Publié : septembre 2024

Le 100e anniversaire du Campus Civic approche à grands pas et marquera un siècle de soins et de percées médicales. En parallèle, les plans se concrétisent pour orienter les 100 prochaines années de soins dans notre région et les plans définitifs du nouveau campus seront prêts au cours de la prochaine année. Des patients, des dirigeants et des employés de L’Hôpital d’Ottawa, tout comme des partenaires autochtones et d’autres membres de la collectivité, collaborent à cette étape de conception pour aider à peaufiner les détails de ce nouvel établissement de soins et de recherche qui sera à la fine pointe de la technologie.

Alors que la conception de l’hôpital est finalisée, son stationnement à étages prend déjà forme peu à peu.

La construction d’un nouvel hôpital est une occasion unique dans une vie que des dirigeants d’entreprise, des familles, des fondations et bien d’autres membres de la collectivité ont saisi au bond. Ils sont ainsi nombreux à soutenir la campagne Créons des lendemains – la plus imposante en son genre dans l’histoire de la région, qui a déjà permis d’amasser 336 M$ des 500 M$ nécessaires.

Lisa Young, gestionnaire principale de la planification de projets à l’Hôpital

Un bloc opératoire ultramoderne

Le nouveau campus augmentera le nombre de salles d’opération de L’Hôpital d’Ottawa afin de répondre à l’augmentation prévue du nombre d’interventions chirurgicales à l’avenir.

« Il améliorera l’expérience des patients et l’efficacité du travail. »

Selon Lisa Young, gestionnaire principale de la planification de projets à l’Hôpital, la fonctionnalité de cet espace sera essentielle pour permettre non seulement la réalisation de davantage d’interventions, mais aussi l’ajout d’équipements et de technologies novatrices. « Il améliorera l’expérience des patients et l’efficacité du travail. Nous nous concentrons aussi sur la fonction des équipes qui fournissent les soins dans ces espaces plutôt que sur la forme physique du bâtiment. »

Optimiser le fonctionnement à l’intérieur comme à l’extérieur des salles d’opération

Les améliorations apportées au nouveau campus comprendront une baie de « salles de bloc » où la préparation préopératoire peut avoir lieu en dehors de la salle d’opération principale. Ces salles peuvent être utilisées pour les patients recevant une anesthésie régionale avant d’entrer en salle d’opération, ce qui permet de réduire les retards potentiels et d’utiliser au mieux le temps passé en salle d’opération tant pour les patients que pour les équipes de soins.

Le Dr Sundaresan, chef du Département de chirurgie et chirurgien thoracique clinicien, explique que l’emplacement du bloc opératoire est essentiel à l’optimisation du fonctionnement, surtout dans les moments critiques. « Le bloc opératoire au nouveau campus sera adjacent aux salles de radiologie interventionnelle, ce qui est vraiment judicieux », explique-t-il.

« Quand le nouveau campus ouvrira ses portes, ses installations chirurgicales figureront parmi les plus modernes au Canada, voire en Amérique du Nord. »

La radiologie interventionnelle est une sous-spécialité de la radiologie qui permet de réaliser des interventions minimalement invasives à l’aide de la radiographie pour guider de petits instruments, par exemple un cathéter, dans des vaisseaux sanguins et des organes afin de traiter différentes maladies. « En cas de complication au cours d’une intervention, le patient doit parfois se rendre d’urgence au bloc opératoire. Désormais, il ne sera plus nécessaire de déplacer le patient sur de grandes distances pour accéder à la salle d’opération – elle sera juste à côté. »

Les nouvelles technologies amélioreront aussi les soins aux patients. « Quand le nouveau campus ouvrira ses portes, ses installations chirurgicales figureront parmi les plus modernes au Canada, voire en Amérique du Nord, ajoute le Dr Sundaresan. Les technologies avant-gardistes en chirurgie figurent certainement parmi les domaines de développement les plus prometteurs. »

De nouvelles salles de neurochirurgie dotées de technologies novatrices

Les équipes explorent en outre des technologies novatrices comme un appareil d’IRM peropératoire qui capture des images du cerveau en temps réel pendant une chirurgie.

Installé sur un système de rails au plafond et considéré comme la référence pour des interventions visant notamment des tumeurs cérébrales, cet appareil d’IRM serait installé dans le bloc opératoire, mais juste à côté de la salle d’opération. Ainsi, si un patient a besoin d’imagerie pendant une intervention, il suffirait d’ouvrir une porte et de glisser l’appareil d’IRM sur des rails afin de prendre des images sans trop de perturbations.

L’un des objectifs des plans de conception actuels est d’intégrer des fonctions audiovisuelles complètes à toutes les salles d’opération afin d’améliorer l’enseignement et la capacité de réaliser des chirurgies minimalement invasives.

« L’intégration de ces fonctions à chaque salle permet une plus grande flexibilité pour les patients, explique Mme Young. Nous disposons actuellement de salles spécifiques à chaque campus qui permettent de le faire, mais le fait d’avoir des moniteurs et la possibilité de brancher des caméras dans toutes les salles d’opération constituera une nouvelle norme de soins que nous pourrons fournir au nouveau campus. »

Des solutions numériques pour adopter une approche proactive des soins

Glen Kearns, vice-président exécutif et chef de l’information à l’Hôpital

Les technologies peuvent avoir de nombreuses retombées positives sur les soins et l’expérience des patients. 

« Nous nous efforçons de tirer parti des expériences numériques vécues par des gens dans d’autres secteurs de leur vie afin d’améliorer les services de santé . »

« Nous nous efforçons de tirer parti des expériences numériques vécues par des gens dans d’autres secteurs de leur vie afin d’améliorer les services de santé », précise Glen Kearns, vice-président exécutif et chef de l’information à l’Hôpital. « Qu’il s’agisse d’offrir des soins à des patients hospitalisés, de préparer un patient avant même son arrivée ou de faire un suivi à son domicile, les technologies peuvent proposer des solutions et des soins plus harmonieux. » 

L’Hôpital d’Ottawa étudie aussi la possibilité de réaliser des admissions à distance ou en mode virtuel pour favoriser la continuité des soins dans les unités d’hospitalisation et le domicile des patients. Nous souhaitons les offrir dans les campus actuels à l’avance pour être bien rodés dès l’ouverture du nouveau campus. 

« Nous souhaitons exploiter les technologies pour réduire les admissions et les temps d’attente et améliorer les interactions des patients avec les équipes.  »

« Nous souhaitons exploiter les technologies pour réduire les admissions et les temps d’attente et améliorer les interactions des patients avec les équipes », explique Mathieu LeBreton, gestionnaire principal de projets et responsable de l’expérience numérique. « L’idéal serait d’avoir des technologies qui facilitent et améliorent le flux de travail et allègent le fardeau du personnel pour améliorer leur expérience au quotidien. »

Mathieu précise que ces technologies seront intégrées pour améliorer l’expérience des patients hospitalisés. Toutes les chambres seront individuelles et incluront un accès numérique pour que les patients puissent rester en contact avec leurs fournisseurs de soins et leurs proches et accéder aux renseignements sur leur santé, à leurs rendez-vous et à des moyens de se divertir. Aux quatre coins du nouveau campus, la technologie aidera en plus les patients et les visiteurs à s’orienter dans l’hôpital.

Mathieu LeBreton, gestionnaire principal de projets et responsable de l’expérience numérique

Rôle de l’intelligence artificielle (IA)

Il y a eu de grands progrès du côté de l’IA ces dernières années. Elle offre maintenant des outils utiles et adaptables en milieu de travail. L’équipe des Solutions numériques examine d’ailleurs déjà des façons novatrices de tirer parti du pouvoir de l’IA. 

L’Hôpital a récemment annoncé l’essai de la solution Dragon Ambient eXperience (DAX) Copilot qui fait appel à l’IA ambiante, conversationnelle et générative pour créer des ébauches de notes cliniques pendant les rendez-vous de patients. Une fois le consentement du patient obtenu, DAX Copilot enregistre de façon sécurisée les conversations entre le médecin et le patient et crée des notes médicales que le médecin validera après vérification. L’Hôpital d’Ottawa est le premier hôpital au Canada à expérimenter cette solution innovante visant à réduire l’épuisement professionnel des médecins et le temps consacré aux tâches administratives pour leur permettre de passer plus de temps à interagir avec les patients et à en prendre soin. 

Carrefour de la recherche en biothérapeutique

L’Hôpital d’Ottawa est déjà un géant mondial de la recherche, et le nouveau campus propulsera la recherche jusqu’à des sommets encore inégalés. 

L’expansion du Centre de fabrication de produits biothérapeutiques au nouveau campus renforcera notre capacité de concevoir et de fabriquer des produits biothérapeutiques qui sauvent des vies, notamment des vaccins, des thérapies géniques et des thérapies cellulaires ici, à Ottawa. 

Ces 15 dernières années, des chercheurs de l’Hôpital ont dirigé plus de 20 essais cliniques inédits au monde de produits thérapeutiques comme des cellules souches, des virus oncolytiques et des immunothérapies cellulaires. Ces essais sont possibles parce que le Centre de fabrication de produits thérapeutiques est doté d’installations stériles spécialisées qui permettent de mettre au point et de fabriquer de nouveaux produits thérapeutiques intégrant des cellules, des gènes, des virus et d’autres types de matériel biologique. 

Ce centre est l’établissement le plus expérimenté et le plus performant en son genre au Canada. Il dispose d’un personnel à temps plein de plus de 40 personnes actuellement basées au Campus Général. Il fonctionne constamment au maximum de sa capacité et est réservé longtemps à l’avance par des clients tant du milieu universitaire que du monde des affaires – c’est pourquoi son expansion est absolument essentielle pour repousser davantage les frontières de la recherche et proposer plus d’options de traitement aux patients. 

Le prochain siècle de soins de santé à Ottawa

À l’ouverture du Campus Civic il y a 100 ans, le monde sortait à peine d’une pandémie et ce campus était considéré comme le plus moderne en Amérique du Nord. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Nous sommes témoins du ralliement de la collectivité à une campagne historique qui propulsera la recherche à un niveau supérieur et permettra de créer l’hôpital le plus moderne et le plus avant-gardiste du pays. Cette campagne transformera l’expérience des patients pour les générations à venir. Nous vous invitons à emboîter le pas.

Ensemble, nous créons de meilleurs lendemains pour les générations à venir.

Publié : août 2024

Comme de nombreux étudiants universitaires, Erin Brown, qui suit des études de premier cycle en kinésiologie à l’Université d’Ottawa, brûle la chandelle par les deux bouts. Lorsqu’elle commence à se plaindre de maux de tête, de nausées et d’éblouissements, son entourage pense qu’elle en fait trop. Même son médecin lui dit d’abord : « Vous devez vous ménager ». Mais lorsque les symptômes s’aggravent, Erin comprend vite qu’il ne s’agit pas de stress ou d’épuisement, mais d’une tumeur cérébrale d’un type sans précédent dans le monde.

La jeune femme de 21 ans est en cinquième année de cinétique humaines en 2018 lorsque les symptômes commencent à se manifester. Lorsqu’ils s’aggravent, elle va voir son médecin de famille, qui effectue des examens neurologiques, sans pouvoir en déterminer la cause. « Il me dit que, si les symptômes persistent, je devrais aller à l’urgence la plus proche pour passer des examens d’imagerie », explique Erin.

Son père ne tarde pas à l’emmener dans un hôpital régional et, après les premiers examens, Erin est envoyée au Campus Civic de L’Hôpital d’Ottawa. Le Dr Safraz Mohammed, neurochirurgien spécialisé dans le cerveau et la colonne vertébrale, est de garde lorsqu’Erin arrive à l’Urgence.

Erin et Dr Mohammed

« Après avoir pris connaissance des résultats de sa tomodensitométrie, nous demandons immédiatement une IRM, qui révèle malheureusement une tumeur cérébrale dans le lobe frontal droit », explique le Dr Mohammed.

Il se souvient très bien de ces premières interactions avec Erin. « Elle est très optimiste, même au moment du diagnostic. Je comprends qu’elle est une personne extraordinaire et qu’elle va être une patiente formidable ».

Pour Erin, le sentiment est tout à fait réciproque. Ce jeune médecin, qui n’a que deux ans d’ancienneté, lui apporte beaucoup de réconfort. Elle est admise à l’unité F7 (l’étage des patients hospitalisés en neurosciences) et passe une autre IRM le lendemain matin. Lorsque le Dr Mohammed vient voir Erin et sa famille, il s’assoit.

« Lorsque je rencontre des patients, je m’assois à leur hauteur. Je m’assois parfois sur le lit ou sur une chaise près d’eux parce que je pense qu’il est important d’être à la hauteur des yeux pour avoir une bonne interaction avec le patient plutôt que de le regarder de haut ».

Il plaisante également en disant que c’est une bonne occasion de s’asseoir après avoir opéré toute la journée ou fait des tournées.

Un type de tumeur jamais vu auparavant

La tumeur d’Erin est assez grosse – de la taille d’une petite pomme – et tout semble indiquer qu’il s’agit d’un méningiome, un type de tumeur qui se développe dans la membrane recouvrant le cerveau et la moelle épinière. Dans le cas d’Erin, le méningiome envahit la veine centrale du cerveau, appelée sinus sagittal supérieur, qui est une veine importante qui, si endommagée, peut avoir des conséquences dévastatrices, selon le Dr Mohammed.

