La Dre Kirsty Boyd avait débuté sa carrière médicale depuis à peine six semaines lorsqu’une patiente ayant subi des blessures catastrophiques est arrivée au Centre de traumatologie de L’Hôpital d’Ottawa. Karen Toop avait été heurtée par un chasse-neige en traversant une rue pour rentrer chez elle. Il lui manquait la moitié de son bassin à son arrivée. Une équipe multidisciplinaire composée de spécialistes de la chirurgie plastique reconstructive s’est efforcée de lui sauver la vie et de la ramener à sa famille, en plus d’appliquer une idée unique pour améliorer radicalement sa qualité de vie.

Dès le moment où l’accident s’est produit, Karen a su que ses blessures étaient dévastatrices. Elle se souvient avoir pensé à son fils de cinq ans à la maison lorsqu’elle gisait impuissante sur la route. « Je n’arrêtais pas de me dire que je ne pouvais pas le laisser sans mère. »

Karen a brièvement perdu connaissance. Elle se souvient s’être réveillée dans l’ambulance et avoir parlé à l’ambulancier. « Je lui ai demandé de dire à mon fils que je l’aime parce que je pensais vraiment que j’allais mourir. Puis il m’a dit non, vous allez le lui dire vous-même. Je n’ai rien répondu. »

« Les blessures de Karen sont des blessures qu’on ne voit qu’une seule fois au cours d’une carrière. Nous ne voyons pas régulièrement ce type de blessures. »

— Dre Kirsty Boyd

Prêts pour le cas le plus difficile

Karen est arrivée au Centre de traumatologie le 23 janvier 2012. La Dre Boyd n’oubliera jamais ce jour. « Les blessures de Karen sont des blessures qu’on ne voit qu’une seule fois au cours d’une carrière. Nous ne voyons pas régulièrement ce type de blessures. »

Karen Toop

Ses blessures étaient terribles. Elle avait perdu une jambe, le côté gauche du bassin et plusieurs organes internes. Il a fallu les équipes de la Chirurgie vasculaire, de la Chirurgie générale et de la Chirurgie traumatologique pour stabiliser son état. Deux jours plus tard, la femme de 40 ans est retournée en salle d’opération pour une première chirurgie plastique. « Je n’étais qu’une petite partie d’une grande équipe qui s’occupait de Karen. Le Dr Murray Allen, mon mentor aujourd’hui à la retraite, faisait partie intégrante de l’équipe. J’étais relativement nouvelle au sein du personnel lorsqu’elle est arrivée. Les autres services chirurgicaux m’ont consulté à l’origine pour aider à soigner ses plaies, car elle présentait un déficit de tissus mous assez important à la suite des blessures », explique la Dre Boyd.

Ce fut le début d’un long cheminement vers la guérison à l’aide de multiples interventions chirurgicales pendant de nombreux mois. Karen a passé deux mois et demi à l’Unité de soins intensifs. Elle se souvient de certains moments effrayants, mais elle se souvient aussi de l’équipe de soins qui l’a entourée et aidée – chaque heure, chaque jour. « Le personnel a été extraordinaire. J’avais cette infirmière, Lynne, qui était aux petits soins pour moi – toujours à l’affût, s’assurant que j’étais aussi à l’aise que possible. Elle m’a vraiment aidée. »

Hors des sentiers battus

La chirurgie de reconstruction la plus importante de Karen n’a eu lieu que le 18 octobre 2012. Elle a nécessité des mois de planification de la part de l’équipe de la Chirurgie plastique et la combinaison de techniques de reconstruction existantes d’une manière novatrice pour reconstruire le bassin de Karen et lui rendre son autonomie.

L’absence d’une partie du bassin empêchait Karen de pouvoir s’asseoir. « Je ne pouvais pas m’asseoir à plus de 20 degrés dans mon lit. Je devais manger, boire et tout faire dans cette position », se souvient Karen.

Dr. Kirsty Boyd
Dre Kirsty Boyd

« Nous avons exploré de nombreuses options. Nous avons contacté des collègues de partout au pays. Je pense que cette intervention n’avait jamais été faite ou décrite auparavant »

— Dre Kirsty Boyd

L’équipe chirurgicale a alors commencé à sortir des sentiers battus pour trouver un moyen d’améliorer la qualité de vie de Karen et de la ramener chez elle auprès de son mari et de son fils. Les Drs Allen et Boyd ont collaboré étroitement avec la Dre Nancy Dudek , spécialiste du Centre de réadaptation , et le Dr Allan Liew, spécialisé en chirurgie orthopédique, pour réfléchir à une façon de créer un nouveau bassin pour Karen.

« Karen a perdu une jambe et une partie de son bassin dans l’accident. L’autre jambe présentait toutes sortes de problèmes, notamment une mauvaise circulation sanguine, une perte de sensation et des lésions nerveuses si importantes qu’elle ne pouvait pas la bouger. La jambe était toujours reliée au bassin, mais elle n’était plus fonctionnelle », poursuit la Dre Boyd, avant d’ajouter qu’ils ont passé beaucoup de temps en consultation avec Karen et sa famille avant de prendre la décision d’amputer la jambe.

Karen a alors dû faire entièrement confiance à son équipe de soins. « Les efforts qu’ils ont déployés pour me sauver la vie ont été incroyables. Ils ont demandé l’avis d’experts du monde entier. Tout le monde s’est mobilisé. »

Karen Toop avec Ryan.

Rôle de la chirurgie reconstructive en traumatologie

L’intervention a été longue et compliquée – près de 14 heures. « Nous avons réarrangé l’os de sa jambe droite pour en faire un bassin tout en gardant les os attachés à leurs tissus mous. Je pense que l’origami décrit bien la situation : il fallait simplement réarranger les parties et les déplacer à proximité », explique la Dre Boyd.

« Ils étaient si gentils, compatissants et serviables. »

— Karen Toop

Voilà une approche unique d’un cas compliqué, mais l’équipe de Karen estimait que c’était la meilleure chance de l’aider dans les années à venir. « Nous avons exploré de nombreuses options. Nous avons contacté des collègues de partout au pays. Je pense que cette intervention n’avait jamais été faite ou décrite auparavant », poursuit elle.

L’expertise chirurgicale et l’effort de collaboration ont transformé l’avenir de Karen. « Après l’intervention, j’étais en mesure de m’asseoir dans un fauteuil, mais cette progression a eu lieu lentement. J’ai eu l’occasion de faire beaucoup de réadaptation physique. J’ai commencé à utiliser un vélo à main, à faire des exercices et à utiliser des poids. Ils m’ont ramenée au point où je pouvais m’asseoir dans un fauteuil », ajoute Karen.

Des soins exceptionnels empreints de compassion

Karen Toop avec Ryan.

En plus de sa réadaptation physique, Karen n’est pas près d’oublier les soins empreints de compassion qu’elle a reçus tout au long de son rétablissement. « Ils étaient si gentils, compatissants et serviables. Les infirmières écrivaient les plans des médecins pour que je puisse mieux les visualiser. Un des membres de mon équipe de traumatologie, la Dre Jacinthe Lampron, m’a préparé un gâteau d’anniversaire et m’a dit qu’elle l’a fait avec amour. Les infirmières ont préparé, quant à elles, des petits gâteaux pour l’occasion. »

« Je remercie les médecins et les infirmières de L’Hôpital d’Ottawa qui ont sauvé la vie de ma mère. »

— Ryan Toop

Renforcer la santé mentale de Karen et gérer le traumatisme de l’accident ont également fait partie intégrante de son parcours. « Ils s’occupent de notre santé émotionnelle grâce aux services d’un psychologue, d’un physiothérapeute, d’assistants du physiothérapeute et de préposés aux soins personnels. Ils ont tous été fantastiques. Ces gens si généreux ont fait un travail d’équipe incroyable. »

De retour chez elle auprès de sa famille

Après 11 mois à l’Hôpital et neuf mois au Centre de réadaptation, où elle a appris une toute nouvelle façon de vivre, Karen a emménagé dans une maison de retraite jusqu’à ce que sa nouvelle maison accessible soit prête.

« Dès le début, j’ai su que j’allais mettre L’Hôpital d’Ottawa dans mon testament parce qu’il a redonné sa mère à mon fils, ce qui est très éloquent. »

— Karen Toop

La partie la plus inoubliable a été de retrouver sa famille. « C’était incroyable. Je ne peux pas décrire à quel point nous étions tous heureux d’être à nouveau ensemble », confie t elle.

