Publié : juillet 2026

Temps de lecture : 4 min

Publié : juillet 2026

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La Terre est peuplée de plus de 8 milliards d’habitants. Moins de 700 d’entre eux ont jamais quitté notre planète pour s’aventurer dans l’espace. Robert Thirsk est l’un d’entre eux.

Bien avant que Robert ne devienne astronaute à l’Agence spatiale canadienne, il était un jeune garçon vivant en Colombie-Britannique qui regardait l’alunissage d’Apollo à la télévision avec sa famille. À la fin de l’émission, il s’est précipité dehors pour regarder, fasciné, en direction de la Lune. Les astronautes qui s’y étaient rendus lui semblaient d’un courage incroyable. Dès cet instant, il a rêvé de suivre leurs traces.

Des années plus tard, c’est exactement ce qu’il allait faire.

« C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que j’avais réalisé un rêve d’enfance. »

En 1996, Robert s’est envolé pour la première fois dans l’espace et a passé 17 jours à bord de la navette spatiale Columbia. Puis, en 2009, il est resté 6 mois en orbite, flottant en apesanteur à bord de la Station spatiale internationale et contemplant la Terre d’un point de vue que peu de gens auront jamais l’occasion de découvrir. Il se souvient encore de la première fois où il a vu, depuis l’espace, le soleil se lever au-dessus de l’océan Atlantique.

« C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que j’avais réalisé un rêve d’enfance », a déclaré Robert.

L'ancien astronaute Robert Thirsk

Bien plus qu'un simple nerf coincé

Au début, Robert a pensé qu’il s’agissait d’un nerf coincé. Chaque fois qu’il regardait droit devant lui ou vers sa droite, un engourdissement et des fourmillements irradiaient de son épaule droite le long de son bras jusqu’à ses doigts. Cette sensation disparaissait quasiment immédiatement dès qu’il tournait la tête de l’autre côté. Mais dès qu’il regardait à nouveau vers sa droite, elle revenait.

Il pensait que cela se résoudrait tout seul en faisant quelques exercices. Au lieu de cela, la douleur a persisté, et les symptômes ont commencé à le gêner dans ses activités quotidiennes, comme conduire ou regarder la télévision. Au fil du temps, il a également remarqué qu’il avait moins de force dans le haut du bras. Pour quelqu’un qui a toujours mené une vie active et repoussé les limites des performances humaines – comme ingénieur, médecin et astronaute – cela était difficile à accepter.

« Je ne me voyais vraiment pas passer le reste de ma vie à ne regarder que vers ma
gauche », d’ajouter Robert.

Il est essentiel de pratiquer une activité physique régulière dans l'espace pour préserver la force musculaire et la densité osseuse.

Une approche novatrice en matière de chirurgie de la colonne vertébrale

Alors que les symptômes s’aggravaient, Robert a été orienté vers le Dr Safraz Mohammed, neurochirurgien à L’Hôpital d’Ottawa. Les examens d’imagerie, notamment des radiographies et une IRM, ont révélé une arthrose cervicale. Un disque dégénéré au niveau des vertèbres C5 et C6 avait provoqué une hernie et comprimait une racine nerveuse dans le cou de Robert, provoquant ainsi les engourdissements, les fourmillements et l’affaiblissement qui perturbaient sa vie.

Ce diagnostic a donné lieu à la prise d’une décision importante. Habituellement, de nombreux patients atteints de ce genre de problème subissent une arthrodèse vertébrale, une intervention consistant à souder définitivement deux vertèbres ensemble. Bien que très efficace pour soulager la douleur et stabiliser la colonne vertébrale, cette intervention supprime toute mobilité à ce niveau de la colonne. Pour Robert, il était essentiel de garder la mobilité de son cou.

Le Dr Mohammed a estimé que Robert pourrait bénéficier d’une nouvelle technique appelée « remplacement discal artificiel ». Contrairement à l’arthrodèse, cette technique utilise un dispositif implanté conçu pour préserver la mobilité du cou, tout en soulageant la pression sur le nerf touché.

Tous les patients ne sont pas éligibles à cette intervention, mais l’état de santé général de Robert, son mode de vie actif et la bonne qualité de ses os en faisaient un candidat idéal.

« Le remplacement discal artificiel nous permet de traiter la source du problème, et ce, tout en préservant la mobilité du cou, de déclarer le Dr Mohammed. Pour les patients, cela peut apporter un excellent soulagement des symptômes, en les aidant à conserver leur mode de vie actif. »

Cela signifiait également que Robert pouvait bénéficier d’une expertise disponible dans seulement quelques hôpitaux de l’Ontario. Le Dr Mohammed fait partie des meilleurs chirurgiens de la colonne vertébrale de la région, formés pour pratiquer cette intervention très spécialisée. Il contribue d’ailleurs à former d’autres chirurgiens afin qu’ils puissent la proposer dans toute la province.

