie elle-même. »

Fran est sorti du Centre de réadaptation avec une marchette. Quand il est revenu pour un rendez-vous de suivi, un mois plus tard, il marchait sans aide.

Aujourd’hui, il a repris le vélo, bien qu’il ne fasse pas encore des 100 kilomètres, et poursuit sa thérapie. Il ressent toujours de la douleur, et ses bras mettent du temps à récupérer. Il faudra aussi plus de temps pour que ses doigts retrouvent leur motricité fine. Comme il est saxophoniste, il est motivé à en retrouver le plein usage.

« J’ai maintenant espoir de pouvoir rejouer du saxophone un jour, parce que ma dextérité s’améliore. C’est un processus qui se poursuit. »

Donner au suivant

S’il y a deux personnes que Fran n’oubliera jamais, ce sont les bénévoles Chris et Claude, qui ont été là pour lui quand il était au Centre de réadaptation. Ils le sortaient pour prendre un café et discuter. Au départ, il n’avait aucune idée de qui était ces personnes vêtues d’un veston bleu, mais il a vite compris le rôle important qu’elles jouaient à l’hôpital.

« Je me souviens d’avoir demandé à Chris pourquoi il faisait du bénévolat. Il m’a expliqué qu’il avait une tumeur inopérable au cerveau et qu’il allait mourir. Il m’a dit : “On a tellement bien pris soin de moi ici que j’ai décidé de consacrer le temps qu’il me reste au bénévolat.” J’ai fondu en larmes et décidé à ce moment-là de devenir bénévole. »

Fran in blue vest.
Aujourd’hui, Fran donne au suivant en faisant du bénévolat à l’Hôpital.

Avant la pandémie, Fran passait deux jours par semaine auprès de patients, parfois dans son ancienne chambre au Centre de réadaptation, pour leur montrer ce qu’ils pouvaient accomplir. « Je me rappelle avoir vu une femme couchée sur une civière dans le couloir. Elle s’apprêtait à se faire opérer, et il n’y avait personne avec elle. Je me suis penché au-dessus d’elle et je lui ai dit que tout allait bien se passer. Je l’ai revu par la suite et elle m’a remercié. »

Voilà pourquoi Fran porte fièrement le veston bleu. Il a vécu des jours sombres, et aujourd’hui, il est heureux de pouvoir aider les autres quand ils ont besoin d’entendre une voix rassurante, comme Chris et Claude l’ont fait pour lui. Il s’estime aussi chanceux de pouvoir faire du bénévolat à l’hôpital qui a rendu possible son long rétablissement.

Écoutez Fran témoigner dans Pulse, le balado de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

Courez pour une raison en mode virtuel : 130 000 $ amassés

9 SEPTEMBRE 2020, OTTAWA, ON – Cette année, la COVID-19 a apporté son lot de défis et bien des alliés de L’Hôpital d’Ottawa ont su les relever. L’activité de financement annuelle Courez pour une raison, tenue habituellement pendant la Fin de semaine des courses d’Ottawa Tamarack, est passée en mode virtuel et a permis d’amasser 130 000 $.

Selon Tim Kluke, président-directeur général de La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, si les fonds amassés sont inférieurs à ceux des années précédentes, l’engagement a été remarquable. « C’est en des temps difficiles comme ceux-ci que je redécouvre le dévouement inconditionnel de notre population. Grâce à son soutien, nous continuons d’assurer les meilleurs soins à nos proches lorsqu’ils en ont le plus besoin et nos chercheurs disposent des fonds nécessaires pour pousser toujours plus loin leurs travaux. Je suis vraiment reconnaissant pour cette aide. »

Cette année, 129 participants ont pris part à Courez pour une raison afin d’appuyer de grandes priorités à L’Hôpital d’Ottawa, comme la recherche sur le cancer, les besoins prioritaires et les soins intensifs néonataux.

Depuis 1998, Courez pour une raison a permis d’amasser 11,4 million de dollars à l’appui des soins de calibre mondial et de la recherche de pointe à L’Hôpital d’Ottawa. La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa et la Fin de semaine des courses d’Ottawa Tamarack collaborent depuis longtemps. En 2021, cette collaboration fera peau neuve.

