Dan MacMillan a cru pendant longtemps qu’il pouvait contrôler tous les aspects de sa vie. Sa théorie était simple : s’il s’en tenait à luimême, baissait la tête et travaillait dur, il pouvait surmonter tout ce que la vie mettait sur son chemin. Pendant un certain temps, cette approche a bien fonctionné pour lui. Après tout, elle a fonctionné pendant ses années à l’université, qui ont mené à l’obtention d’un baccalauréat en économie de l’Université d’Ottawa et à une brillante carrière en tant que viceprésident et conseiller en gestion du patrimoine à BMO Nesbitt Burns. Toutefois, en 2020, au moment même où la pandémie de COVID19 touchait Ottawa, Dan a reçu des nouvelles bouleversantes qui allaient l’obliger à lâcher prise. À seulement 51 ans, il a entendu ces mots qui ont chamboulé sa vie : « vous avez le cancer ».

Dan MacMillan reçoit son premier traitement de chimiothérapie à l’Hôpital.

« Lorsque nous avons reçu le diagnostic de Dan, nous avons pleuré. »

– Jenny Chen

Tout a commencé par une éruption cutanée, des sueurs nocturnes excessives et une enflure au cou telle qu’il ne pouvait plus attacher ses chemises. « Mon cou était devenu si épais que je ressemblais à l’incroyable Hulk », explique Dan. Ils ont d’abord pensé à une infection virale mineure, mais lorsque ses symptômes ont progressé, la compagne de Dan, Jenny Chen, s’est inquiétée et l’a incité à prendre rendez-vous avec son médecin. « Jenny a été la force motrice qui m’a encouragé à me faire examiner, souligne Dan. Si elle n’avait pas été là, j’aurais attendu encore plus longtemps. »

Après des mois de tests, de biopsies des nœuds lymphatiques et de la moelle osseuse, Dan a reçu un diagnostic de lymphome à petits lymphocytes, un cancer que l’on trouve principalement dans les nœuds lymphatiques. Bien qu’il ait été détecté à un stade précoce, un diagnostic de cette ampleur a été bouleversant. « Lorsque nous avons reçu le diagnostic de Dan, nous avons pleuré », confie Jenny.

C’était le début d’un cheminement fort en émotions pour recevoir des traitements et des soins contre le cancer à L’Hôpital d’Ottawa.

Jenny a demandé Dan en mariage à mi-chemin de sa chimiothérapie de six mois.

Q : Qu’est-ce qui vous a incité à soutenir notre l’hôpital et pourquoi estimez-vous important de donner? 

Jenny : Avant le diagnostic de Dan, je voulais soutenir L’Hôpital d’Ottawa. J’étais touchée par la qualité des soins offerts aux patients et je voulais offrir mon aide.

Quand Dan a reçu le diagnostic, j’étais à ses côtés en tant qu’amie. Pendant les six mois de sa chimiothérapie, notre affection l’un pour l’autre a grandi et j’ai pris conscience que la vie est trop courte. Je l’ai demandé en mariage à mi-chemin des traitements pour lui montrer que je serais à ses côtés jusqu’au bout! Il faut faire tout ce qu’on peut faire pendant le temps dont on dispose.

Dan : C’est seulement quand j’ai reçu les traitements et que Jenny est devenue ma compagne que le don est devenu une affaire de famille. L’Hôpital m’a sauvé la vie et celle de ma nouvelle famille, soit Jenny et nos enfants. C’est ma façon de dire merci.

Q : Qu’est-ce qui vous a incité à soutenir notre l’hôpital et pourquoi estimez-vous important de donner?

Dan : La plupart du temps, j’aime la solitude. Toutefois, lorsque j’ai reçu le diagnostic de cancer, l’un des aspects les plus difficiles a été d’avoir l’impression que je devais vivre cette épreuve seul. C’est Jenny qui m’a fait comprendre que si je m’ouvrais pour exprimer ce que je vivais, le poids de cette épreuve serait moins lourd – non seulement pour moi, mais aussi pour mes proches. C’est le meilleur conseil que j’aurais pu recevoir. Ainsi, pendant que je traversais l’une des années les plus difficiles de ma vie, plutôt que de me débrouiller seul, j’étais entouré d’un incroyable groupe de proches et d’amis qui voulaient nous soutenir, moi et ma famille, de toutes les manières possibles.

Dan a reçu le soutien de nombreux amis et membres de sa famille pendant ses traitements contre le cancer.

Quand on fait un don à un organisme caritatif, on soutient des gens qu’on ne connaît pas. Nous avons maintenant l’impression de connaître une partie de leur histoire, car nous avons nous-mêmes vécu cette expérience. En donnant, nous avons donc l’impression de soutenir un groupe d’amis.

Q : Pourquoi est-il important que d’autres gens donnent aussi? 

Jenny : L’Hôpital d’Ottawa aura une incidence dans la vie de chaque personne de cette ville à un moment ou à un autre. Tout le monde utilisera L’Hôpital d’Ottawa et ses ressources à différentes étapes de sa vie, qu’il en soit conscient maintenant ou non. Si notre collectivité veut recevoir des soins de calibre mondial, elle doit y mettre du sien.

« L’Hôpital m’a sauvé la vie et celle de ma famille. C’est ma façon de dire merci. » 

– Dan MacMillan

Dan : Si vous envisagez de faire un don, vous n’avez qu’à regarder autour de vous. Pensez à toutes les personnes de notre collectivité qui pourraient bénéficier de soins à l’hôpital. Ce pourrait être votre voisin, votre ami ou un collègue. Pourquoi ne voudriez-vous pas les soutenir?

Dans son enfance, Dan Lynch a appris à aider les autres chaque fois qu’il le pouvait. Ce sont ses parents qui lui ont inculqué ce principe et il n’a jamais cessé de le mettre en pratique. C’est ce qui l’a inspiré à faire un don testamentaire avec sa femme, Wendy, pour soutenir la recherche sur le myélome multiple à L’Hôpital d’Ottawa, après avoir été traité à l’Unité de médecine d’un jour du Centre de cancérologie.  

Dan, qui est né et a grandi à Montréal, a travaillé pendant 30 ans comme mécanicien d’aéronefs. Il a rencontré Wendy en 1988, grâce à des amis communs qui les ont invités à une fête. Deux ans plus tard, ils se mariaient et en 1991, s’installaient sur un domaine pittoresque à Green Valley, en Ontario, près de Lancaster – une terre de 43 acres qui tient Dan bien occupé. « Nous avons environ 200 000 arbres, alors il y a toujours quelque chose à faire. Je me lève tôt pour nourrir le chien et les chats, puis je commence ma journée, mais vers 13 heures je dois me reposer, car je me fatigue plus facilement maintenant », explique-t-il. 

Des symptômes grippaux et des préoccupations pour ses reins 

Pour comprendre pourquoi Dan est plus fatigué maintenant, il faut remonter à juillet 2019. Tout a commencé quand il a ressenti des symptômes de grippe. Après deux semaines, il n’allait toujours pas mieux. Devant l’insistance de Wendy, il s’est rendu à l’Hôpital Glengarry Memorial d’Alexandria, une ville voisine. « Mes prises de sang ont révélé des taux de créatinine extrêmement élevés et les médecins s’inquiétaient de mes fonctions rénales », raconte Dan. 

 « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans. »

– Dan Lynch

Puisque ses résultats laissaient supposer qu’il pourrait avoir besoin d’une dialyse d’urgence, Dan a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa. Cependant, après d’autres analyses, c’est un diagnostic dévastateur que l’on a annoncé à Dan et à Wendy. « Les médecins m’ont dit que mon problème aux reins était causé par un cancer appelé myélome multiple », se souvient-il.  

La nouvelle fut bouleversante. Même s’il ne se sentait pas bien, Dan n’aurait jamais pensé entendre les mots « cancer » ou « myélome multiple ».  

Qu’est-ce que le myélome multiple? 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch à leur domicile de Green Valley 

Le myélome multiple est une forme rare de cancer qui se développe dans les plasmocytes, un type de globule blanc qui produit des anticorps servant à combattre les infections. Les plasmocytes d’une personne atteinte d’un myélome multiple se transforment et se divisent de façon incontrôlable, produisant plus de cellules anormales.  

Les symptômes comprennent de la douleur aux os, de la fatigue et de la faiblesse dues à l’anémie, ainsi qu’un mauvais fonctionnement des reins – Dan avait tous ces symptômes.  

La probabilité d’un diagnostic de myélome multiple est plus élevée chez les hommes que chez les femmes et l’âge médian au diagnostic est de 68 ans. Un médecin peut découvrir ce cancer en faisant les analyses de sang habituelles liées à d’autres problèmes de santé ou en prescrivant des analyses si un patient présente les symptômes de la maladie. Il existe divers traitements pour ce type de cancer, dont la greffe de cellules souches.   

« Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. »

— Wendy Lynch

La greffe de cellules souches se divise en deux grands types : l’allogreffe, s’il s’agit de cellules souches d’un donneur, et – dans le cas de Dan – l’autogreffe, s’il s’agit des cellules souches du patient lui-même.   

Dan a d’abord été hospitalisé pendant une dizaine de jours pour stabiliser son état. Par la suite, il est retourné au Centre de cancérologie chaque vendredi, pendant 16 semaines, pour recevoir de la chimiothérapie en vue d’une greffe de cellules souches. Dan a alors appris qu’il pouvait être son propre donneur. « Ce n’est pas tout le monde qui peut utiliser ses propres cellules souches. Je me trouvais très chanceux de pouvoir le faire, admet-il, car cela réduit les chances d’infection et d’incompatibilité avec les cellules du donneur. »  

Le rôle crucial de l’Unité de médecine d’un jour  

En janvier 2020, l’équipe de soins de Dan avait terminé de prélever et de congeler ses cellules souches (quatre sacs, en fait) en vue de les réintroduire dans son corps. Le 17 février 2020, Dan est entré à l’hôpital et a reçu une dose élevée de chimiothérapie. Deux jours plus tard, ses cellules souches désormais saines lui ont été réadministrées. Dan avait une seconde chance de vivre.   

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie »

— Dan Lynch

Ces deux interventions ont eu lieu à l’Unité de médecine d’un jour. Le Programme de transplantation et de thérapie cellulaire (TTC) de L’Hôpital d’Ottawa réalise environ 200 greffes par année. Notre Programme de TTC a été le premier à l’extérieur des États-Unis à obtenir l’agrément de la Foundation for the Accreditation of Cellular Therapy (FACT), qui établit la norme mondiale des soins de qualité supérieure dans le cadre de thérapies cellulaires. Le Programme de TTC offre des soins à quatre emplacements, dont l’Unité de médecine d’un jour où Dan a reçu sa greffe de cellules souches.  

« Je suis en rémission. La maladie ne se guérit pas, mais elle est traitable. Le personnel du Centre de cancérologie m’a sauvé la vie », affirme Dan.  

Une reconnaissance infinie envers L’Hôpital d’Ottawa  

Le 7 mars 2020, Dan était de retour à la maison auprès de Wendy, sur cette vaste propriété qui leur procure tant de bonheur, pour entreprendre le prochain chapitre de leur vie. 