Ce qui est encore plus incroyable est que son fils, Ryan, ait sa maman à la maison. Aujourd’hui âgé de 14 ans, il est reconnaissant de l’avoir à ses côtés. « Je remercie les médecins et les infirmières de L’Hôpital d’Ottawa qui ont sauvé la vie de ma mère. »

Un don dans son testament

Cette expérience a permis à Karen d’apprécier les petites choses de la vie, comme serrer les membres de sa famille dans ses bras ou aller voir Ryan jouer au football – des choses qu’elle ne tiendra jamais pour acquises. Elle a également réfléchi à ceux qui lui ont sauvé la vie et se sont battus pour lui donner une bonne qualité de vie. « Mon accident s’est produit en une fraction de seconde. On ne sait jamais quand on aura besoin de l’Hôpital. Je suis passée d’entièrement valide à amputée des deux jambes. D’autres choses arrivent qui ne sont peut-être pas aussi radicales, mais qui nécessitent quand même l’Hôpital. »

Ce sont les services offerts par l’équipe spécialisée prête pour Karen lorsqu’elle avait des blessures critiques qui l’ont amenée à laisser un don dans son testament à l’Hôpital. « Dès le début, j’ai su que j’allais mettre L’Hôpital d’Ottawa dans mon testament parce qu’il a redonné sa mère à mon fils, ce qui est très éloquent. »

Karen Toop and her son Ryan.
Karen avec Ryan.

Elle estime avoir vraiment de la chance d’avoir eu accès à ces soins. « Ils m’ont donné des soins de calibre mondial grâce à de nouvelles technologies, par exemple la cicatrisation par pression négative. Si je n’avais pas eu ça, je ne pense pas que j’aurais survécu parce que j’aurais eu trop d’infections. Il y avait aussi la chambre hyperbare. J’y suis allée lorsque mes plaies ne guérissaient pas, puis mes plaies ont guéri. »

Karen est également reconnaissante pour les soins que son mari, Harvey, a reçus à L’Hôpital d’Ottawa lorsqu’il est tombé malade – des soins dont elle a été témoin du point de vue du membre de la famille cette fois. Malheureusement, Harvey est décédé en novembre 2017.

Ainsi, en laissant un don dans son testament, elle aide les patients qui franchiront les portes de l’Hôpital dans l’avenir. Elle encourage aussi les autres à envisager de faire de même. « Il est important que les membres de la collectivité soutiennent l’Hôpital, en particulier lorsqu’il s’agit de mettre au point de nouvelles technologies et de construire le nouveau campus. Pour concrétiser ce projet incroyable et réaliser ces objectifs, l’Hôpital a besoin du soutien des gens de la collectivité. »

Pour Karen, c’est le moins qu’elle puisse faire pour l’équipe qui lui a permis de réaliser son objectif de voir son jeune fils devenir un jeune homme.

Lorsque Fatima Siadat est arrivée au Canada il y a 32 ans, elle était prête à commencer sa nouvelle vie après avoir fui l’Iran. Toutefois, elle a été freinée dans ses ambitions, car une maladie de l’œil dont elle avait reçu le diagnostic à 20 ans, la kératite de Thygeson, a empiré.

Puisque la Néo-Canadienne ne parlait ni le français ni l’anglais, l’idée de se retrouver à l’hôpital lui faisait peur. Or, l’expérience a été toute autre. Elle a été en bonnes mains avec l’équipe de l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa, à L’Hôpital d’Ottawa.

Elle se souvient de ses premières interactions avec le Dr Bruce Jackson, ophtalmologiste qui lui a offert d’excellents soins. La communication se faisait par l’entremise du frère de Fatima, qui faisait office d’interprète. « Lorsque j’ai été admise à l’hôpital et que j’ai fait la connaissance du Dr Jackson, je venais de recevoir une invitation à un mariage, mais mon état était douloureux et je devais porter des pansements sur les yeux. Le Dr Jackson m’a assuré que je pourrais assister au mariage sans inquiétude, ce qui fut le cas », se souvient-elle.

Grâce aux soins exceptionnels et empreints de compassion qu’elle a reçus, Fatima a retrouvé la vue. Elle a pu vivre avec la maladie et a fait des études au Collège Algonquin avant de devenir superviseure d’un service de garde. Elle continue de recevoir des soins à notre hôpital.

La bonté et l’expertise dont elle a fait l’expérience ont motivé Fatima à faire des dons mensuels à L’Hôpital d’Ottawa. C’est ainsi qu’elle remercie les médecins qui lui ont permis de retrouver la vue. Chaque fois qu’elle lit une nouvelle histoire de la Fondation, elle est encore plus reconnaissante de pouvoir contribuer à aider les autres. « Je suis fière que ma très petite contribution permette d’aider d’autres patients à retrouver leur vie et leur bonheur. »

Fatima Siadat

Le regard tourné par l’avenir, Fatima souhaite que la portée de sa contribution perdure : elle laissera un legs à notre hôpital dans son testament. « Je suis en vie et je peux voir le résultat de mes dons; je suis fière d’aider d’autres patients dans l’avenir. »

Q: Qu’est-ce qui vous a inspirée à donner à la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa?

Mes médecins m’ont inspirée. Seulement un mois après mon arrivée au Canada, la maladie de l’œil dont j’étais atteinte, la kératite de Thygeson, s’est tellement aggravée que j’ai dû être hospitalisée à L’Hôpital d’Ottawa. À l’époque, je ne parlais pas anglais, mais ils m’ont très bien soignée. Ils m’ont donné un nouveau cristallin et ma vision s’est immédiatement améliorée.

Q: Pourquoi avez-vous choisi de faire des dons mensuels?

Mon premier don remonte à 2002. Cela faisait du bien de redonner. J’aime que l’hôpital sache qu’il peut compter sur moi tout au long de l’année. C’est ma façon de dire merci. Je donne chaque mois depuis 19 ans. J’en suis très fière, surtout lorsque je vois la portée de mes dons.

« Je suis en vie et je peux voir le résultat de mes dons; je suis fière d’aider d’autres patients dans l’avenir. »

— Fatima Siadat

Q: Qu’est-ce qui vous a motivée à prévoir dans votre testament un don à L’Hôpital d’Ottawa?

Cela a toujours été important de remercier ceux qui m’ont aidée à retrouver la vue. Je vois aujourd’hui les résultats de mes dons mensuels et je veux pouvoir continuer à aider même quand je ne serai plus là.

Q: Que diriez-vous à une personne qui songe à faire un don à L’Hôpital d’Ottawa?

Cela fait du bien de partager le bonheur de redonner à d’autres leur vie et de lire les choses merveilleuses qui se passent à l’hôpital. Vous savez que vous faites vraiment une différence lorsque vous donnez.

En 1998, Sandra Schmirler, connue sous le nom de Schmirler la curleuse, a mené son équipe à la toute première médaille d’or olympique en curling féminin. Sandra est tragiquement décédée d’une tumeur rare à peine deux ans plus tard, en mars 2000. Championne de curling, Sandra était aussi une mère dévouée qui a laissé derrière elle deux petites filles, ainsi que son mari. Plus de 20 ans plus tard, la Fondation Sandra Schmirler aide les nouveau nés prématurés et gravement malades à se rétablir et à devenir des champions à part entière.

Grâce à un généreux don de la Fondation Sandra Schmirler en 2021, l’Unité de soins intensifs néonataux (USIN) de L’Hôpital d’Ottawa est en mesure d’acheter une unité de soins Giraffe OmniBed Carestation. Cette machine offre un micro environnement contrôlé qui permet au personnel soignant et aux parents d’avoir un meilleur accès aux nouveau nés afin d’améliorer la façon dont ces derniers reçoivent des soins et de l’amour pendant leur séjour à l’hôpital.

L’unité de soins Giraffe OmniBed n’est qu’une des façons dont l’USIN de L’Hôpital d’Ottawa aide les nouveau nés prématurés ou gravement malades et leurs familles, et cela ne serait pas possible sans le soutien de donateurs comme la Fondation Sandra Schmirler.

Sandra avec d’autres athlètes olympiques canadiens aux Jeux olympiques d’hiver de 1998 à Nagano, au Japon.

Q: Comment le soutien généreux de votre fondation à l’USIN honore t il l’héritage de la championne de curling Sandra Schmirler?

Le plus important pour Sandra était d’être mère. Le sentiment d’accomplissement que procure le fait d’être une championne, l’excitation au moment où une nation vous acclame devant le monde entier, le frisson de la compétition au plus haut niveau… rien de tout cela ne s’approchait de la joie que Sandra ressentait lorsqu’elle était avec ses deux filles, Sara et Jenna. Les fondateurs de notre Fondation ont déterminé que la meilleure façon d’honorer Sandra était de rendre hommage à l’amour qu’elle portait à sa famille. En soutenant les unités de soins intensifs néonataux par l’achat d’équipements essentiels pour sauver la vie des nouveau nés arrivés trop tôt, trop petits ou trop malades, la Fondation espère que les familles pourront connaître la joie que Sandra ressentait lorsqu’elle était avec ses filles.