« Ces conséquences dévastatrices comprennent un accident vasculaire cérébral massif, une hémorragie massive dans le cerveau et peuvent même malheureusement entraîner la mort. C’est un gros vaisseau, mais sa paroi est mince. L’intervention chirurgicale doit être très bien préparée ».

Après une planification minutieuse, Erin est préparée à l’intervention chirurgicale par le Dr Mohammed et son équipe. Au cours de l’intervention qui dure six heures, la tumeur est entièrement retirée et envoyée pour analyse.

Pendant l’intervention, un échocardiogramme transœsophagien continu est utilisé pour s’assurer qu’aucun air n’est aspiré par la veine principale, ce qui pourrait être fatal. Le Dr Mohammed veut retirer la totalité de la tumeur en raison du jeune âge d’Erin. Cela signifie qu’il faut enlever la tumeur qui a envahi ce vaisseau sanguin majeur.
« C'est là que nous comprenons que cette tumeur comporte des éléments jamais vus ou découverts auparavant »
— Dr Safraz Mohammed

Les tests donnent des résultats très inhabituels. Le Dr Mohammed conclut qu’il s’agit d’une tumeur de grade 3, ce qui signifie qu’elle est cancéreuse. « Elle n’est pas bénigne comme nous le pensions. Elle ne correspond pas non plus aux critères du méningiome. Nous l’envoyons donc à Toronto pour des examens complémentaires, et c’est là que nous comprenons que cette tumeur comporte des éléments jamais vus ou découverts auparavant », précise le Dr Mohammed.

Ce nouveau type de tumeur est appelé néoplasme à cellules fusiformes à base durale, caractérisé par un nouveau gène de fusion MN1-KMT2A, d’après le type de cellules et la génétique découverts à l’intérieur de la tumeur. Avec l’aide du neuropathologiste, l’équipe fait publier un article sur cette nouvelle tumeur dans les revues médicales.

Pour Erin, cette nouvelle est difficile à accepter. « Je me revois être tellement submergée par les émotions que je me mets à pleurer. C’est beaucoup plus grave que je ne le pensais, mais le Dr Mohammed me tranquillise. L’infirmière présente dans la chambre, Nancy Mongeon, est très gentille et douce », explique Erin.

« Mes parents se ressaisissent aussi, puis nous discutons des prochaines étapes. Je sais que je suis entre de bonnes mains et que je dois simplement faire confiance à mon équipe », ajoute Erin.

Prête à être traitée

Étant donné que l’équipe travaille sur un nouveau type de tumeur, il n’y a pas de précédent en matière de traitement. Mais comme cette équipe sait qu’elle est confrontée à une tumeur de grade 3, elle admet que des séances de radiothérapie s’imposent.

C’est à ce moment-là qu’intervient le Dr Vimoj Nair, radio-oncologue spécialisé dans le traitement des enfants et des jeunes adultes. Il apporte des compétences et des connaissances particulières dans le domaine de la radiothérapie de haute précision, notamment son travail avec le CyberKnife, un système de radiochirurgie robotique pouvant détruire des tumeurs cérébrales inopérables ainsi que des tumeurs dans d’autres parties du corps. L’Hôpital d’Ottawa a pu acquérir cet important instrument grâce à la générosité de ses donateurs.

« Nous sommes fiers d’avoir accès à des technologies de pointe à L’Hôpital d’Ottawa et à des décennies d’expérience en matière de radiothérapie »
— Dr Vimoj Nair

Ce sont le Dr Nair et ses collaborateurs de recherche qui ont d’abord publié au sujet des grains de platine conçus à Ottawa qui permettent d’améliorer un système de traitement radiochirurgical déjà extrêmement puissant et précis pour des tumeurs du foie, du pancréas et des reins. « Nous sommes fiers d’avoir accès à des technologies de pointe à L’Hôpital d’Ottawa et à des décennies d’expérience en matière de radiothérapie », ajoute le Dr Nair.

En raison du jeune âge d’Erin, le Dr Nair souhaite mettre toutes les chances de son côté d’avoir une vie bien remplie, sans récidive de son cancer. « Il ne s’agit pas simplement de traitements de radiothérapie, mais de s’assurer que la patiente a de bonnes chances de survivre et de conserver toutes ses capacités. Erin est jeune, et nous voulons avoir un plan pour épargner son centre de la mémoire, pour qu’elle puisse utiliser toutes ses fonctions cérébrales ».

Cela signifie qu’il faut cibler la tumeur, mais aussi couvrir la zone autour de la tumeur pour traiter toute maladie microscopique potentielle que les yeux humains ou les scanners ne peuvent pas détecter. « C’est comme un arbre sur la pelouse. Vous pouvez le couper, mais vous devez toujours vous attaquer à ses racines », explique-t-il. Cela veut dire qu’il faut utiliser l’accélérateur linéaire qui peut administrer une dose quotidienne plus faible à une zone plus large et permettre au tissu cérébral normal irradié de se rétablir, au lieu d’utiliser le CyberKnife, où un traitement par rayonnement intense est administré uniquement aux tumeurs visibles.

Fin 2018, au terme de 30 cycles de radiothérapie, l’équipe a bon espoir.

Erin récupère

Faire partie de la grande famille de L’Hôpital d’Ottawa

C’est au cours de ces semaines de radiothérapie qu’un déclic se produit chez Erin. Cela n’a rien à voir avec sa santé, mais plutôt avec ses aspirations professionnelles. Le DMohammed se souvient du moment où Erin raconte cette partie de son parcours :
« Elle me parle du fait qu’elle est tellement plus jeune que les autres patients autour d’elle et de la compassion qu’elle a pour les personnes plus âgées qui reçoivent également des traitements de radiothérapie. Elle commence à les aider à se lever, à se déplacer dans la pièce, à obtenir des documents ou toute autre chose dont ils ont besoin ».

C’est une expérience déterminante dans sa vie, une étincelle dans son parcours thérapeutique.

Le DMohammed constate qu’elle ferait une infirmière exceptionnelle, et il est là pour la soutenir. « Je lui écris une lettre de recommandation pour l’école d’infirmières; elle fait ensuite sa formation à l’hôpital Sunnybrook de Toronto – c’est là que j’ai fait ma résidence. À la fin de son programme, je l’encourage à venir travailler au Civic, car c’est tout simplement le meilleur endroit où travailler ».

En 2021, Erin devient infirmière en neurologie à l’unité F7, le même étage où elle a été admise pour la première fois au début de son parcours de soins trois ans plus tôt. La patiente en neurochirurgie devient infirmière en neurochirurgie.

Erin Brown est infirmière à l’unité F7 du Campus Civic

Une nouvelle lésion apparaît à un endroit différent

Au fur et à mesure que la carrière d’Erin s’épanouit, elle continue à faire régulièrement des IRM tous les six mois. Puis, en mai 2022, un petit point sur le lobe temporal droit apparaît sur des clichés d’imagerie.

« J’en parle au comité des thérapies du cancer. Il s’agit d’un groupe composé de neurochirurgiens, de radio-oncologues et de neuropathologistes de notre hôpital qui discutent des cas complexes. Comme je ne suis pas encore prêt à lui faire subir une nouvelle intervention, nous surveillons donc cette nouvelle lésion de près », dit le DMohammed.

Deux mois plus tard, la lésion a pas mal grossi, de la taille d’un grain de raisin. En octobre 2022, le DMohammed et son équipe retournent au bloc opératoire avec Erin pour procéder à une craniotomie droite dans la région temporale. « Il s’agit d’une nouvelle petite tumeur à un autre endroit. La tumeur initiale a disparu et toutes les images que nous avons jusqu’à présent montrent que rien n’a repoussé à cet endroit. Nous enlevons donc la lésion et le plus possible de dure-mère, c’est-à-dire la couche qui recouvre le cerveau ».

Erin en compagnie du Dr Mohammed et de l’équipe chirurgicale avant sa première intervention

Erin apprend que cette nouvelle lésion est le résultat d’une métastase intramédullaire, c’est-à-dire qu’une petite cellule de la tumeur initiale s’est développée en une nouvelle tumeur.

Malheureusement, à peine un an plus tard, la lésion réapparaît et, en janvier 2024, Erin subit une troisième intervention chirurgicale pour une ablation complète, suivie d’autres séances de radiothérapie. Les membres du comité des thérapies du cancer s’entendent pour dire que la radiothérapie ayant aidé à long terme à traiter la première tumeur, ils devraient en faire de même avec la seconde intervention.

Cette fois-ci, le défi consiste à traiter le cerveau à un autre endroit tout en minimisant le chevauchement avec le plan d’irradiation précédent, en assurant un bon équilibre entre le contrôle de la tumeur et les risques de toxicité à court et à long terme chez une jeune patiente.

« À L’Hôpital d’Ottawa, nous sommes fiers d’avoir accès à une technologie de pointe et à une équipe thérapeutique expérimentée en planification des traitements de radiothérapie. Nous sommes en mesure d’épargner le cerveau et cela démontre notre expertise dans le traitement des jeunes cerveaux », d’expliquer le Dr Nair.

Une carrière axée sur la compassion

Aujourd’hui, Erin continue d’être suivie de près et d’autres traitements l’attendent, mais elle met à profit ce qu’elle a appris en tant que patiente pour s’occuper de ses patients, sachant très bien ce qu’ils éprouvent.

« C'est un tel privilège de s'occuper des patients lorsqu'ils sont dans leur état le plus vulnérable, en comprenant ce qu'ils traversent, même si chaque expérience est différente ».

Erin a un lien particulier avec les jeunes patients en neurologie avec lesquels elle peut s’identifier. « J’ai eu quelques jeunes patients qui avaient entre 30 et 40 ans. Ils ont l’air si effrayés. Ils rentrent chez eux, dans leur famille. Ils ont des enfants en bas âge. Ils ne savent pas comment s’y prendre, et je les plains parce que j’ai été un peu dans leur situation. Peut-être pas à 100 %, mais je sais dans une certaine mesure ce qu’ils vivent, et je peux donc leur apporter mon soutien ».

Quant à la tumeur sans précédent qui restera dans les annales, elle aurait souhaité, en plaisantant, qu’on l’appelle « Erinoma ». Peu importe ce que l’avenir lui réserve, Erin est reconnaissante à l’équipe très qualifiée de lui avoir non seulement fait profiter de son expertise, mais aussi d’un sentiment de sérénité pendant la période la plus difficile de sa vie – une équipe dont elle est fière de faire partie. Aujourd’hui, Erin travaille à l’unité de soins intensifs de l’hôpital communautaire de Cornwall.

Publié : juillet 2024

Imaginez un son rythmé et incessant, comme celui d’une machine à laver, dans vos oreilles, 24 heures sur 24. Pas un seul moment de répit, même pas lorsque vous essayez de dormir. Pour des millions de personnes dans le monde, un acouphène pulsatile en est la cause. À présent, lors d’une première mondiale, L’Hôpital d’Ottawa a trouvé un traitement curatif contre ce problème délibitant.

Chris Scharff-Cole a souffert pendant de nombreuses années de ce problème; comme beaucoup d’autres personnes, elle en ignorait la cause et tentait constamment d’obtenir de l’aide. Cette psychothérapeute maintenant retraitée originaire de Deep River, à l’ouest d’Ottawa, a passé 30 ans à aider d’autres personnes dans le cadre de sa pratique d’équithérapie. Cette amoureuse des chevaux a eu sa part de blessures au fil des ans, notamment plusieurs arthroplasties. S’il est vrai qu’elle a appris à vivre avec la douleur chronique, elle s’est demandé si elle retrouverait jamais une certaine quiétude à cause des bruits incessants dans son oreille droite.

Ce n’est que lorsqu’elle a rencontré le Dr Robert Fahed, neuroradiologue d’intervention et neurologue spécialisé en AVC à L’Hôpital d’Ottawa, qu’elle a pu enfin être soulagée.

Prise en charge des patients victimes d’un anévrisme cérébral à l’Urgence du Civic

En 2021, Chris souffre de douleurs intolérables et son médecin l’envoie à Pembroke pour faire une IRM qui montre la présence d’un anévrisme cérébral; elle est transportée par ambulance à l’Urgence du Campus Civic. « Ma tête me faisait extrêmement souffrir. Quand on me demande d’indiquer l’intensité de ma douleur sur une échelle de 1 à 10, je réponds 13 » explique Chris.

Elle attend un certain temps à l’Urgence avec les ambulanciers paramédicaux avant qu’un éminent chirurgien ne vienne la voir. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance du Dr Fahed. « Il ausculte le côté de ma tête, et il comprend ce qui ne va pas. Il me dit que cela va aller, qu’ils prennent les dispositions nécessaires. Tout va très vite, mais il fait preuve d’une immense
compassion ».