Aujourd’hui, ils sont infiniment reconnaissants envers notre hôpital – tout en admettant qu’ils ne réalisaient pas pleinement l’importance de son rôle. « Je ne réalisais pas à quel point L’Hôpital d’Ottawa était important avant d’en avoir besoin. Avant 2019, je n’avais jamais été malade en 66 ans », explique Dan. 

« Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. »  

— Dan Lynch

Quant à Wendy, elle est reconnaissante d’avoir pu accompagner son mari pendant cette période et être témoin des soins extraordinaires qu’il a reçus. « Ce fut une expérience d’apprentissage pour nous et, en raison des soins que Dan a reçus, nous serons toujours liés à l’Hôpital. » 

Dan and Wendy Lynch
Dan et Wendy Lynch laissent un don à notre hôpital dans leur testament

C’est ainsi que le couple a décidé de poser un geste spécial pour remercier notre hôpital. En repensant aux valeurs que ses parents lui avaient transmises longtemps auparavant, Dan a décidé avec Wendy de léguer dans leur testament un don en appui à L’Hôpital d’Ottawa. « Nous sommes si reconnaissants des soins que j’ai reçus. Merci aux médecins, aux infirmières, aux préposés aux soins personnels, aux infirmières auxiliaires et aux bénévoles qui travaillent si fort pour les patients comme moi. Leur compassion et leur professionnalisme envers les patients, dans des circonstances difficiles, sont irréprochables. Je veux maintenant aider ceux qui m’ont sauvé. Les Drs Gregory Hundemer, Arleigh McCurdy et Michael Kennah ont grandement contribué à mes soins et je ne les en remercierai jamais assez », conclut Dan. 

Pour finir, Dan a quelques conseils d’ami à donner aux gens qui planifient leur avenir : « Essayez de faire ce que vous pouvez et faites tout ce que vous pouvez. Prenez un moment pour réfléchir à ce que vous pouvez faire pour aider les autres. C’est gratifiant de contribuer à la mission de l’hôpital, autant aujourd’hui que dans l’avenir. On ne sait jamais ce qui nous attend. Un diagnostic dévastateur peut frapper à tout moment – vous, votre famille ou vos amis. Les membres des équipes de soins de L’Hôpital d’Ottawa seront toujours là pour nous, alors soyons là pour eux aujourd’hui et pour les prochaines années. » 

Stefanie Scrivens a un souvenir limpide de sa première mini-crise épileptique, même si elle ignorait ce que c’était à l’époque. Elle n’avait que 13 ans, et elle a vécu avec ses symptômes sans obtenir de diagnostic pendant près d’une décennie, jusqu’à ce qu’une tomodensitométrie révèle qu’elle était atteinte d’une tumeur au cerveau qui deviendrait cancéreuse si on ne la traitait pas. Son meilleur espoir de survie se fondait sur deux chirurgies éveillées au cerveau de huit heures, réalisées à notre hôpital par le Dr John Sinclair, neurochirurgien, et son équipe d’experts hautement compétents.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Des symptômes effrayants

Stefanie se rendait en classe, à l’école élémentaire, quand elle a remarqué une odeur de métal et un goût métallique dans sa bouche et que sa vue s’était embrouillée. Ces symptômes bizarres n’ont duré que quelques instants, mais par la suite elle était désorientée et confuse et elle avait un mal de tête intense. « Je suis seulement fatiguée », s’est-elle dit, et elle a continué sa journée comme si de rien n’était. Toutefois, les symptômes sont revenus et pouvaient se produire jusqu’à 20 fois par jour pendant une semaine entière, toutes les six semaines – de quoi effrayer n’importe qui, en particulier une adolescente.

Inquiets, les parents de Stefanie l’ont emmenée consulter son médecin de famille. « On m’a dit que j’avais des douleurs de croissance, que c’était simplement ma puberté. Je pensais que ce que je vivais était normal », raconte Stefanie. Mais ses symptômes ont évolué d’année en année et elle a fini par découvrir qu’ils étaient tout sauf normaux.

« Le Dr Seale ne s’est pas contenté de mettre cela sur le compte de l’anxiété ou de dire que ça disparaîtrait en vieillissant. Il était déterminé à m’aider à trouver ce qui se passait. »

– Stefanie Scrivens

Un heureux hasard

À 20 ans, Stefanie a commencé à avoir de nouveaux symptômes. Elle a alors décidé de se rendre à l’Urgence, pour enfin faire la lumière sur les malaises qu’elle endurait depuis presque la moitié de sa vie. Elle a alors rencontré le Dr Edward Seale, qui était l’un des médecins de garde à l’Urgence.

C’était un heureux hasard que Stefanie se retrouve dans la salle d’examen du Dr Seale ce jour-là. Le Dr Seale a immédiatement compris que ses symptômes correspondaient à des mini-crises épileptiques. « Étant moi-même atteint d’épilepsie, j’ai tout de suite pensé à une crise épileptique et aux symptômes qui peuvent parfois l’accompagner, dit le Dr Seale. Tous nos médecins auraient traité Stefanie de la même façon, mais je comprenais bien ce qu’elle ressentait, car les crises épileptiques font partie de ma vie. »

Stefanie était soulagée de se sentir enfin écoutée. « J’avais l’impression que pour la première fois de ma vie, quelqu’un comprenait vraiment ce que je vivais, confie Stefanie. Le Dr Seale ne s’est pas contenté de mettre cela sur le compte de l’anxiété ou de dire que ça disparaîtrait en vieillissant. Il était déterminé à m’aider à trouver ce qui se passait. »

En raison de la récurrence des symptômes, le Dr Seale a pensé que Stefanie était atteinte d’épilepsie et a prescrit une tomodensitométrie pour examiner de plus près son cas. Cependant, les résultats de l’examen se sont révélés bien pires que ce que Stefanie aurait pu imaginer.

Un diagnostic bouleversant

C’est le Dr Lucian Sitwell, un neurologue à L’Hôpital d’Ottawa, qui a annoncé les résultats à Stefanie. Ses mini-crises épileptiques étaient causées par un oligodendrogliome de grade 2, une sorte de tumeur au cerveau qui se développe lentement et qui devient cancéreuse. « Jusqu’à ce moment précis, jamais je n’aurais pensé avoir une tumeur au cerveau », dit Stefanie. Bouleversée et effrayée, elle est restée assise à pleurer. Pour la jeune fille de 20 ans seulement, la nouvelle était dévastatrice.

Puis, après quelques instants, Stefanie a pris une décision cruciale. Elle a décidé de rester forte, d’être optimiste et de lutter pour sa vie par tous les moyens. « Évidemment, j’étais ébranlée, mais je me suis dit que j’avais un choix à faire maintenant. Je pouvais être en colère que cela m’arrive, ou je pouvais faire pour le mieux. Et j’ai décidé que si le pire se produisait et que je ne m’en sortais pas, je ne voulais pas quitter cette vie dans un état d’esprit négatif. »

Après avoir digéré la douloureuse nouvelle de son diagnostic et appris quelles possibilités de traitement s’offraient à elle, Stefanie, prête à se battre à tout prix, a décidé d’entreprendre le traitement qui comprenait entre autres une chirurgie éveillée complexe au cerveau de huit heures. »

Un plan de traitement novateur

Stefanie a été dirigée vers le Dr John Sinclair, un neurochirurgien de calibre mondial de L’Hôpital d’Ottawa, qui allait prendre en charge son plan de traitement et la chirurgie pour retirer la tumeur. Le Dr Sinclair est aux premières loges quand il s’agit de promouvoir des traitements et des technologies avant-gardistes à L’Hôpital d’Ottawa, comme le système CyberKnife, les techniques de chirurgie éveillée de pointe pour retirer des tumeurs au cerveau et plus récemment, la chirurgie guidée par fluorescence. Cela redonne espoir aux patients atteints de tumeurs au cerveau rares, comme Stefanie.

« Je sentais que je pouvais placer ma vie entre ses mains en toute confiance. »

— Stefanie Scrivens

« Le cas de Stefanie était rare, souligne le Dr Sinclair. On ne voit pas très souvent un diagnostic comme celui-ci chez de jeunes personnes en santé comme Stefanie. » Heureusement, à ce moment, grâce aux progrès de la recherche sur le cancer dans le monde, un nouveau plan de traitement pour les tumeurs telles que l’oligodendrogliome affichait des résultats prometteurs. De plus, Stefanie était une bonne candidate pour ce nouveau traitement. « Il y a plus d’une décennie, cette pratique n’était pas courante. Nous aurions surveillé la tumeur et quand elle aurait commencé à se transformer, nous aurions recommandé une chirurgie suivie de radiothérapie et de chimiothérapie, explique le Dr Sinclair. Maintenant, on constate une augmentation marquée de la longévité et du taux de survie des patients comme Stefanie quand nous retirons la tumeur par chirurgie dès qu’elle est détectée. La radiothérapie et la chimiothérapie ne font plus partie de la méthode de traitement principale de ce type de tumeur. »

Après avoir rencontré le Dr Sinclair, Stefanie avait pleinement confiance en son équipe de soins. « J’étais extrêmement angoissée à l’idée de passer sous le bistouri. Non seulement j’ai entendu parler de l’excellente réputation du Dr Sinclair comme neurochirurgien, mais j’ai constaté, après avoir fait sa connaissance, qu’il est aussi une personne extraordinaire, affirme Stefanie. Il a pris le temps d’apprendre à me connaître et de tisser de bonnes relations avec ma famille et moi. Je sentais que je pouvais placer ma vie entre ses mains en toute confiance. »

Par chance, la tumeur de Stefanie a été retirée avant de devenir maligne. Trois jours après une chirurgie éveillée complexe au cerveau qui a duré huit heures et qui s’est bien déroulée, elle était de retour chez elle pour sa convalescence.

Chirurgie éveillée et cartographie du cerveau

La chirurgie éveillée du cerveau, comme celle pratiquée pour enlever l’oligodendrogliome de Stefanie, est un type d’intervention qui a lieu pendant que le patient est éveillé et qu’il communique normalement dans la salle d’opération. Les tumeurs au cerveau se situent souvent dangereusement près de zones qui contrôlent la vision, la parole, les fonctions cognitives, la personnalité et le mouvement. En gardant le patient éveillé pendant la chirurgie, l’équipe peut surveiller son activité cérébrale tout au long de l’intervention et s’assurer de ne pas endommager ces fonctions importantes. « Les tumeurs sont souvent entremêlées aux tissus fonctionnels, explique le Dr Sinclair. Au cours des cinq dernières années, nous avons réussi à employer des techniques de cartographie du cerveau plus poussées qui nous permettent de retirer la tumeur avec plus de précision, sans nuire au patient. »

La cartographie sous-corticale est une technique très récente utilisée en chirurgie du cerveau – et nos experts, qui sont parmi les premiers à l’utiliser, sont des chefs de file qui l’enseignent à d’autres spécialistes. En tant qu’experts dans ce domaine, le Dr Sinclair et son équipe ont donné des cours à des médecins de tout le pays, afin qu’ils puissent à leur tour utiliser cette technique révolutionnaire qui change la vie de patients comme Stefanie.

