Le pire cauchemar d’un parent

Shane et Ellen Ottens ont vu leurs quatre garçons passer à travers leur bonne part de plaies et bosses et de fractures au fil des années. Cependant, rien ne les avait préparés au diagnostic que leur fils, Spencer, recevrait à l’automne de 2017.

Spencer, alors âgé de 14 ans, a vu son œil rougir et pleurer pendant plus d’une semaine, et un étrange blocage dépassait de son nez. Malgré des efforts répétés, il ne réussissait pas à le faire sortir. C’est alors que la mère de Spencer, Ellen, a compris qu’il avait besoin d’aide et ils ont fini au service des urgences du CHEO.

Les médecins ont demandé une tomodensitométrie. Il était autour de minuit. Ellen se souvient du moment où ils ont eu les résultats.

« Un médecin qui avait l’air profondément inquiet m’a demandé : “Saviez-vous que Spencer avait une tumeur dans sa tête?” »

Ce n’est pas une nouvelle qu’un parent veut entendre.

La tumeur, qui dépassait du nez de Spencer, a fait l’objet d’une biopsie. Bien que bénigne, cette tumeur entraînait une détérioration rapide de la santé de Spencer. Lorsqu’Ellen a demandé à voir le tomodensitogramme, elle se souvient avoir cherché une image de la taille d’un grain de raisin ou d’une balle de golf attachée à une excroissance dans le nez.

« Je n’en ai pas vu et j’ai demandé où était la tumeur. “C’est la zone grise”, m’a dit le médecin ».

La zone grise couvrait la moitié de son visage.

« Je ne voulais même pas penser à quoi ressemblerait son visage après, avec tout ce qu’il aurait à couper pour enlever autant de tissu, mais il fallait que je pose la question. »

Le médecin m’a révélé que la tumeur était plus grande que toutes celles qu’il avait vues auparavant. C’est pour cette raison et parce qu’elle touchait le plancher du cerveau qu’il a dit aux parents de Spencer qu’il ne pourrait pas effectuer la chirurgie.

Ce type de tumeur nécessiterait une équipe spécialisée composée d’un otorhinolaryngologiste et d’un neurochirurgien qui travailleraient ensemble. Ellen se souvient avoir pensé qu’elle emmènerait son fils n’importe où au pays pour qu’il reçoive l’aide dont il avait besoin.

Cependant, les soins spécialisés étaient tout près, à L’Hôpital d’Ottawa. Une équipe hautement spécialisée effectuerait une chirurgie mini-invasive et retirerait la tumeur par le nez de Spencer.

Soins spécialisés à L’Hôpital d’Ottawa

Cependant, les soins spécialisés étaient tout près, à L’Hôpital d’Ottawa. Une équipe hautement spécialisée effectuerait une chirurgie mini-invasive et retirerait la tumeur par le nez de Spencer.

Un peu plus d’une semaine plus tard, alors que son état s’aggravait, Spencer a été admis à L’Hôpital d’Ottawa. Il a passé une autre tomodensitométrie et un examen IRM, et l’équipe spécialisée surveillait le nerf optique derrière son œil protubérant pour s’assurer qu’il n’était pas coupé par la tumeur qui grossissait.

Deux jours plus tard, Spencer a subi une intervention chirurgicale de quatre heures, qui a aidé à stopper 80 % du flux sanguin qui nourrissait la tumeur. Les 20 % restants maintiendraient le flux sanguin vers son cerveau.

Le jour suivant, l’équipe hautement qualifiée composée des Drs Fahad AlKherayf et Shaun Kilty a effectué une intervention chirurgicale de huit heures. Grâce à la précision des experts et à une technologie ultramoderne, l’équipe a excisé la grosse tumeur du visage de Spencer et la couche de base de son cerveau. Elle a aussi reconstruit cette couche pour empêcher la fuite des liquides qui protègent le cerveau.

Cette chirurgie mini-invasive, l’excision de la tumeur et la reconstruction de la couche, a été effectuée par le nez de Spencer par le Dr AlKherayf, qui a le plus grand nombre d’heures de chirurgie de formation pour cette intervention au Canada.

Afin de reconstruire la couche du cerveau, les médecins ont aussi eu recours à la technologie de l’impression 3D durant l’intervention chirurgicale. Ellen dit que c’est remarquable. « C’est vraiment génial les progrès accomplis pour aider les patients dans notre communauté. » En 2016, L’Hôpital d’Ottawa est devenu le premier hôpital du Canada à avoir un programme d’impression médicale en 3D intégrée.