Prêt pour le lancement… et la chirurgie

Pour Robert, cette décision lui semblait étonnamment normale. Tout au long de sa carrière d’astronaute, il avait appris que les résultats extraordinaires dépendaient d’équipes extraordinaires. Après avoir discuté des risques et des bienfaits de chaque option avec le Dr Mohammed, Robert était convaincu d’être entre de bonnes mains et souhaitait aller de l’avant avec cette chirurgie innovante.

Malgré la complexité de l’opération, il n’était pas nerveux le jour de l’intervention. Ses années d’entraînement comme astronaute lui avaient appris que la confiance est essentielle lorsque les résultats dépendent d’une équipe hautement qualifiée. À bien des égards, ce sentiment lui rappelait le moment où il s’était rendu sur la rampe de lancement avant ses deux missions spatiales. « On pourrait penser que les astronautes sont nerveux à ce moment-là, de dire Robert. Mais en réalité, nous réfléchissons à la qualité de notre entraînement ainsi qu’à la préparation de notre équipe de soutien au sol. Avant ces deux lancements, j’avais une confiance totale en mes capacités, en celles de mes coéquipiers et de l’équipe au sol pour atteindre les objectifs ambitieux de notre mission. »

C’est ce même sentiment de confiance qui l’a accompagné jusqu’à la salle d’opération.

Un rétablissement rapide

L’opération s’est déroulée avec succès, et Robert en a immédiatement ressenti les bienfaits. À son réveil, les symptômes qui perturbaient sa vie avaient disparu. « J’ai tout de suite remarqué que les engourdissements et les fourmillements avaient disparu, d’ajouter Robert. C’est incroyable ! »

Ce qui l’a tout autant impressionné, c’est la rapidité de sa convalescence. Même après une opération aussi complexe, il n’a passé qu’une seule nuit à l’hôpital avant de rentrer chez lui.

En l’espace de quelques mois, Robert a repris toutes les activités qu’il aimait auparavant, se déplaçant librement sans ressentir le moindre symptôme.

Robert Thirsk et Julie Payette à bord de la Station spatiale internationale.

Qu’arrive-t-il au corps dans l’espace?

S’il est vrai que L’Hôpital d’Ottawa a permis à Robert de retrouver sa mobilité et sa qualité de vie, ses chercheurs se penchent depuis de nombreuses années sur les effets des vols spatiaux sur le corps humain.

Depuis plusieurs décennies, le Dr Guy Trudel, médecin en réadaptation et scientifique principal à L’Hôpital d’Ottawa, joue un rôle de premier plan à ce sujet. Ses recherches, reconnues à l’échelle internationale, ont aidé l’Agence spatiale canadienne et ses partenaires scientifiques du monde entier à mieux comprendre comment une exposition prolongée à l’apesanteur modifie les muscles, les os, les articulations et la colonne vertébrale.

Rencontrez le Dr Guy Trudel, médecin et chercheur

Découvrez ce que les voyages dans l’espace ont appris au Dr Trudel sur le corps humain, comment il s’est intéressé à ce domaine de recherche en premier lieu et s’il aimerait lui-même aller dans l’espace un jour.

Une grande partie de ses travaux associe la recherche clinique à des expériences menées sur des astronautes dans l’espace et à des études en conditions analogues à l’espace. Dans le cadre de ces études menées sur Terre, des volontaires en bonne santé participent à des expériences de repos au lit contrôlées qui simulent les effets de la microgravité. Les chercheurs suivent de près les changements au niveau de la force musculaire, de la densité osseuse, de la circulation sanguine et de la colonne vertébrale à l’aide de techniques d’imagerie de pointe et de tests physiologiques.

« Le corps s’adapte remarquablement bien à l’espace, mais le retour à la gravité impose de nouvelles contraintes aux os, aux muscles et à la colonne vertébrale. »

Dans l’espace, les astronautes grandissent à mesure que leurs disques intervertébraux se dilatent, libérés de l’attraction constante de la gravité. Beaucoup souffrent de maux de dos pendant leurs missions, et les recherches suggèrent que les vols spatiaux pourraient augmenter le risque de problèmes vertébraux après le retour sur Terre.

« Nous savons que les vols spatiaux affectent le système musculosquelettique de multiples façons, de déclarer le Dr Trudel. Le corps s’adapte remarquablement bien à l’espace, mais le retour à la gravité impose de nouvelles contraintes aux os, aux muscles et à la colonne vertébrale. »

Ses travaux ont également permis de faire d’importantes découvertes sur les modifications de la moelle osseuse. L’étude MARROW, publiée dans Nature Medicine, a aidé à mieux comprendre l’anémie spatiale dont souffrent les astronautes après un vol dans l’espace. Son équipe entame à présent la prochaine phase de recherche dans le cadre de l’étude SPARK, qui s’appuiera sur les résultats antérieurs mis en évidence dans l’étude MARROW, grâce aux données recueillies auprès d’astronautes avant, pendant et après leur vol dans l’espace.