À propos de L’Hôpital d’Ottawa : 

L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada et le troisième employeur en importance dans sa région. Inspirés par la recherche et guidés par la compassion, son personnel de soutien, ses chercheurs, ses infirmières, ses médecins et ses bénévoles assurent l’excellence des soins et persévèrent à trouver des solutions aux défis les plus complexes en santé.

Affilié à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital attire sur ses campus certains des plus grands esprits scientifiques au monde. L’enseignement et la recherche étant au cœur de nos activités, nos techniques de pointe et nos découvertes sont adoptées partout dans le monde pour améliorer les soins aux patients.

Nous sommes le centre régional de traumatologie de l’Est ontarien et nos soins nous ont valu l’agrément avec mention d’honneur, reconnaissance la plus prestigieuse d’Agrément Canada. Nous sommes à l’avant-garde des progrès scientifiques mondiaux en thérapeutique anticancéreuse, en neurosciences, en médecine régénératrice, en traitement de maladies chroniques et en innovation pratique.

Grâce au généreux soutien de la collectivité, nous continuons d’offrir des soins de calibre mondial avec une compassion digne des personnes qui nous sont chères.

Pour en savoir plus sur L’Hôpital d’Ottawa, consultez le site Web fondationho.ca.

1ER SEPTEMBRE 2020, OTTAWA, ON – Vous pensiez que L’Hôpital d’Ottawa reporterait le Déjeuner annuel du PDG à cause de la COVID-19? Détrompez-vous! La Fondation de l’Hôpital a annoncé aujourd’hui que son activité de financement phare sort de nouveau des sentiers battus. Pour la première fois depuis son lancement en 2001, l’activité annuelle d’une heure aura lieu le mardi 29 septembre, de 8 h à 9 h, en une formule virtuelle avant-gardiste inspirée de la rencontre traditionnelle en personne.

FAITS SAILLANTS

  • L’activité a lieu cette année en formule virtuelle, le mardi 29 septembre, de 8 h à 9 h.
  • Depuis 2001, le Déjeuner annuel du PDG de L’Hôpital d’Ottawa a permis d’amasser près de 12 M$ afin de financer des recherches, des installations, de l’équipement et des outils qui sont à la fine pointe de la technologie et qui améliorent les soins aux patients.
  • Le Déjeuner du PDG réunit pendant une heure des conférenciers, des chercheurs de première ligne en santé, des patients dont la vie a été sauvée et plus de 500 alliés dévoués dans l’objectif de recueillir des fonds essentiels pour L’Hôpital d’Ottawa.

La COVID-19 a interrompu les activités de financement en personne, mais il est toujours nécessaire d’amasser des fonds pour soutenir la recherche et les soins aux patients. La pandémie a même amplifié les besoins.

Tel que le veut la tradition, l’activité consistera à mettre en lumière certaines des histoires les plus incroyables, inspirantes et marquées par l’espoir et la compassion, en compagnie de plus de 500 alliés dévoués, dont le commanditaire principal Doherty and Associates

« Nous ne pouvons pas nous réunir dans la même salle, mais nous pouvons toujours nous rassembler en ligne en tant que communauté pour soutenir cette importante cause », affirme Tim Kluke, président-directeur général de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa. « Ne vous méprenez pas, il ne s’agira absolument pas d’une vidéoconférence ordinaire. Nous utilisons une technologie de pointe pour que l’activité soit la meilleure solution de remplacement d’une rencontre en personne. Le Déjeuner du PDG est un volet extrêmement important de notre portefeuille d’activités de financement chaque année. Nous n’avons ménagé aucun effort pour élaborer un programme dynamique incluant des conférenciers, des annonces inédites et quelques surprises pour poursuivre dans le même esprit novateur caractéristique du Déjeuner du PDG. »

Le Déjeuner du PDG donnera à Cameron Love, le nouveau président-directeur général de L’Hôpital d’Ottawa, l’occasion de faire son premier discours officiel aux côtés d’autres conférenciers et d’anciens patients, dont Stuntman Stu, qui a récemment reçu une seconde greffe de moelle osseuse à L’Hôpital d’Ottawa pour lutter contre la leucémie.