Ellen déclare que ses préoccupations initiales relativement au rétablissement se sont complètement évanouies grâce à cette technique mini-invasive. « C’était incroyable. Spencer était de retour à la maison trois jours seulement après la chirurgie! »

Lorsqu’elle repense à la peur ressentie au moment du diagnostic initial jusqu’à là où en est Spencer aujourd’hui, de retour à l’école et actif, plusieurs pensées lui viennent à l’esprit.

« Je suis immensément reconnaissante envers Dieu et L’Hôpital d’Ottawa et je suis réellement convaincue que nous étions entre les meilleures mains. »


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.

Un spectateur ne voit que le Dr Adam Sachs, neurochirurgien, de grosses lunettes sur le nez, qui regarde en l’air entre les deux manettes qu’il bouge devant lui dans un mouvement de va-et-vient. Ce que voit le Dr Sachs est une image tridimensionnelle où sont superposes le cerveau d’un patient et l’activité électrique de ce dernier. Ce n’est pas un jeu vidéo. C’est la technologie de pointe de la stimulation cérébrale profonde et de la neurochirurgie.

En portant des lunettes de réalité virtuelle, le Dr Sachs peut visualiser une image 3D précise, générée par ordinateur, du cerveau d’un patient atteint de la maladie de Parkinson, créée à l’aide des clichés IRM de ce patient. L’activité cérébrale des patients enregistrée à partir de microélectrodes peut être visualisée dans ce monde virtuel. Grâce aux deux baguettes, ou manettes, il peut déplacer le cerveau en trois dimensions et le voir sous tous les angles. Il peut également retirer des couches du cerveau pour regarder à l’intérieur de l’endroit exact où il placera une electrode de SCP lors d’une chirurgie de stimulation cérébrale profonde (SCP). Il espère utiliser bientôt cette technologie en sale d’opération.

Adam Sachs
Le Dr Adam Sachs, neurochirurgien, planifie d’utiliser la réalité virtuelle dans sa chirurgie de stimulation cérébrale profonde chez les patients atteints de maladie de Parkinson.

Ce système medical de réalité virtuelle 3D a été mis au point à L’Hôpital d’Ottawa et est le premier du genre au monde à être utilisé pour la chirurgie de stimulation cérébrale profonde. Les Drs Justin Sutherland et Daniel La Russa sont des physiciens médicaux cliniciens du service de radio-oncologie de L’Hôpital d’Ottawa. Tous deux ont utilisé leur expertise en imagerie pour developer un système de réalité virtuelle qui associe les clichés IRM et tomodensitométriques d’un patient afin de créer une image 3D de l’organe ou de la partie du corps du patient pour donner aux chirurgiens une representation détaillée et precise de la zone objet de la chirurgie.

Auparavant, les patients utilisaient principalement des programmes de réalité virtuelle à des fins de réadaptation. Les patients portaient des lunettes de réalité virtuelle qui les aidaient à réapprendre à se déplacer et à s’adapter à différents environnements. Jusqu’à récemment, la technologie n’était pas assez avancée pour permettre de créer des images d’organes ou de tissus qui pouvaient être utilisées par les cliniciens de façon à améliorer les pratiques actuelles.

« Ce que nous essayons de faire dans notre laboratoire de réalité virtuelle, realizeLab, est de trouver de nouvelles façons de tirer parti de la technologie pour aider les médecins et le personnel infirmier, ou tout autre professionnel de la santé, à mieux faire ce qu’ils font. Et pour cela, il n’y a pas mieux que la visualization 3D », a déclaré le Dr Sutherland, professeur adjoint au département de radiologie de l’Université d’Ottawa. « Nous pensons que la technologie vient d’atteindre ce stade. Nous sommes maintenant à une étape où nous voulons pousser plus loin l’aventure des cliniciens comme utilisateurs. »

*En anglais seulement

“La réalité virtuelle n’est utilisée de cette façon nulle part ailleurs dans le monde.”

Dr Adam Sachs

L’un des chirurgiens de l’hôpital d’Ottawa qui souhaitait utiliser la réalité virtuelle 3D est le Dr Sachs, qui pratique la chirurgie de la stimulation cérébrale profonde chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Au cours de cette procédure, une microélectrode, pas plus épaisse qu’un cheveu humain, est implantée dans une zone très precise du cerveau. La microelectrode enregistre ensuite l’activité de cette partie du cerveau, la stimule et atténue certains des symptômes du patient, comme les tremblements et l’akinésie ou la perte de la capacité de faire bouger ses muscles volontairement. Le système de réalité virtuelle permet de visualiser en même temps l’activité électrique, les effets de stimulation et les clichés IRM.