De retour dans la salle d’opération

Moins de trois semaines après sa chirurgie éveillée du cerveau, Stefanie était de retour à l’école. Déterminée à devenir médecin un jour, elle ne voulait pas rater un trimestre de son programme préparatoire en médecine. Malheureusement, quelques mois plus tard, elle a senti ses symptômes revenir. « J’ai commencé à me sentir vraiment fatiguée et les crises épileptiques ont recommencé », raconte Stefanie. Sachant que cela pouvait faire partie du processus de guérison, elle ne s’inquiétait pas. Mais lors de son rendez-vous de suivi, l’examen d’IRM a révélé du tissu cicatriciel et la possibilité du retour de la tumeur.

Stefanie avait donc besoin d’une deuxième chirurgie éveillée pour faire retirer davantage de tissus de son cerveau. Toutefois, cela ne l’empêcherait pas de poursuivre ses rêves. « Je me disais que j’aurais ma chirurgie, que je prendrais une pause de l’école et que je reprendrais mes études là où je les avais laissées », dit-elle. Le Dr Sinclair a réussi à éliminer le tissu cicatriciel et certaines zones qui pouvaient suggérer une évolution de la tumeur. De toute évidence, la chirurgie fut un succès. En revanche, dans la salle de réveil, Stefanie a constaté un changement important et inattendu. « En me réveillant, j’avais un seul désir : devenir pâtissière. »

Devenir chef pâtissière étoilée au guide Michelin

Pendant une année entière après sa chirurgie, Stefanie a fait un gâteau chaque jour. « C’était thérapeutique et contemplatif pour moi », affirme Stefanie. Elle savait que les études médicales n’étaient plus la voie à suivre. Elle avait un nouveau rêve – celui de devenir pâtissière professionnelle.

En 2012, elle a obtenu son diplôme de l’institut culinaire Le Cordon Bleu Ottawa, puis elle a travaillé dans certains des plus grands restaurants du monde étoilés au Guide Michelin, menant une carrière enrichissante sur plusieurs plans.

Quand Stefanie a décidé d’entreprendre ce traitement, elle ne s’attendait pas à ce que l’expérience change le cours de sa vie d’une manière aussi drastique. Elle est reconnaissante envers L’Hôpital d’Ottawa de lui avoir donné la chance de poursuivre ses rêves et de découvrir ce que l’avenir lui réserve. « Grâce à mon équipe de soins incroyable, je profite de la vie au maximum et chaque jour, ne tiens rien pour acquis, déclare Stefanie. J’ai coché tout ce qu’il y avait sur ma liste de choses à accomplir alors j’en dresse une nouvelle, avec encore plus de rêves à réaliser. »

Un avenir fait d’espoir

Au premier coup d’œil, on ne devinerait pas que Stefanie a eu deux chirurgies éveillées du cerveau. Ses boucles blondes dissimulent toute cicatrice. C’est une femme forte, qui ne s’est pas laissé abattre par les coups durs de la vie.

« Avec cette nouvelle méthode pour traiter l’oligodendrogliome, je ne peux pas dire qu’il est impossible d’en guérir. »

— Le Dr John Sinclair

Grâce au traitement novateur qui a permis de retirer sa tumeur avant qu’elle devienne cancéreuse, Stefanie a pu reporter indéfiniment la chimiothérapie et la radiothérapie. Toujours suivie par nos experts, Stefanie se sent mieux que jamais et ses derniers examens d’imagerie n’ont montré aucun signe de récidive.

« Stefanie est en territoire inconnu, précise le Dr Sinclair. Nous ne savons pas avec certitude si la tumeur reviendra, ni quand. Cependant, avec cette nouvelle méthode pour traiter l’oligodendrogliome, je ne peux pas dire qu’il est impossible d’en guérir. »

En raison des excellents soins que Stefanie a reçus à notre hôpital, elle a décidé de demeurer à proximité d’Ottawa. « J’espère que ce groupe de médecins extraordinaires continuera à prendre soin de moi, dit-elle. Je me sens très privilégiée d’être entre leurs mains. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

À bien des égards, Bryde Fresque est un spécimen rare. Il possède un goût pour la vie qui le distingue des autres. Cela, la Dre Carolyn Nessim, chirurgienne oncologue et chercheuse clinicienne à L’Hôpital d’Ottawa, l’a constaté quand M. Fresque a reçu un diagnostic qui l’a forcé à lutter pour sa vie contre une succession de rares problèmes de santé. Au bout du compte, une équipe d’experts aura été nécessaire pour arriver à diagnostiquer et à traiter son phéochromocytome, une tumeur rare qui a mis son avenir en péril.

Le parcours du jeune homme, qui a abouti au diagnostic d’une rare tumeur cancéreuse, a débuté en 2012, le lendemain de Noël. M. Fresque revenait de Napanee quand il a commencé à ressentir une douleur du côté gauche de son corps. Il a alors décidé de s’arrêter dans une pharmacie non loin d’Ottawa où, en le voyant plié de douleur, on lui a recommandé de se rendre à l’hôpital le plus près, un hôpital communautaire.

À peine arrivé à la salle d’urgence, M. Fresque a été transporté en ambulance à L’Hôpital d’Ottawa pour y recevoir des soins spécialisés. La douleur était alors intolérable. Une fois à l’Hôpital, on a constaté qu’il avait subi une rupture hémorragique spontanée de la glande suprarénale gauche et qu’il saignait abondamment. Heureusement, le jeune homme était entre bonnes mains : les radiologistes interventionnels ont pratiqué une embolisation d’urgence, une opération qui consiste à introduire un fil guide dans l’un des vaisseaux sanguins de la jambe, pour atteindre le vaisseau rupturé, près de la glande suprarénale. On injecte ensuite un produit pour colmater ce vaisseau et ainsi interrompre le saignement. Après l’opération, Bryde Fresque a séjourné dix jours à l’hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui.

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

Les symptômes inhabituels se multiplient

Par la suite, Bryde Fresque, pourtant jeune et actif, a continué de sentir que quelque chose clochait. Impossible pour lui de se débarrasser de ses symptômes inhabituels : « Je me souviens que j’étais trempé de sueur, comme si mon corps n’arrivait pas à se refroidir. À la salle d’entraînement, je pouvais rester 15 minutes sous l’eau froide après avoir fait du vélo, sans voir de différence », explique-t-il.

À l’été 2013, il s’est soumis à une batterie de tests et de questions au Centre de cancérologie, dans l’espoir d’obtenir un diagnostic.

« Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. »

— Dre Carolyn Nessim
Bryde kayaking in Iceland with Natalie.
Bryde Fresque et Natalie en kayak en Islande.

À 32 ans, Bryde Fresque n’aurait jamais pensé qu’il pouvait être atteint d’un cancer. « J’étais jeune et en santé, je ne fumais pas, je ne consommais pas de drogue et j’étais actif. D’ailleurs, au départ, mes symptômes se manifestaient seulement quand je faisais du sport. Mon corps surchauffait, même par temps froid, et j’étais incapable de me rafraîchir. »

« Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

— Dre Carolyn Nessim

La rupture spontanée de la glande suprarénale de M. Fresque, six mois auparavant, est aussi venue compliquer le diagnostic. On a d’abord cru qu’il souffrait d’un gros hématome, un caillot résiduel qui se serait formé après l’interruption du saignement. « Il avait des problèmes de santé très inhabituels, qui se manifestaient les uns après les autres. Une rupture spontanée de la glande suprarénale, ça n’arrive que très rarement. Selon moi, le problème venait de la taille du caillot. Il dissimulait la tumeur qui se trouvait en dessous et la rendait difficile à détecter aux examens d’imagerie », explique la Dre Nessim.

À la recherche de la cause

Bryde at The Ottawa Hospital
Bryde Fresque a reçu des traitements pour une rare tumeur cancéreuse à L’Hôpital d’Ottawa.

Après quelque temps, M. Fresque a commencé à avoir de la difficulté à respirer et à se pencher dans certaines directions. Il a aussi remarqué qu’une distension était apparue sur son côté gauche. La théorie de l’hématome ne fonctionnait plus, car celui-ci aurait dû se résorber en quelques mois, selon la Dre Nessim. La médecin a alors envisagé la possibilité d’une tumeur.

C’est ainsi que le cas de Bryde Fresque a finalement atterri devant le comité de traitement des sarcomes de L’Hôpital d’Ottawa. « Nous nous réunissons les vendredis pour discuter de cas complexes, comme celui de M. Fresque. Tout le monde participe : le personnel d’oncologie médicale, de radio-oncologie, de pathologie, de radiologie et de chirurgie. Ensemble, nous examinons chaque cas pour déterminer la meilleure marche à suivre pour le patient. »

Le comité d’experts a décidé que la chirurgie était la meilleure option pour diagnostiquer la maladie de M. Fresque, mais aussi pour traiter ce dernier en retirant la tumeur qui minait considérablement sa qualité de vie. Vu la taille de la tumeur et le nombre d’organes qu’elle semblait avoir envahi selon les résultats d’imagerie, l’opération s’annonçait à la fois longue et complexe, et comportait des risques et des complications potentielles qu’une équipe spécialisée serait le mieux à même de prévenir. L’équipe chargée du traitement des sarcomes possédait l’équipement et les connaissances nécessaires pour réaliser une telle opération. D’ailleurs, l’Hôpital est l’un des trois centres de traitement des sarcomes de la province qui possède la désignation d’Action Cancer Ontario. Même si la tumeur de Bryde Fresque était un phéochromocytome plutôt qu’un sarcome, l’approche chirurgicale était la même.

Un rendez-vous préopératoire des plus inusités

À l’automne 2013, la masse de M. Fresque avait atteint la taille d’un bloc de béton. Fidèle à sa personnalité unique, ce grand amateur de l’Halloween a décidé de se présenter à son rendez-vous préopératoire le 31 octobre vêtu d’un déguisement d’Ironman fait maison!

Le 15 novembre, une impressionnante équipe de plus de 20 professionnels était rassemblée dans la salle d’opération. M. Fresque se rappelle avoir entendu la Dre Nessim raconter l’anecdote du rendez-vous alors qu’il était étendu sur la table d’opération. « Ensuite, elle s’est penchée vers moi et m’a dit “prends une grande inspiration, Ironman” alors qu’on m’intubait. »

Le jeune homme a dû s’en remettre entièrement à la Dre Nessim et à son équipe durant l’opération délicate de 12 heures. Celle-ci pouvait comporter plusieurs risques; même si le phéochromocytome de M. Fresque semblait non fonctionnel, le stress associé à la chirurgie aurait pu stimuler la tumeur et lui faire sécréter de l’adrénaline, une hormone susceptible de faire gravement augmenter la pression artérielle. L’équipe a administré au patient des médicaments particuliers pour éviter que cela ne se produise.

« Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »

— Dre Carolyn Nessim
Dr. Carolyn Nessim, The Ottawa Hospital
La chirurgienne oncologue de Bryde Fresque, la Dre Carolyn Nessim.