Cette activité marquante a permis d’amasser près de 12 M$ ces 18 dernières années afin de soutenir les soins de santé à Ottawa. En 2018 seulement, plus de 800 000 $ a été reçu en un seul matin inspirant. Il est possible de donner en ligne de multiples façons : don mensuel, engagement pluriannuel ou contribution ponctuelle pour soutenir L’Hôpital d’Ottawa.

Le Déjeuner du PDG en appui à L’Hôpital d’Ottawa aura lieu le mardi 29 septembre, de 8 h à 9 h. Pour réserver une place ou devenir ambassadeur, rendez-vous à ohfoundation.ca/presidents-breakfast-2020.

Au sujet de L’Hôpital d’Ottawa

L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada et le troisième employeur en importance dans sa région. Inspirés par la recherche et guidés par la compassion, son personnel de soutien, ses chercheurs, ses infirmières, ses médecins et ses bénévoles assurent l’excellence des soins et persévèrent à trouver des solutions aux défis les plus complexes en santé.

Affilié à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital attire sur ses nombreux campus des esprits scientifiques parmi les plus influents au monde. L’enseignement et la recherche sont au cœur de nos activités. Nos techniques de pointe et les fruits de nos recherches sont adoptés partout dans le monde.

Nous sommes le centre régional de traumatologie de l’Est ontarien et nos soins nous ont valu l’agrément avec mention d’honneur, reconnaissance la plus prestigieuse d’Agrément Canada. Nos programmes de recherche novateurs nous placent à l’avant-garde des progrès scientifiques mondiaux en thérapeutique anticancéreuse, en traitement de maladies chroniques, en épidémiologie clinique, en neurosciences, en médecine régénératrice et en innovation pratique.

Grâce au généreux soutien financier de la collectivité, nous continuons d’offrir des soins de calibre mondial avec une compassion digne des personnes qui nous sont chères.

Pour en apprendre davantage sur L’Hôpital d’Ottawa, visitez le site fondationho.ca

Pour connaître la suite de l’histoire de Meagan et savoir comment se porte la famille, cliquer ici.

À seulement 28 semaines de grossesse au cœur de la pandémie de COVID19, Meagan Ann Gordon a été admise à l’hôpital à cause d’un placenta previa. Seule et loin de son mari et de sa fille, elle a entamé de façon impromptue un cheminement où elle a dû faire preuve de résilience et d’optimisme pendant qu’elle recevait des soins empreints de compassion en pleine période d’incertitudes.

À seulement 28 semaines de grossesse au cœur de la pandémie de COVID19, Meagan Ann Gordon a été admise à l’hôpital à cause d’un placenta previa. Seule et loin de son mari et de sa fille, elle a entamé de façon impromptue un cheminement où elle a dû faire preuve de résilience et d’optimisme pendant qu’elle recevait des soins empreints de compassion en pleine période d’incertitudes.

Le début d’un cheminement hors du commun

Meagan's Ultrasound

Enceinte de quelques semaines, Meagan Ann Gordon s’est rendue à sa première échographie. À l’extérieur de la ville, son mari, Kyle Gordon, ne pouvait pas l’accompagner. Ayant déjà mené à terme une fille en parfaite santé, Maeve, Meagan se sentait en confiance de se rendre seule à ce rendez-vous. Après tout, qu’est-ce qui pouvait être si différent cette fois?

L’examen a toutefois révélé une heureuse surprise des plus inattendues – des jumeaux! C’était le début des nombreux rebondissements qu’allait vivre Meagan tout au long de sa grossesse, y compris l’arrivée d’un nouveau coronavirus qui allait changer notre façon de vivre d’une façon inimaginable auparavant.

Enceinte de jumeaux

La grossesse s’accompagne de tant d’attentes et d’émotions. Lorsque Meagan a découvert qu’elle allait avoir des jumeaux, elle a été transportée de joie. Outre les nausées typiques et de légers malaises, sa grossesse se déroulait bien, du moins jusqu’à la moitié du second trimestre. Son médecin a alors constaté que son placenta, qui alimentait les deux bébés, bloquait son col de l’utérus – ce qu’on appelle un placenta previa. Ce problème peut provoquer des saignements importants tout au long de la grossesse, ce qui est arrivé dans le cas de Meagan. Elle a fait plusieurs hémorragies qui l’ont obligée à passer des nuits à l’hôpital pour que les médecins puissent surveiller sa santé et celle de ses bébés. À seulement 28 semaines de grossesse, le 22 avril 2020, elle a eu un saignement tellement important qu’elle a dû appeler une ambulance. Elle a été de nouveau admise à l’hôpital et son équipe de soins a estimé qu’elle devait y rester jusqu’à l’accouchement.