L’impact de ces recherches s’étend également au-delà de l’exploration spatiale.

« Les mêmes changements que nous observons chez les astronautes peuvent également se produire chez les patients immobilisés pendant de longues périodes », d’ajouter le Dr Trudel. En étudiant la façon dont le corps réagit à l’apesanteur, les chercheurs acquièrent des connaissances qui pourraient contribuer à améliorer la prise en charge des patients sur Terre qui passent de longues périodes alités en raison d’une maladie ou d’une blessure. Ces découvertes pourraient permettre d’identifier de nouvelles façons de prévenir la fonte musculaire, de préserver la santé osseuse et aussi d’accélérer le rétablissement des patients.

Il est impossible de savoir avec certitude si l’affection spinale de Robert était liée à son séjour dans l’espace, mais son expérience met en lumière deux domaines dans lesquels L’Hôpital d’Ottawa fait la différence : offrir des soins de pointe aux patients d’aujourd’hui, tout en faisant progresser la recherche susceptible de façonner l’avenir de l’exploration spatiale humaine.

Vivre sans aucune limite

Aujourd’hui, Robert a repris la vie active qu’il aime tant. Avec le recul, il est reconnaissant envers l’expertise, l’innovation et les soins qui lui ont permis de retrouver sa mobilité. Pour Robert, cette expérience lui a rappelé que l’exploration se fait sur de nombreux confins, notamment du savoir chirurgical et scientifique.

Qu’il s’agisse d’approfondir notre compréhension du corps humain grâce à la recherche spatiale ou encore de proposer des options chirurgicales de pointe plus près de chez nous, L’Hôpital d’Ottawa continue de repousser les limites du possible pour les patients d’Ottawa et bien au-delà.

Robert Thirsk et sa famille.
En contemplant la Terre pour la première fois depuis l'espace, Robert s'est rendu compte qu'il avait réalisé un rêve d'enfance.

Depuis des années, les bénévoles dévoués des Auxiliaires de L’Hôpital d’Ottawa offrent un puissant soutien à la prestation des soins aux patients. Cette année, cet engagement remarquable s’est traduit par un don exceptionnel : 1,35 million de dollars destinés à l’achat d’équipements de pointe qui amélioreront les soins aux patients de l’ensemble de l’Hôpital.

Les Auxiliaires faciliteront ainsi l’acquisition de plusieurs équipements primordiaux afin de mettre à la disposition des patients et des équipes de soins les outils nécessaires au maintien de soins exceptionnels, aujourd’hui et à l’avenir. Les patients et leurs proches ne voient pas toujours ces équipements, dont les effets positifs se font néanmoins sentir chaque jour partout dans notre Hôpital.

À l’appui de meilleurs soins pour les patients

Chaque innovation technologique et chaque équipement médical de pointe peut changer une vie. Ces avancées pourraient bénéficier à votre voisine, transportée à l’Urgence de l’Hôpital, qui a besoin de soins intensifs; à un ami ayant besoin d’une chirurgie complexe; ou à votre petit-fils, venu au monde quelques semaines avant terme, qui a besoin de soins spécialisés dès les premiers jours de sa vie. 

Dans ces moments-là, les patients et leurs proches comptent sur les équipes de soins pour avoir accès aux meilleurs outils et technologies possibles. Le matériel acheté grâce au don des Auxiliaires aidera les équipes de L’Hôpital d’Ottawa à offrir des soins personnalisés, plus sûrs et mieux adaptés aux besoins des patients. 

Des moniteurs à la fine pointe de la technologie aideront les cliniciens à détecter plus rapidement les changements dans l’état des patients, des incubateurs néonataux spécialisés aideront les nouveau-nés vulnérables au fil de leur croissance et de leur développement, et une nouvelle technologie de contrôle des voies respiratoires permettra aux équipes de soins de réagir rapidement dans les situations critiques, quand chaque seconde compte. 

Grâce à des investissements comme celui-ci, les personnes résidant dans la région de la capitale nationale peuvent accéder à des soins de calibre mondial près de chez elles, lorsqu’elles en ont le plus besoin. 

Des retombées possibles grâce à notre communauté

Le don des Auxiliaires est le fruit de milliers de gestes de générosité des bénévoles, des patients, des familles, du personnel et des membres de la communauté qui appuient les collectes de fonds tout au long de l’année. Qu’il s’agisse d’achats à la boutique de cadeaux ou de dons lors d’initiatives menées par des bénévoles, chaque contribution fait progresser les soins prodigués aux patients et dote l’Hôpital d’équipements indispensables.