« En chirurgie de stimulation cérébrale profonde, la cible étant très petite et au centre du cerveau, le chirurgien se trouve confronté au problème suivant : comment visualiser le cerveau de la personne pour comprendre la zone en question et repérer l’endroit où il doit placer l’électrode », a déclaré le Dr Sachs.

Le Dr Adam Sachs, neurochirurgien, utilise les manettes de la réalité virtuelle
Le DAdam Sachs, neurochirurgien, utilise les manettes de la réalité virtuelle pour manipuler une image tridimensionnelle du cerveau.

Il a ajouté que les neurochirurgiens utilisaient des clichés IRM et des atlas cérébraux pour se créer une image mentale du cerveau du patient. Le problème est que ces atlas sont des cartes créées à partir du cerveau de nombreuses personnes différentes, alors que le cerveau de chaque patient est unique. De plus, les atlas cérébraux ne sont que bidimensionnels, alors que le cerveau est tridimensionnel. Il est donc difficile de placer la microelectrode à l’endroit exact du cerveau du patient, là où elle aura le plus de chances d’arrêter ou de réduire les tremblements dus à la maladie de Parkinson.

Le Dr Chadwick Boulay, chercheur principal au sein du programme de neurosciences, comprend les défis auxquels sont confrontés les neurochirurgiens lors de l’implantation d’une electrode à la position optimale dans le cerveau. Lorsqu’il a entendu parler de la technologie de réalité virtuelle 3D mise au point à L’Hôpital d’Ottawa, il a compris le potential que cette technologie offrait pour accroître la precision de la chirurgie de stimulation cérébrale profonde. Lui et le Dr Sachs ont travaillé avec les Drs Sutherland et La Russa pour élaborer un programme de réalité virtuelle qui leur permettrait de voir le cerveau du patient en trois dimensions.

« C’est vraiment passionnant. Les électrodes de stimulation cérébrale profonde seront places avec une plus grande précision, car nous pourrons intégrer des images précises de l’anatomie du patient et les visualiser en trois dimensions », a déclaré le Dr Sachs.

Il prévoit que la precision du placement de l’électrode qui en résultera améliorera les résultats pour les patients atteints de la maladie de Parkinson. Chaque année, environ 15 personnes subissent une stimulation cérébrale profonde à L’Hôpital d’Ottawa.

« Nous sommes ravis de travailler avec le laboratoire du Dr Sachs, car c’est un exemple Clinique parfait d’utilisation de la visualization 3D pour mieux comprendre un problème spatial », a déclaré le Dr Sutherland. « Dans ce cas, le fait de voir une cible pour une stimulation cérébrale profonde évite aux chirurgiens d’essayer de créer un modèle 3D dans leur tête. »

Daniel La Russa, Justin Sutherland, et Chadwick Boulay
Les Drs Daniel La Russa, Justin Sutherland et Chadwick Boulay se sont associées pour élaborer un programme de réalité virtuelle 3D pour la chirurgie de stimulation cérébrale profonde du Dr Adam Sachs.

Le Dr Sutherland prévoit que cette technologie de réalité virtuelle 3D sera un jour dans tous les départements de L’Hôpital d’Ottawa. Il dit que le système global est étonnamment peu coûteux, car l’ordinateur qui le gère et les lunettes ne coûtent que quelques milliers de dollars. Les possibilités de cette technologie sont infinies. Selon lui, elle offre un énorme potentiel en matière de formation–pour enseigner l’anatomie médicale–et de planification chirurgicale. Le Dr Sutherland considère que l’adoption de ce système par le Dr Sachs constitue un exemple eloquent de la façon don’t les médecins peuvent utiliser cette technologie pour améliorer leurs pratiques.

« La réalité virtuelle n’est utilisée de cette façon nulle part ailleurs dans le monde », a déclaré le Dr Sachs.

L’Hôpital d’Ottawa se positionne rapidement comme un chef de file en matière de technologie de réalité virtuelle 3D et a déjà attiré l’attention internationale. Les Drs Sutherland et La Russa ont fait des demonstrations et ont été invites à prendre la parole lors de grandes conferences médicales. De plus, d’autres établissements les ont contactés et ont manifesté leur intérêt quant à l’utilisation de cette technologie.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.