Megan Gordon's sidewalk message
Le jour de la fête des Mères, Kyle et sa fille Maeve ont été de l’autre côté de la fenêtre de la chambre de Meagan pour la voir et lui laisser un doux message lui rappelant à quel point ils l’aiment.

Meagan est demeurée confinée dans sa chambre d’hôpital loin de son mari et de sa fille de trois ans, Maeve, pendant cinq longues semaines. À cause de la pandémie de COVID 19, L’Hôpital d’Ottawa, à l’instar de bien des hôpitaux dans le monde entier, a dû restreindre les visites, ce qui a empêché Meagan d’avoir des visiteurs ou de pouvoir quitter son unité pour voir des proches. Elle n’a pas pu jouir des petits moments de plaisir habituels à cette étape de la grossesse, comme une fête prénatale avec la famille et les amis ou la décoration de la future chambre de ses jumeaux.

« Être loin de mon mari et de ma fille a été vraiment difficile, affirme Meagan. Mais je n’étais pas seule. J’étais avec mes fils et je faisais ce qui était le mieux pour eux et leur santé. Les infirmières prenaient aussi très bien soin de moi. Elles comprenaient à quel point il était difficile d’être éloignée de ma famille, surtout le jour de la fête des Mères. Elles ont fait preuve d’une gentillesse et d’un soutien extraordinaire. »

Tout au long de son séjour, les infirmières ont traité Meagan davantage comme une amie qu’une patiente, ce qui lui a apporté du réconfort à une période où elle était si isolée de ses amis et de sa famille. « Elles venaient me voir même si elles n’étaient pas affectées à mes soins. Elles me racontaient ce qui se passait dans leur vie à l’extérieur de l’hôpital et elles ont fait la connaissance de ma famille par FaceTime. Elles m’ont même apporté des beignes et du café. Ce qui est le plus extraordinaire ce n’est pas tant ce qu’elles ont fait, mais comment elles m’ont fait sentir », explique Meagan.

Arrivée de la COVID-19

La pandémie de COVID‑19 a complètement changé la façon de prendre soin des patients au pays et ailleurs dans le monde. Plus de 1 700 personnes ont reçu un diagnostic de la COVID‑19 à Ottawa, dont bon nombre ont été traitées à L’Hôpital d’Ottawa. C’est pourquoi même les plans de naissance les plus soigneusement planifiés doivent être adaptés.

Comme le placenta de Meagan bloquait toujours son col de l’utérus, l’équipe de soins a planifié une césarienne à la 34e semaine de grossesse afin d’éviter le déclenchement naturel du travail. Ses fils devaient voir le jour le 3 juin 2020, mais ils ont décidé autrement. À 2 h du matin le 25 mai 2020, Meagan a perdu ses eaux. Son mari est arrivé à l’hôpital juste à temps pour la voir quelques instants avant que Teddy et Rowan naissent par césarienne. « J’étais vraiment soulagée de le voir avant d’entrer en salle d’opération », confie Megan.

Avant ce moment, Kyle avait seulement vu le ventre de Meagan s’arrondir par FaceTime. Lorsqu’il est entré dans la chambre et a enfin pu la voir en personne, il l’a serrée tendrement contre lui avant de mettre ses mains sur son ventre. Il a alors été envahi de fierté et de fébrilité. Il était stupéfait de voir à quel point son ventre avait grossi depuis la dernière fois qu’il l’avait vu en avril. Megan se souvient de leur dernière étreinte avant l’entrée en salle d’opération. L’un des jumeaux lui a donné un coup dans la poitrine. « Ce fut un moment important pour nous parce que nous avions souvent parlé qu’il ne pourrait peut-être plus sentir les jumeaux bouger dans mon ventre parce que j’allais rester à l’hôpital jusqu’à l’accouchement », poursuit Megan.