« Nous sommes tellement heureux de faire partie de la communauté de L’Hôpital d’Ottawa et nous avons à cœur de continuer à avoir une incidence positive dans la vie de ses patients. »

— Tracy Murphy, présidente du conseil d’administration des Auxiliaires de L’Hôpital d’Ottawa

« Les bénévoles, les employés et les membres de la communauté des Auxiliaires ont choisi de s’engager parce qu’ils sont fermement convaincus que notre travail change les choses dans la vie des patients et de leurs proches, explique Tracy Murphy, présidente du conseil d’administration des Auxiliaires de L’Hôpital d’Ottawa. Nous voyons les résultats concrets de notre travail. Toutes les personnes associées à la mission des Auxiliaires sont profondément touchées de constater ces bienfaits. Nous sommes tellement heureux de faire partie de la communauté de L’Hôpital d’Ottawa et nous avons à cœur de continuer à avoir une incidence positive dans la vie de ses patients. »

Pour en savoir sur les Auxiliaires, poursuivez votre lecture ici.

Publié : juin 2026

Temps de lecture : 4 min

Publié : juin 2026

Temps de lecture : 4 min

Cheryl Langill ne s’est pas retrouvée à l’Urgence de notre hôpital à cause d’un symptôme flagrant ou d’une maladie évidente. C’était plutôt en raison d’une série de changements subtils apparus au fil du temps qui sont devenus progressivement impossibles à ignorer.

Tout d’abord, son mari, Steve, a remarqué des changements inhabituels dans son comportement. Cheryl était plus irritable que d’habitude et prompte à se sentir frustrée. Elle ne ressemblait plus à la femme qu’il connaissait depuis 22 ans.

« Je ne reconnaissais plus ma femme », a déclaré Steve. Même leurs enfants adolescents ont senti que quelque chose n’allait pas.

Ils ont aussi constaté des changements physiques. Cheryl avait de temps à autre de petits spasmes faciaux. Puis, lors d’un examen de la vue de routine, elle apprend que la vision de son œil gauche s’est considérablement détériorée.

Mais même à ce moment-là, lorsque sa famille lui a fait part de ses inquiétudes, Cheryl a eu du mal à reconnaître à quel point les choses avaient changé. De son point de vue, il n’y avait rien de grave. Au fur et à mesure de la progression des changements, leur impact sur la vie quotidienne de Cheryl est devenu plus difficile à ignorer. Ces changements ont même nui à son rendement au travail, et elle a fini par perdre son emploi.

« Je me souviens que les gens me disaient que quelque chose n’allait pas, mais je ne le voyais pas, a déclaré Cheryl. J’ai continué à dire à tout le monde que j’allais bien, parce que je me sentais tout à fait normale. »

Tout seuls, les symptômes de Cheryl ne semblaient pas particulièrement alarmants. Mais ensemble, ils racontaient une tout autre histoire — une histoire qui a enfin conduit son mari à l’amener à notre Urgence en quête de réponses.

Cheryl à L’Hôpital d’Ottawa

Un diagnostic bouleversant

Ce que l’équipe soignante de Cheryl a découvert lors de cette visite à l’hôpital en juin 2021 a ébranlé sa famille.

Un examen de tomodensitométrie a révélé la présence d’une tumeur cérébrale — un méningiome — de la taille d’une balle de golf, qui avait probablement crû, inaperçue, pendant des années. Au fil du temps, la tumeur a commencé à appuyer sur des zones critiques de son cerveau, provoquant des changements dans sa vision et son comportement, et limitant même sa capacité à reconnaître que quelque chose n’allait pas.

« La tumeur était située dans la partie antérieure du cerveau », explique le Dr Safraz Mohammed, neurochirurgien à L’Hôpital d’Ottawa. « Cette zone joue un rôle important dans la personnalité, le jugement et le comportement. »

Dans le cas de Cheryl, la tumeur affectait également son nerf optique, ce qui expliquait sa perte de vision dans l’œil gauche.

Même si la tumeur était bénigne et progressait lentement, sa taille et sa localisation la rendaient dangereuse. Sans intervention chirurgicale, son état continuerait à se détériorer. Une intervention chirurgicale complexe était donc la seule option pour Cheryl.

Avant l’opération, l’imagerie de Cheryl montrait une grosse tumeur qui appuyait sur des zones importantes du cerveau. Après l’opération, la majeure partie a été retirée en toute sécurité, améliorant beaucoup son état.

Planification d’une chirurgie extrêmement risquée

Avant d’aller plus loin, l’équipe soignante de Cheryl a agi rapidement pour stabiliser son état : des médicaments pour réduire le gonflement de son cerveau et des antiépileptiques pour prévenir d’autres spasmes faciaux.

En parallèle, un plan chirurgical très détaillé prenait déjà forme. L’intervention nécessiterait l’ablation d’une portion de la partie antérieure du crâne et des os autour de l’œil gauche afin de permettre aux chirurgiens d’accéder plus facilement à la tumeur. Les chirurgiens utiliseraient ensuite des outils de pointe, notamment un aspirateur chirurgical à ultrasons, pour décomposer et retirer soigneusement la tumeur tout en préservant les tissus cérébraux environnants.

Rencontrez le neurochirurgien Dr Safraz Mohammed

Découvrez comment le Dr Mohammed repousse les limites de la neurochirurgie et s’engage à former la prochaine génération de médecins.