Juste avant de se rendre dans la salle d’opération pour réaliser l’épineuse chirurgie, la Dre Nessim a étudié les résultats d’imagerie et visualisé, dans l’ordre, chaque étape à suivre pour retirer la tumeur. La médecin était entourée d’une équipe hautement spécialisée comprenant un urologue, un chirurgien thoracique, un chirurgien hépato-biliaire et pancréatique, et deux anesthésistes. « Ce n’était pas un cas banal », résume t-elle.

L’équipe a retiré le rein et la glande suprarénale gauches de Bryde Fresque, ainsi que le tiers de son pancréas. Elle a aussi réséqué, puis reconstruit, son côlon, son intestin et son diaphragme, et a retiré sa rate, une rate accessoire – présente chez certains patients –, dix nœuds lymphatiques et l’hématome. Heureusement, la Dre Nessim a également pu retirer la tumeur en entier. L’opération a été un succès.

Des réponses

Bryde Fresque a passé 40 jours à l’hôpital après l’opération, et c’est durant son séjour qu’il a finalement obtenu une explication pour ses symptômes. On lui a diagnostiqué un phéochromocytome, une tumeur rare et parfois cancéreuse qui se forme en général sur l’une des deux glandes suprarénales, situées au-dessus des reins. Dans environ 10 % des cas, la tumeur se propage à d’autres parties du corps. Le danger du phéochromocytome, c’est qu’il peut sécréter une hormone appelée adrénaline en quantité excessive, ce qui fait grimper la pression artérielle et peut rendre les gens malades. Par contre, la tumeur de M. Fresque était non fonctionnelle, ce qui signifie qu’elle ne sécrétait pas d’adrénaline ou très peu, compliquant ainsi l’établissement d’un diagnostic avant la chirurgie. Qui plus est, les tests urinaires du jeune homme visant à détecter la présence de marqueurs de l’adrénaline étaient négatifs.

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. »

— Dr Neal Rowe

« Voilà qui pourrait expliquer pourquoi il avait chaud et suait abondamment. Sa tumeur sécrétait peut-être une quantité subclinique d’adrénaline. Elle était bien cancéreuse », indique la Dre Nessim.

L’expertise dans les phéochromocytomes

Bryde with his wife and child
Bryde Fresque, son épouse Natalie et leur fils, Edmond.

Une bonne partie de la recherche qui s’effectue à l’Hôpital et ailleurs dans le monde se concentre sur la détection et le traitement rapides du phéochromocytome. Le Dr Neal Rowe, urologue clinicien à L’Hôpital d’Ottawa, mène des recherches sur ce type de tumeur : « Nous savons que certains gènes augmentent le risque de développer un phéochromocytome. En les repérant chez des patients, nous pouvons tester les membres de leur famille, ce qui permet de détecter la tumeur rapidement et d’étudier les facteurs biologiques qui mènent à sa formation. » Selon lui, ce type de tumeur touche environ une à deux personnes sur 100 000.

« Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père. »

— Bryde Fresque

« L’Hôpital d’Ottawa est très bien placé pour étudier et traiter cette tumeur rare, mais dangereuse. Nous avons un groupe collaboratif d’experts en endocrinologie et en génétique médicale, ainsi qu’une équipe d’anesthésistes et de chirurgiens dédiés. Grâce à nos recherches et à nos diverses initiatives nationales, je crois que nous nous démarquons », ajoute le Dr Rowe.

Aller de l’avant, viser plus haut et redonner

Aujourd’hui, sept ans après l’opération, le cancer de Bryde Fresque ne montre aucun signe de récidive. Il lui a fallu du temps, mais le jeune homme a repris son mode de vie actif et il est très reconnaissant des soins qu’il a reçus. Lui et son épouse ont d’ailleurs gravi le mont Kilimandjaro, en Tanzanie, ainsi que le col le plus élevé au monde, situé dans la chaîne Annapurna de l’Himalaya, au Népal, dans le but d’amasser des fonds et de sensibiliser les gens aux cancers endocriniens rares – tout cela alors que M. Fresque était toujours considéré comme un patient atteint du cancer.

Bryde and Natalie at Uhuru Peak on Mount Kilimanjaro.
Bryde Fresque et Natalie au mont Kilimandjaro.

« Avoir un cancer, ou simplement tomber malade, ça change une vie. Grâce à la Dre Nessim et à l’équipe de L’Hôpital d’Ottawa, j’ai retrouvé la santé. Je peux maintenant vivre ma vie comme jamais. J’ai épousé la femme de mes rêves, et je suis devenu père », affirme M. Fresque, avant d’ajouter : « Honnêtement, je pense que si j’avais été ailleurs, si on m’avait confié à quelqu’un d’autre, je ne serais probablement pas ici aujourd’hui. J’en suis certain. »

C’est pourquoi M. Fresque organise chaque année une fête d’Halloween, connue sous le nom de « Spadinaween », pour amasser des fonds en appui à l’Hôpital. Il a recueilli plus de 10 000 $ jusqu’à maintenant, et même la Dre Nessim vient faire un tour.

Un lien particulier unit toujours le patient et la médecin; M. Fresque s’est même porté volontaire pour aider la Dre Nessim à mener un projet de recherche mondial sur les sarcomes. Pour le jeune homme, c’est un honneur d’aider d’autres patients. « Pour moi, ce qui a bouclé la boucle, c’est quand on m’a invité à participer à une étude internationale – avec la Dre Nessim et d’autres médecins du Royaume-Uni, de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Australie – pour améliorer l’expérience des patients. Si je peux transformer quelque chose de négatif en positif, vous pouvez compter sur moi! »

Le fait de voir Bryde Fresque profiter de la vie aujourd’hui rend plus supportables les journées interminables et éreintantes passées en salle d’opération et la recherche constante de réponses. « C’est pour ça que je fais ce travail. C’est ma plus grande joie et ma plus belle récompense, affirme la Dre Nessim. Je me sens privilégiée chaque fois que je peux aider un patient. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

L’étude qui change le traitement du cancer du sein partout dans le monde

On voit l’amour profond que porte Gina Mertikas-Lavictoire à ses trois jeunes enfants lorsqu’elle pose son regard sur eux. Mais on y décèle aussi autre chose : la peur. La peur qu’une de ses filles, ou même les deux, développe un jour la même forme agressive du cancer du sein qu’elle a eue. Lorsqu’on lui a offert de participer à un essai clinique du programme REaCT (Rethinking Clinical Trials) de L’Hôpital d’Ottawa, elle a donc accepté sans hésiter.

Gina Mertikas, centre, and her family
Gina et sa famille

« Je crois vraiment aux essais cliniques, explique Gina. Je n’ai eu aucune hésitation à participer, et je faisais confiance au Dr Clemons. »

Chercheur et oncologue à L’Hôpital d’Ottawa, le Dr Mark Clemons a été l’oncologue de Gina. C’est lui qui a mis sur pied en 2014 le programme REaCT, de concert avec le Dr Dean Fergusson, chercheur principal et directeur du Programme d’épidémiologie clinique de L’Hôpital d’Ottawa, et d’autres collaborateurs. Le programme REaCT vise à faciliter la participation aux essais cliniques pour les patients atteints de cancer, puisque plus le nombre de participants est élevé, meilleurs sont les constats, ce qui améliore les traitements et les pratiques.

« Quand on sait que c’est le cancer qui tue le plus de gens et que seulement 3 % des patients participent à des essais cliniques, c’est très choquant, affirme le Dr Clemons. Les patients sont prêts à tout pour faire avancer les choses, non seulement pour eux, mais aussi pour leurs enfants. Ils veulent que leurs enfants puissent bénéficier de meilleurs traitements s’ils devaient un jour se retrouver dans la même situation. »

Une étude axée sur la sécurité des soins et la diminution des coûts et des visites à l’hôpital

Gina a participé à une étude qui portait sur un médicament appelé « filgrastim ». Ce dernier stimule la production des globules blancs qui combattent les infections. Les patients atteints d’un cancer du sein au stade précoce reçoivent souvent des injections quotidiennes de ce médicament au début de chaque cycle de chimiothérapie, ce qui peut représenter 5, 7 ou 10 doses. Les patients sont nombreux à avoir de la difficulté à se payer le médicament (plus de 200 $ par injection) et à composer avec les effets secondaires.

« C’est un médicament extrêmement cher, et les patients se sentent souvent très mal après l’avoir reçu. Ils sont dans un état misérable », explique le Dr Clemons.

Jusqu’à maintenant, on ne s’entendait pas sur le nombre d’injections à privilégier. Après avoir passé en revue toutes les données et sondé médecins et patients, le Dr Clemons et ses collègues ont lancé un essai clinique pour trouver une réponse : 466 patients de 7 centres de cancérologie du pays y ont pris part.

Gina faisait partie de ces patients. Elle devait se donner une injection de filgrastim par jour, pendant 10 jours d’affilée, après chacun de ses trois cycles de chimiothérapie.

Gina qui remet un chèque au Dr Clemons en appui au programme REaCT de L’Hôpital d’Ottawa.

« Je suis si heureuse d’avoir pu participer à cet essai. »

Gina indique qu’elle n’a pas hésité une seconde à se porter volontaire pour participer à l’essai parce que cela lui permettait d’aider de futurs patients atteints du cancer. Elle précise qu’elle est heureuse d’avoir eu la chance participer, puisque chaque essai permet d’aider les générations futures.

Elle est aussi heureuse des résultats de l’étude, publiés dans Annals of Oncology, qui ont contribué à modifier les traitements partout dans le monde. Les chercheurs ont découvert que 5 doses de filgrastim étaient tout aussi efficaces que 7 ou 10 doses pour prévenir les infections. Sur le plan des hospitalisations, cinq doses sont également préférables : les patients qui avaient reçu 5 doses présentaient un risque de 3,3 % d’hospitalisation liée aux effets secondaires comparativement à 10,9 % pour les patients qui avaient reçu de 7 à 10 doses, un risque plus de trois fois supérieur.

« C’est comme ça que nous allons trouver comment guérir le cancer. »

– Gina Mertikas-Lavictoire

Des résultats qui changent les normes de traitement mondiales

Drs Mark Clemons and Dean Fergusson developed the Rethinking Clinical Trials or REaCT program
Les Drs Mark Clemons et Dean Fergusson ont mis sur pied le programme « Rethinking Clinical Trials » (REaCT).

« L’étude change déjà les pratiques partout dans le monde, affirme le Dr Clemons. Les patients sont en meilleure santé et ils peuvent passer plus de temps avec leurs proches, puisqu’on réduit le nombre de visites à l’hôpital. Notre système de santé y économise aussi des millions de dollars chaque année. »

« L’étude change déjà les pratiques partout dans le monde. Les patients sont en meilleure santé et ils peuvent passer plus de temps avec leurs proches. »

– Dr. Mark Clemons

L’équipe du programme REaCT veut aller plus loin et déterminer si un nombre encore plus réduit de doses peut être efficace. Elle vient tout juste de présenter une demande de financement pour lancer le processus, et surveille aussi de près plusieurs autres essais cliniques. Avec plus de 2 700 patients participant à 17 essais dans 15 centres partout au pays, le programme REaCT est actuellement le programme d’essais cliniques en cancérologie le plus important en son genre au Canada.