« Il ausculte le côté de ma tête, et il comprend ce qui ne va pas. Il me dit que cela va aller, qu’ils prennent les dispositions nécessaires. »

Le traitement chirurgical de l’anévrisme se passe bien, même si un suivi régulier est nécessaire. C’est à ce moment-là que le Dr Fahed commence à constater un problème sous-jacent qui a des répercussions sur la qualité de vie de Chris. « Cela fait des années que Christine souffre et lorsqu’elle se plaint à des médecins, on lui dit qu’il n’y a rien d’anormal avec ses oreilles – plusieurs examens de densitométrie abondent dans ce sens », de dire le Dr Fahed.

Il précise que la cause véritable est un problème sous-jacent de vaisseaux, que peu d’otorhinolaryngologistes ou radiologistes savent détecter sur des clichés. « Ce vaisseau se trouve à proximité de l’oreille. Le sang s’écoule dans le vaisseau sanguin, ce qui se traduit par des ondes. C’est parce que vos oreilles vont bien que vous entendez ces sons anormaux ».

Chris a un acouphène pulsatile. « J’entends des pulsations dans ma tête 24 heures sur 24, ressemblant au bruit d’une machine à laver. J’entends constamment un bruit parasite dans mon oreille droite. Je n’entends pas bien et, surtout, je n’arrive pas à dormir. Et quand je m’endors d’épuisement, cela me réveille ».

« Personne d’autre au Canada ne prend en charge ces patients. »

Qu’est-ce qu’un acouphène pulsatile?

On estime que cela touche 300 millions de personnes dans le monde, et aux dires du Dr Fahed, entre 10 et 20 % de ces patients n’entendent pas de bourdonnements, mais un chuintement, comme des battements de cœur incessants dans leur oreille.

Le problème est que la majorité des gens vivent avec cet acouphène parce qu’ils ne parviennent pas à trouver de solution, à l’instar de Chris. Une équipe de L’Hôpital d’Ottawa est maintenant porteuse d’espoir pour tous ces gens. « Le problème, c’est qu’il y a très peu de personnes dans le monde qui savent comment prendre en charge ces patients, faire ce qu’il convient, trouver une cause et la traiter « précise le Dr Fahed.

C’est la raison pour laquelle, fin 2023, la clinique de l’acouphène pulsatile entre en service à L’Hôpital d’Ottawa. La seule autre clinique se trouve à Toronto. « Personne d’autre au Canada ne prend en charge ces patients », de dire le Dr Fahed.

C’est le cas de Chris qui incite cet éminent neuroradiologue d’intervention à se consacrer davantage à ce domaine de la médecine.

Précurseur d’un nouveau traitement contre l’acouphène pulsatile

En mars 2023, Chris bénéficie de cette nouvelle technique mise au point par L’Hôpital d’Ottawa. L’acouphène pulsatile est lié à plusieurs causes, et dans le cas de Chris, il est question de diverticule veineux.

La nouvelle technique en question s’appelle « perturbation du flux intrasacculaire ». Selon le Dr Fahed, elle consiste à mettre une petite sphère en métal à l’intérieur de la poche veineuse. La sphère en métal piège le sang dans le diverticule, puis forme un caillot et le sang ne se rend plus jusque dans cette veine. « C’est la circulation sanguine à l’intérieur de cette poche externe qui est à l’origine des ondes entendues par l’oreille en raison de sa proximité ».

« Le patient se présente pour une chirurgie de jour mini-invasive : nous faisons une incision dans l’aine, fixons toute anomalie trouvée et traitons l’acouphène. »

Contrairement aux autres techniques utilisées, celle-ci ne nécessite pas la pose d’une endoprothèse. Il n’est pas nécessaire de prendre des anticoagulants, et le patient n’a pas besoin de prendre de médicaments par la suite. « Le patient se présente pour une chirurgie de jour mini-invasive : nous faisons une incision dans l’aine, fixons toute anomalie trouvée et traitons l’acouphène. À son réveil, les bruits ont disparu. Le patient rentre chez lui le jour même. C’est incroyable », dit le Dr Fahed.

Ce jour-là, à son réveil après l’intervention chirurgicale, Chris sait que sa vie a complètement changé. « J’ai ouvert les yeux et dit “plus aucun bruit”. Je fais entièrement confiance au Dr Fahed. Il est talentueux. Ma vie est sereine. J’apprécie chaque jour de ne pas être hantée par ces bruits. Chaque jour est pour moi une bénédiction ».

Le statu quo n’est pas une option

Elle est contente d’avoir été la première et de donner à présent de l’espoir à d’autres personnes à l’avenir. « Nous avons une chance immense d’avoir accès à de tels soins. Je suis ravie d’en avoir bénéficié et j’espère que d’autres personnes en bénéficieront aussi. Je suis très reconnaissante, et nous faisons ce que nous pouvons pour soutenir l’hôpital. L’Hôpital d’Ottawa a la chance de pouvoir compter sur le DrFahed », de conclure Chris.

« L’Hôpital d’Ottawa a mis eu point cette nouvelle technique; nous sommes sortis des sentiers battus pour ce faire. »

Les demandes de consultation peuvent être envoyées par télécopieur au
613-761-5360
Dr Robert Fahed
Ottawa Pulsatile Tinnitus Clinic.

En date de juillet 2024, la phase de recherche de cette intervention a permis de traiter 17 patients atteints de cette forme d’acouphène pulsatile. Il est important de savoir que cette technique peut servir à traiter d’autres problèmes cérébrovasculaires, et nous encourageons les patients à contacter la clinique de l’acouphène pulsatile pour obtenir plus d’information.

« Voici un autre exemple de la manière dont L’Hôpital d’Ottawa est au premier plan des soins et de la recherche, d’ajouter le Dr Fahed. L’Hôpital d’Ottawa a mis eu point cette nouvelle technique; nous sommes sortis des sentiers battus pour ce faire ».

Le Dr Fahed précise que ce n’est qu’un début. C’est la naissance d’un nouveau domaine de soins.

Pour découvrir les « innovations déstabilisantes » du Dr Robert Fahed en matière de traitement des AVC, écoutez l’épisode 73 du balado Pulse.

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Publié : juin 2024

Sean Sisk, qui a photographié certains des plus grands musiciens du monde, était au cœur de l’action lors du Bluesfest en juillet 2023 lorsque les premiers signes de maladie sont apparus. Il avait de la fièvre et se sentait anormalement fatigué. En quelques jours seulement, ce célèbre photographe de la région s’est retrouvé à l’hôpital, où il passera 15 semaines après avoir reçu un diagnostic d’infection invasive à streptocoque du groupe A, qui ravageait son corps.

Quand on lui demande d’évoquer cette période, l’homme de 49 ans se tourne vers sa femme, Erin Fraser, car il ne se souvient de rien. Sean a travaillé durant les quatre premiers jours du Bluesfest, mais le dimanche, il a commencé à faire de la fièvre et n’a pas assisté au spectacle. Sa fièvre était assez élevée, mais venait par vagues. Il dormait et faisait de son mieux pour rester hydraté malgré l’absence d’appétit. Sean avait remarqué une rougeur sur une de ses jambes, qu’il avait attribuée à un coup de soleil survenu lors du festival.

« Trois jours seulement après l’apparition de ses premiers symptômes, Sean a commencé à ressentir des crampes dans le basventre et des douleurs à la hanche, explique Erin. Ensuite, il a eu des difficultés à respirer et au milieu de la nuit, il a été pris de sueurs froides. »

Tôt jeudi matin, ils ont appelé une ambulance, une décision qui a finalement sauvé la vie de Sean. Il a été transporté à l’Hôpital Montfort, où il est resté trois semaines avant d’être transféré au Campus général de L’Hôpital d’Ottawa.

Sean en convalescence à l’hôpital

Définition de la maladie mangeuse de chair?

La fasciite nécrosante, ou maladie mangeuse de chair, est une infection rare, mais très grave se répandant très vite le long des couches qui recouvrent les muscles (les fascias). S’il est vrai que le Canada ne recense chaque année qu’entre 90 et 200 cas, cette maladie est mortelle dans 20 à 30 % des cas. La maladie mangeuse de chair est plus fréquemment provoquée par une bactérie connue sous le nom de streptocoque de groupe A, bien qu’elle puisse aussi être causée par d’autres bactéries.

Une infection à streptocoque A attaque rapidement le corps de Sean

Des analyses sanguines ont révélé que Sean avait contracté une grave infection invasive à streptocoque du groupe A, accompagnée d’un choc septique et d’une défaillance de plusieurs organes. Cette infection a entraîné l’apparition d’une fasciite nécrosante, communément appelée « maladie mangeuse de chair », qui s’attaquait à sa jambe droite.

Sean était vraiment mal en point. Il était aux soins intensifs, intubé, et il recevait des médicaments pour lutter contre l’infection, mais ses reins avaient cessé de fonctionner. La situation est devenue si critique au cours des premiers jours d’hospitalisation que Sean a fait quatre arrêts cardiaques, dont trois lors d’un code massif qui a duré de 30 à 60 minutes.

Après que son état se soit stabilisé, Sean a subi une intervention chirurgicale à la jambe droite pour traiter par ablation la fasciite nécrosante. Il semblerait que l’infection soit entrée par une petite égratignure qu’il avait sur le mollet droit, ce qui a provoqué la rougeur que Sean avait initialement prise pour un coup de soleil. Un morceau de la taille d’un poing a été retiré de sa cuisse et, miraculeusement, sa jambe a été sauvée. Sean a été placé dans un coma artificiel pour combattre la maladie, et sa famille se demandait si l’homme qu’elle connaissait reviendrait un jour.

« Ses organes cessaient de fonctionner à cause de la grave infection. Sa vie était en danger. »

« Pendant de longues semaines, on ne savait pas quelles seraient les séquelles de cet arrêt cardiaque, et on attendait simplement qu’il se réveille. Et s’il revenait à lui, dans quel état seraitil? Quelles seraient ses capacités physiques à ce stade, car être aussi gravement malade a de nombreuses ramifications », dit Erin.

Le Dr Kwadwo Kyeremanteng, médecin en soins intensifs et en soins palliatifs dans notre hôpital, faisait partie de l’équipe qui s’est occupée de Sean durant son séjour aux soins intensifs. « Il souffrait d’une défaillance multiviscérale, ce qui signifie que ses organes cessaient de fonctionner à cause de la grave infection. Sa vie était en danger. »

Comme l’explique le Dr Kyeremanteng, le streptocoque du groupe A est une infection extrêmement grave et potentiellement mortelle : « Il s’agit d’une éruption cutanée progressive qui évolue rapidement et qui pénètre dans les couches profondes de la peau. Parfois, une amputation est nécessaire, mais étant donné que cette infection est très agressive, la réaction du corps peut être extrêmement toxique. Cela peut entraîner une chute de tension artérielle et compromettre la capacité à acheminer le sang vers les reins et d’autres organes vitaux, comme le foie ou les intestins. »

Sortir de six semaines de coma

Malgré tout ce qu’il a traversé, Sean est finalement sorti du coma, mais le processus a été lent et progressif. Son corps avait subi une expérience traumatisante. « L’un de mes premiers souvenirs était quand ma physiothérapeute des soins intensifs a essayé de me faire asseoir dans un fauteuil roulant. Je me souviens que c’était la dernière chose que je voulais faire, mais elle a rendu l’expérience aussi agréable que possible. Elle et l’équipe des soins intensifs ont été formidables », ditil.

Le Dr Kyeremanteng souligne la résilience incroyable de Sean tout au long de cette épreuve. Malgré tout ce qu’il avait vécu, il était positif et n’avait pas perdu son optimisme. « La gratitude de Sean pour les soins qu’il recevait et son regard positif sur l’avenir suscitent la reconnaissance de ce travail que nous accomplissons. L’histoire de Sean est comme un carburant qui alimente notre motivation. Dans les moments de fatigue et d’épuisement, une histoire comme la sienne nous inspire. »

Au fil des jours, Sean a montré des signes d’amélioration et s’est finalement senti suffisamment bien pour quitter les soins intensifs. Il a ensuite passé une semaine en néphrologie pour surveiller sa fonction rénale et se rétablir avant d’être médicalement assez stable pour commencer sa réadaptation. La prochaine grande étape de son rétablissement a été son transfert au Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa.

Rencontre avec l’équipe exemplaire au cœur de la réadaptation de Sean

Quand le Dr Guy Trudel, médecin en réadaptation et chercheur à notre hôpital, a rencontré Sean pour la première fois à la fin du mois d’août, il se souvient d’un homme effrayé et incertain de son avenir. Sean avait passé six semaines dans le coma.

« Sean était très soucieux de comprendre ce qui lui arrivait. Il venait de vivre une épreuve traumatisante et se sentait perdu. Il ne savait pas à quoi son avenir ressemblerait », explique le Dr Trudel.

« Nous évaluons les objectifs individuels de chaque patient et planifions notre intervention en tant qu’équipe interdisciplinaire axée sur la collaboration. »

Heureusement pour Sean, le Centre de réadaptation dispose d’une équipe spécialisée qui aide des patients comme lui, confrontés à de multiples problèmes de santé, que ce soit sur le plan physique ou mental. « Nous évaluons les objectifs individuels de chaque patient et planifions notre intervention en tant qu’équipe interdisciplinaire axée sur la collaboration. Nous élaborons des programmes de réadaptation personnalisés pour chaque patient en fonction de ses déficits et de ses objectifs, et nous suivons régulièrement les progrès réalisés. C’est un travail d’équipe », déclare le Dr Trudel.