Cette technologie permettrait aux chirurgiens de cibler les cellules tumorales tout en protégeant les parties saines du cerveau de Cheryl — une précision essentielle lorsqu’il s’agit d’opérer dans une zone aussi sensible.

« Chaque mouvement est important en chirurgie cérébrale, déclare le Dr Mohammed. Il faut constamment trouver un équilibre entre ce que l’on peut retirer en toute sécurité et la protection des parties du cerveau qui font de la personne ce qu’elle est. »

Dans la salle d’opération

Cinq jours seulement après son arrivée à l’hôpital, Cheryl se trouvait dans la salle d’opération pour une intervention chirurgicale qui allait lui sauver la vie.

« Je ne savais même pas que quelque chose n’allait pas, et soudain, je me préparais à subir une chirurgie au cerveau. »

« C’était très difficile à assimiler, dit-elle. Quelques jours auparavant, je ne savais même pas que quelque chose n’allait pas, et soudain, je me préparais à subir une chirurgie au cerveau. » Au cours d’une intervention chirurgicale complexe de huit heures, le Dr Mohammed et son équipe ont travaillé méticuleusement pour retirer la tumeur, mais une partie de celle-ci comprimait une artère importante qui alimente le cerveau en sang.

L’ablation de cette partie de la tumeur réduirait le risque qu’elle continue à se développer, mais opérer à proximité d’une artère aussi importante exigeait une extrême précision — la moindre perturbation de la circulation sanguine pouvait avoir de graves conséquences.

« Il s’agit d’une partie importante du cerveau qui affecte le mouvement et la parole, dit le Dr Mohammed. Il faut donc penser non seulement à l’intervention chirurgicale en cours, mais aussi à ce que toute décision pourrait signifier pour le patient sur le long terme. »

L’équipe chirurgicale a décidé de procéder avec soin. Pendant cette partie de l’intervention, Cheryl a été victime d’un accident vasculaire cérébral mineur, un risque connu pour une intervention chirurgicale de cette complexité. Pour éviter tout dommage supplémentaire, l’équipe a choisi de ne pas retirer le petit morceau de tumeur restant.

Malgré cela, la chirurgie fut un succès. La majeure partie de la tumeur de Cheryl a été enlevée en toute sécurité, ce qui a permis de soulager la pression sur son cerveau et son nerf optique et d’éviter d’autres dommages.

Le chemin du rétablissement

Dans les jours qui ont suivi, Cheryl a entamé sa convalescence à l’hôpital, soutenue par une équipe de physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, d’infirmières et de médecins qui ont travaillé ensemble pour l’aider à retrouver sa force et son indépendance.

« La vision d’un patient ne revient pas souvent dans des cas comme celui-ci. »

Les premiers signes de rétablissement étaient encourageants. Sa vision s’est considérablement améliorée et les changements de personnalité et de comportement qui avaient inquiété sa famille ont commencé à s’estomper.

« C’était un grand soulagement, dit Steve. Nous avons eu l’impression de retrouver Cheryl. »

Pour l’équipe soignante, ces premières améliorations ont été significatives. « La vision d’un patient ne revient pas souvent dans des cas comme celui-ci, déclare le Dr Mohammed. C’était un résultat très positif. »

Cheryl fait du bénévolat à L’Hôpital d’Ottawa

Radiothérapie spécialisée

La chirurgie a permis d’éliminer la majeure partie de la tumeur, mais les soins offerts à Cheryl ne se sont pas arrêtés là.

En 2024, des examens de suivi en imagerie ont montré que la partie restante de la tumeur avait commencé à se développer. Cheryl a donc reçu une radiothérapie ciblée au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa.

Ce traitement fait appel à une technologie de haute précision pour administrer une radiothérapie qui cible directement la tumeur tout en minimisant l’exposition des tissus sains environnants. Il s’agit d’une option non invasive qui permet de contrôler la progression de la tumeur sans risquer une autre intervention chirurgicale majeure.

Pour Cheryl, il s’agissait d’une étape supplémentaire importante dans la gestion sûre et efficace de sa maladie.

Regard vers l’avenir

Aujourd’hui, un an après sa dernière radiothérapie, les plus récents examens de Cheryl montrent que sa tumeur a cessé de progresser. Bien que son parcours ne soit pas terminé, les résultats obtenus jusqu’à présent sont encourageants.

Aujourd’hui, elle est bénévole au Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa, où elle soutient les patients et les familles qui traversent leurs propres épreuves difficiles, ce qui lui tient particulièrement à cœur.

« Je suis très reconnaissante des soins que j’ai reçus, et le bénévolat est ma façon de donner en retour à l’hôpital qui m’a sauvé la vie. »

« Je sais à quel point le fait d’être un patient peut être accablant, dit Cheryl. Je suis très reconnaissante des soins que j’ai reçus, et le bénévolat est ma façon de donner en retour à l’hôpital qui m’a sauvé la vie. »

Pour sa famille, la différence est déjà évidente. C’est un rappel du chemin parcouru par Cheryl et de ce qui a été rendu possible grâce à des soins spécialisés, à une technologie de pointe, au soutien des donateurs et à une équipe qui était prête à agir au moment décisif.