Sandra saluant la foule au Tournoi des Cœurs Scott de 1998 à Regina, SK.

Q: En quoi votre soutien à des initiatives comme l’unité de soins Giraffe OmniBed de L’Hôpital d’Ottawa change t il la vie des nouveau nés prématurés?

En soutenant de telles initiatives, la Fondation espère que les familles seront rassurées de savoir que leurs nouveau nés prématurés et gravement malades disposent d’un équipement de pointe qui sauve des vies. L’unité de soins Giraffe OmniBed offre un meilleur accès au patient, sans devoir le déplacer, ce qui peut contribuer à réduire le stress de l’ensemble de la famille et de l’équipe soignante.

Q: Pourquoi est il si important que la communauté locale continue à se soucier de l’USIN de L’Hôpital d’Ottawa et à lui faire des dons?

L’équipement disponible dans l’USIN locale peut permettre de garder le nouveau né près de chez lui, de sa famille et des amis au lieu de le transporter dans l’USIN d’un hôpital disposant d’un meilleur équipement. La Fondation estime qu’en soutenant les USIN dans les collectivités locales, davantage de nouveau nés auront la chance de grandir et de devenir des champions, comme l’était Sandra.

Dan MacMillan a cru pendant longtemps qu’il pouvait contrôler tous les aspects de sa vie. Sa théorie était simple : s’il s’en tenait à luimême, baissait la tête et travaillait dur, il pouvait surmonter tout ce que la vie mettait sur son chemin. Pendant un certain temps, cette approche a bien fonctionné pour lui. Après tout, elle a fonctionné pendant ses années à l’université, qui ont mené à l’obtention d’un baccalauréat en économie de l’Université d’Ottawa et à une brillante carrière en tant que viceprésident et conseiller en gestion du patrimoine à BMO Nesbitt Burns. Toutefois, en 2020, au moment même où la pandémie de COVID19 touchait Ottawa, Dan a reçu des nouvelles bouleversantes qui allaient l’obliger à lâcher prise. À seulement 51 ans, il a entendu ces mots qui ont chamboulé sa vie : « vous avez le cancer ».

Dan MacMillan reçoit son premier traitement de chimiothérapie à l’Hôpital.

« Lorsque nous avons reçu le diagnostic de Dan, nous avons pleuré. »

– Jenny Chen

Tout a commencé par une éruption cutanée, des sueurs nocturnes excessives et une enflure au cou telle qu’il ne pouvait plus attacher ses chemises. « Mon cou était devenu si épais que je ressemblais à l’incroyable Hulk », explique Dan. Ils ont d’abord pensé à une infection virale mineure, mais lorsque ses symptômes ont progressé, la compagne de Dan, Jenny Chen, s’est inquiétée et l’a incité à prendre rendez-vous avec son médecin. « Jenny a été la force motrice qui m’a encouragé à me faire examiner, souligne Dan. Si elle n’avait pas été là, j’aurais attendu encore plus longtemps. »

Après des mois de tests, de biopsies des nœuds lymphatiques et de la moelle osseuse, Dan a reçu un diagnostic de lymphome à petits lymphocytes, un cancer que l’on trouve principalement dans les nœuds lymphatiques. Bien qu’il ait été détecté à un stade précoce, un diagnostic de cette ampleur a été bouleversant. « Lorsque nous avons reçu le diagnostic de Dan, nous avons pleuré », confie Jenny.

C’était le début d’un cheminement fort en émotions pour recevoir des traitements et des soins contre le cancer à L’Hôpital d’Ottawa.

Jenny a demandé Dan en mariage à mi-chemin de sa chimiothérapie de six mois.

Q : Qu’est-ce qui vous a incité à soutenir notre l’hôpital et pourquoi estimez-vous important de donner? 

Jenny : Avant le diagnostic de Dan, je voulais soutenir L’Hôpital d’Ottawa. J’étais touchée par la qualité des soins offerts aux patients et je voulais offrir mon aide.

Quand Dan a reçu le diagnostic, j’étais à ses côtés en tant qu’amie. Pendant les six mois de sa chimiothérapie, notre affection l’un pour l’autre a grandi et j’ai pris conscience que la vie est trop courte. Je l’ai demandé en mariage à mi-chemin des traitements pour lui montrer que je serais à ses côtés jusqu’au bout! Il faut faire tout ce qu’on peut faire pendant le temps dont on dispose.

Dan : C’est seulement quand j’ai reçu les traitements et que Jenny est devenue ma compagne que le don est devenu une affaire de famille. L’Hôpital m’a sauvé la vie et celle de ma nouvelle famille, soit Jenny et nos enfants. C’est ma façon de dire merci.

Q : Qu’est-ce qui vous a incité à soutenir notre l’hôpital et pourquoi estimez-vous important de donner?

Dan : La plupart du temps, j’aime la solitude. Toutefois, lorsque j’ai reçu le diagnostic de cancer, l’un des aspects les plus difficiles a été d’avoir l’impression que je devais vivre cette épreuve seul. C’est Jenny qui m’a fait comprendre que si je m’ouvrais pour exprimer ce que je vivais, le poids de cette épreuve serait moins lourd – non seulement pour moi, mais aussi pour mes proches. C’est le meilleur conseil que j’aurais pu recevoir. Ainsi, pendant que je traversais l’une des années les plus difficiles de ma vie, plutôt que de me débrouiller seul, j’étais entouré d’un incroyable groupe de proches et d’amis qui voulaient nous soutenir, moi et ma famille, de toutes les manières possibles.

Dan a reçu le soutien de nombreux amis et membres de sa famille pendant ses traitements contre le cancer.

Quand on fait un don à un organisme caritatif, on soutient des gens qu’on ne connaît pas. Nous avons maintenant l’impression de connaître une partie de leur histoire, car nous avons nous-mêmes vécu cette expérience. En donnant, nous avons donc l’impression de soutenir un groupe d’amis.

Q : Pourquoi est-il important que d’autres gens donnent aussi? 

Jenny : L’Hôpital d’Ottawa aura une incidence dans la vie de chaque personne de cette ville à un moment ou à un autre. Tout le monde utilisera L’Hôpital d’Ottawa et ses ressources à différentes étapes de sa vie, qu’il en soit conscient maintenant ou non. Si notre collectivité veut recevoir des soins de calibre mondial, elle doit y mettre du sien.

« L’Hôpital m’a sauvé la vie et celle de ma famille. C’est ma façon de dire merci. » 

– Dan MacMillan

Dan : Si vous envisagez de faire un don, vous n’avez qu’à regarder autour de vous. Pensez à toutes les personnes de notre collectivité qui pourraient bénéficier de soins à l’hôpital. Ce pourrait être votre voisin, votre ami ou un collègue. Pourquoi ne voudriez-vous pas les soutenir?

Voilà quelques décennies que Russell et Linda Grass donnent généreusement pour soutenir d’innombrables initiatives et organismes de bienfaisance locaux dans notre collectivité. Ils ont décidé de faire une contribution importante à L’Hôpital d’Ottawa à la suite d’une série de problèmes de santé qui les ont touchés de près. Linda a reçu des soins à l’ancien Centre de santé du sein et le frère de Russell a dû recevoir des soins critiques à deux reprises par l’entremise de la Division d’urologie. Russell lui-même reçoit également des soins exceptionnels continus à la Division d’urologie.

Pour témoigner de leur généreux soutien continuel, nous sommes ravis de célébrer la mise sur pied de la Clinique de santé des hommes Famille Grass en juin. La clinique offrira un centre d’excellence pour les soins offerts aux hommes et la recherche sur la santé des hommes. Elle offrira également des possibilités de collaboration aux équipes de l’Hôpital afin d’examiner d’importantes questions de santé.

Grâce au généreux soutien de la famille Grass, nous pourrons offrir des soins de grande qualité aux hommes, et ce, ici même à Ottawa.

Melanie Hernen, Russell Grass junior et Jeffrey Grass lors de la démolition de l’ancien Centre de santé du sein (renommé Centre de santé du sein Rose Ages et déplacé au Campus Général). La Clinique de santé des hommes Famille Grass ouvrira ses portes dans les locaux de l’ancien Centre de santé du sein à la fin de juin 2021.

Pourquoi est-ce important pour votre famille de soutenir la santé des hommes?