Frankie Nadeau fait partie de cette équipe. En tant qu’ergothérapeute spécialisée dans les soins de réadaptation orthopédiques complexes, elle travaille avec des patients ayant subi de longues hospitalisations et ayant besoin d’aide pour se déplacer, y compris pour des activités de la vie quotidienne comme se laver et s’habiller. Elle offre également un soutien pour adapter l’équipement à domicile et faciliter la transition de l’hôpital à la maison. L’objectif est de retrouver des forces et d’acquérir des compétences pour gagner en autonomie.

Dans le cas de Sean, l’équipe a dû avancer par étapes. Il était affaibli et avait une blessure à la jambe. « Quand il est arrivé au Centre, Sean ne pouvait pas se déplacer. Il ne pouvait vraiment pas faire grandchose par luimême, car il était faible, explique Mme Nadeau. Sean avait également très peur de bouger, et il avait constamment besoin d’être rassuré. Il a fallu intégrer de nouvelles compétences petit à petit et les mettre en pratique régulièrement pour renforcer sa confiance. L’humour a été un excellent outil avec Sean. C’est probablement la raison pour laquelle nous nous sommes si bien entendus, lui et moi. »

Sean a finalement gagné en confiance, et au fil du temps, de nouvelles tâches se sont ajoutées à son programme. Il a notamment participé à des programmes de groupe et à des séances de physiothérapie. À chaque nouvelle étape, sa confiance en l’équipe et en luimême s’est renforcée, tout comme son corps. « Cela lui a permis de s’en remettre à notre approche. Il savait que nous ne lui demanderions pas de faire quelque chose que nous ne pensions pas qu’il serait capable de faire. »

Une grande part de cette confiance découle également du travail de Sean avec Bryce Mulligan, psychologue au Centre de réadaptation, qui avait un message important à lui transmettre lors de leur première rencontre : « Quoi qu’il arrive, vous n’êtes pas seul » dit Dr Mulligan.

Sean en convalescence à l’hôpital

« Il y a des gens qui survivent à des événements très improbables, souvent horribles, et peu importe la complexité ou la gravité de la situation, vous n’êtes jamais seul. »

Sean retrouveratil un jour sa vie d’avant?

M. Mulligan se rappelle qu’à un moment donné, Sean ne voulait pas tenir son appareil photo, car il n’était pas sûr de pouvoir un jour reprendre la photographie – c’était son gagnepain. Sean souffrait de neuropathie (lésions des nerfs) aux doigts et l’inconnu l’inquiétait.

« J’ai vu à quel point il était terrifié. Il était bouleversé. Je pense qu’il avait besoin de savoir que le cauchemar était terminé, mais personne ne pouvait lui garantir que c’était le cas. À ce momentlà, nous ne savions pas encore avec certitude s’il allait s’en sortir. »

Sean avait aussi envie de se remettre à cuisiner, car il aime préparer des repas pour sa famille.

« Sa participation dans la cuisine était importante, car nous pouvions utiliser cette activité pour travailler sur sa tolérance à rester debout et à se servir de ses mains. C’était incroyablement motivant pour lui. »

Au fil du temps, Sean a commencé à travailler dans la cuisine du Centre de réadaptation et a réappris à se débrouiller dans cet environnement. Son objectif était de rentrer chez lui et de préparer une soirée tacos en famille. « Sa participation dans la cuisine était importante, car nous pouvions utiliser cette activité pour travailler sur sa tolérance à rester debout et à se servir de ses mains. C’était incroyablement motivant pour lui », explique Mme Nadeau.

Ensuite, une fois que Sean a retrouvé suffisamment de force pour effectuer un transfert en voiture et rentrer chez lui, il a pu passer la nuit avec sa famille dans sa maison à quelques reprises. Finalement, après 15 semaines d’hospitalisation, le 26 octobre 2023, Sean a reçu son congé du Centre de réadaptation.

Sean recovering in the hospital

Une personne spéciale pour prodiguer des soins

Aujourd’hui, Sean poursuit sa guérison. Ses fonctions rénales continuent de s’améliorer, il n’a plus besoin d’une canne pour marcher et il est de retour derrière la caméra à temps partiel. Il est également très reconnaissant envers toutes les personnes qui l’ont aidé tout au long de son parcours. Il le répète à chaque membre de son équipe qui veut bien l’écouter, et cela ne passe certainement pas inaperçu.

« Sean a également laissé une impression durable sur l’équipe qui s’est occupée de lui, dit M. Mulligan. C’est un privilège de travailler avec un homme comme lui et de le voir reprendre sa vie en main. J’ai appris que sa vie avait également touché de nombreuses autres personnes dans la collectivité. »

« C’est facile de sombrer dans un trou noir et de s’apitoyer sur son sort, mais je n’ai jamais voulu abandonner, surtout parce que j’ai trois enfants. Je ne voulais pas perdre. La défaite n’a jamais été une option. »

En repensant à l’équipe de soins qui était à ses côtés jour après jour, Sean exprime sa gratitude. « Elle m’a offert un sentiment de normalité à travers nos conversations, mais elle m’a aussi encouragé à trouver cette petite réserve de force intérieure pour m’aider à réussir. C’est facile de sombrer dans un trou noir et de s’apitoyer sur son sort, mais je n’ai jamais voulu abandonner, surtout parce que j’ai trois enfants. Je ne voulais pas perdre. La défaite n’a jamais été une option », dit-il.

Ce photographe bienaimé souhaite également que toute la collectivité réalise à quel point Ottawa a de la chance d’avoir accès à ce type de soins spécialisés, des soins dont il se souviendra toujours et qui ont façonné qui il est aujourd’hui. « Quitter l’hôpital a été un peu difficile, on se sent en sécurité làbas, mais je suis heureux de retrouver mes enfants et de reprendre le cours de ma vie. J’avoue, il m’est arrivé à plusieurs reprises de craindre de ne jamais pouvoir revenir. »

Sean outside the Rehab Centre with his twins
Sean devant le Centre de réadaptation avec ses jumelles
Sean Sisk
Sean Sisk, sa conjointe Erin Fraser, et leurs jumelles
Dans l’épisode 98 du balado Pulse (en anglais seulement), Frankie Nadeau nous parle de son rôle d’ergothérapeute au Centre de réadaptation et de sa relation avec Sean.

Listen Now:

Publié : mai 2024

Emmy Cogan était microprématurée à sa venue au monde, mais sa naissance a eu une portée considérable. Née à 23 semaines de grossesse, elle pesait seulement 515 grammes, soit à peine plus d’une livre. Emmy figure parmi les neuf bébés inscrits au tout premier essai clinique au monde d’une thérapie cellulaire visant à guérir les poumons de prématurés et a été la première à la recevoir en Amérique du Nord. Cet essai prometteur est aujourd’hui prêt à passer à la phase suivante. 

Son arrivée précoce est survenue peu de temps après le retour d’un voyage à Hawaï d’Alicia Racine et de Mike Cogan, qui sont ainsi devenus parents pour la première fois. Alicia était à son poste de répartitrice des appels logés au 911 du Service de police d’Ottawa lorsqu’elle a perdu les eaux. 

« Ma sœur travaille avec moi et c’est elle qui m’a emmenée au Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa. J’avais énormément de douleur et je ne savais pas vraiment ce qui m’arrivait. Nous avons ensuite découvert que j’avais des contractions et que mon col avait commencé à se dilater », explique Alicia. 

Née à 23 semaines de grossesse, Emmy Cogan pesait seulement 515 grammes

Le bébé a tenu six jours de plus avant de naître le 20 février 2023. Ces quelques jours supplémentaires dans l’utérus ont été essentiels pour donner à Emmy une chance de vivre. « Ils ont complètement changé la donne pour nous et pour elle. Elle a pu être intubée et elle a commencé à se battre à partir de ce moment-là », précise Mike.

Des problèmes de santé à l’horizon

Emmy a d’abord été prise en charge à l’Unité de soins intensifs néonataux de L’Hôpital d’Ottawa, puis elle a été 10 jours au CHEO avant de revenir à L’Hôpital d’Ottawa.

Emmy a relevé bien des défis qui compromettaient le pronostic vital pendant son premier mois de vie. Un canal entre le cœur et les poumons ne se fermait pas et des problèmes gastro-intestinaux ont provoqué une sepsie (infection du sang), ce qui a entraîné bien des inquiétudes. Il a ensuite été possible de l’extuber et de lui offrir une oxygénothérapie à haut débit. « Nous avons pu la tenir dans nos bras pour la première fois à ce moment-là et mes parents ont pu être présents, ce qui était vraiment touchant », ajoute Mike.

Emmy a aussi souffert de dysplasie bronchopulmonaire (DBP). Cette maladie touche bien des prématurés parce qu’ils naissent avant l’achèvement de la formation des poumons. Ils ont ainsi besoin d’oxygène pour parvenir à respirer, mais l’administration de cet oxygène – pourtant essentiel à leur survie – peut toutefois endommager leurs minuscules poumons. C’est un peu comme s’ils étaient atteints d’emphysème dès la naissance.

Les répercussions dévastatrices de la DBP

Au Canada, 1 000 bébés reçoivent un diagnostic de DBP chaque année. Le nombre grimpe à environ 150 000 à l’échelle mondiale. Bien souvent, ces bébés présentent d’autres maladies pulmonaires chroniques comme l’asthme et peuvent avoir besoin d’un apport prolongé en oxygène et de ventilation.

Ces bébés présentent aussi un taux élevé de réadmission à l’hôpital pendant les deux premières années de vie, en plus d’avoir souvent des problèmes à d’autres organes comme le cerveau ou les yeux. Il n’existe aucun traitement contre cette maladie, mais ce tout premier essai clinique au monde mené par le Dr Bernard Thébaud, scientifique principal et néonatologiste, est porteur d’espoir.

Il y a deux décennies, l’équipe du Dr Thébaud a découvert que les cellules souches de cordons ombilicaux – appelées cellules stromales mésenchymateuses (CSM) – pouvaient guérir des lésions pulmonaires et prévenir la DBP chez des bébés rongeurs. Depuis lors, l’équipe a travaillé sans relâche ici, à Ottawa, et en collaboration avec des scientifiques des quatre coins du monde pour offrir cette nouvelle thérapie à des bébés et à leur famille dans le cadre d’essais cliniques. Le traitement de la DBP chez les prématurés par CSM a déjà fait l’objet d’essais cliniques, mais aucun groupe n’a utilisé de CSM prélevées sur l’ensemble du cordon ombilical de la façon préconisée par l’équipe du Dr Thébaud.

Qu’est-ce que la dysplasie bronchopulmonaire?

Un de ces problèmes de santé est la dysplasie bronchopulmonaire (DBP). Il s’agit d’une maladie pulmonaire chronique qui survient le plus souvent chez le bébé prématuré ou de faible poids à la naissance qui a reçu un supplément d’oxygène ou une ventilation mécanique pendant une longue période.

« Dans le cadre de la recherche sur les rongeurs, nous avons misé sur des cellules souches isolées du cordon ombilical de nouveau-nés en santé pour prévenir des lésions pulmonaires ou même, dans une certaine mesure, régénérer des cellules pulmonaires endommagées, explique le Dr Thébaud. Nous pensons que l’administration de ces cellules souches à un certain moment de l’hospitalisation des bébés pourrait prévenir la progression de la maladie. »

Peu après la naissance d’Emmy, ses parents ont rencontré Chantal Horth, coordonnatrice d’essais cliniques, puis le Dr Thébaud. « Chantal nous a informés qu’Emmy était admissible à l’essai, se souvient Mike. L’essai semblait être une possibilité prometteuse. »

« En raison de sa prématurité, Emmy va avoir des problèmes de santé. Nous voulons lui donner la chance de bénéficier de tout ce qui peut lui venir en aide. »

Accepter la participation à une première mondiale

Le couple a rencontré le Dr Thébaud, qui a répondu à une longue liste de questions au sujet de l’essai. « C’est un homme très sympathique avec qui il est très facile de discuter. Nous lui avons fait confiance. En raison de sa prématurité, Emmy va avoir des problèmes de santé. Nous voulons lui donner la chance de bénéficier de tout ce qui peut lui venir en aide », ajoute Alicia.

Pour être admissibles à l’essai, les prématurés – nés à 23 ou 24 semaines de grossesse à L’Hôpital d’Ottawa – devaient avoir entre 7 et 21 jours, recevoir des soins intensifs néonataux et avoir besoin de 35 % d’oxygène. Une oxygénothérapie de cette ampleur entraîne un risque de DBP qui varie entre 60 % et 70 %. Le Centre Sunnybrook des sciences de la santé a aussi recruté un bébé et est ainsi devenu le deuxième établissement mobilisé.

Le 3 mars 2023 à 11 jours, Emmy a reçu une perfusion intraveineuse de cellules de cordons ombilicaux donnés par les parents de nouveau-nés en santé. Ce fut un moment particulier pour toutes les personnes concernées. Elle a été le premier bébé en Amérique du Nord à recevoir ce type de thérapie.