« En changeant de paradigme et en utilisant des approches novatrices, nous répondons efficacement aux questions les plus importantes des patients et de notre système de santé, explique le Dr Fergusson. L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file dans ce type de recherche novatrice et nos patients sont parmi les premiers à en bénéficier. »

Gina le sait bien. Elle a participé à deux autres essais cliniques dans le cadre du programme REaCT et ne ménage aucun effort pour amasser des fonds; elle a recueilli plus de 25 000 $ pour la recherche sur le cancer à L’Hôpital d’Ottawa.

« L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file dans ce type de recherche novatrice et nos patients sont parmi les premiers à en bénéficier. »

— Dr Dean Fergusson

Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Le club de natation d’Andrea a été tellement inspiré par son cheminement contre le cancer qu’il a créé un événement communautaire, une compétition olympique de maîtres-nageurs en rose (« OlymPINK »). La première compétition a eu lieu à la piscine Brewer en 2018 et a dépassé son objectif en attirant 120 maîtres-nageurs, dont six olympiens, et en permettant d’amasser 19 000 $ au profit du Centre de santé du sein Rose Ages. Dans sa deuxième année, la compétition a rapporté 44 000 $ et l’an dernier, la somme incroyable de 70 000 $, même si la nage a dû être annulée à cause de la COVID-19.

Andrea Smith, entraîneuse de natation (à gauche) porte la flamme olympique en compagnie d’une survivante du cancer du sein, Andrea Douglas (à droite).

« Heureusement, L’Hôpital d’Ottawa est préparé à accueillir chaque personne qui reçoit un diagnostic de cancer. »

– Andrea Douglas

Q: Qu’est-ce que OlymPINK et qu’est-ce qui vous a inspiré à créer cette campagne?

A: Lorsque j’ai reçu mon diagnostic de cancer du sein en 2014, mon monde a été complètement bouleversé. Personne n’est préparé à entendre les mots « Vous avez le cancer ». Heureusement, L’Hôpital d’Ottawa est préparé à accueillir chaque personne qui reçoit un diagnostic de cancer. Dès ma première rencontre avec mon chirurgien en oncologie du sein, je savais que j’étais entre bonnes mains. Et à partir de ce jour, j’ai reçu des soins incroyables, que ce soit en chirurgie, en chimiothérapie ou en radiothérapie. Je suis reconnaissante pour les soins que j’ai reçus et pour ma santé aujourd’hui. Je trouvais qu’il était important de redonner à l’hôpital qui m’a sauvé la vie.

Avec l’appui de mon entraîneur de natation et de merveilleux coéquipiers maîtres-nageurs, nous avons trouvé une idée pour une campagne de financement au profit du Centre de santé du sein Rose Ages. Au Canada, une femme sur huit aura le cancer du sein. Nous connaissons tous une personne (une voisine, une sœur, une amie, une mère ou une fille) qui a été et qui sera touchée, et nous devons nous assurer que la technologie la plus moderne est disponible lorsque cette personne en a le plus besoin.

Q: Pourquoi le Centre de santé du sein Rose Ages à L’Hôpital d’Ottawa est-il si important pour les patientes atteintes du cancer du sein?

A: Vous ne pouvez pas vous imaginer combien il est bouleversant de recevoir un diagnostic de cancer du sein ou de tout autre trouble pouvant entraîner la mort. Pour les personnes qui ont le cancer du sein, il important de savoir qu’il existe le Centre de santé du sein Rose Ages, qui vous accueillera avec les soins dont vous avez besoin. Et il ne s’agit pas seulement de cancer, mais bien de santé du sein. Il s’agit de la meilleure imagerie et de technologie de pointe, le tout réuni sous un seul toit, pour guider les femmes pendant tout leur cheminement, allant du dépistage au diagnostic et aux plans de traitement.

« Nous devons collaborer pour être le changement, pour faire cette différence et pour sauver des vies. »

– Andrea Douglas

Q: Que diriez-vous à une personne qui songe à faire un don à L’Hôpital d’Ottawa?

A: J’éprouve un sentiment de responsabilité du fait d’avoir été une des « chanceuses ». Et c’est pour cela que j’amasse des fonds pour L’Hôpital d’Ottawa. Parce que chaque pièce d’équipement et chaque petit bout de recherche en valent totalement le coût si cela pouvait signifier qu’une femme de moins devra confronter cette maladie ou y faire mettre un frein le plus tôt possible. Nous devons collaborer pour être le changement, pour faire cette différence et pour sauver des vies.

Robert (Bob) Hardy se bat pour sa vie depuis plus de vingt ans. Que ce soit une greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie ou des caillots de sang dans l’intestin et dans le cou, il semble que rien n’arrive à le ralentir. Au contraire, grâce aux soins de L’Hôpital d’Ottawa qui lui ont sauvé la vie, il est plus en forme que jamais et n’a rien perdu de sa détermination à participer à certains des plus grands marathons au monde – avec sa marchette. À le voir battre son record personnel année après année, on ne se douterait jamais que ce « coureur à marchette » n’avait au début que 40 % de chances de survivre à sa maladie.

Un diagnostic inattendu

Pendant un certain temps, il y a plusieurs années, Bob a cru qu’il n’avait plus que six mois à vivre. Se sentant un peu fatigué, mais autrement en bonne santé, il est allé passer un examen médical périodique. Il ne s’attendait pas du tout à de tels résultats. À 46 ans seulement, et bien avant de ressentir le moindre effet secondaire de la maladie, il a reçu un diagnostic de leucémie. Bob et sa femme, Vittorina, en furent abasourdis. Ils ne pouvaient pas s’empêcher de se demander comment ils allaient annoncer cela à leurs deux filles, Shannon et Leah, qui n’avaient que neuf et treize ans à l’époque. « Le choc a été brutal pour nous tous. L’idée d’avoir à le dire à nos enfants n’était pas facile à envisager, mais ce n’était pas quelque chose que j’étais prêt à leur cacher », raconte Bob.

Toutefois, Bob n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Même un diagnostic aussi grave ne l’a pas découragé. « Quand j’ai annoncé mon diagnostic à ma fille la plus jeune, Leah, se souvient Bob, elle m’a dit : “Tu es trop fort pour mourir, papa.” » C’étaient les paroles d’encouragement qu’il avait besoin d’entendre. Les mots de sa fille l’ont motivé à lutter pour vaincre la maladie.

Robert Hardy, in 1997, standing by the water
Robert Hardy en 1997.

Se battre pour sa vie

Jusqu’à ce qu’il reçoive son diagnostic de leucémie, Bob étudiait le jiu-jitsu – et il était dans une forme splendide. Mais pendant qu’il attendait que l’on trouve un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse, le médicament prescrit par les médecins pour le garder en santé, appelé interféron, l’affaiblissait. Bob avait de la difficulté à poursuivre son entraînement. « Je voulais obtenir ma ceinture noire avant de recevoir ma greffe de moelle osseuse », explique-t-il. Il avait le sentiment qu’une ceinture noire lui donnerait la confiance nécessaire pour s’engager sur le long chemin de la guérison et du rétablissement. Sachant à quel point cette réalisation était importante pour Bob, ses médecins lui ont permis de cesser temporairement de prendre l’interféron, deux mois avant son examen de ceinture noire, pour qu’il puisse continuer à s’entraîner en vue du grand jour. Et quand est venu ce jour, il a remporté sa ceinture noire – avec distinction. À partir de ce moment, il se sentait prêt à recevoir sa greffe de moelle osseuse et à vivre les hauts et les bas qui s’ensuivraient.

Un donneur parfaitement compatible

Après une année de traitement à l’interféron, on trouva un donneur à six antigènes compatibles pour la greffe de moelle osseuse. À l’époque, le recours aux donneurs non apparentés pour ce type de greffe était relativement nouveau. Mais les chercheurs avaient découvert qu’il était possible de trouver un donneur compatible en dehors de la famille d’un patient. « Il est rare que deux personnes sans liens de sang présentent le même groupe de six antigènes. J’ai eu de la chance. Ils ont trouvé un donneur parfaitement compatible », explique Bob. Toutefois, grâce aux récents progrès de la recherche, nos experts ont réussi à effectuer une greffe faisant à appel à un donneur non compatible, ce qui réduit considérablement l’attente pour les patients. « Cela signifie que presque tout le monde peut avoir un donneur, alors qu’auparavant beaucoup de gens n’en trouvaient pas, explique le Dr Huebsch. Ces recherches sont vraiment révolutionnaires. »

Robert Hardy during his leukemia treatment

Après avoir trouvé un donneur, Bob commença le prétraitement constitué de doses élevées de chimiothérapie et de radiothérapie, pour désactiver son système immunitaire. Quatre semaines plus tard, son système était prêt à recevoir la greffe de moelle osseuse. L’intervention s’est déroulée à L’Hôpital d’Ottawa, où Bob est resté hospitalisé pendant trois semaines, le temps de s’assurer que les cellules greffées se multipliaient. Ce fut heureusement le cas.

La moelle osseuse est le tissu mou et gras qui se trouve à l’intérieur de nos os et qui produit les cellules sanguines. Un greffon, qui est introduit dans la circulation sanguine à l’aide d’un cathéter, remplace les cellules souches (cellules qui constituent le sang) malades par des cellules saines.

Même si les médecins de Bob ont voulu qu’il reste à l’hôpital pendant quelques semaines après l’intervention, il a pu passer la majeure partie de sa convalescence à la maison. D’ailleurs, il a profité de notre programme de jour novateur, qui a permis à des milliers de patients externes ayant reçu une greffe de moelle osseuse d’être traités et de se rétablir plus confortablement, à la maison. Ce programme est l’un des premiers au Canada et depuis sa mise en place, nos patients se rétablissent entourés de leurs proches.

Une expertise en matière de thrombose à Ottawa

Pendant les deux années suivantes, Bob a été hospitalisé à plusieurs reprises. « Les deux premières années ont été les plus difficiles. Mon traitement provoquait beaucoup d’effets secondaires », dit-il. La formation de caillots de sang est l’un des effets secondaires les plus graves qu’il a connus. Le premier caillot s’est formé dans son estomac, puis ce fut un deuxième, dans le cou. Le risque de caillots de sang est souvent accru chez les patients qui reçoivent de la chimiothérapie, car celle-ci endommage les veines. Les caillots de sang – une complication qui peut être fatale – surviennent chez environ un patient atteint du cancer sur vingt. Mais Bob était entre bonnes mains. Il a tiré profit d’un outil créé pour diagnostiquer rapidement la présence de caillots de sang appelé « modèle de Wells », qui tient son nom du Dr Phil Wells, un expert de L’Hôpital d’Ottawa. Cet outil est maintenant utilisé dans les salles d’urgence et fait partie des programmes de formation médicale partout sur la planète.

« Nous avons l’une des meilleures cliniques de la thrombose au Canada, qui attire des experts en la matière du monde entier. » – Dr Marc Carrier

Depuis, les chercheurs ont mis en œuvre un programme complet de gestion des anticoagulants pour les patients qui risquent davantage de développer des caillots de sang, dont ceux atteints du cancer, comme Bob. Le programme fait en sorte que les patients de notre hôpital sont plus susceptibles de présenter une fluidité optimale et risquent moins de développer des caillots de sang.