D’après notre expérience, il peut être difficile de faire face à un problème de santé. C’est pourquoi nous croyons qu’il est important d’avoir une clinique, ici même à Ottawa, qui se consacre aux problèmes de santé des hommes – de la recherche aux diagnostics et aux tests, en passant par les soins continus. Nous voulions aider à faire en sorte que la population d’Ottawa ait accès à d’excellents soins.

Pourquoi estimez-vous important de redonner à votre collectivité?

La collectivité d’Ottawa a été bonne pour nous professionnellement et personnellement. Nous voulions redonner à la ville qui nous a tant donné et nous voulions le faire à l’hôpital qui s’est si bien occupé de nous quand nous en avions besoin.

Nous voulions également enseigner à nos trois enfants et à nos quatre petits enfants que lorsqu’on a la chance d’être en bonne santé et de réussir, il est important de redonner à la collectivité.

Pourquoi croyez-vous qu’il est important d’avoir un système de santé de calibre mondial à Ottawa?

Pour avoir une ville de calibre mondial, il faut avoir un hôpital de calibre mondial. De plus, la grande majorité des employés de nos entreprises sont des hommes. Nous espérons que cette clinique dédiée à la santé masculine leur sera utile, ainsi qu’à leurs proches, s’ils ont besoin de soins.

La famille Grass et des membres du personnel de l’Hôpital avant la démolition de l’ancien Centre de santé du sein.

Dans son enfance, Dan Lynch a appris à aider les autres chaque fois qu’il le pouvait. Ce sont ses parents qui lui ont inculqué ce principe et il n’a jamais cessé de le mettre en pratique. C’est ce qui l’a inspiré à faire un don testamentaire avec sa femme, Wendy, pour soutenir la recherche sur le myélome multiple à L’Hôpital d’Ottawa, après avoir été traité à l’Unité de médecine d’un jour du Centre de cancérologie.  

Dan, qui est né et a grandi à Montréal, a travaillé pendant 30 ans comme mécanicien d’aéronefs. Il a rencontré Wendy en 1988, grâce à des amis communs qui les ont invités à une fête. Deux ans plus tard, ils se mariaient et en 1991, s’installaient sur un domaine pittoresque à Green Valley, en Ontario, près de Lancaster – une terre de 43 acres qui tient Dan bien occupé. « Nous avons environ 200 000 arbres, alors il y a toujours quelque chose à faire. Je me lève tôt pour nourrir le chien et les chats, puis je commence ma journée, mais vers 13 heures je dois me reposer, car je me fatigue plus facilement maintenant », explique-t-il. 

Des symptômes grippaux et des préoccupations pour ses reins 

Pour comprendre pourquoi Dan est plus fatigué maintenant, il faut remonter à juillet 2019. Tout a commencé quand il a ressenti des symptômes de grippe. Après deux semaines, il n’allait toujours pas mieux. Devant l’insistance de Wendy, il s’est rendu à l’Hôpital Glengarry Memorial d’Alexandria, une ville voisine. « Mes prises de sang ont révélé des taux de créatinine extrêmement élevés et les médecins s’inquiétaient de mes fonctions rénales », raconte Dan. 

 « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans. »

– Dan Lynch

Puisque ses résultats laissaient supposer qu’il pourrait avoir besoin d’une dialyse d’urgence, Dan a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa. Cependant, après d’autres analyses, c’est un diagnostic dévastateur que l’on a annoncé à Dan et à Wendy. « Les médecins m’ont dit que mon problème aux reins était causé par un cancer appelé myélome multiple », se souvient-il.  

La nouvelle fut bouleversante. Même s’il ne se sentait pas bien, Dan n’aurait jamais pensé entendre les mots « cancer » ou « myélome multiple ».  

Qu’est-ce que le myélome multiple? 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch à leur domicile de Green Valley 

Le myélome multiple est une forme rare de cancer qui se développe dans les plasmocytes, un type de globule blanc qui produit des anticorps servant à combattre les infections. Les plasmocytes d’une personne atteinte d’un myélome multiple se transforment et se divisent de façon incontrôlable, produisant plus de cellules anormales.  

Les symptômes comprennent de la douleur aux os, de la fatigue et de la faiblesse dues à l’anémie, ainsi qu’un mauvais fonctionnement des reins – Dan avait tous ces symptômes.  

La probabilité d’un diagnostic de myélome multiple est plus élevée chez les hommes que chez les femmes et l’âge médian au diagnostic est de 68 ans. Un médecin peut découvrir ce cancer en faisant les analyses de sang habituelles liées à d’autres problèmes de santé ou en prescrivant des analyses si un patient présente les symptômes de la maladie. Il existe divers traitements pour ce type de cancer, dont la greffe de cellules souches.   

« Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. »

— Wendy Lynch

La greffe de cellules souches se divise en deux grands types : l’allogreffe, s’il s’agit de cellules souches d’un donneur, et – dans le cas de Dan – l’autogreffe, s’il s’agit des cellules souches du patient lui-même.   

Dan a d’abord été hospitalisé pendant une dizaine de jours pour stabiliser son état. Par la suite, il est retourné au Centre de cancérologie chaque vendredi, pendant 16 semaines, pour recevoir de la chimiothérapie en vue d’une greffe de cellules souches. Dan a alors appris qu’il pouvait être son propre donneur. « Ce n’est pas tout le monde qui peut utiliser ses propres cellules souches. Je me trouvais très chanceux de pouvoir le faire, admet-il, car cela réduit les chances d’infection et d’incompatibilité avec les cellules du donneur. »  

Le rôle crucial de l’Unité de médecine d’un jour  

En janvier 2020, l’équipe de soins de Dan avait terminé de prélever et de congeler ses cellules souches (quatre sacs, en fait) en vue de les réintroduire dans son corps. Le 17 février 2020, Dan est entré à l’hôpital et a reçu une dose élevée de chimiothérapie. Deux jours plus tard, ses cellules souches désormais saines lui ont été réadministrées. Dan avait une seconde chance de vivre.   

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie »

— Dan Lynch

Ces deux interventions ont eu lieu à l’Unité de médecine d’un jour. Le Programme de transplantation et de thérapie cellulaire (TTC) de L’Hôpital d’Ottawa réalise environ 200 greffes par année. Notre Programme de TTC a été le premier à l’extérieur des États-Unis à obtenir l’agrément de la Foundation for the Accreditation of Cellular Therapy (FACT), qui établit la norme mondiale des soins de qualité supérieure dans le cadre de thérapies cellulaires. Le Programme de TTC offre des soins à quatre emplacements, dont l’Unité de médecine d’un jour où Dan a reçu sa greffe de cellules souches.  

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie », affirme Dan.  

Une reconnaissance infinie envers L’Hôpital d’Ottawa  

Le 7 mars 2020, Dan était de retour à la maison auprès de Wendy, sur cette vaste propriété qui leur procure tant de bonheur, pour entreprendre le prochain chapitre de leur vie. 

Aujourd’hui, ils sont infiniment reconnaissants envers notre hôpital – tout en admettant qu’ils ne réalisaient pas pleinement l’importance de son rôle. « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans », explique Dan. 

« Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. »  

— Dan Lynch

Quant à Wendy, elle est reconnaissante d’avoir pu accompagner son mari pendant cette période et être témoin des soins extraordinaires qu’il a reçus. « Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. » 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch laissent un don à notre hôpital dans leur testament

C’est ainsi que le couple a décidé de poser un geste spécial pour remercier notre hôpital. En repensant aux valeurs que ses parents lui avaient transmises longtemps auparavant, Dan a décidé avec Wendy de léguer dans leur testament un don en appui à L’Hôpital d’Ottawa. « Nous sommes si reconnaissants des soins que j’ai reçus. Merci aux médecins, aux infirmières, aux préposés aux soins personnels, aux infirmières auxiliaires et aux bénévoles qui travaillent si fort pour les patients comme moi. Leur compassion et leur professionnalisme envers les patients, dans des circonstances difficiles, sont irréprochables. Je veux maintenant aider ceux qui m’ont sauvé. Les Drs Gregory Hundemer, Arleigh McCurdy et Michael Kennah ont grandement contribué à mes soins et je ne les en remercierai jamais assez », conclut Dan. 