« C’est le premier essai clinique du genre au monde et rien n’est plus valorisant que d’aider un prématuré. »

« Le Dr Thébaud a administré les cellules, puis tout le monde a applaudi, poursuit Mike. Elle aura des rendez-vous de suivi à différentes étapes pendant deux ans, puis il y aura un suivi par téléphone pendant 10 ans. »

Ce moment était la concrétisation d’un rêve pour le Dr Thébaud et son équipe. « Cette journée marquait une étape incroyablement palpitante et d’envergure considérable. Après 20 années de travail, nous pouvions enfin tester cette thérapie pour la première fois chez un patient. C’est le premier essai clinique du genre au monde et rien n’est plus valorisant que d’aider un prématuré. »

La prochaine étape de l’essai clinique

Grâce à ces neuf petits patients, dont Emmy, le recrutement pour l’essai de phase 1 est maintenant terminé. Son objectif est de tester la faisabilité et la sécurité de la thérapie par cellules souches. La phase suivante portera sur la sécurité et l’efficacité de la thérapie. 

« Toutes les étoiles se sont alignées pour qu’elle fasse partie d’un moment historique qui recèle le potentiel d’améliorer l’avenir des bébés prématurés. »

Emmy et ses parents.

« Nous pouvons maintenant déterminer si la thérapie aidera véritablement les patients, précise le Dr Thébaud. La phase suivante inclura deux groupes, un qui recevra les cellules et l’autre qui recevra un placebo. C’est un essai à répartition aléatoire. Nous aurons besoin de 168 patients pour déterminer si ces cellules souches sont efficaces. »

Le recrutement des bébés pour la première phase a eu lieu dans les unités de soins intensifs néonataux de L’Hôpital d’Ottawa et du Centre Sunnybrook des sciences de la santé. La prochaine phase durera deux ans et consistera en un essai multicentrique à l’échelle du pays. Le Dr Thébaud espère qu’elle débutera d’ici la fin de l’année 2024.

« Travailler auprès de bébés est le plus beau métier du monde. À la naissance, ils ont toute la vie et tout un potentiel devant eux. Notre rôle est de leur donner un grand élan », ajoute le Dr Thébaud.

Emmy a quitté l’hôpital cinq mois après sa naissance. Mike et Alicia ne savent pas si les cellules souches lui ont véritablement donné un coup de pouce, mais Emmy se porte bien. « Nous ne savons pas dans quel état elle serait sans cet essai, mais elle est en pleine forme aujourd’hui, confie Mike. Nous nous sommes sentis très chanceux d’être au bon endroit au bon moment pour notre petite fille. »

C’est ce qui rend Emmy encore plus unique aux yeux d’Alicia. « Toutes les étoiles se sont alignées pour qu’elle fasse partie d’un moment historique qui recèle le potentiel d’améliorer l’avenir des bébés prématurés », ajoute Alicia.

C’est en tout cas ce qu’espère le Dr Thébaud. « Cela changerait la façon dont nous prenons en charge les prématurés. J’espère que ces petits patients auront une chance de s’épanouir, de grandir et d’améliorer le monde qui les entoure. »

Emmy ne sait pas qu’elle est entrée dans l’histoire, mais ce n’est pas grave. Pour l’instant, elle tient ses parents occupés. Elle se rétablit et marchera en un rien de temps. Elle n’a plus besoin d’oxygène depuis novembre 2023, ce qui lui donne encore plus de mobilité. « C’était vraiment amusant de la voir libérée de ses sondes pour la première fois! Le retrait de l’oxygène a été un immense pas en avant », affirme Mike.

La phase 1 de l’essai était financée par le Réseau de cellules souches et assortie d’une contribution de contrepartie en nature de la société MDTB Cells GmbH. Les travaux de recherche du Dr Thébaud peuvent aussi se faire grâce à un financement de l’Institut ontarien de médecine régénératrice, des Instituts de recherche en santé du Canada, de La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa et de la Fondation du CHEO.

Publié : avril 2024

Imaginez le regroupement de centaines d’images médicales en un rapport concis pour permettre à une équipe chirurgicale de planifier une opération complexe d’ablation d’une tumeur cancéreuse rare. Voilà ce qui est fait à l’aide d’un système de réalité virtuelle (RV) qui met à profit toutes ces images pour donner au chirurgien une vue en 3D de structures internes du patient afin qu’il puisse s’y insérer – un peu comme dans un jeu vidéo – avant la chirurgie. C’est une toute nouvelle méthode de planification chirurgicale qui a été utilisée pour la première fois au Canada ici même, à L’Hôpital d’Ottawa. 

Emeric Leblanc avait 13 ans lorsqu’il a commencé à ressentir de la douleur dans la jambe gauche. D’abord attribuée à une poussée de croissance, la douleur s’est toutefois aggravée au fil des mois. « Je jouais souvent au basket-ball, mais j’ai dû arrêter parce que j’avais tellement mal. La douleur m’empêchait de dormir la nuit. Elle a empiré jusqu’au point où j’ai eu de la difficulté à marcher », explique Emeric. 

C’est le 8 décembre 2021, après une série d’examens, qu’il a appris la cause de cette douleur en compagnie de ses parents au CHEO : le sarcome d’Ewing. Ce type de cancer prend naissance dans les os – le plus souvent chez les enfants de 10 à 20 ans. La tumeur était en train de croître dans son bassin et mesurait environ 12 cm de diamètre – la taille d’un pamplemousse. 

Emeric est heureux de pouvoir pêcher de nouveau.
Pendant son traitement à l’hôpital.

Saisir la complexité du sarcome d’Ewing

Même si le mot cancer lui a causé un choc, Emeric affirme qu’il s’attendait déjà, au fond de lui-même, à ce que les autres examens révèlent une tumeur cancéreuse. Ce qui lui a été particulièrement difficile à accepter, c’est la nouvelle qu’il ne retournerait pas à l’école. 

« Tout a changé à ce moment-là », explique la mère d’Emeric, Hélène Lachance. « Il y avait beaucoup de renseignements à assimiler au sujet du plan de traitement et de la façon dont nous pouvions l’y préparer. » 

Il est retourné à l’école pour récupérer toutes ses affaires parce que le traitement de chimiothérapie allait commencer immédiatement. Il a dû faire enlever son appareil dentaire et a été orienté vers une clinique de fertilité parce que la chimiothérapie pouvait le rendre stérile. Il y avait énormément de choses à assimiler pour un adolescent. N’étant plus aussi actif qu’il le souhaitait, il s’est beaucoup plus tourné vers les jeux vidéo – un présage, peut-être, de ce que l’avenir lui réservait puisque la RV allait servir à lui sauver la vie. 

Un travail d’équipe en collaboration

« Ce fut un travail de collaboration entre des équipes de calibre international en oncologie médicale, en radio-oncologie et en chirurgie de L’Hôpital d’Ottawa et du CHEO. Beaucoup de gens exceptionnels ont collaboré pour aider Emeric »

Pendant plus dun an, Emeric a passé la plupart de son temps à lhôpital. Des professionnels de LHôpital dOttawa et du CHEO ont uni leurs efforts pour lui donner la meilleure chance possible de mener une vie saine et active. « Ce fut un travail de collaboration entre des équipes de calibre international en oncologie médicale, en radio-oncologie et en chirurgie de LHôpital dOttawa et du CHEO. Beaucoup de gens exceptionnels ont collaboré pour aider Emeric », explique le Dr Joel Werier, chef du Programme de lutte contre le sarcome de lHôpital et oncologue orthopédiste. 

Le DrKawanRakhra, radiologiste principal spécialisé dans le système musculosquelettique à lHôpital, a aussi collaboré avec léquipe. Ces deux médecins travaillent également avec l’équipe Realize Medical, l’entreprise à l’origine de la nouvelle technologie de RV mise à profit pour réaliser la chirurgie d’Emeric. 

Chacun d’entre eux a joué un rôle essentiel dans la prise en charge de ce cas difficile. La tumeur était située dans le bassin et s’approchait de l’articulation de la hanche gauche. L’objectif était d’enlever une partie du bassin tout en préservant l’articulation de la hanche parce que sans cette articulation, Emeric n’aurait pas les mêmes capacités. L’ablation du bassin figure toutefois parmi les chirurgies les plus complexes à réaliser selon le DrWerier. 

Le Dr Joel Werier est oncologue orthopédique et chef du programme de lutte contre les sarcomes de l'Hôpital d'Ottawa.

S’insérer à l’intérieur de structures internes du patient grâce à la RV

Passons à l’utilisation inédite de la technologie. La première étape a été une chimiothérapie pour tenter de réduire la tumeur, suivie d’une radiothérapie. Comme la tumeur était située dans le bassin d’Emeric, un plan était nécessaire pour sauver l’articulation de la hanche.

« C’est là que le système de RV a été vraiment essentiel. Il nous a permis de comprendre de façon claire et précise l’anatomie de la tumeur et sa relation avec les structures importantes, y compris l’articulation de la hanche », ajoute le Dr Werier.

Pour préparer le mieux possible une équipe à traiter un patient, le Dr Rakhra doit examiner une multitude d’examens d’imagerie médicale. Dans son domaine d’expertise, il y a parfois plus de 1 000 images prises par radiographie, échographie, TDM, IRM ou autrement qu’il doit parcourir et examiner pour élaborer un rapport détaillé qui aide à stadifier un cancer ou à planifier une chirurgie. C’est une tâche chronophage qui peut être impressionnante.

« Les tumeurs ont tendance à être complexes et les radiologistes, les chirurgiens et les oncologues ont de la difficulté à comprendre leur anatomie, leur emplacement et leur relation avec d’autres tissus importants dans les organes », explique le Dr Rakhra.

Le système de RV change la donne à bien des égards. Grâce à une technologie précédemment utilisée dans le secteur du jeu vidéo, l’équipe chirurgicale peut visualiser une image en 3D personnalisée de la tumeur. Les casques de RV les aident ensuite à entrer dans l’espace virtuel du patient et à élaborer un plan chirurgical beaucoup plus concis.

« Si, comme le dit le proverbe, une image vaut 1 000 mots, alors un modèle de réalité virtuelle en 3D en vaut un million et va transformer la façon dont nous utilisons la radiologie à des fins de planification chirurgicale. »
— Dr Kawan Rakhra
« C’est un changement de paradigme en radiologie parce que nous avons plutôt l’habitude d’examiner des images brutes de TDM ou d’IRM et de produire des rapports indépendants et descriptifs qui sont envoyés aux chirurgiens. Nous avons maintenant trouvé une façon de traiter, d’intégrer et de convertir ces images en un modèle en 3D qui est beaucoup plus informatif et puissant, ajoute le Dr Rakhra. Si, comme le dit le proverbe, une image vaut 1 000 mots, alors un modèle de réalité virtuelle en 3D en vaut un million et va transformer la façon dont nous utilisons la radiologie à des fins de planification chirurgicale.

La RV à L’Hôpital d’Ottawa ​

Il n’y a virtuellement rien d’aussi perturbateur dans le secteur des soins de santé que la RV – ou réalité virtuelle. Cette technologie est utilisée dans toutes les disciplines pour améliorer la sécurité des patients, les résultats et l’efficacité, tout en réduisant les coûts et la période de convalescence. Elle transforme la formation et l’éducation aujourd’hui, avec des implications vitales pour demain.

La RV en action

Une toute nouvelle perspective pour l’équipe chirurgicale

Ce modèle donne une toute nouvelle perspective au Dr Werier et à son équipe. « Il me permet de voir les choses comme elles sont censées être vues, en trois dimensions comme nos yeux les verraient, expliquetil. Il nous permet de mieux comprendre l’anatomie complexe et de manipuler les images, par exemple pour déplacer des nerfs. Nous pouvons en plus transmettre ces renseignements à d’autres membres de l’équipe et au patient. »

C’est d’ailleurs un autre avantage important de cette technologie : le patient comprend beaucoup mieux le diagnostic et le plan de soins. « Les gens préfèrent nettement voir leur tumeur dans un système de RV plutôt que sur une image d’IRM », poursuit le Dr Werier.

Emeric avait déjà fait l’expérience de la RV dans des jeux vidéo. Il a cette fois été plongé dans son propre corps pour voir le travail que l’équipe chirurgicale avait à faire et mieux comprendre le processus.

Emeric à l’hôpital après sa chirurgie.

« C’était vraiment super. Je pouvais déplacer l’image, l’agrandir et la réduire. Je pouvais voir les veines et les nerfs importants qu’ils allaient essayer de ne pas sectionner. C’était aussi génial d’être le premier à faire cette expérience »

Le 5 juillet 2022, il est devenu le premier patient au Canada à se faire opérer à laide de ce nouveau programme de RV. Cétait une chirurgie très exigeante qui a compris lablation du côté gauche du bassin et de la totalité de la tumeur. Grâce à cette technologie, le DrWerier a pu sauver larticulation de la hanche et ainsi permis à Emeric de retrouver sa mobilité et de reprendre les activités quil aimait tant comme la pêche et le camping.

Emeric Leblanc au camping.
Emeric va souvent pêcher sur le bateau de son père.