Plus récemment, nos experts ont créé un système qui permet d’évaluer la probabilité de formation de caillots de sang chez un patient atteint du cancer. Cet outil novateur, qui n’existait pas encore quand Bob a reçu son diagnostic, permet de catégoriser les nouveaux patients atteints d’un cancer pour repérer ceux dont le risque est plus élevé. Ces derniers peuvent alors recevoir des soins personnalisés pour prévenir les caillots de sang, en fonction de leur cas unique. « Nous avons l’une des meilleures cliniques de la thrombose au Canada, qui attire des experts en la matière du monde entier, déclare le Dr Carrier, chef de la Division d’hématologie. Nos chercheurs hautement spécialisés et dévoués mettent au point des interventions révolutionnaires qui concrétisent notre engagement à faire progresser sans arrêt la recherche et les traitements, pour continuer d’offrir des soins exceptionnels à chaque patient qui se présente chez nous. »

Des soins de calibre mondial en hématologie

Tout au long de son traitement, Bob a été pris en charge par le programme d’hématologie et de thrombose de l’Hôpital d’Ottawa, l’un des meilleurs et des plus importants au Canada. Contrairement à beaucoup d’autres hôpitaux, où les patients doivent passer par différents services et se rendre dans des emplacements satellites pour recevoir leurs traitements, notre programme unique centralise les soins aux patients de tout l’Est de l’Ontario et d’ailleurs qui sont atteints de maladies des nœuds lymphatiques, du sang et de la moelle osseuse.

« Nous sommes parmi les meilleurs. Ottawa est au cœur de toutes sortes de solutions médicales par transfusion sanguine et nous sommes l’un des plus importants centres du monde pour la recherche sur les greffes, et pour la réalisation de celles-ci, en tant que traitement contre des maladies mortelles. » – Dr Lothar Huebsch

Robert Hardy and Dr. Lothar Huebsch in 2001.

Le programme, qui a attiré des chercheurs réputés du monde entier, est reconnu pour la création et l’amélioration d’interventions inédites qui changent des vies. « Nous sommes parmi les meilleurs, affirme le Dr Huebsch, hématologue clinique et ancien chef de l’hémato-oncologie. Ottawa est au cœur de toutes sortes de solutions médicales par transfusion sanguine et nous sommes l’un des plus importants centres du monde pour la recherche sur les greffes, et pour la réalisation de celles-ci, en tant que traitement contre des maladies mortelles. » Notre programme d’hématologie et de thrombose est un chef de file depuis des décennies. Nous menons aussi de la recherche sur les techniques de greffe pour soigner d’autres maladies, comme la sclérose en plaques, les maladies auto-immunes et le lymphome. « Nous faisons ce genre de recherches depuis 25 ans et nous avons l’un des plus importants centres du monde offrant ces greffes à des patients externes et non dans le contexte plus rigide d’une unité où les patients sont hospitalisés », dit le Dr Huebsch.

La « course avec marchette », inspirée par son processus de rétablissement

Bob Hardy, walker running

Tout au long de son traitement, alors qu’il enchaînait les visites à l’hôpital, Bob avait besoin de se garder occupé pendant sa convalescence. Il s’est donc servi de sa créativité. « Nous étions quelques patients à faire la course dans les corridors avec nos supports à intraveineuse. Nous étions rapides! Les infirmières n’en croyaient pas leurs yeux! » À l’époque, Bob ne savait pas que ces courses seraient plus tard l’étincelle qui lui donnerait l’idée de participer à des marathons parmi les plus renommés.

Après avoir été traité pour le caillot de sang dans le cou, Bob a perdu le sens de l’équilibre. Même s’il peut marcher un certain temps sans aide, il ne peut pas parcourir de longues distances à la course ou à la marche. C’est pourquoi Vittorina lui a suggéré de se procurer une marchette. « Au début, j’étais plutôt réticent, mais ensuite, j’ai réalisé que je pouvais aller très vite! », dit Bob. Sa passion pour la « course avec marchette » venait de voir le jour.

Bob a entamé sa carrière de « coureur à marchette » par une participation au Wobbly Walker-Walk-a-thon, pour rapidement passer à la vitesse supérieure et s’inscrire en tant que marathonien à l’événement Courez pour une raison, qui a lieu pendant la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa. Ces marathons lui ont donné l’occasion non seulement de se dépasser personnellement, mais aussi de récolter des fonds pour soutenir L’Hôpital d’Ottawa.

Une nouvelle façon de voir la vie

Le retour à la santé de Bob n’a pas été de tout repos, mais jamais il ne s’est apitoyé sur son sort. Au fil des ans, il est devenu plus résistant et les complications se sont faites moins nombreuses et moins fréquentes. « Je suis vraiment reconnaissant d’avoir reçu ce traitement. Les infirmières et mes médecins ont été formidables – absolument incroyables, exprime Bob. Si je suis ici aujourd’hui, à vivre ma passion pour le marathon avec ma marchette, c’est grâce à eux. Ils m’ont sauvé la vie. »

Bien sûr, il y a certains jours où Bob se sent plus fatigué. Quand cela lui arrive, il essaie de faire une promenade pour se remémorer tout le chemin qu’il a parcouru pour se rétablir. « Je sais ce qu’il faut pour surmonter les obstacles et traverser les épreuves. Non seulement j’ai reçu les meilleurs soins possible à L’Hôpital d’Ottawa, mais j’avais aussi une raison de vivre. J’ai pu voir grandir mes filles, et me voilà aujourd’hui à 69 ans, presque 70, après une très longue course à obstacles. Je suis réellement satisfait de ma vie. Je suis vraiment très heureux. »

« Je suis vraiment reconnaissant d’avoir reçu ce traitement. Les infirmières et mes médecins ont été formidables – absolument incroyables. »

– Bob Hardy

L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires et de recherche. En tant qu’hôpital d’enseignement, l’Hôpital est fier d’être affilié à l’Université d’Ottawa.

Dévastés et abasourdis – voilà comment se sentaient Sindy Hooper et sa famille à l’annonce de son diagnostic de cancer du pancréas en 2013. D’autant plus que le taux de survie au cancer du pancréas est particulièrement faible. À l’époque où elle a reçu le diagnostic, Sindy considérait qu’elle était dans la meilleure forme de sa vie. Mais du jour au lendemain, elle a dû mener le combat de sa vie et c’est vers L’Hôpital d’Ottawa, qui offre des traitements spécialisés et effectue de la recherche sur le cancer, qu’elle s’est tournée pour de l’aide.

Dans les mois qui ont précédé son diagnostic, Sindy se sentait très bien. Elle avait participé à son premier Ironman en août 2012 et s’entraînait cet automne-là pour le prochain. Puis, en décembre, elle a commencé à ressentir une douleur dans le haut de l’abdomen et du dos. Ensuite, vers la fin du mois, sa peau a commencé à démanger beaucoup, elle est devenue de plus en plus fatiguée et elle a commencé à perdre un peu de poids. Le jour avant son diagnostic, elle s’est réveillée avec les yeux jaunes. Elle avait la jaunisse.

Le mari de Sindy, le Dr Jon Hooper, qui est médecin aux Soins intensifs de L’Hôpital d’Ottawa, a cru au départ qu’il s’agissait de calculs biliaires. Le couple s’est donc rendu à l’hôpital sans se douter de ce qui l’attendait. Plus tard dans la journée, une échographie a révélé un cancer du pancréas. « Nous n’arrivions pas à le croire. J’étais relativement jeune. Je venais d’avoir 50 ans. Je n’avais jamais été aussi en forme. Il n’y avait absolument aucun antécédent de cancer dans ma famille », raconte Sindy. Les statistiques sur le taux de survie étaient encore plus alarmantes.

Un cancer agressif et brutal

Le pancréas fait partie du système endocrinien, un groupe de glandes et de cellules qui produisent et libèrent des hormones dans le sang pour contrôler la croissance, la reproduction, le sommeil, la faim et le métabolisme. Normalement, les cellules du pancréas produisent et libèrent les sucs digestifs qui permettent de digérer les aliments.

Le cancer du pancréas naît dans les cellules du pancréas. Une tumeur maligne au pancréas est un groupe de cellules cancéreuses qui peuvent se multiplier dans les tissus environnants et les détruire. Les cellules peuvent aussi se disperser et atteindre d’autres parties du corps. La lutte contre le cancer du pancréas n’a pas beaucoup progressé depuis 40 ans.

Le taux de survie après cinq ans est de huit pour cent seulement. La durée moyenne de survie est de six mois, tandis que 75 pour cent des personnes atteintes de cette forme de cancer décèdent en moins d’un an.

« Nous voyons ce que les gens vivent et nous constatons que ce que nous avons fait jusqu’ici ne suffit pas, il faut faire mieux. Cela nous aide à garder le cap et à persévérer, car nous savons qu’il est urgent de trouver de meilleurs traitements. » – John Bell, Ph. D.

Les cancers du pancréas résistent à la plupart des traitements. Les scientifiques ne comprennent pas totalement la biologie des cellules, ce qui fait qu’il est difficile de détecter le cancer tôt et de le traiter avec les moyens conventionnels qui sont accessibles actuellement. Les chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa s’efforcent de donner de l’espoir aux patients atteints d’un cancer du pancréas. Au moment de recevoir son diagnostic, Sindy ne le réalisait pas encore, mais la recherche allait devenir très importante pour elle et pour son parcours.

Prête à recevoir des soins spécialisés

En découvrant la gravité de sa situation, Sindy a prié pour tenir un an. Son équipe à L’Hôpital d’Ottawa a alors élaboré un plan de soins en trois volets. « Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir accès à des soins aussi formidables près de chez moi. De vrais soins de calibre mondial », dit Sindy.

Le traitement a commencé par une chirurgie de Whipple. « C’est une opération qui dure sept heures. C’est énorme. Elle est réalisée seulement dans des centres très spécialisés. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir être opérée ici, à Ottawa. »

D’ailleurs, il n’y a que quelques hôpitaux qui offrent ce type d’intervention au Canada et L’Hôpital d’Ottawa en fait partie. Cette technique est utilisée pour retirer les tumeurs situées à la tête du pancréas ou dans l’ouverture du canal pancréatique. Une équipe qui se spécialise dans les chirurgies du pancréas, du foie, de la vésicule biliaire et des canaux biliaires travaille en collaboration pour soutenir le patient tout au long de l’opération.

Sindy in hospital recovering from Whipple surgery.
Sindy à l’hôpital, qui se rétablit d’une chirurgie de Whipple.

Dans le cas de Sindy, l’intervention complexe consistait à retirer la moitié du pancréas, la moitié de l’estomac, la vésicule biliaire, le conduit biliaire, le duodénum et la tumeur. Elle a passé dix jours à l’hôpital, puis cinq semaines en convalescence à la maison. « Juste au moment où je commençais à me sentir mieux, à la mi-février, j’ai commencé la chimiothérapie. Jusqu’en septembre, j’ai eu 18 séances de chimiothérapie et 28 jours de radiothérapie », se rappelle Sindy.