Cheryl après son opération, avec ses enfants
Cheryl, un an après son opération, en compagnie de sa famille

Publié : octobre 2025

Temps de lecture : 3 min

Publié : octobre 2025

Temps de lecture : 3 min

Au moment d’amorcer sa carrière en enseignement, c’est en quête d’une expérience de vie dans une grande ville que Danika Fleury a décidé de déménager à Ottawa. Elle était loin de se douter qu’à ce moment décisif de sa vie de jeune adulte, elle aurait bientôt besoin de recevoir des soins médicaux complexes afin de traiter un cancer du sein à un stade précoce et de soulager chirurgicalement une endométriose. Pourtant, quand Danika a eu besoin de soins spécialisés et de réponses, L’Hôpital d’Ottawa était prêt à l’accueillir.

Avant de s’installer à Ottawa en 2014, cette enseignante de l’école primaire publique Broadview avait grandi à Sudbury, en Ontario. Après son arrivée dans la région, elle découvre qu’elle se plaît beaucoup dans la capitale nationale, dont elle adore explorer les espaces verts, les pistes cyclables et les nombreux festivals.

À la fin de l’été 2021, Danika et son fiancé prévoient se marier en Colombie-Britannique. Auparavant, elle avait remarqué qu’une masse dans son sein semblait grossir. « J’ai toujours eu des bosses dans les seins. De temps en temps, je devais passer une échographie, mais je n’avais jamais eu à m’inquiéter. Cette fois-là, la masse était plus grosse et semblait grossir », explique Danika.

Découverte d’une masse en croissance

Danika à l'hôpital

Son médecin a suggéré qu’elle passe une échographie. Néanmoins, Danika et son fiancé sont allés de l’avant avec leur projet de mariage, qu’ils ont célébré lors d’une belle cérémonie. « C’était comme un conte de fées. Au cours de ce voyage extraordinaire, je me souviens avoir songé : “Et si j’avais un cancer?”. Je chassais ensuite cette pensée en me disant que j’étais jeune et en bonne santé. Cela n’arrive pas aux personnes jeunes. »

À son retour dans la région et dans sa salle de classe, l’automne était bien amorcé quand Danika a finalement pris rendez-vous pour l’échographie. Quelques heures après le test, elle a reçu un appel pour programmer une biopsie. « Immédiatement, mon cœur a sombré. »

« J’étais bouleversée. Malgré les inquiétudes qui m’avaient habitée, je ne pensais vraiment pas que cela allait se produire. Je n’avais que 30 ans. C’est à ce moment-là que tout a changé pour moi. »

Et c’est au début de la nouvelle année que Danika a reçu une nouvelle qu’elle ne pensait jamais entendre : elle était atteinte d’un cancer du sein. Le jour de la biopsie, notre équipe spécialisée avait procédé à une échographie et découvert une petite masse cachée qui s’est révélée cancéreuse. La bosse initialement examinée était bénigne. « J’étais bouleversée. Malgré les inquiétudes qui m’avaient habitée, je ne pensais vraiment pas que cela allait se produire. Je n’avais que 30 ans. C’est à ce moment-là que tout a changé pour moi. »

À la suite du diagnostic, Danika a été orientée vers le Centre de santé du sein Rose Ages de L’Hôpital d’Ottawa au Campus Général, où elle a rencontré la Dre Lisa Findlay-Shirras, chirurgienne.

Heureusement pour Danika, son cancer du sein avait été diagnostiqué à un stade précoce. Mais compte tenu de son jeune âge, l’équipe de soins devait se pencher sur d’autres aspects.

« Elle a subi des tests génétiques, comme un grand nombre de nos jeunes patientes. Heureusement, les résultats étaient négatifs, explique la Dre Findlay-Shirras. Nous avons retiré la tumeur, et Danika a opté pour une mastectomie avec reconstruction mammaire, afin d’éviter la radiothérapie. C’est souvent ce que choisissent nos jeunes patientes. »

Dre Lisa Findlay-Shirras

Du soutien pour les jeunes femmes faisant face au cancer et à des défis de fertilité