Une immense gratitude d’avoir une équipe chevronnée et une technologie de pointe près de chez soi

C’était une période stressante pour les parents, mais la visualisation de la tumeur à l’aide de la RV a été rassurante. « C’était une si grosse chirurgie, mais en voyant tout cela et l’expertise de l’équipe, j’ai su qu’ils allaient bien s’occuper de mon fils, affirme Mme Lachance. Le Dr Werier a été exceptionnel. Il a sauvé la vie de mon fils. Nous lui serons toujours reconnaissants. » 

Après s’être remis de sa chirurgie de 14 heures, Emeric a dû recevoir une nouvelle chimiothérapie, mais il se porte bien aujourd’hui. Le Dr Werier explique que l’objectif était curatif et qu’Emeric sera suivi de près au cours des années à venir. 

L’adolescent, qui a maintenant 16 ans, est de retour à l’école aux côtés de ses amis et devient de plus en plus fort chaque jour. La seule différence est qu’il porte désormais une chaussure gauche à semelle plus épaisse parce que sa jambe est légèrement plus courte. Il joue toujours à des jeux vidéo, mais voit sous un nouveau jour ceux offerts en RV. 

Cette technologie ouvre un monde de possibilités pour la prochaine génération de chirurgiens et permettra aux équipes de soins d’offrir les meilleures options thérapeutiques qui soient aux patients.

« C’est une chirurgie complexe, mais c’est un jeune homme remarquable et il s’en est très bien sorti. La RV nous a beaucoup aidés. Elle est beaucoup plus intuitive, elle met les gens sur la même longueur d’onde et elle est beaucoup plus efficace. Elle renforce la confiance de l’équipe chirurgicale. » 

« C’est la prochaine évolution dans notre façon de conceptualiser les choses et une grande partie de cette technologie a été conçue à Ottawa. Je pense qu’elle propulsera le secteur de la technologie virtuelle en imagerie médicale. Nous sommes très enthousiastes »

L’histoire de cette réussite a commencé par la création de Realize Medical en 2019 – une jeune entreprise d’Ottawa dirigée par les Drs Justin Sutherland et Daniel La Russa. Tous deux physiciens à L’Hôpital d’Ottawa, ils ont décelé la possibilité de faire progresser les soins aux patients à l’aide d’une technologie que la plupart des gens associent aux jeux vidéo. Les autres contributeurs clés sont les Dres Teresa Flaxman et Yusra Al Mosuli. La Dre Flaxman a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme de visualisation en 3D au sein de notre hôpital et a été au cœur du processus de modélisation de la RV avec les Drs Werier et Rakhra dès le tout début. La Dre Mosuli a joué un rôle crucial dans l’évolution des projets, notamment pour la première utilisation au Canada du logiciel Elucis et la chirurgie d’Emeric.

La recherche est essentielle pour trouver les meilleures façons d’utiliser cette technologie et prouver son efficacité. Realize Medical a établi de nombreuses collaborations de recherche avec diverses équipes de L’Hôpital d’Ottawa afin d’évaluer et de mettre en œuvre sa technologie.
Téléchargez ou écoutez l’épisode 96 pour en savoir plus sur la portée de la technologie de la RV sur les soins aux patients selon le Dr Kawan Rakhra.

Listen Now:

LHôpital dOttawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires, de recherche et denseignement, fièrement affilié à lUniversité dOttawa. Tous les chercheurs à LHôpital dOttawa se conforment à un cadre dinnovation responsable axé sur lélaboration et la commercialisation responsables des innovations.

Publié : mars 2026

Dre Innie Chen

Dre Innie Chen

La Dre Innie Chen est la nouvelle titulaire de la Chaire de recherche Dre Elaine Jolly sur la santé des femmes et la chirurgie gynécologique – une chaire bénéficiant du soutien de nombreux donateurs et constituée en hommage au travail d’avant-garde fait par la Dre Jolly pour promouvoir la santé des femmes.

Figure de proue de la recherche sur la chirurgie gynécologique au Canada, la
Dre Chen traite aussi des femmes atteintes de problèmes gynécologiques complexes. Elle dirige actuellement des collaborations nationales, et ses travaux de recherche se concentrent sur les questions entourant l’équité en matière de soins chirurgicaux, la sécurité ainsi que l’amélioration de la qualité des soins concernant la santé gynécologique des femmes.

Ses travaux ont déjà permis d’orienter des lignes directrices nationales, de réduire les complications chirurgicales et d’améliorer le rétablissement de milliers de patients.

Sa vision d’avenir est de pouvoir exploiter le pouvoir de l’intelligence artificielle et des mégadonnées pour prévoir les risques chirurgicaux et répondre aux iniquités en santé, en offrant ainsi de nouvelles méthodes de prestation de soins plus personnalisés et en surmontant les obstacles invisibles dans les systèmes de santé.


Dre Natasha Kekre

Dre Natasha Kekre

La Dre Natasha Kekre vient d’être nommée nouvelle directrice du Programme de recherche sur le cancer!

En 2023, elle a obtenu la Chaire de recherche sur les traitements avancés par cellules souches, en plus d’attirer l’attention nationale en raison de ses travaux permettant de proposer des traitements salvateurs aux patients cancéreux au Canada. En fait, c’est grâce à ses travaux en immunothérapie qu’elle a obtenu en 2023 le prix Joe-Doupe de la jeune chercheuse.

Ses travaux de recherche en début de carrière ont permis de recueillir plusieurs millions de dollars sous la forme de financement et se sont traduits par la parution de nombreuses publications à comité de lecture, bien qu’elle soit surtout davantage connue pour ses travaux d’avant-garde dans la création du tout premier essai clinique canadien sur la thérapie par cellules CAR-T.

« La création d’une plateforme canadienne de thérapie cellulaire a été révolutionnaire et ouvre un monde de possibilités pour les Canadiens qui ont besoin d’options thérapeutiques qui sauvent des vies », précise la Dre Kekre.


Rita Timpano

Cela fait plus de 34 ans que Rita Timpano travaille comme infirmière à L’Hôpital d’Ottawa, et elle exerce actuellement comme infirmière autorisée dans les blocs opératoires, où elle accueille les patients avant leur entrée en salle d’opération. Elle les prépare pour leur chirurgie et reste habituellement à leurs côtés jusqu’à ce qu’ils s’endorment.

« Je leur tiens la main et les rassure, car ils sont souvent angoissés, dit Rita. Puis, je m’occupe de l’aspect chirurgical. Si je suis en service interne, j’apporte mon aide; si je suis en service externe, je prépare tout dans la salle. La sécurité des patients est la priorité absolue. »

Rita est connue pour son côté réconfortant et compatissant – des mots qu’elle utilise également pour parler de ses collègues. Mais la gentillesse de Rita n’est pas passée inaperçue, et elle a récemment reçu un remerciement spécial, sous la forme d’un Prix de gratitude, de la part d’un patient, qui lui a dit ceci :

« Un simple merci ne suffit pas. L’automne dernier, vous avez pris soin de mon papa comme s’il faisait partie de votre famille. Votre sens de l’humour et le fait de parler avec lui en italien l’ont immédiatement mis à l’aise, et je savais que je le laissais en bonnes mains à l’entrée du bloc opératoire. En juin dernier, cela a été mon tour. Votre étreinte avant que j’entre au bloc et le fait que vous me teniez la main alors que je m’endormais sont des choses que je n’oublierai jamais. Merci pour votre bienveillance, votre empathie et votre sourire. »

Rita Timpano

Dre Lisa Caulley

Dre Lisa Caulley

La Dre Lisa Caulley exerce comme scientifique clinicienne, oto-rhino-laryngologiste et chirurgienne cervico-faciale à L’Hôpital d’Ottawa.

Son parcours scientifique a été inspiré par le désir de comprendre l’inconnu et les possibilités que la science peut offrir au monde en général. Elle considère la science comme un espace combinant créativité et curiosité, où le fait de poser des questions, de penser différemment et d’expérimenter des idées peut mener à des découvertes ayant un impact réel sur le monde. C’est cette liberté d’explorer et de créer qui continue d’inspirer la Dre Caulley.

Au fil du temps, le soutien de mentors et des expériences de recherche enrichissantes lui ont montré à quel point la science peut être puissante lorsqu’elle est axée sur un objectif précis. Et c’est ce sentiment d’impact et cette liberté d’explorer et de créer qui la motivent encore aujourd’hui.

La Dre Caulley espère aussi être une source d’inspiration pour d’autres jeunes femmes afin qu’elles poursuivent également une carrière scientifique. Voici le conseil qu’elle leur donne : « Restez positives et n’ayez pas peur de vous battre pour faire entendre votre voix. Trouvez des mentors qui vous soutiennent et rappelez-vous qu’il n’y a pas une seule « bonne » voie pour accéder à la science. »


Dre Kathleen Gartke

Chirurgienne orthopédique d’avant-garde et chef de file dans le domaine de la médecine au Canada, la Dre Kathleen Gartke fait partie des nominations récentes à l’Ordre de l’Ontario – la plus haute distinction décernée par cette province. Cette prestigieuse reconnaissance en dit long sur son engagement de toute une vie envers les patients, l’innovation et le leadership. Elle reflète également le niveau d’excellence remarquable dont nous avons la chance de bénéficier à L’Hôpital d’Ottawa.

C’est en 1984 que la Dre Gartke a commencé son exceptionnelle carrière en tant que chirurgienne orthopédique à l’Hôpital Grace d’Ottawa, et elle s’est jointe à L’Hôpital d’Ottawa en 1999. Pendant 15 ans, elle a été l’unique chirurgienne orthopédique à Ottawa. Elle a pris sa retraite de la pratique chirurgicale en 2016, avant de se joindre à l’administration de l’Hôpital comme médecin principale, poste qu’elle a occupé jusqu’en octobre 2025. De là jusqu’à sa retraite fin février 2026, elle a servi comme conseillère médicale stratégique.

En plus de mener de très nombreuses recherches au cours de sa carrière, depuis plus de 45 ans, la Dre Gartke est membre de la Fédération des femmes médecins du Canada, et pendant 12 ans, elle a fait partie de sa direction nationale.

Dre Kathleen Gartke

Depuis qu’elle a rejoint l’administration de L’Hôpital d’Ottawa, la Dre Gartke dirige des initiatives d’amélioration de la qualité et de la sécurité, en plus d’avoir obtenu un prix d’excellence, de faire du mentorat et de plaider en faveur de la santé des femmes lors de campagnes nationales.

Nous sommes reconnaissants envers la Dre Gartke pour son travail remarquable en tant que chirurgienne, ainsi que pour avoir fait progresser les soins aux patients et le leadership des femmes dans le milieu de la médecine à Ottawa et partout au Canada.


L’Hôpital d’Ottawa est un hôpital universitaire de pointe en matière de santé, de recherche et d’apprentissage, fièrement affilié à l’Université d’Ottawa.

Shelley avec sa mère, Marcella.

Le lien mère-fille est spécial. Pour certains, c’est un lien plus fort que n’importe quelle relation : un amour inconditionnel. C’est certainement le cas de Shelley et de sa mère, Marcella. Cette relation était si spéciale que Shelley a décidé de faire un don dans son testament à L’Hôpital d’Ottawa. Ce don garantira que l’amour qu’elle éprouve pour sa mère se perpétuera à travers les générations futures des soins de santé. 

Pendant des dizaines d’années, ces deux femmes ont reçu des soins dans notre Hôpital. Pour Shelley, ce don semblait être une façon naturelle de dire merci et d’aider d’autres personnes à l’avenir. « Ma mère est ma source d’inspiration », affirme-t-elle. 

Lorsque Shelley était jeune, sa famille vivait dans le sud de l’Ontario et elle a reçu un diagnostic de scoliose, une déviation latérale de la colonne vertébrale le plus souvent diagnostiquée chez les adolescents. « J’ai d’abord été soignée au SickKids à Toronto. J’ai participé à un traitement expérimental qui s’est avéré inefficace au fil du temps, et mon état s’est détérioré », explique Shelley. 

Sa famille a déménagé à Renfrew et, comme son état s’aggravait, Shelley a été envoyée à l’hôpital Civic en 1983. Elle n’avait alors que 13 ans. Elle a dû subir une chirurgie corrective de la colonne vertébrale et une fusion vertébrale. « Je ne souffrais pas, mais comme il y avait déviation de la colonne vertébrale, celle-ci appuyait sur mes poumons, de sorte que je perdais facilement mon souffle. Cela provoquait aussi une déformation visible de mon dos susceptible d’entraîner des douleurs chroniques à l’avenir, ce que je ne souhaitais pas », précise Shelley. 

Premier contact avec les soins de santé

Avec ses parents à ses côtés, elle a été présentée au Dr Gordon Armstrong, un chirurgien orthopédique réputé pour son travail et ses innovations dans le traitement de la scoliose, y compris pour les enfants atteints de scoliose comme Shelley. « Je me souviens très bien de l’opération. Il avait les cheveux blancs et je me rappelle avoir pensé qu’il était vieux, mais en fait il devait avoir 50 ans », dit-elle en riant.

« Il avait un sens de l’humour extraordinaire et il m’a mise à l’aise. Je me souviens de sa gentillesse et de son attitude rassurante, car il s’agissait d’une opération risquée. »

Les détails de son séjour à l’hôpital sont encore très précis pour elle, bien que cela se soit passé il y a 40 ans. « Je me souviens de la chambre dans laquelle j’étais, ainsi que des infirmières et des préposés. Il y avait un préposé pour lequel j’avais le béguin, et je sonnais parfois la cloche pour qu’il revienne », dit Shelley en riant. 