Meagan with Teddy and Rowan
Meagan Gordon avec Teddy et Rowan.

Compte tenu des protocoles établis pour protéger les patients et le personnel de la COVID‑19, Kyle n’a pas pu entrer dans la salle d’opération pendant l’accouchement. Il était toutefois à ses côtés par FaceTime pour la soutenir à chacune des étapes. « Ce fut vraiment une expérience très unique. J’étais heureux de pouvoir voir Meagan, de lui parler et de vivre l’accouchement de son point de vue en temps réel. Je n’arrêtais pas de lui dire à quel point elle était forte… Et j’ai pu entendre les garçons pleurer pour la première fois par FaceTime », ajoute Kyle. « C’était à la hauteur de nos attentes compte tenu des circonstances ».

L’équipe d’infirmières et de médecins a même pris des photos et des vidéos du premier souffle de Teddy et de Rowan. Les bébés ont ensuite été amenés à l’Unité de soins intensifs néonataux. Pendant que Meagan se rétablissait, Kyle a pu voir les garçons et en savoir plus sur leur santé. Il est ensuite retourné auprès de Meagan, où ils ont parlé de l’accouchement et du fait que la vie avait changé vraiment rapidement. Quelques heures plus tard, Meagan a pu quitter la salle de réveil et rendre visite à ses garçons pour la première fois. « C’était le début du nouveau chapitre de notre aventure : les soins intensifs », s’exclame Megan.

Unité de soins intensifs néonataux

Même si les jumeaux étaient en santé et prenaient du poids avant la césarienne prévue à la 33e semaine – ils avaient la grosseur d’une pomme de laitue ‒ Meagan savait qu’ils naitraient avant terme et qu’ils devraient séjourner à l’Unité de soins intensifs néonataux (USIN) jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour rentrer à la maison en toute sécurité.

Teddy et Rowan sont demeurés à l’USIN du Campus Général les trois premiers jours. Kyle a pu rester avec Meagan pendant qu’elle se rétablissait à la suite de la césarienne, ce qui leur a permis de rendre souvent visite à leurs fils. Ils apprenaient graduellement à prendre soin de leurs bébés prématurés, qui pesaient seulement 5 livres et 2 onces à la naissance, notamment à les laver et à changer leurs couches. « Le personnel était très accueillant, nous renseignait beaucoup sur l’évolution des bébés et nous incluait vraiment dans les soins, qui étaient différents des soins à notre fille née à terme, précise Meagan. Je me suis sentie vraiment soutenue. »

Enfin à la maison

Après un séjour de deux semaines à l’USIN, Teddy et Rowan étaient suffisamment en santé et forts pour rentrer à la maison et enfin rencontrer leur grande sœur. « Nous nous sommes très bien adaptés à notre nouvelle famille de cinq personnes », termine Meagan.

« Nous sommes vraiment reconnaissants des soins incroyables que notre famille a reçus. Chaque membre de l’équipe a tellement fait preuve de compassion et de gentillesse. Même si les circonstances étaient difficiles, je garderai un bon souvenir de l’expérience. » ‒ Meagan Ann Gordon

Elle sera toujours reconnaissante des soins qu’elle a reçus à L’Hôpital d’Ottawa, notamment de son médecin, la Dre Karen Fung-Kee-Fung, spécialisée en médecine foeto-maternelle, de la Dre Samaan Werlang, qui a mis au monde les garçons, ainsi que de chaque infirmière qui a pris soin d’elle et des bébés.

Près d’un an plus tard

Teddy et Rowan Gordon
Teddy et Rowan.

Les jumeaux Rowan et Teddy ont presque 10 mois, et le congé de maternité de Meagan – à l’instar de sa grossesse – ne se déroule pas comme elle l’avait imaginé.