La planification familiale est un autre facteur d’importance pour les jeunes patientes. « Chez les jeunes patientes comme Danika, nous voulons éviter les grossesses pendant quelques années si la tumeur est hormonodépendante, car dans ces cas-là, le risque de récidive est le plus élevé. Je me souviens que cette recommandation a été très difficile à accepter pour Danika », ajoute la Dre Findlay-Shirras. À l’initiative de la Dre Amirrtha Srikanthan, oncologue médicale, L’Hôpital d’Ottawa a mis en place un nouveau programme s’adressant tout particulièrement aux jeunes femmes. Selon la Dre Findlay-Shirras, ces patientes ont besoin d’une approche différente, car elles doivent avoir des discussions difficiles sur la fertilité. « Si vous n’avez pas encore fondé votre famille au moment où l’on vous diagnostique un cancer du sein, il faut revoir votre avenir tel que vous l’aviez imaginé en tenant compte des limites dictées par les traitements contre le cancer dont vous avez besoin. Vous devez faire le deuil de cette conception de l’avenir, ce qui est très difficile. C’est pourquoi il est essentiel de proposer des ressources adaptées à la réalité des jeunes femmes. »

Nouvellement mariée et prête à fonder une famille, Danika vivait difficilement cette situation. En raison de son diagnostic de cancer du sein, elle a dû cesser de prendre la pilule contraceptive, car les hormones qu’elle contient peuvent augmenter le risque de récidive. C’est alors que des symptômes d’endométriose sont réapparus. « J’avais des règles douloureuses et des kystes ovariens depuis mon plus jeune âge. Dans ma vingtaine, de fortes douleurs pelviennes avaient amené mon gynécologue à soupçonner une endométriose, et j’avais commencé à suivre une contraception continue pour supprimer mes symptômes, explique Danika. Lorsque j’ai arrêté de prendre les contraceptifs, l’endométriose a refait surface et mes symptômes sont devenus invalidants. Cela a déclenché une nouvelle vague de consultations, d’examens et, finalement, une nouvelle intervention chirurgicale. »

Qu’est-ce que l’endométriose?

Le Dr Sony Singh, chirurgien et chef du Département d’obstétrique, de gynécologie et de soins aux nouveau-nés de L’Hôpital d’Ottawa, défend depuis des années les intérêts des personnes atteintes d’endométriose. Il s’agit d’une maladie chronique dans laquelle des tissus, comme la muqueuse utérine, se développent à l’extérieur de l’utérus, dans la région pelvienne. L’endométriose se manifeste souvent par des règles douloureuses. Les patientes qui en sont atteintes prennent la pilule contraceptive ou d’autres médicaments hormonaux. Bien que ces médicaments puissent réduire la douleur, ils n’arrêtent pas la progression de la maladie.

« On dit souvent aux femmes que leur douleur est normale et qu’elles doivent s’en accommoder. Il y a encore beaucoup d’incompréhension et de confusion au sujet de la maladie », déclare le Dr Singh.

Rencontrez le Dr Sony Singh

Découvrez son rôle dans la façon dont nous détectons et traitons l’endométriose à L’Hôpital d’Ottawa.

Il est important de reconnaître que toutes les femmes ne veulent pas prendre des hormones; de plus, certaines ne peuvent tout simplement pas suivre un tel traitement, comme Danika après son diagnostic de cancer du sein. Dans ces cas-là, l’équipe du Centre de santé pour les femmes Shirley-E.-Greenberg doit envisager des solutions de rechange, comme des traitements non hormonaux ou une intervention chirurgicale. La chirurgie, dans les cas complexes, sera pratiquée par une équipe interdisciplinaire dotée d’une expertise de pointe. « L’expertise de L’Hôpital d’Ottawa en matière d’endométriose est reconnue à l’échelle nationale », précise le Dr Singh.

L’endométriose de Danika a certainement marqué l’imaginaire du Dr Singh et de son équipe. « La maladie de Danika figure parmi les cas les plus complexes que notre hôpital et moi-même ayons jamais traités. »

Tout savoir sur l’endométriose

Apprenez-en plus sur l’endométriose : qui a découvert cette maladie, pourquoi elle se produit, et la manière dont L’Hôpital d’Ottawa peut aider.

Planification d’une chirurgie complexe de traitement de l’endométriose

Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que l’endométriose ne se limite pas à la région pelvienne. Elle peut envahir d’autres organes, comme l’intestin, la vessie, l’uretère et les reins. Dans le cas de Danika, le Dr Singh attribue à la Dre Kelly Harper, radiodiagnosticienne spécialisée, le mérite d’avoir déterminé que l’endométriose de Danika avait envahi les nerfs pelviens, qui soutiennent la fonction musculaire et la capacité de marcher et de se déplacer, grâce à des examens d’imagerie de pointe.

«L’application de l’imagerie radiologique avancée pour le traitement de l’endométriose est un domaine dans lequel nous sommes désormais bien connus »

« Pour la première fois à L’Hôpital d’Ottawa, nous avons une experte capable de me dire que le cancer envahit les nerfs pelviens. C’est une étape extraordinaire pour nous et nos patientes. L’application de l’imagerie radiologique avancée pour le traitement de l’endométriose est un domaine dans lequel nous sommes désormais bien connus », déclare le Dr Singh.