Une fois l’opération terminée, cette jeune adolescente avait désormais des tiges et du matériel dans le dos. Elle s’est donc surnommée la « femme bionique ». Il s’agissait d’une technique chirurgicale révolutionnaire pour l’époque : la méthode des tiges de Luque, qui consistait à fixer chaque vertèbre autour des tiges au moyen de fils spécialisés; Shelley se souvient qu’il s’agissait d’une procédure extraordinairement délicate. 

Le succès de cette opération lui a permis de grandir et d’avoir ce qu’elle décrit comme une belle vie grâce aux soins qu’elle a reçus. 

Dans sa vingtaine, elle a parcouru l’Europe à la découverte de la Grande-Bretagne, de l’Écosse et du Pays de Galles. Mais elle n’a jamais oublié l’impact que le Dr Armstrong a eu sur sa vie. « Récemment, en faisant des recherches, je suis tombée sur un article à son sujet. J’ai appris qu’il avait été décoré de l’Ordre du Canada en 2001. La boucle est bouclée pour moi et pour l’influence qu’il a eue sur la chirurgie orthopédique à Ottawa et sur les patients ayant, comme moi, des problèmes de colonne vertébrale. » 

Toute une vie de soins à L’Hôpital d’Ottawa

Bien qu’elle aime voyager, Shelley est restée attachée à Ottawa, où elle a fini par s’installer, afin d’y retrouver sa famille et sa mère. « Je voulais me lancer dans la médecine naturelle, mais j’ai développé un syndrome de fatigue chronique et une fibromyalgie qui m’ont empêchée de poursuivre ma carrière », raconte Shelley. « Cependant, j’ai eu besoin des services de L’Hôpital d’Ottawa tout au long de ma vie, tout comme ma mère. » 

En 2004, Shelley a reçu un diagnostic de fibromyalgie, puis, en 2009, elle a été admise au campus Civic pour une septicémie. « J’ai reçu des soins extraordinaires. J’aurais pu mourir, mais les membres du personnel étaient des anges qui veillaient sur moi. » 

Parmi les personnes qui veillaient sur Shelley, il y avait bien entendu Marcella, toujours présente aux côtés de sa fille et lui apportant son soutien dans ces moments difficiles. Les deux femmes ont été confrontées à des problèmes de santé au fil des ans. En fait, elles ont toutes deux reçu un diagnostic de maladie cœliaque, mais la situation n’a fait que resserrer les liens entre la mère et la fille. En effet, elles cherchaient souvent de nouvelles recettes sans gluten à préparer ensemble, en particulier des desserts. 

Puis, en 2020, la famille apprend une terrible nouvelle : Marcella est atteinte d’un cancer neuroendocrinien de stade 4. Peu après, elle apprend qu’elle est également atteinte d’un cancer de l’œsophage. « C’était pendant la pandémie, mais l’équipe était prête et ma mère a reçu les soins dont elle avait besoin. Elle a toujours été là pour elle », dit Shelley. 

Les soins de Marcella comprenaient la chimiothérapie et la radiothérapie. Elle est passée au travers des traitements, mais est malheureusement décédée en février 2022 à l’âge de 77 ans. « C’était ma meilleure amie. Elle s’est battue avec acharnement – elle a vécu un an et sept mois, ce qui est bien, puisqu’au moment où on a découvert son cancer, il était déjà à un stade avancé. » 

Marcella bien emmitouflée pour une promenade le premier hiver de sa chimiothérapie.

Un don en mémoire d’une mère dévouée

Vivant modestement, Shelley a contacté l’équipe de la Fondation pour savoir comment elle pouvait laisser un héritage. Elle voulait faire quelque chose pour rendre hommage à la vie de sa mère, à ses centres d’intérêt, ainsi qu’à leur lien particulier. « Nous parlions tout le temps; j’étais probablement celle qui parlait le plus – nous partagions tout. Elle était ma confidente », dit Shelley en souriant. 

Après avoir perdu sa mère, Shelley a commencé à réfléchir à sa propre mortalité, ce qu’elle n’avait pas fait dans la trentaine et la quarantaine, et à ce qui se passerait lorsqu’elle ne serait plus là. Compte tenu de son intérêt de longue date pour la médecine et des années de soins que notre Hôpital avait prodigués non seulement à sa mère, mais aussi à elle-même, Shelley a décidé de faire un don dans son testament, en l’honneur de sa mère. 

« Ma mère est la raison pour laquelle je veux faire un don à l’Hôpital, puisqu’elle a toujours défendu avec passion les soins aux patients et les soins de santé, même lorsqu’elle était malade », dit-elle.

« Ce don lui rendra hommage, à sa vie et à son esprit. Je pense toujours à elle lorsqu’il est question de ce don. »

L’avenir de la médecine a également inspiré Shelley. Elle lit les mises à jour régulières de l’Hôpital et de notre Fondation sur l’avenir des soins de santé, et elle veut en faire partie en appuyant la prochaine génération de soins. 

« Le nouveau campus hospitalier en cours de construction sera extraordinaire, magnifique et à la fine pointe de la technologie. Beaucoup de membres de ma famille vivent dans les environs d’Ottawa et viennent à l’Hôpital pour recevoir des soins. Certains sont à trois heures de route », explique Shelley. « Cet hôpital est au service de tant de personnes dans une région si vaste. J’ai des cousins et des petits-cousins qui ont des enfants maintenant, alors c’est comme si j’aidais ma famille pour l’avenir en faisant ce don. » 

Inspirée par les plans du nouveau campus hospitalier et la recherche

Marcella, au Campus général, reçoit une radiothérapie d’urgence pour une tumeur à la colonne cervicale.

Lorsque Shelley songe au nouveau campus, cela lui fait également penser à ses séjours à l’hôpital Civic et à la différence que cela fera pour les futurs patients. « Les chambres individuelles et les lieux où les familles peuvent passer la nuit sont tout simplement incroyables. Je ne veux pas être hospitalisée à l’avenir, mais si je dois l’être, cela me semble être la meilleure solution en termes de soins et d’espace. » 

Les progrès de la médecine et de la recherche dans sa ville natale n’échappent pas à Shelley. Ayant toujours été intéressée par ce domaine, elle se tient au courant des dernières nouvelles concernant notre Hôpital, et l’impact de ce que nous faisons ne cesse de l’étonner. 

« Ottawa est une région métropolitaine relativement petite, mais nous avons un énorme hôpital et tout plein de chirurgiens, de médecins et de chercheurs de renommée mondiale qui y travaillent. Pour moi, c’est extraordinaire. »

« L’Hôpital d’Ottawa est un lieu d’enseignement et de recherche, ce qui m’incite à faire des dons en raison des nombreuses innovations – beaucoup de choses sont sur le point d’être découvertes, et c’est passionnant. »

En faisant ce don, Shelley est prête à contribuer à l’avenir des soins de santé. Elle dédie cette décision à sa mère, une femme qui l’a imprégnée d’un amour qui la suivra à jamais. « Je l’appelais Mighty Mouse. Elle était minuscule, mais c’était la personne la plus forte que j’aie jamais connue. » 

VAINCRE LE CANCER UN PAS À LA FOIS

Le point de vue très différent sur la vie de Sabrina Presta, infirmière, une fois dans la peau d’un patient

Nouvelles de Sabrina, février 2026

« Le 4 février est la Journée mondiale contre le cancer, et à cette occasion, je suis heureuse de transmettre les dernières nouvelles de mon cheminement à La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

J’ai consacré 16 ans de ma vie à travailler au chevet des patients en tant qu’infirmière autorisée, et L’Hôpital d’Ottawa occupera toujours une place spéciale dans mon cœur. Les expériences vécues, les relations nouées et les leçons apprises à l’Hôpital m’ont profondément marquée et continuent de guider la personne que je suis aujourd’hui.

Le 1er janvier 2025, j’ai senti en moi un changement discret, mais clair. J’ai alors décidé d’écouter mon cœur et de m’inscrire à une formation d’un an pour devenir professeure de yoga. Au départ, j’étais surtout motivée par la curiosité, mais j’ai rapidement compris que c’était ma vocation et en décembre 2025, j’ai obtenu mon diplôme de professeure de yoga certifiée.

C’est en mai 2025 que j’ai eu le courage de quitter mon poste au chevet des patients à L’Hôpital d’Ottawa. Cette décision ne marquait pas une fin, mais plutôt un nouveau commencement. C’était une occasion de prendre soin de moi, d’intégrer mes expériences en lien avec le cancer, la perte et l’épuisement professionnel et de m’engager dans une nouvelle façon d’aider les autres.

Aujourd’hui, j’enseigne le yoga dans ma ville natale, à Embrun, dans la municipalité de Russell. Dans mon travail, je m’intéresse particulièrement à la santé des femmes, au yoga prénatal, à la respiration et à la régulation du système nerveux. Du chevet des patients au tapis de yoga, le fil conducteur est demeuré le même : prendre soin des autres.

Je suis profondément reconnaissante à l’Hôpital de m’avoir aidée à devenir l’infirmière, l’enseignante et la personne que je suis aujourd’hui. Je serais contente de reprendre contact avec toute personne curieuse d’en savoir plus sur ce nouveau chapitre de ma vie. N’hésitez pas à m’envoyer un message privé sur Facebook!

Avec gratitude,

Sabrina. »


Publié : février 2024

Depuis plus de 15 ans, Sabrina Presta travaille comme infirmière autorisée à L’Hôpital d’Ottawa, au sein de l’unité B2, le Département de chirurgie générale du Campus Civic. Durant la pandémie, cette unité a été désignée unité de soins de la COVID-19 pendant une année. Son équipe de l’unité B2 est tricotée serrée, et ses membres se serrent les coudes non seulement quand il s’agit d’offrir des soins empreints de compassion aux patients mais aussi quand il est question d’entraide.  

En 2020, Sabrina a plus que jamais eu besoin de ce soutien. « J’éprouvais des difficultés sur le plan de la santé mentale, comme de l’anxiété. À la fin de cette année-là, j’ai appris que j’avais un cancer de la thyroïde; je ne m’y attendais pas du tout », explique Sabrina. 

C’est au courant de l’été 2020 que Sabrina a commencé à faire des angines streptococciques à répétition – quelque chose qu’elle n’avait jamais connu auparavant. Elle a ensuite senti une boule au niveau de son cou, et elle se souvient avoir eu peur de ce que cela pouvait être. Elle a immédiatement contacté son médecin. 

« L’infirmière qui sommeillait en moi voulait lire tout de suite le compte rendu de biopsie. Mais mon intuition m’a sagement guidée, et j’ai décidé d’attendre de voir mon médecin en personne. »

— Sabrina Presta

Son médecin lui a demandé de faire une échographie, suivie d’une biopsie. « J’ai eu accès à MyChart à ce moment-là et je me souviens recevoir une notification m’informant de la disponibilité des résultats. L’infirmière qui sommeillait en moi voulait lire tout de suite le compte rendu de biopsie. Mais mon intuition m’a sagement guidée, et j’ai décidé d’attendre de voir mon médecin en personne. Je ne voulais pas me laisser envahir par mes émotions et courir le risque de mal interpréter les résultats », explique Sabrina. 

C’est le 15 décembre 2020 qu’elle a pris connaissance des résultats – la tumeur était maligne : il s’agissait d’un cancer papillaire de la thyroïde, le plus courant du genre qui touche en général les personnes âgées entre 30 et 50 ans et plus souvent les femmes. Fort heureusement, la plupart des cancers papillaires de la thyroïde répondent bien au traitement.  

« C’était durant la pandémie, et j’étais seule quand j’ai appris mon diagnostic. Je suis allée dans ma voiture et j’ai commencé à trembler de tout mon corps. J’ai appelé une amie, tout en pleurant au téléphone, puis je suis rentrée chez moi. Quand j’ai croisé le regard de mon mari, il a tout de suite compris » dit Sabrina. 

Cela fut tout un choc parce que cette femme active, mère de deux fillettes, n’avait aucun autre symptôme en dehors d’un mal de gorge et d’une bosse au cou. La bonne nouvelle, c’est que son cancer n’était pas agressif et qu’il progressait lentement. Il lui faudrait certes subir une thyroïdectomie totale, l’ablation complète de la glande thyroïde en raison de la présence de deux nodules cancéreux, un sur chaque lobe.  

Comme leurs filles étaient en âge de comprendre (elles avaient 9 ans et 7 ans à l’époque), Sabrina et son mari leur ont annoncé la nouvelle. « Mon aînée a été surprise d’entendre le mot cancer parce que je ne semblais pas malade. Elle a d’abord été triste, puis rassurée quand elle nous a entendus parler de traitement, notamment de chirurgie. Le plus difficile pour elle a été la réaction de sa petite sœur. Elle a vite endossé son rôle de grande sœur pour la consoler, précise Sabrina. Dans l’intervalle, ma plus jeune s’inquiétait de savoir si nous allions tout de même fêter Noël. Tout son univers a été bouleversé quand elle a entendu le mot cancer. Son arrière-grand-mère avait succombé à un cancer et, pour elle, cela signifiait que sa maman allait mourir ». 