Pour finir, Dan a quelques conseils d’ami à donner aux gens qui planifient leur avenir : « Essayez de faire ce que vous pouvez et faites tout ce que vous pouvez. Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. On ne sait jamais ce qui nous attend. Un diagnostic dévastateur peut frapper à tout moment – vous, votre famille ou vos amis. Les membres des équipes de soins de L’Hôpital d’Ottawa seront toujours là pour nous, alors soyons là pour eux aujourd’hui et pour les prochaines années. » 

Dee Marcoux est une femme d’action proactive particulièrement habile pour résoudre des problèmes. Ses dons à L’Hôpital d’Ottawa représentent à ses yeux des investissements dans des changements positifs au sein de la collectivité. En décembre 2020, Dee a fait un don jumelé de 500 000 $ à l’Hôpital qui a inspiré bien d’autres personnes à faire de même pour redonner. Aujourd’hui, plus d’un an après le début d’une pandémie qui a éprouvé les travailleurs de la santé plus que jamais auparavant, elle espère de nouveau inspirer la collectivité à se joindre à elle pour honorer les travailleurs de la santé. Elle a choisi un moyen unique pour ce faire. 

Dee et son mari, Michel, unis depuis 40 ans, sur une plage à Freemantle, en Australie, où ils ont tenu une cérémonie des cendres pour ses parents, Allan et Kaye, ainsi que sa sœur, Marilyn – tous résidents d’Ottawa de longue date.

Q : Le don considérable que vous avez fait en décembre 2020 a inspiré plus de 7 000 personnes à faire un don en l’honneur des travailleurs de la santé. En quoi votre don cette année se distingue-t-il du don de l’an dernier? 

R : Mon don en avril cette année permettra aux quelque 17 000 membres de l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa de recevoir la nouvelle épinglette des Prix de gratitude. Le Programme des prix de gratitude remplace le Programme des Anges gardiens et constitue une façon pour moi de soutenir l’Hôpital tout en remerciant chaque membre de l’équipe d’une façon concrète. Ils ont tous travaillé extrêmement fort dans des conditions incertaines, changeantes et stressantes. J’ai été tellement impressionnée par la façon dont l’équipe s’est serré les coudes au cours de la dernière année. Nous avons tous bénéficié de leurs efforts, de leurs soins et de leur compassion et je leur en suis vraiment reconnaissante. Si je pouvais regarder chaque travailleur de la santé dans les yeux et lui dire « merci », je le ferais. C’est ma façon de le faire. 

« Nous vivons une période difficile et je pense qu’il est extrêmement important que tous les membres de la collectivité cherchent des moyens d’aider »

— Dee Marcoux

Q : Qu’est-ce qui vous a inspirée à aider à lancer le Programme des prix de gratitude? 

R : Mon mari Michel et moi aimons remercier les gens de manière tangible et nous écrivons beaucoup de cartes de remerciement. Lorsque c’est approprié, nous appelons également le service à la clientèle de l’entreprise pour dire à quel point nous sommes impressionnés par la personne qui nous a aidés. Dans le cas de L’Hôpital d’Ottawa, les épinglettes répondent parfaitement à ce désir. Vous remerciez la personne, son patron en est informé et vous faites en même temps un don à l’Hôpital. Lorsque j’ai entendu parler de l’initiative visant à introduire la nouvelle épinglette du Prix de gratitude, je me suis demandé comment je pouvais y contribuer. Mon don est la réponse à cette question. C’est une façon concrète pour moi de montrer ma gratitude envers les travailleurs de la santé. Nous vivons une période difficile et je pense qu’il est extrêmement important que tous les membres de la collectivité cherchent des moyens d’aider.  

Q : Bien des membres de la collectivité cherchent à souligner les efforts des travailleurs de la santé en ce moment. Quel conseil leur donneriez-vous? 

R : Je les mettrais au défi de se demander de quoi ils sont reconnaissants. J’espère que ceux qui ont été témoins des soins, de l’engagement et de la compassion de l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa envisageront de concrétiser leurs remerciements par un don au Programme des prix de gratitude. Saisissez toutes les occasions de dire merci. Créez un moment spécial pour quelqu’un en le remerciant. Ce peut être une infirmière ou un médecin qui a fait une différence. Ce peut être un bénévole qui vous a bien accueilli, un administrateur à qui vous avez parlé au téléphone ou un chercheur dont vous admirez le travail important. Remplissons les dragonnes, les sarraus de laboratoire et les uniformes d’épinglettes de gratitude. Si vous ne souhaitez pas honorer de personne en particulier ou si vous n’avez eu aucun contact avec l’Hôpital, j’espère que vous envisagerez tout de même de faire un don général à l’Hôpital. Il n’est pas nécessaire de faire un don important – la générosité collective a un grand pouvoir. Soutenir activement notre système de santé est quelque chose que nous pouvons tous faire. 

Quand la COVID-19 s’est invitée à Ottawa en mars 2020, nous étions dans l’inconnu. Toutefois, malgré l’arrivée rapide de nouvelle information au début de la crise et l’incertitude entourant le virus, un sentiment est clairement ressorti : la solidarité. La communauté allait bientôt faire déferler une vague de soutien à l’endroit de L’Hôpital d’Ottawa, pendant que les équipes de soins se mobilisaient pour les patients, dans un contexte qu’elles n’avaient jamais connu.

« Merci à nos généreux donateurs, dont certains ont fait un don pour la première fois. »
– Tim Kluke

Nos travailleurs de première ligne franchissaient les portes de l’Hôpital chaque jour pour lutter contre le virus et la population restait à la maison pour contribuer à aplatir la courbe. Malgré tout, il est devenu évident que les résidents voulaient en faire plus – et c’est ce qu’ils ont fait. Les dons, petits et grands, ont commencé à affluer et le Fonds d’urgence COVID‑19 a été créé. À ce jour, ce sont plus de deux millions de dollars qui ont été donnés généreusement pour soutenir la lutte de notre hôpital contre la COVID-19, et ces dons ont déjà servi. Tim Kluke, président-directeur général de La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa, souligne que cet appui a changé la donne dans la recherche et les projets de soins. « C’est encore une fois la preuve que nous sommes plus forts ensemble. Merci à nos généreux donateurs, dont certains ont fait un don pour la première fois. Les recherches en cours nous aideront à mieux comprendre et traiter la maladie, et ce faisant, à protéger nos patients et notre communauté. » Les dons sont encore les bienvenus.

La communauté nous a aussi aidés à nous procurer de l’équipement de protection individuelle (EPI). La communauté chinoise d’Ottawa s’est rapidement mobilisée et a amassé plus de 120 000 $ pour l’achat d’équipement essentiel comme des respirateurs et de l’EPI pour le personnel.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Se lancer dans l’inconnu

Alors que la communauté s’unissait pour montrer son soutien aux travailleurs de première ligne, une aile COVID-19 a été créée aux Campus Général et Civic pour les patients ayant contracté le virus. L’équipe du Campus Général, qui prenait normalement en charge des patients atteints de problèmes thoraciques ou oto-rhino-laryngologiques (touchant les oreilles, le nez ou la gorge) ou ayant subi une intervention chirurgicale, est devenue, presque du jour au lendemain, responsable de patients atteints de la COVID-19. Ces travailleurs ne se doutaient pas à l’époque qu’ils s’occuperaient de ces malades pendant plus d’un an. « Nous avons de l’expérience dans le traitement de problèmes pulmonaires et respiratoires sur notre unité; nous étions donc bien placés pour prendre soin de ces patients », explique Vanessa Large, une infirmière autorisée à notre hôpital depuis quatre ans.

Néanmoins, le défi était énorme et éprouvant. Kristine Belmore est une infirmière autorisée à notre hôpital depuis 11 ans et elle n’aurait jamais imaginé vivre une telle situation durant sa carrière. « Je travaillais la journée où les premiers patients atteints de la COVID-19 ont été admis. On recevait constamment de nouveaux protocoles pour la prise en charge de ces patients – et pas seulement chaque jour, mais même durant un quart de travail », mentionne l’infirmière. Elle ajoute : « Avant un quart de travail, je me sentais comme à mes débuts dans la profession, je ne dormais pas bien. J’étais anxieuse et j’avais peur de ce qui m’attendait ».

Leah Mills était infirmière autorisée depuis à peine trois ans lorsqu’elle a dû s’occuper de patients atteints de la COVID-19. « Il n’y a pas eu de transition, notre monde a été complètement chamboulé », décrit-elle.

La résilience devant les semaines qui devenaient des mois

Dr. Samantha Halman
La Dre Samantha Halman aide un patient à communiquer avec ses proches à l’aide d’un iPad.

Durant ces premières semaines de prise en charge, il était très difficile de voir certains patients stables passer soudainement à un état où leur vie ne tenait plus qu’à un fil. Ces événements ont pesé lourd sur le moral des trois infirmières. « L’augmentation de la charge de travail avec l’arrivée massive de patients était très exigeante. Au fil du temps, la situation s’est améliorée puisque des politiques claires ont été mises en place et que nous avons commencé à reconnaître une tendance dans le déclin des patients », se rappelle Leah Mills.