« La chirurgie de Whipple est une opération qui dure sept heures. C’est énorme. Elle est réalisée seulement dans des centres très spécialisés. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir être opérée ici, à Ottawa. » – Sindy Hooper

Elle a très bien supporté les effets de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Selon ses médecins, c’est grâce à son excellente forme physique qu’elle a été si forte pendant ses traitements. « Tout au long de mes traitements, j’ai continué à m’entraîner pour l’Ironman Canada. »

Dompter l’Ironman Canada

Sindy Hooper competing in 2013 Ironman Canada during cancer treatment
Sindy qui franchit la ligne d’arrivée de l’Ironman Canada en 2013.

Même si Sindy recevait encore de la chimiothérapie, elle se sentait bien et elle a organisé son voyage avec Jon en août 2013 pour s’attaquer à l’Ironman Canada à Whistler, en Colombie-Britannique. Elle ne pensait pas faire la portion de vélo ou la portion de course, mais elle se sentait capable de réussir les 3,86 km de nage. Finalement, non seulement Sindy a-t-elle terminé la portion de nage, mais elle a aussi fait les 180 km de vélo et le marathon. « Nous avons commencé le marathon et c’était miraculeux. Je me sentais tellement bien ce jour-là. J’étais pleine d’énergie. »

Au final, ils ont terminé l’Ironman ensemble, à 23 h 37 – 23 minutes avant l’heure limite. Mais son exploit représentait plus que le simple fait de croiser le fil d’arrivée. L’histoire de Sindy, qui a fait preuve d’une incroyable force en domptant un Ironman en plein traitement de chimiothérapie, a attiré beaucoup d’attention médiatique. Non seulement a-t-elle sensibilisé le public au cancer du pancréas, mais elle a aussi récolté 50 000 $ pour la recherche sur le cancer. « Réussir l’Ironman, accroître la sensibilisation et récolter tout cet argent, pour moi c’était un véritable cadeau au milieu de cette épreuve que je traversais », confie Sindy.

Récolter des fonds pour toutes les personnes atteintes du cancer

Les 50 000 $ amassés n’étaient que le début de la croisade de Sindy. Depuis 2014, elle s’emploie à récolter des fonds pour la recherche à L’Hôpital d’Ottawa en participant à l’événement Courez pour une raison de la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa. Son équipe de course s’appelle « MEMC crew » (pour Making Every Moment Count, ou « Chaque moment doit compter »). Elle s’efforce de transmettre aux autres sa passion pour la vie et de ne rien tenir pour acquis. C’est ainsi qu’elle a recueilli plus de 225 400 $ pour la recherche sur le cancer.

Sindy ne le fait pas seulement pour elle-même, mais aussi pour les autres patients. « La recherche sur le cancer me sauvera la vie encore, j’en suis certaine. »

« La recherche sur le cancer sauve des vies, c’est aussi simple que ça. Que ce soit en trouvant de nouveaux traitements ou des méthodes de détection précoce qui permettent de déceler le cancer plus tôt et de le traiter plus efficacement, la recherche sur le cancer sauve vraiment des vies. » – Sindy Hooper

Sindy running in support of cancer research at The Ottawa Hospital
Sindy qui participe à la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa, pour soutenir L’Hôpital.

John Bell, Ph. D., est un scientifique principal qui étudie cette maladie complexe depuis des décennies à L’Hôpital d’Ottawa et ce sont les patients comme Sindy qui l’inspirent, ainsi que son équipe de chercheurs. « Je suis très privilégié d’avoir un laboratoire au Centre de cancérologie. Cela signifie que chaque jour, je peux voir les gens que nous essayons d’aider et qui, comme Sindy, veulent vivre longtemps et avoir une bonne qualité de vie. »

M. Bell ajoute que ce sont ces patients qui le poussent à chercher des réponses et le fameux remède qui nous échappe encore. « Nous voyons ce que les gens vivent et nous constatons que ce que nous avons fait jusqu’ici ne suffit pas, il faut faire mieux. Cela nous aide à garder le cap et à persévérer, car nous savons qu’il est urgent de trouver de meilleurs traitements. »

Les essais cliniques sont parmi les moyens de trouver ces réponses. Mais M. Bell n’ignore pas que les patients qui y participent sont courageux et altruistes. « Chaque patient que je rencontre semble me dire la même chose : “Je ne sais pas si cela fonctionnera pour moi, mais j’espère que vous apprendrez quelque chose qui pourra aider quelqu’un d’autre.” Ce genre d’attitude est une réelle source d’inspiration pour nous. Et Sindy a assurément cette attitude. »

De l’espoir pour personnes atteintes du cancer du pancréas

Sindy with Dr. John Bell at The Ottawa Hospital
Sindy en rencontre avec John Bell dans son laboratoire.

Les possibilités de traitement pour le cancer du pancréas sont encore limitées, mais il y a de l’espoir. Des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa sont à l’avant-garde de la recherche dans le monde, en mettant au point des virus qui peuvent attaquer les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules normales. Ces virus ont fait l’objet d’essais cliniques visant d’autres types de cancer et l’équipe de M. Bell est à l’œuvre dans son laboratoire pour déterminer s’il est possible de les modifier spécialement pour s’attaquer au cancer du pancréas. Selon M. Bell, c’est « absolument » possible d’utiliser les résultats de ces essais pour aider éventuellement d’autres patients atteints du cancer du pancréas.

« Je crois vraiment que c’est un champ de recherche en pleine croissance et j’aime penser que nous avons un rôle essentiel à jouer pour entamer ce travail. »

Sindy, qui compte sur les résultats de ces recherches pour l’avenir, a un message tout simple pour M. Bell et son équipe : « Merci pour le travail que vous faites. »

« Continuez de travailler très fort, parce qu’il y a beaucoup de gens qui, comme moi, dépendent de la recherche pour que l’on trouve de nouveaux traitements, plus efficaces, et peut-être un jour un remède. » – Sindy Hooper

Un nouveau souci de santé en 2020

Même avant l’arrivée de la COVID-19, l’année 2020 réservait un nouveau défi à Sindy. Lors d’un vol vers Hawaii l’hiver dernier, elle a commencé à ressentir d’intenses douleurs gastro-intestinales. Dès l’atterrissage, elle s’est rendue directement à l’hôpital, où elle a appris qu’elle avait une obstruction partielle de la voie gastro-intestinale. Même si son état s’est amélioré, ses chirurgiens de L’Hôpital d’Ottawa lui ont recommandé de rentrer à la maison, car ils avaient les meilleurs moyens de traiter son cas complexe si elle développait une nouvelle obstruction et avait besoin d’une chirurgie.

De retour chez elle, Sindy a continué à avoir de graves crises de douleur, puis elle a fait de la fièvre et une infection du sang. À la mi-avril, la COVID-19 était arrivée à Ottawa et les médecins hésitaient à l’opérer, mais la douleur était devenue si forte qu’ils n’ont pas eu le choix.

Les chirurgiens ont découvert un grand nombre d’adhérences là où se trouvaient ses obstructions et les ont retirées. Sindy avoue que ce séjour à l’hôpital en pleine pandémie fut une période angoissante. « J’avais si peur, toute seule, sans mon mari à mes côtés. »

Toutefois, elle lève son chapeau au personnel incroyable qui a été à son chevet pendant six jours. Je dois dire que tout le monde a mis les bouchées doubles pour que les patients se sentent bien pendant cette période. J’étais impressionnée. »

Des plans d’avenir

Aujourd’hui, Sindy célèbre sept années de survie au cancer du pancréas et ne tient rien pour acquis. Après avoir survécu une première année, elle a prié pour une deuxième. « Quand je songe à chaque année qui s’est ajoutée, c’est absolument incroyable pour moi, Jon et mes fils. »

Chaque six mois, Sindy retourne passer une tomodensitométrie à L’Hôpital d’Ottawa. Même si l’attente des résultats est angoissante, jusqu’à maintenant chaque examen a donné lieu à de bonnes nouvelles qui permettent à Sindy et Jon de faire des plans pour l’année suivante.

Sindy biking at the International Triathlon Union
En action au championnat du monde de triathlon de distance olympique de l’ITU (International Triathlon Union) à Cozumel, au Mexique, en 2016.

Cette année, le plan prévoyait d’agrandir la famille avec l’arrivée de Lexey, un bouledogue français, qui remplit leur quotidien de bonheur. Sindy a toujours de la course, de la nage et du vélo à l’horaire. Après son opération, elle a repris ses forces et est de retour à l’entraînement pour une course Ultramarines de 50 km en novembre et un triathlon l’été prochain. Elle reste toujours tournée vers l’avenir.

« C’est extraordinaire de déjouer les prédictions et de pouvoir continuer à vivre, à profiter de la vie et à aimer la vie. » – Sindy Hooper

On peut dire que pour Sindy, chaque moment compte.

Écoutez Sindy Hooper témoigner dans Pulse, le balado de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.

L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires, de recherche et d’enseignement, fièrement affilié à l’Université d’Ottawa.

George n’avait aucune crainte lorsqu’il a passé son bilan annuel de santé. Il avait toujours été relativement en bonne santé. Aussi, il ne s’est pas beaucoup inquiété lorsque son taux d’antigène prostatique spécifique (APS) a commencé à grimper. Son médecin de famille l’a toutefois envoyé voir le Dr Brian Blew, urologue à L’Hôpital d’Ottawa, qui lui a fait passer une biopsie. Le diagnostic fut brutal : cancer de la prostate. George a ainsi entamé un combat qu’il n’avait jamais anticipé pour recouvrer la santé, avec l’appui d’une équipe exceptionnelle de médecins, d’infirmières et de radiothérapeutes. Aujourd’hui, plus d’un plus tard, George est fier de faire un don mensuel à l’Hôpital. Il est déterminé à redonner au moyen de la philanthropie et du bénévolat pour aider d’autres patients.

Le choc de la nouvelle

George and Maria on vacation
George et Maria en vacances.

En avril 2019, George revenait d’un voyage au Mexique avec son épouse Maria lorsqu’il a appris que sa biopsie révélait un diagnostic de cancer de la prostate. Comme son taux d’APS avait toujours été élevé et que la récente hausse pouvait très bien être attribuable au vieillissement, il a été stupéfait d’apprendre qu’il avait le cancer. Le Dr Blew lui a proposé deux options : retirer la prostate par chirurgie ou recevoir des traitements de radiothérapie. George, qui tenait à agir rapidement, a jugé que la radiothérapie lui offrait les meilleures chances. « Je voulais m’y attaquer immédiatement. J’ai donc commencé rapidement les traitements de radiothérapie. J’en ai reçu 20 en tout. Je m’estime très chanceux, car certains hommes doivent en recevoir davantage », précise George.