Les journées d’hiver en période de pandémie mondiale semblent parfois longues et répétitives, mais les occasions de se réjouir ne manquent pas. Si les garçons sont identiques, leurs personnalités sont très différentes, selon leur mère : « Rowan rit et papote beaucoup, tandis que Teddy est tout doux et affectueux. Le premier mot de Rowan était “dada”, alors je travaille fort pour que celui de Teddy soit “mama”. Leur grande sœur Maeve montre énormément d’amour et nous aide beaucoup. »

En tant que vice-présidente du conseil d’administration des Services aux victimes d’Ottawa (SVO), Meagan était une contributrice tout indiquée pour l’étude menée par le groupe de recherche OMNI, puisqu’elle vise la violence sexuelle et fondée sur le genre, particulièrement chez les personnes enceintes et en post-partum. Plus récemment, le groupe s’intéresse à la façon dont les restrictions liées à la COVID-19 modifient l’accès aux soins des victimes.

Selon Meagan, l’invitation à participer est venue au bon moment. « Honnêtement, c’est comme si les astres s’étaient alignés. Ils cherchaient quelqu’un qui avait été un patient au moment où moi je l’étais. Je peux parler du point de vue du patient, en plus d’apporter l’expérience découlant de mon travail avec les SVO. J’ai aussi déjà fait de la recherche, alors je leur convenais bien. » L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file de la mobilisation des patients, comme Meagan, dans les projets de recherche.

Écoutez Pulse Podcast, où Meagan Gordon révèle ce que c’est que d’être enceinte de jumeaux pendant la pandémie COVID-19.

Ayant consacré sa vie à se rendre au chevet de personnes malades, le Père Alex Michalopulos se sent mieux placé que jamais pour comprendre les craintes que d’autres ont éprouvées, après avoir reçu lui-même un diagnostic de COVID-19 en avril. Aujourd’hui rétabli, le Père Michalopulos affirme que l’expérience lui a été une véritable prise de conscience et il est reconnaissant pour les soins empreints de compassion qu’il a reçus.

Son état se détériore

The Mi
Le Père Michalopulos avec sa femme et ses trois filles.

Le prêtre orthodoxe grec ne se sentait pas bien à la fin mars, période intense pour sa communauté ecclésiale. Le 5 avril, il recevait un diagnostic de COVID-19 et s’était isolé à domicile. Son état a toutefois empiré, lui causant des maux de tête intenses et une toux qui s’aggravait, ce qui a provoqué de la fièvre et des troubles respiratoires. Il a été hospitalisé au Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa le 9 avril.

Vu la gravité de son état, il a fallu discuter sans tarder de questions sérieuses. « On a parlé du respirateur dont j’allais peut-être avoir besoin. On a aussi discuté de l’ordonnance de ne pas réanimer et de la manière d’aborder cette question avec ma famille », se souvient le Père Michalopulos.

L’homme de 61 ans a été transféré de l’Urgence à une unité où une équipe spécialisée l’a soigné. « J’avais très peur. Je n’avais aucune idée du dénouement. Médecins et infirmières entraient revêtus de leur équipement de protection individuelle, comme dans les films. Difficulté à respirer, toux sans arrêt, maux de tête – si intenses par moment que je voulais mourir. »

Des soins extraordinaires

Dr. Samantha Halman
La Dre Samantha Halman (à gauche) aide les patients à rester en contact avec leur famille grâce à la technologie.

Le Père Michalopulos se remémore la peur qu’il a éprouvée pendant son combat pour rester en vie, mais il est aussi reconnaissant de ne pas avoir eu besoin d’un respirateur en fin de compte. Il est aussi reconnaissant pour chaque personne qui a aidé à le soigner pendant son séjour à L’Hôpital d’Ottawa. « Les médecins, les infirmières et les membres du personnel d’entretien ménager ont fait un travail formidable. Je leur lève tous mon chapeau. »

Il n’a pas été facile d’être si malade sans avoir sa femme et ses filles à son chevet. Comme les visites étaient restreintes pour protéger les patients et le personnel, il pouvait uniquement communiquer avec sa famille par téléphone. Il ajoute que l’équipe de soins l’a mis à l’aise lorsqu’il a ressenti les douleurs les plus intenses.

« Tous ces professionnels de la santé étaient si attentionnés. C’était rassurant de savoir que j’étais en bonnes mains. Ils me mettaient à l’aise. » Père Alex Michalopulos

La Dre Samantha Halman, spécialiste en médecine interne générale, soigne des patients atteints de la COVID-19 depuis l’arrivée du virus en mars. Elle explique que pour des patients comme le Père Michalopulos, son équipe médicale a joué un double rôle.