« Nous sommes devenus leur seul lien humain, nous sommes devenus leur deuxième famille. Nous tenions un iPad pour qu’ils puissent voir le sourire bienveillant d’un proche, parfois pour dire adieu. » – Vanessa Large

Nous avons dû réinventer nos façons de faire et trouver de nouvelles façons de calmer les patients lorsqu’ils avaient de la difficulté à respirer ou peur de ce qui pourrait leur arriver. Il y avait aussi les multiples pièces d’EPI, qui nous procuraient une meilleure sécurité, mais qui amenaient aussi de nouveaux défis. « Les soins aux patients étaient plus complexes, surtout avec les aînés qui sont parfois confus, parce qu’ils ne pouvaient pas voir nos expressions faciales; nous devions trouver d’autres moyens de les rassurer. Nous sommes aussi devenus le lien entre le patient et sa famille, par l’entremise d’appels téléphoniques et vidéo, une situation que nous n’avions jamais vécue auparavant », explique Kristine.

Vanessa renchérit : « Nous sommes devenus leur seul lien humain, nous sommes devenus leur deuxième famille. Nous tenions un iPad pour qu’ils puissent voir le sourire bienveillant d’un proche, parfois pour dire adieu. »

La durée de la pandémie a commencé à épuiser les infirmières sur les plans psychologique et émotionnel. Leah explique que le personnel infirmier a l’habitude d’aider les patients à se rétablir. « On se sent dépassés et épuisés quand on voit les patients rapidement dépérir et parfois, mourir. Ce n’est pas une réalité à laquelle j’étais habituée dans ma profession. »

Heureusement, au cours de la dernière année, cette équipe dévouée a aidé la majorité des patients atteints de la COVID-19 à recouvrer la santé et à retourner à la maison, auprès de leurs proches.

Les infirmières de « l’étage de la COVID »

« Quand on travaille à l’unité de COVID-19, on voit les chiffres grimper et redescendre; on ne sait jamais quand tout pourrait basculer. »
— Leah
« L’équipe a vraiment été le point fort de mon expérience à l’unité de COVID-19. Tout le monde était prêt à soutenir et à former les petits nouveaux. Les patients étaient aussi très accommodants, et je me souviendrai d’eux pendant longtemps. »
— Margaret
« Ce que j’ai trouvé le plus difficile cette année, c’est d’être témoin de beaucoup de souffrance et de ne pas être en mesure d’aider autant que je l’aurais voulu. »
— Michael
« La COVID-19 m’a appris à chérir les moments passés avec ma famille, mes amis et mes collègues, et à en profiter pleinement. »
— Jeannette

Un patient atteint de la COVID-19 est reconnaissant des soins empreints de compassion qu’il a reçus

L’un des patients ayant été aux premières loges des soins empreints de compassion prodigués dans l’aile COVID-19 est le Père Alex Michalopulos. Le prêtre orthodoxe grec a été hospitalisé 10 jours. Il se sent extrêmement chanceux de se sentir mieux aujourd’hui. « Je suis reconnaissant pour les moments où les médecins et le personnel infirmier passaient me voir et me rassuraient, je suis reconnaissant des soins extraordinaires qui m’ont été prodigués avec amour et respect pour la vie humaine. »

« J’ai beaucoup plus de respect pour les professionnels de la santé. J’en ai toujours eu, mais cette fois, c’était différent; ils étaient là pour moi. » – Père Alex Michalopulos

Fr. Alex Michalopoulos of the Greek Orthodox Church
Le père Alex Michalopoulos de l’Église orthodoxe grecque. Le père Alex a été traité contre la COVID-19 à L’Hôpital d’Ottawa l’an dernier.

Les larmes aux yeux, il prend une courte pause pour se reprendre. Le Père Michalopulos dit qu’il est parfois bien de voir l’autre côté de la médaille, de vivre ce que traversent d’autres personnes. « J’ai beaucoup plus de respect pour les professionnels de la santé. J’en ai toujours eu, mais cette fois, c’était différent; ils étaient là pour moi. »

Il ajoute : « Ils m’ont tenu la main et ont fait preuve d’empathie. Ils m’ont montré beaucoup de respect et d’amour. Je leur en serai toujours reconnaissant ». C’est cette touche particulière et ces soins uniques prodigués par de parfaits étrangers qui ont aidé le Père Michalopulos à regagner la force nécessaire pour retrouver ses proches et plus tard, sa famille paroissiale.

« Je n’oublierai jamais la façon dont j’ai été traitée par ces personnes qui ne me connaissaient pas. Je les admire et elles feront toujours partie de mes prières. »

Pour contribuer aux efforts, le Père Michalopulos participe à une étude sur les effets à long terme du virus. La scientifique Sara J. Abdallah et la Dre Juthaporn Cowan effectuent un suivi auprès des patients participants 3, 6 et 12 mois après l’infection.

Le Père Michalopulos explique pourquoi il voulait s’impliquer : « Je voulais aider les scientifiques à comprendre les effets à court et à long terme du virus, et ainsi contribuer au développement d’un vaccin ou d’un traitement ».

Contribuer par la recherche

Des chercheurs de notre hôpital ont grandement contribué à la course contre la montre mondiale pour combattre la COVID-19. Ils explorent plus de 60 projets de recherche pour appuyer les efforts planétaires visant à trouver de meilleures façons de traiter et de prévenir l’infection au virus. Certains de ces projets ont été financés par des donateurs, par l’entremise du Fonds d’urgence COVID‑19, dont le premier essai clinique au monde visant à protéger les patients atteints du cancer contre la COVID-19. À ce jour, 22 patients ont été recrutés pour ce projet dirigé par la Dre Rebecca Auer.

Les scientifiques John Bell et Carolina Ilkow mettent à profit leur expertise en fabrication de virus qui s’attaquent au cancer pour développer un vaccin contre la COVID-19, une solution canadienne. De plus, notre Centre de fabrication de biothérapies participe à la fabrication de trois autres vaccins contre la COVID-19 pour des essais cliniques, ainsi qu’au développement d’un traitement expérimental par cellules souches.

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Des signes d’espoir après une année éprouvante

Avec la recherche qui apporte de plus en plus de réponses, l’optimisme grandit dans l’équipe de soins. L’arrivée du premier vaccin en décembre était aussi une lueur au bout du tunnel. « Le vaccin nous donne de l’espoir. Je me souviens à quel point j’étais heureuse de recevoir le mien », décrit Kristine.

Venus Lucero, a nurse at The Ottawa Hospital
Venus Lucero, infirmière à L’Hôpital d’Ottawa, administre la première dose de l’hôpital du vaccin contre la COVID-19.

Il y a de l’espoir qu’un jour la vie reprenne son cours, comme avant, ou presque. Pour Kristine, cela voudrait dire qu’elle ne serait plus inquiète en serrant ses enfants dans ses bras au retour du travail.

Pour Leah, cela voudrait dire qu’elle pourrait enfin décrocher, pour la première fois en un an, et vraiment relaxer. Pour Vanessa, cela voudrait dire de pouvoir enfin passer du temps avec son fiancé, Colin, qui est aussi travailleur de première ligne, puisqu’ils ne se voient pas durant la pandémie. Avec ce sentiment d’espoir vient également une grande fierté d’avoir su donner des soins de qualité durant cette période sans précédent. Et d’avoir su se serrer les coudes.

Écoutez le balado Pulse pour entendre le pour en savoir plus sur cette année dans l’aile COVID-19.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

À bien des égards, Bryde Fresque est un spécimen rare. Il possède un goût pour la vie qui le distingue des autres. Cela, la Dre Carolyn Nessim, chirurgienne oncologue et chercheuse clinicienne à L’Hôpital d’Ottawa, l’a constaté quand M. Fresque a reçu un diagnostic qui l’a forcé à lutter pour sa vie contre une succession de rares problèmes de santé. Au bout du compte, une équipe d’experts aura été nécessaire pour arriver à diagnostiquer et à traiter son phéochromocytome, une tumeur rare qui a mis son avenir en péril.

Le parcours du jeune homme, qui a abouti au diagnostic d’une rare tumeur cancéreuse, a débuté en 2012, le lendemain de Noël. M. Fresque revenait de Napanee quand il a commencé à ressentir une douleur du côté gauche de son corps. Il a alors décidé de s’arrêter dans une pharmacie non loin d’Ottawa où, en le voyant plié de douleur, on lui a recommandé de se rendre à l’hôpital le plus près, un hôpital communautaire.