« Nous avons un joyau rare ici, à Ottawa. En donnant, je sais que j’aide les prochains patients à recevoir d’excellents soins comme ceux qui m’ont guéri. » – George Knight

Des soins empreints de compassion

George est reconnaissant de l’accès rapide aux traitements et de la façon dont le personnel a pris soin de lui. « J’ai obtenu d’excellents soins de tous les médecins – les Drs Blew, Haddad et Bourque – ainsi que de l’ensemble du personnel infirmier et des radiothérapeutes. Ils ont tous été formidables. Je n’aurais pas pu demander mieux ». Ses inquiétudes étaient tout à fait compréhensibles, mais son équipe de soins l’a rassuré.

George Knight
George Knight

Depuis qu’il s’est remis de la radiothérapie, George se sent mieux que jamais. Il a repris ses nombreux loisirs et il est de retour aux côtés de Maria dans le studio de yoga deux fois par semaine. « Je me sens au sommet de ma forme – mieux que je me suis senti depuis longtemps. J’ai plus d’énergie et mes taux d’APS sont redescendus dans un intervalle acceptable. Je suis chanceux. Je me porte à merveille. »

« Les dons de George nous aideront à continuer de mettre au point les meilleurs outils d’évaluation et de traitement. » – Dr Blew

Il estime que ce sont les excellents soins qui l’ont aidé à se rétablir et il souhaite que son expérience encourage d’autres hommes à passer des tests de dépistage. « Nous avons découvert mon cancer à un stade précoce, ce qui a fait une énorme différence. Aujourd’hui, j’encourage fortement mes amis de plus de 50 ans à faire un dépistage. Ils hochent bien souvent de la tête, mais c’est important parce qu’on peut avoir un problème de santé sans présenter de symptôme », ajoute George.

Le Dr Blew abonde dans le même sens. « M. Knight était très bien renseigné sur le dépistage par l’APS. Il savait qu’un taux élevé d’APS n’est pas toujours causé par le cancer de la prostate et qu’il faut approfondir l’examen pour déterminer s’il faut traiter ou seulement surveiller. Les dons de George nous aideront à continuer de mettre au point les meilleurs outils d’évaluation et de traitement. »

La gratitude à l’action

Les soins dont il a bénéficié ont aussi inspiré George à devenir bénévole à l’Hôpital. « J’ai vu une citation de Jim Rohn en ligne : “C’est seulement en donnant qu’on peut recevoir davantage que ce que l’on a déjà”. Ça a touché une corde sensible en moi. C’est pourquoi je dois redonner. » C’est ainsi qu’il a décidé de devenir donateur mensuel. « J’ai fait confiance à l’Hôpital pour rétablir ma santé et maintenant je lui fais la même confiance pour gérer mes dons. Je veux que l’Hôpital ait un soutien régulier. Nous avons un joyau rare ici, à Ottawa. En donnant, je sais que j’aide les prochains patients à recevoir d’excellents soins comme ceux qui m’ont guéri. »


L’Hôpital d’Ottawa est un centre hospitalier universitaire de calibre mondial qui s’est taillé une solide réputation en matière de soins aux patients, d’enseignement et de recherche. Il est fier d’être affilié à l’Université d’Ottawa.

Lorsque Lorne Blahut a reçu un diagnostic de VIH en 2000, il a cru qu’il allait en mourir. Les spécialistes de L’Hôpital d’Ottawa, grâce aux percées inédites réalisées par nos chercheurs, avaient toutefois d’autres projets pour lui. En 2017, Lorne a été de nouveau confronté à un envahisseur effrayant : le cancer de la prostate. Cette fois, il savait qu’il était entre bonnes mains.

« Mon médecin, le Dr Stephen Kravcik, m’a conseillé de planifier ma retraite parce que je n’allais pas mourir », affirme Lorne. Il avait raison. Lorne, qui a maintenant 67 ans, a pris sa retraite il y a 7 ans de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Sa crainte initiale de mourir du VIH était toutefois bien fondée. On estime à plus de 32 millions le nombre de personnes décédées à cause du VIH depuis le début des années 1980. Les taux de mortalité sont restés élevés pendant des années, jusqu’à ce que la recherche parvienne à inverser la tendance.

Excellence en recherche

« Le milieu des années 1990 représente assurément l’apogée de la recherche sur le VIH, avec la mise au point de nouveaux traitements. À L’Hôpital d’Ottawa, les Drs Bill Cameron et Jonathan ont dirigé une recherche révolutionnaire », relate le Dr Kravcik, qui s’est joint à l’équipe du Dr Cameron en 1994 pour faire de la recherche sur le VIH et mener des essais cliniques sur de nouveaux médicaments. Il se rappelle qu’à l’époque, environ 125 de leurs patients atteints du VIH mourraient chaque année.

De nos jours, le VIH n’est plus une condamnation à mort.

« Ce n’est même pas une maladie chronique. La plupart des gens, comme Lorne, prennent une ou deux pilules par jour et mènent une vie normale. Les médicaments sont d’une grande efficacité. Ils sont bien tolérés par les patients, qui se portent bien grâce à eux. » – Le Dr Stephen Kravcik

Lorne Blahut grateful for care received at The Ottawa Hospital
Lorne Blahut est reconnaissant des soins reçus à L’Hôpital d’Ottawa.

Au moment du diagnostic de Lorne il y a 20 ans, l’espérance de vie des personnes atteintes du VIH/sida s’était améliorée grâce aux médicaments antirétroviraux, mais elle n’atteignait pas des décennies.

« Recevoir ce diagnostic a été un choc terrible, confie Lorne. Pendant un certain temps, je n’en ai parlé à personne. Je faisais partie de la communauté des hommes gais; j’avais peur que les gens le découvrent. C’était intimidant et décourageant, mais on dit que nos pires craintes se concrétisent uniquement dans notre tête. »

Les craintes de Lorne se sont apaisées lorsqu’il a compris qu’il était entre des mains compétentes et compatissantes.

Aider les patients à composer avec la maladie

Dr. Kravcik
Dr Stephen Kravcik

« Plusieurs personnes m’ont aidé à cheminer dans la maladie. Il y avait une équipe en place dès le début, dit Lorne. Le Dr Kravcik m’a expliqué ce qui allait se passer avec les différents médicaments et il a pris le temps de m’écouter lorsque j’avais des questions. Kim Lancaster, la travailleuse sociale de l’équipe, m’a aidé au moment du diagnostic et par la suite pour aller de l’avant et régler des problèmes personnels. »

Kim a travaillé à la Clinique des maladies infectieuses pendant neuf ans. Son travail consistait principalement à aider les patients à gérer l’impact émotionnel d’un diagnostic de VIH et à les accompagner sur les plans professionnel, social et émotionnel. Elle se désole que la maladie fait toujours l’objet d’une grande stigmatisation.

« Lorne savait qu’il avait besoin d’aide et il a eu le courage d’en demander, déclare Kim. La plupart des gens qui vivent mal avec le VIH maladie sont ceux qui ont trop honte ou peur de la discrimination pour avoir recours au soutien médical et psychosocial. Ils ne parlent pas aux autres de leur expérience ».

« Les soins étaient vraiment complets. J’ai reçu une aide psychologique, en plus d’être pris en charge physiquement » – Lorne Blahut

Lorne confirme que les soins multidisciplinaires l’ont aidé à composer avec une maladie mal perçue par la société. Il a aussi grandement tiré parti de la recherche menée à l’Hôpital et des médicaments antirétroviraux mis au point au fil des ans pour maintenir la maladie en rémission. Lorne est un survivant. Or, il s’est retrouvé soudainement confronté à une autre maladie potentiellement mortelle : le cancer de la prostate.

« Un diagnostic de cancer prend du temps à accepter », confie Lorne. Il voulait néanmoins connaître ses options de traitement.

Mini-chirurgie robotisée

Lorne s’est renseigné au sujet des deux options chirurgicales pour traiter le cancer de la prostate avant de décider que la chirurgie robotisée, offerte uniquement à L’Hôpital d’Ottawa, était celle qui lui convenait. Elle est pratiquée grâce au système chirurgical da Vinci, un appareil robotisé de pointe qui est manipulé à distance par le chirurgien à l’aide de caméras et de minuscules instruments. Le patient s’en rétablit mieux par rapport à une opération traditionnelle, car elle n’exige que de petites incisions plutôt qu’une grande incision au basventre. L’Hôpital d’Ottawa a été le troisième établissement au Canada à faire l’acquisition de ce système de chirurgie miniinvasive, et ce, grâce à des fonds donnés par la collectivité.

The da Vinci Surgical System is a state-of-the-art robotic system
Le système chirurgical da Vinci, un système robotique ultramoderne.

« Ce qui m’a le plus frappé en comparant les deux options chirurgicales, c’est le temps de rétablissement. Guérir d’une opération classique prend du temps à cause de l’incision importante, qui, en plus d’exiger le port d’une sonde pendant des mois, présente un risque accru de blesser des nerfs. La décision pour moi était claire. »

Se préparer à la chirurgie

Lorne a rencontré le Dr Chris Morash, chirurgien, qui lui a parlé des effets secondaires potentiels d’une chirurgie du cancer de la prostate. Certaines personnes souffrent d’incontinence ou de dysfonction sexuelle, d’autres ont besoin d’une hormonothérapie. Quelques jours plus tard, Lorne a rencontré Liane Murphy, travailleuse sociale.

Liane rencontre des personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate pour les aider à se préparer à la chirurgie et à leur rétablissement, ainsi que pour discuter de leurs inquiétudes.

Grâce à ces échanges, Lorne a pu tenir une discussion positive avant l’opération avec le Dr Morash, qui a alors mieux tenu compte de ses préoccupations. En février 2018, Lorne a subi une chirurgie robotisée de trois heures. Il s’en est bien rétabli et profite de nouveau de sa retraite.

Des soins de calibre mondial, ici même, dans la capitale nationale

« Je viens de l’ouest du pays et je suis arrivé à Ottawa en 1992. Lorsque j’ai pris ma retraite il y a sept ans, on m’a demandé si j’allais retourner en Saskatchewan. Ma réponse immédiate était : “Non, car je ne pourrais pas y recevoir les soins de santé de L’Hôpital d’Ottawa”, affirme Lorne. « Dans l’ensemble, mon expérience à L’Hôpital d’Ottawa a été exemplaire. Les membres du personnel m’ont bien traité et énormément soutenu. Je ne saurais assez vanter leur mérite. »

Lorne n’est assurément pas le seul à devoir composer avec les diagnostics de VIH et de cancer de la prostate et les traitements connexes. Beaucoup d’hommes aux prises avec ces maladies vivent des expériences similaires. Pour ce qui est du VIH, toutefois, Lorne pave la voie dans un nouveau domaine des soins de santé.

« Peu d’hommes de son âge ont survécu au VIH », révèle Tim Hutchinson, ancien directeur des services sociaux du Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa, qui connaît Lorne depuis de nombreuses années. « Il est donc un pionnier et un modèle pour nous permettre de comprendre ce qu’il advient à cette population à mesure qu’elle vieillit et l’expérience d’un homme gai au sein du système de santé. »

L’Hôpital d’Ottawa établit une Chaire de recherche en santé des hommes gais afin de créer un programme pour améliorer l’accès à des soins adaptés aux hommes gais et la prestation de ces soins, et ce, à toutes les étapes de la vie.