« Traiter les patients atteints de la COVID-19 ne se limitait pas toujours à des soins médicaux. Parfois, il s’agissait tout simplement de rester cinq minutes de plus au chevet du patient. Il était important pour les patients de savoir qu’à nos yeux, ils n’étaient pas uniquement des patients, mais bien des personnes. » ‒ Dre Samantha Halman

Il est parfois difficile de travailler en première ligne en cette période sans précédent. La Dre Halman n’a jamais imaginé vivre quelque chose de pareil, mais elle est fière des efforts de ses collègues à L’Hôpital d’Ottawa. « Cette pandémie illustre bien ce qui nous a motivés à faire carrière dans le domaine de la santé : nous voulons aider les gens. »

Le Père Michalopulos s’est tiré d’affaire grâce aux soins empreints de compassion qu’il a reçus et à sa foi. Il reconnaît que l’expérience lui a été une véritable prise de conscience. Il avait déjà eu une chirurgie mineure, mais ce n’est qu’une fois son diagnostic de COVID-19 confirmé et après avoir reçu des soins extraordinaires qu’il a compris à quel point il a de la chance d’avoir accès ici même à des soins de santé d’un tel calibre. « J’étais si reconnaissant pour tous leurs soins; j’ai fait livrer de la pizza pour le personnel lorsque j’ai quitté l’hôpital. »

Heureux de se rétablir

Le Père Michalopulos a obtenu son congé de l’hôpital le 19 avril, jour de la Pâque orthodoxe grecque. Il ne pourrait pas être plus reconnaissant d’être sur le chemin du rétablissement aujourd’hui. « Pour les fois où les médecins ou les infirmières sont venus me voir, pour les fois où j’ai été rassuré, je suis reconnaissant d’avoir été bien soigné avec amour et respect pour la vie humaine. »

Les larmes aux yeux, il se ressaisit avant d’affirmer que parfois, il est bon de se retrouver de l’autre côté, de ressentir ce que d’autres vivent. « J’ai maintenant beaucoup plus de respect pour les professionnels de la santé. J’en ai toujours eu, mais cette fois, cela a atteint un autre niveau. Ils étaient là pour moi.

Fr. Michalopulos in Church
Le Père Michalopulos à l’église orthodoxe grecque

« Ils m’ont tenu la main. Ils ont fait preuve de compassion. Ils ont montré beaucoup de respect et d’amour. Je leur serai éternellement reconnaissant. » ‒ Père Alex Michalopulos

Les petites attentions particulières et les soins reçus de parfaits étrangers ont aidé le Père Michalopulos à trouver la force de retourner chez lui auprès de la famille qu’il aime, et éventuellement, dans sa paroisse.

« Je me souviendrai toujours d’avoir été bien traité par des étrangers. Je les admire et je prierai toujours pour eux. »

État de la recherche

Des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa dirigent plus de 60 projets de recherche appuyant les efforts mondiaux pour trouver de meilleures façons de traiter et de prévenir la COVID-19. Plusieurs de ces projets sont financés par le Fonds d’urgence COVID-19, notamment celui dirigé par les Dres Sara J. Abdallah et Juthaporn Cowan. Leur étude examine les effets à long terme du virus. Elles consulteront les patients participants trois mois, six mois et 12 mois après l’infection initiale. L’étude comprendra des cas d’infection légère, modérée et grave et tiendra compte du recours aux ressources de santé comme les visites à l’Urgence, les hospitalisations et les médicaments utilisés par les survivants. Les résultats aideront à améliorer les soins offerts aux survivants de la COVID-19 et à optimiser l’utilisation des ressources de santé.

Le Père Michalopulos a accepté de participer à l’étude. « J’ai pensé utile d’aider les chercheurs à comprendre les effets, y compris à long terme, du virus par la collecte de données qui donneront lieu à la création d’un vaccin ou d’un remède. »

Il est reconnaissant d’avoir survécu au virus et sa participation à l’étude est une façon de montrer sa reconnaissance pour les soins qu’il a reçus en aidant d’autres personnes. « Je participe parce que je trouve important d’ajouter mes résultats aux données utilisées pour faire progresser la lutte contre ce virus contagieux et agressif qui a bouleversé toutes les sociétés du monde. »