À peine arrivé à la salle d’urgence, M. Fresque a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa pour y recevoir des soins spécialisés. La douleur était alors intolérable. Une fois à l’Hôpital, on a constaté qu’il avait subi une rupture hémorragique spontanée de la glande suprarénale gauche et qu’il saignait abondamment. Heureusement, le jeune homme était entre bonnes mains : les radiologistes interventionnels ont pratiqué une embolisation d’urgence, une opération qui consiste à introduire un fil guide dans l’un des vaisseaux sanguins de la jambe, pour atteindre le vaisseau rupturé, près de la glande suprarénale. On injecte ensuite un produit pour colmater ce vaisseau et ainsi interrompre le saignement. Après l’opération, Bryde Fresque a séjourné dix jours à l’hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui.

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Les symptômes inhabituels se multiplient

Par la suite, Bryde Fresque, pourtant jeune et actif, a continué de sentir que quelque chose clochait. Impossible pour lui de se débarrasser de ses symptômes inhabituels : « Je me souviens que j’étais trempé de sueur, comme si mon corps n’arrivait pas à se refroidir. À la salle d’entraînement, je pouvais rester 15 minutes sous l’eau froide après avoir fait du vélo, sans voir de différence », explique-t-il.

À l’été 2013, il s’est soumis à une batterie de tests et de questions au Centre de cancérologie, dans l’espoir d’obtenir un diagnostic.

« Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. »

— Dre Carolyn Nessim
Bryde kayaking in Iceland with Natalie.
Bryde Fresque et Natalie en kayak en Islande.

À 32 ans, Bryde Fresque n’aurait jamais pensé qu’il pouvait être atteint d’un cancer. « J’étais jeune et en santé, je ne fumais pas, je ne consommais pas de drogue et j’étais actif. D’ailleurs, au départ, mes symptômes se manifestaient seulement quand je faisais du sport. Mon corps surchauffait, même par temps froid, et j’étais incapable de me rafraîchir. »

« Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

— Dre Carolyn Nessim

La rupture spontanée de la glande suprarénale de M. Fresque, six mois auparavant, est aussi venue compliquer le diagnostic. On a d’abord cru qu’il souffrait d’un gros hématome, un caillot résiduel qui se serait formé après l’interruption du saignement. « Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. Une rupture spontanée de la glande suprarénale, ça n’arrive que très rarement. Selon moi, le problème venait de la taille du caillot. Il dissimulait la tumeur qui se trouvait en dessous et la rendait difficile à détecter aux examens d’imagerie », explique la Dre Nessim.

À la recherche de la cause

Bryde at The Ottawa Hospital
Bryde Fresque a reçu des traitements pour une rare tumeur cancéreuse à L’Hôpital d’Ottawa.

Après quelque temps, M. Fresque a commencé à avoir de la difficulté à respirer et à se pencher dans certaines directions. Il a aussi remarqué qu’une distension était apparue sur son côté gauche. La théorie de l’hématome ne fonctionnait plus, car celui-ci aurait dû se résorber en quelques mois, selon la Dre Nessim. La médecin a alors envisagé la possibilité d’une tumeur.

C’est ainsi que le cas de Bryde Fresque a finalement atterri devant le comité de traitement des sarcomes de L’Hôpital d’Ottawa. « Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

Le comité d’experts a décidé que la chirurgie était la meilleure option pour diagnostiquer la maladie de M. Fresque, mais aussi pour traiter ce dernier en retirant la tumeur qui minait considérablement sa qualité de vie. Vu la taille de la tumeur et le nombre d’organes qu’elle semblait avoir envahi selon les résultats d’imagerie, l’opération s’annonçait à la fois longue et complexe, et comportait des risques et des complications potentielles qu’une équipe spécialisée serait le mieux à même de prévenir. L’équipe chargée du traitement des sarcomes possédait l’équipement et les connaissances nécessaires pour réaliser une telle opération. D’ailleurs, l’Hôpital est l’un des trois centres de traitement des sarcomes de la province qui possède la désignation d’Action Cancer Ontario. Même si la tumeur de Bryde Fresque était un phéochromocytome plutôt qu’un sarcome, l’approche chirurgicale était la même.

Un rendez-vous préopératoire des plus inusités

À l’automne 2013, la masse de M. Fresque avait atteint la taille d’un bloc de béton. Fidèle à sa personnalité unique, ce grand amateur de l’Halloween a décidé de se présenter à son rendez-vous préopératoire le 31 octobre vêtu d’un déguisement d’Ironman fait maison!

Le 15 novembre, une impressionnante équipe de plus de 20 professionnels était rassemblée dans la salle d’opération. M. Fresque se rappelle avoir entendu la Dre Nessim raconter l’anecdote du rendez-vous alors qu’il était étendu sur la table d’opération. « Ensuite, elle s’est penchée vers moi et m’a dit “prends une grande inspiration, Ironman” alors qu’on m’intubait. »

Le jeune homme a dû s’en remettre entièrement à la Dre Nessim et à son équipe durant l’opération délicate de 12 heures. Celle-ci pouvait comporter plusieurs risques; même si le phéochromocytome de M. Fresque semblait non fonctionnel, le stress associé à la chirurgie aurait pu stimuler la tumeur et lui faire sécréter de l’adrénaline, une hormone susceptible de faire gravement augmenter la pression artérielle. L’équipe a administré au patient des médicaments particuliers pour éviter que cela ne se produise.

« Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »

— Dre Carolyn Nessim
Dr. Carolyn Nessim, The Ottawa Hospital
La chirurgienne oncologue de Bryde Fresque, la Dre Carolyn Nessim.

Juste avant de se rendre dans la salle d’opération pour réaliser l’épineuse chirurgie, la Dre Nessim a étudié les résultats d’imagerie et visualisé, dans l’ordre, chaque étape à suivre pour retirer la tumeur. La médecin était entourée d’une équipe hautement spécialisée comprenant un urologue, un chirurgien thoracique, un chirurgien hépato-biliaire et pancréatique, et deux anesthésistes. « Ce n’était pas un cas banal », résume t-elle.

L’équipe a retiré le rein et la glande suprarénale gauches de Bryde Fresque, ainsi que le tiers de son pancréas. Elle a aussi réséqué, puis reconstruit, son côlon, son intestin et son diaphragme, et a retiré sa rate, une rate accessoire – présente chez certains patients –, dix nœuds lymphatiques et l’hématome. Heureusement, la Dre Nessim a également pu retirer la tumeur en entier. L’opération a été un succès.

Des réponses

Bryde Fresque a passé 40 jours à l’hôpital après l’opération, et c’est durant son séjour qu’il a finalement obtenu une explication pour ses symptômes. On lui a diagnostiqué un phéochromocytome, une tumeur rare et parfois cancéreuse qui se forme en général sur l’une des deux glandes suprarénales, situées au-dessus des reins. Dans environ 10 % des cas, la tumeur se propage à d’autres parties du corps. Le danger du phéochromocytome, c’est qu’il peut sécréter une hormone appelée adrénaline en quantité excessive, ce qui fait grimper la pression artérielle et peut rendre les gens malades. Par contre, la tumeur de M. Fresque était non fonctionnelle, ce qui signifie qu’elle ne sécrétait pas d’adrénaline ou très peu, compliquant ainsi l’établissement d’un diagnostic avant la chirurgie. Qui plus est, les tests urinaires du jeune homme visant à détecter la présence de marqueurs de l’adrénaline étaient négatifs.

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. »

— Dr Neal Rowe

« Voilà qui pourrait expliquer pourquoi il avait chaud et suait abondamment. Sa tumeur sécrétait peut-être une quantité subclinique d’adrénaline. Elle était bien cancéreuse », indique la Dre Nessim.

L’expertise dans les phéochromocytomes

Bryde with his wife and child
Bryde Fresque, son épouse Natalie et leur fils, Edmond.

Une bonne partie de la recherche qui s’effectue à l’Hôpital et ailleurs dans le monde se concentre sur la détection et le traitement rapides du phéochromocytome. Le Dr Neal Rowe, urologue clinicien à L’Hôpital d’Ottawa, mène des recherches sur ce type de tumeur : « Nous savons que certains gènes augmentent le risque de développer un phéochromocytome. En les repérant chez des patients, nous pouvons tester les membres de leur famille, ce qui permet de détecter la tumeur rapidement et d’étudier les facteurs biologiques qui mènent à sa formation. » Selon lui, ce type de tumeur touche environ une à deux personnes sur 100 000.

« Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père. »

— Bryde Fresque

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. Nous avons un groupe collaboratif d’experts en endocrinologie et en génétique médicale, ainsi qu’une équipe d’anesthésistes et de chirurgiens dédiés. Grâce à nos recherches et à nos diverses initiatives nationales, je crois que nous nous démarquons », ajoute le Dr Rowe.

Aller de l’avant, viser plus haut et redonner

Aujourd’hui, sept ans après l’opération, le cancer de Bryde Fresque ne montre aucun signe de récidive. Il lui a fallu du temps, mais le jeune homme a repris son mode de vie actif et il est très reconnaissant des soins qu’il a reçus. Lui et son épouse ont d’ailleurs gravi le mont Kilimandjaro, en Tanzanie, ainsi que le col le plus élevé au monde, situé dans la chaîne Annapurna de l’Himalaya, au Népal, dans le but d’amasser des fonds et de sensibiliser les gens aux cancers endocriniens rares – tout cela alors que M. Fresque était toujours considéré comme un patient atteint du cancer.

Bryde and Natalie at Uhuru Peak on Mount Kilimanjaro.
Bryde Fresque et Natalie au mont Kilimandjaro.

« Avoir un cancer, ou simplement tomber malade, ça change une vie. Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père », affirme M. Fresque, avant d’ajouter : « Honnêtement, je pense que si j’avais été ailleurs, si on m’avait confié à quelqu’un d’autre, je ne serais probablement pas ici aujourd’hui. J’en suis certain. »

C’est pourquoi M. Fresque organise chaque année une fête d’Halloween, connue sous le nom de « Spadinaween », pour amasser des fonds en appui à l’Hôpital. Il a recueilli plus de 10 000 $ jusqu’à maintenant, et même la Dre Nessim vient faire un tour.

Un lien particulier unit toujours le patient et la médecin; M. Fresque s’est même porté volontaire pour aider la Dre Nessim à mener un projet de recherche mondial sur les sarcomes. Pour le jeune homme, c’est un honneur d’aider d’autres patients. « Pour moi, ce qui a bouclé la boucle, c’est quand on m’a invité à participer à une étude internationale – avec la Dre Nessim et d’autres médecins du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Australie – pour améliorer l’expérience des patients. Si je peux transformer quelque chose de négatif en positif, vous pouvez compter sur moi! »

Le fait de voir Bryde Fresque profiter de la vie aujourd’hui rend plus supportables les journées interminables et éreintantes passées en salle d’opération et la recherche constante de réponses. « C’est pour ça que je fais ce travail. C’est ma plus grande joie et ma plus belle récompense, affirme la Dre Nessim. Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Clarence Byrd a toujours su exactement comment il voulait vivre sa vie, et ce qu’il adviendrait après son décès. Il s’est éteint paisiblement le 30 mai 2020, grâce au programme d’aide médicale à mourir (AMAM). Dans les jours qui ont précédé son décès, il a planifié avec soin, à son domicile au centre-ville d’Ottawa, le don par testament qu’il ferait à L’Hôpital d’Ottawa, s’assurant ainsi que ses inébranlables convictions philanthropiques perdurent des années durant.

M. Byrd et son épouse, Ida Chen, ont été mariés durant 43 ans. Ils ont vécu une belle vie, passant presque tout leur temps ensemble. « D’emblée, nous sommes devenus les meilleurs amis, et nos aptitudes complémentaires nous ont amenés à publier plus de 150 ouvrages sur la comptabilité générale et l’imposition, dont Canadian Tax Principles, le manuel de référence sur l’imposition dans les universités et collèges canadiens », a écrit M. Byrd avant de mourir.

« Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

— Clarence Byrd

Retraités du milieu de l’éducation depuis 15 ans, M. Byrd et Mme Chen étaient inséparables. Ils adoraient la nature, et profitaient de chaque instant passé ensemble pour faire de la randonnée, du ski et du vélo un peu partout en Amérique du Nord.

Le choc du diagnostic

En décembre 2016, Mme Chen reçoit un diagnostic bouleversant : on lui a détecté un glioblastome, une tumeur au cerveau particulièrement agressive. Elle subit de nombreuses chirurgies, dont une à l’aide d’un microscope révolutionnaire, qui était alors prêté à l’Hôpital. Peu de temps après cette intervention, M. Byrd et Mme Chen, conscients de l’importance de l’équipement, versent une contribution substantielle pour l’achat du microscope. La philanthropie a toujours occupé une place de choix dans leur vie, et grâce à leur générosité, de nombreux patients ont pu bénéficier de cet instrument chirurgical capable de sauver des vies, l’un des rares au Canada.

Clarence and Ida skating
Clarence Byrd et Ida Chen patinent sur la patinoire du canal Rideau.

Le 6 novembre 2019, M. Byrd disait adieu à l’amour de sa vie. Ida Chen est décédée paisiblement avec l’aide médicale. Elle n’avait plus à souffrir.

Et puis, moins de quatre mois après le décès d’Ida, M. Byrd reçoit un diagnostic de cancer de l’œsophage. On lui apprend qu’en raison de l’emplacement de la tumeur, la chirurgie n’est pas une option, et qu’il lui reste de 12 à 18 mois à vivre.

C’est à ce moment que Clarence Byrd met à exécution son plan pour le temps qu’il lui reste à vivre et pour ce qu’il adviendra de son patrimoine après son décès. Il demande à bénéficier du programme AMAM et reçoit une réponse favorable. Cette nouvelle lui apporte la tranquillité d’esprit dont il avait besoin : « Il était extrêmement réconfortant pour moi de savoir que je n’aurais pas à souffrir inutilement à la fin de ma vie », écrit-il.

Éduquer les autres, des années durant

Laura Wilding, infirmière en pratique avancée à L’Hôpital d’Ottawa et gestionnaire de programme, Réseau d’aide médicale à mourir de la région de Champlain, a participé à la planification des interventions de M. Byrd et de Mme Chen. Depuis l’introduction du programme d’AMAM, il y a quatre ans, des patients lui disent qu’ils veulent aider l’Hôpital en faisant un don par testament. M. Byrd lui a indiqué très clairement que c’est ce qu’il voulait faire. « Il a même repoussé la date à laquelle il devait recevoir l’aide médicale à mourir pour s’assurer que son don serait versé comme il le voulait », précise Mme Wilding.

« Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leur maladie. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital. »

— Joshua Smith

Le couple a eu des carrières fructueuses, et il était important pour M. Byrd de tirer parti de sa bonne fortune pour aider à bâtir l’avenir, même lorsqu’il ne serait plus là. Mme Wilding se souvient de l’avoir entendu dire : « Nous avons de l’argent, nous sommes des philanthropes et nous sommes convaincus que plus de gens doivent connaître et de comprendre le programme d’AMAM. »

Clarence Byrd et Ida Chen lors d’une randonnée.
Le couple aimait jouer de la musique ensemble à la maison.

Le comptable de M. Byrd, Joshua Smith, un associé à Welch, explique que les séjours de Clarence et d’Ida à L’Hôpital d’Ottawa ont laissé leur marque. « Ils ont trouvé les médecins, les infirmières et le personnel fort serviables et très bien informés au sujet de leurs maladies. C’est la raison pour laquelle M. Byrd voulait donner à l’Hôpital », affirme M. Smith.

« Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait. »

— Laura Wilding

Margaret Tardiff était une amie proche du couple. Elle souligne à quel point l’éducation était importante aux yeux de M. Byrd, ce que son don à l’Hôpital perpétuera pendant de nombreuses années. « Il était toujours en train de s’éduquer ou d’éduquer les autres. Il était d’avis que l’éducation aiderait les gens à comprendre l’importance du programme d’AMAM », explique-t-elle.

Un héritage durable

Les patients de l’Hôpital et leur famille bénéficieront pendant des décennies du legs de M. Byrd. « Sa générosité aura un effet durable sur les soins prodigués à l’Hôpital, et ça, M. Byrd le savait », explique Mme Wilding.

M. Byrd est décédé à son domicile, à l’âge de 82 ans, comme il l’entendait et en ayant planifié son patrimoine exactement comme il le voulait. Son décès marque la fin d’une vie vécue pleinement, marquée par 43 années passées aux côtés de sa tendre épouse, Ida Chen. M. Byrd a même rédigé un article dans l’Ottawa Citizen avant son décès : « Notre vie ensemble a surpassé nos rêves les plus fous; ce fut une merveilleuse histoire d’amour. »

Une vie exceptionnelle, et un héritage qui se perpétuera grâce à la prévoyance de M. Byrd et à son désir de soutenir L’Hôpital d’Ottawa. Il fut un philanthrope jusqu’à la fin.

Clarence at Yoho National Park
Clarence Byrd dans le parc national Yoho.