Sabrina est une mère active de deux filles.

Elle a affirmé à ses filles qu’elle serait bien prise en charge, et que l’intervention chirurgicale lui permettrait d’aller mieux. 

Dans l’Est de l’Ontario, le Campus Général de L’Hôpital d’Ottawa abrite le Centre de cancérologie de la région, le pôle qui apporte son aide aux centres satellites de Barry’s Bay, Hawkesbury ou encore Cornwall. Le Centre de cancérologie Famille Irving Greenberg, situé au sein de l’Hôpital Queensway Carleton, fait aussi partie de notre programme de cancérologie. Grâce à nos technologies de pointe ainsi qu’à nos essais cliniques de calibre mondial, nous parvenons à offrir un large éventail de soins aux patients de tout l’Est de l’Ontario et du Nunavut.  

Sabrina qui vit à Limoges est reconnaissante d’avoir pu se faire opérer en février 2021 à l’Hôpital Memorial du district de Winchester, un partenaire communautaire de notre hôpital. L’intervention chirurgicale s’est bien passée et, le lendemain, elle a pu rentrer chez elle pour poursuivre sa convalescence. Mais quelques jours après la chirurgie, Sabrina a présenté des symptômes qui l’ont inquiétée et s’est rendue directement à l’Urgence du Campus Civic.  

« J’étais chez moi et réveillée depuis peu. Je suis allée aux toilettes et j’ai failli m’évanouir; tout est devenu noir. J’ai commencé à sentir des fourmillements et un engourdissement dans les jambes, les bras et le visage, se souvient Sabrina. Après ma chirurgie, j’avais reçu d‘une infirmière des instructions à la sortie de l’hôpital. Il fallait surveiller deux signes pendant la phase postopératoire, vu que mon corps s’adaptait à une vie sans glande thyroïde. J’ai réveillé mon mari et il m’a immédiatement conduit  à l’Urgence ». 

« Ce fut pour moi un geste empreint d’une immense gentillesse. J’ai ainsi compris que l’on pouvait marquer à tout jamais la vie de quelqu’un. »

— Sabrina Presta

À présent que Sabrina se retrouve du côté des patients, dans son propre hôpital, quelque chose de « magique » se produit. Elle attend de voir un médecin lorsqu’un thérapeute respiratoire avec lequel elle travaille la voit. « Il a pris du temps dans son emploi du temps surchargé pour venir me voir. Sa gentillesse m’a permis de pleurer et d’obtenir du réconfort. Mes larmes ne cessaient de couler parce que j’étais submergée par les émotions, fatiguée, et effrayée par ce qui m’arrivait, précise Sabrina. Il est resté à mes côtés. Je me sentais très faible, et il m’a aidée à me rendre jusqu’aux toilettes. Avant de me quitter, il m’a donné du thé et des craquelins. Ce fut pour moi un geste empreint d’une immense gentillesse. J’ai ainsi compris que l’on pouvait marquer à tout jamais la vie de quelqu’un. Il a répondu présent. Ce thérapeute respiratoire m’a fait don de sa présence ».  

En tant qu’infirmière qui se consacre avec compassion à son métier, le fait d’être du côté des patients a été une véritable révélation. « La patiente que j’étais avait besoin d’espoir et d’une présence ». 

Sabrina a bientôt eu de bonnes nouvelles : ce qu’elle éprouvait était tout à fait normal après une telle chirurgie, et elle a pu rentrer chez elle. Six semaines plus tard, elle recommençait à travailler en ayant un point de vue différent en tant qu’infirmière. Cela lui a donné l’idée de créer sa propre initiative de mieux-être pour son équipe de l’Unité B2 intitulé B2 Steps Ahead with Sabrina, un projet de collaboration pour aider des collègues sur le plan de la santé mentale. « J’ai prévu une pièce particulière dans notre unité, la salle de repos, où mes collègues peuvent se ressourcer en toute quiétude durant leur quart de travail. Cette salle dispose même de lumières scintillantes pour se détendre ». 

Une affiche pour l’initiative de bien-être de Sabrina pour son équipe B2.

Son expérience face au cancer lui a appris à ralentir et à prendre soin d’elle d’un point de vue holistique. Lorsqu’elle ne travaille pas en première ligne, vous la trouverez sans doute à l’extérieur, courant, marchant, faisant du yoga ou écrivant. Un cher collègue à elle l’a même surnommée “Mère Nature”. « J’adore être en plein air! Respirer l’air frais est quelque chose d’indescriptible », dit-elle en souriant. 

Elle repense à présent avec gratitude à son combat contre le cancer. « C’est un véritable privilège de travailler comme infirmière autorisée au sein d’un établissement qui me comble au plus haut point ». 


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

VAINCRE LE CANCER UN PAS À LA FOIS

La musique accompagne Caleb Fagen tout au long de son combat contre un lymphome hodgkinien

Publié : février 2026

Depuis 2023, lorsque Caleb a terminé son dernier traitement d’immunothérapie, il s’est attaché à reprendre les activités qu’il aime et à construire son avenir.

Sa compagne Jane est restée à ses côtés depuis qu’il a reçu son diagnostic en 2021, et il est maintenant à ses côtés alors qu’elle étudie pour obtenir une maîtrise en travail social à l’Université Dalhousie, à Halifax.

Caleb et Jane, 2026.

« Nous avons toujours dit que, si notre relation pouvait supporter le stress du traitement du cancer et du rétablissement, alors nous pouvions faire face à n’importe quoi »

— Caleb Fagen

Caleb est également revenu à ce qu’il aime le plus : la musique. Il donne des leçons de piano et des concerts, compose sa propre musique et chante dans une chorale.


Publié : février 2024

La musique occupe une place importante dans la vie de Caleb Fagen, au point de dire qu’il vit pour la musique. Lorsque l’étudiant a commencé à se sentir très fatigué au courant de l’été 2021, il pensait que c’était parce qu’il ne s’était pas ménagé. Peu après, il a appris qu’il avait un lymphome hodgkinien. La nouvelle fut un véritable coup de massue pour le jeune homme et ses proches. 

« Je ne m’attendais pas du tout à recevoir un tel diagnostic. J’étais anéanti. »

— Caleb Fagen

Plus tôt cette année-là, Caleb suivait des études de premier cycle en musique à l’Université d’Ottawa, en plus de donner des cours privés de musique et de faire partie de la chorale de l’école de musique, quelque chose qui le ravissait.  

« L’école me prenait beaucoup de temps. C’était la plus difficile année d’études, surtout en raison de la pandémie. Je m’exerçais au piano pendant trois ou quatre heures par jour; je travaillais fort », explique Caleb.  

En plus de se sentir très fatigué, il était devenu angoissé, déprimé et n’avait pas beaucoup d’appétit.  

Cet été-là, le jeune homme de 21 ans a essayé de trouver un meilleur équilibre pour se remettre en forme. Cependant, fin août, Caleb a remarqué l’apparition de bosses au niveau du cou, ce qui a abouti au diagnostic de lymphome hodgkinien de stade 3.  

« Je ne m’attendais pas du tout à recevoir un tel diagnostic. J’étais anéanti. L’école et la musique étant toute ma vie, tout ce qui m’intéressait était de savoir comment j’allais pouvoir jouer et continuer à étudier, se souvient Caleb. Je voulais que rien ne m’arrête ».

Caleb avec sa compagne Jane.
Caleb avec sa compagne, Jane, après qu’ils se soient tous deux rasé la tête en prévision de son traitement de chimiothérapie. 

Un diagnostic bouleversant de lymphome hodgkinien 

Un lymphome hodgkinien prend naissance dans le système lymphatique, qui est un élément du système immunitaire assurant la défense de l’organisme contre des microbes. Le nombre de globules blancs augmente de manière anormale, ce qui peut donner naissance à des excroissances (des tumeurs) sur tout le corps.  

Une fois que Caleb a digéré la nouvelle, il lui a fallu l’accepter. Il remercie pour cela son remarquable réseau de soutien, notamment ses parents, son frère, et sa conjointe, Jane.  

« Mon père m’a accompagné à toutes les séances de chimiothérapie et s’est absenté de son travail pour être avec moi, et ma mère a été d’un soutien hors pair. Ma conjointe a aussi vécu une grande partie de mon combat à mes côtés; cela m’a beaucoup aidé, et a apporté encore plus d’amour face à une situation terrifiante ». 

La chimiothérapie a constitué le premier plan d’action, et les séances ont eu lieu entre octobre et fin mars 2022. Caleb a suivi des cours en ligne pendant cette période et, dans l’ensemble, il a relativement bien supporté les traitements. Ce printemps-là, il a visité l’Italie, recommencé à travailler et a même songé à terminer ses études. 

Caleb avec sa famille en vacances en Italie. 

Une greffe de cellules souches, le prochain niveau de défense 

À la fin de l’été 2022, à peine un an après son diagnostic, Caleb a fait une tomographie par émission de positons montrant que le cancer était réfractaire; c’est-à-dire qu’alors que Caleb semblait dans un premier temps répondre au traitement, son cancer était en fait revenu.  

Une greffe de cellules souches était l’étape suivante, ce qui a commencé en septembre.  « Cela a été assez éprouvant. J’ai fait quelques séances de chimio, puis la collecte de cellules souches, suivie d’un traitement de conditionnement aussi appelé chimiothérapie intensive pour détoxifier mon corps. J’avais l’impression d’être un mort-vivant. Je me sentais très faible », précise Caleb. 

Caleb jouant de l’accordéon chez lui. 

« L’équipe a été remarquable. Il a fallu m’hospitaliser à un moment et j’ai été très bien pris en charge. Ils m’ont dit que l’après-greffe serait compliqué, mais que les choses iraient en s’améliorant ».

— Caleb Fagen

C’était à l’époque d’Halloween qu’il a reçu sa greffe de cellules souches. Il remercie son équipe de soins à L’Hôpital d’Ottawa de l’avoir aidé à traverser une période très difficile. « L’équipe a été remarquable. Il a fallu m’hospitaliser à un moment et j’ai été très bien pris en charge. Ils m’ont dit que l’après-greffe serait compliqué, mais que les choses iraient en s’améliorant ». 

Aux dires de Caleb, le mois qui a suivi a été le pire de sa vie. « En novembre, j’ai perdu à plusieurs reprises le sens du goût. Ma langue était raide et dure comme de la roche, et je n’avais pas d’appétit. Ce n’est là qu’un exemple, se souvient Caleb. Cela a été éprouvant. Je pouvais me confier à un psychologue et j’avais un soutien pour m’aider à traverser tout cela et à me concentrer sur ma respiration et rester calme ». 

Le combat contre le cancer et pour la santé mentale 

Le Programme d’oncologie psychosociale du Centre de cancérologie a été mis en place pour fournir à des patients comme Caleb le soutien nécessaire pour affronter les nombreuses difficultés liées au cancer et à son traitement.  

Une personne qui a joué un rôle primordial dans le soutien apporté à Caleb durant ces moments difficiles a été Izabela Uscinowicz Valdivia, une travailleuse sociale. « Izabela a été impressionnante. Elle m’a accompagné bien avant ma greffe. J’ai pu compter sur elle pendant les moments les plus difficiles. Nous avons noué des liens solides », dit Caleb.

Il remercie aussi ses hématologues, la Dre Manika Gupta, qui a été à ses côtés dès le début, et le DrDavid Macdonald, qui prend actuellement soin de lui.   

Progressivement, les choses ont commencé à aller mieux pour Caleb, même s’il reconnaît que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. En décembre, il reprenait des forces sur le plan mental et physique, et il a pu de nouveau s’asseoir pour jouer. « Je n’oublierai jamais le moment où j’ai pu recommencer à jouer du piano. Cela m’avait manqué ».

Tourné vers l’avenir  

En raison du risque élevé de rechute, Caleb a commencé une nouvelle chimiothérapie en décembre, à raison d’une séance toutes les trois semaines, qui ne s’est terminée que le 27 octobre 2023. C’est alors que Caleb a pu sonner la cloche au Centre de cancérologie pour marquer la fin de son traitement.  

Il a désormais repris des études en présentiel, à temps partiel, et il ne lui reste que deux cours à suivre pour pouvoir obtenir son diplôme. Il écrit aussi des morceaux de musique pour son propre plaisir et a recommencé à l’enseigner.  

« Physiquement, je me sens beaucoup mieux. Je veux commencer à faire plus d’exercices pour reprendre des forces, mais je suis bien. J’éprouve encore des problèmes de santé mentale. J’ai un conseiller, mais j’ai moins de choses à dire, ce qui est bien », dit Caleb en souriant. 

Le 23 novembre, Caleb a fait un examen de tomodensitométrie indiquant qu’il est en rémission; cependant, il continue d’être suivi étroitement en faisant une échographie, suivie d’une autre tomographie par émission de positons dans les six prochains mois. Dans l’intervalle, il fait des projets. Il espère visiter le Portugal en 2024 et, à plus long terme, il aimerait continuer à partager son amour de la musique avec d’autres personnes en ouvrant sa propre école de musique, un rêve qu’il espère pouvoir réaliser un jour. 

Caleb jouant du piano chez lui. 

Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.