Non seulement l’équipe a-t-elle pu découvrir ce qui causait les douleurs de Danika, mais elle a fait appel aux services d’un programme de recherche en réalité virtuelle (RV) mené par Realize Medical, une jeune entreprise qui collabore avec les équipes de l’Hôpital et a créé un modèle du bassin de la jeune patiente. Le modèle a permis à cette dernière de mieux comprendre les symptômes de sa maladie, en plus d’aider l’équipe de soins à se préparer à l’intervention chirurgicale.

« Tous ces éléments réunis permettent à ces personnes de bénéficier de soins à proximité de leur domicile. Sans ces services, ces patientes devraient se rendre à l’étranger pour obtenir les soins », ajoute le Dr Singh.

Le Dr Sony Singh, la Dre Gen Horwood, et la boursière Sara-Michelle Gratton se préparent pour l'intervention dans Le Centre de compétences et de simulation de l’Université d’Ottawa.

« Il s’agit d’une neurochirurgie pelvienne complexe. Nous faisons appel à une préparation de haut niveau pour les problèmes complexes touchant à la santé des femmes. À l’échelle mondiale, seulement quelques institutions offrent de tels services. »

C’est au Centre de compétences et de simulation de l’Université d’Ottawa, au Campus Civic, que le Dr Singh a réuni son équipe avant l’opération de Danika. Le Dr Singh explique que, grâce au modèle de RV, ils ont pu simuler la chirurgie et comprendre exactement ce qui se passerait dans la salle d’opération. « Il s’agit d’une neurochirurgie pelvienne complexe. Nous faisons appel à une préparation de haut niveau pour les problèmes complexes touchant à la santé des femmes. À l’échelle mondiale, seulement quelques institutions offrent de tels services. »

« Toutes les personnes avec qui j’ai eu des interactions pendant mes soins ont été adorables, chaleureuses et gentilles. Elles ont été très respectueuses de ma personne et de mes souhaits et ont vraiment pris le temps de comprendre ce qui était important pour moi. »

Depuis l’intervention chirurgicale de début septembre 2025, Danika continue d’être suivie par deux équipes spécialisées de L’Hôpital d’Ottawa. « Je guéris bien et je ressens déjà un grand soulagement. Je ne saurais remercier suffisamment le Dr Singh et son équipe pour les soins qu’ils m’ont prodigués, leur expertise et l’utilisation de technologies de pointe dans la gestion de mon opération complexe. Ils ont préservé ma mobilité, rétabli mon bien-être général et ma santé reproductive et, surtout, ils m’ont donné de l’espoir. Grâce à eux, j’ai recommencé à vivre pleinement ma vie. »

Jamais Danika n’aurait pensé devoir recevoir ce type de soins médicaux intensifs à son âge. Elle est reconnaissante envers chaque professionnel de la santé qui l’a accompagnée pendant son cheminement.

« Toutes les personnes avec qui j’ai eu des interactions pendant mes soins ont été adorables, chaleureuses et gentilles. Elles ont été très respectueuses de ma personne et de mes souhaits et ont vraiment pris le temps de comprendre ce qui était important pour moi. »

Le Dr Singh, quant à lui, continuera de militer pour que davantage de personnes comprennent qu’elles n’ont pas à souffrir et qu’il y a de l’espoir. « Le Centre de santé pour les femmes Shirley-E.-Greenberg est un centre d’excellence pour le traitement de l’endométriose. Nous avons embauché une infirmière responsable du triage. Elle examine toutes les demandes de consultation des médecins de famille. Plus les gens seront informés de nos services, plus nous pourrons aider ces femmes qui souffrent depuis trop longtemps. »

Danika au château de Neuschwanstein en Allemagne
Danika au parc provincial Golden Ears, en Colombie-Britannique

Publié : mai 2025

L’Hôpital d’Ottawa met actuellement en place un programme complet de traitement de l’épilepsie – un guichet unique, en quelque sorte – qui aura une incidence considérable sur les patients. En complément de ces soins spécialisés, l’hôpital a réalisé sa toute première intervention de stéréoélectroencéphalographie (stéréo EEG) le 13 janvier 2025. Cette mini-chirurgie cible les zones précises du cerveau d’où proviennent les crises et fournit aux équipes soignantes des informations détaillées pour élaborer des plans de traitement plus ciblés et plus efficaces pour les personnes épileptiques.

Auparavant, les patients de notre région devaient se rendre dans le sud de l’Ontario pour ce type d’intervention. Désormais, les soins peuvent être donnés plus près de chez eux, ce qui permet aux patients d’économiser du temps et de l’argent et de rester près de leur famille.

« Nous l’avons tous vu à la télévision ou au cinéma. »

L’épilepsie est un trouble neurologique. Une crise est une explosion soudaine d’activité électrique dans le cerveau qui perturbe temporairement la communication entre les cellules du cerveau. Le type de crise dépend de la région du cerveau qui est touchée par la perturbation électrique et de l’étendue de la zone touchée.

Une crise peut se manifester sous différentes formes, y compris un regard vide, des mouvements incontrôlés, une altération de la conscience, des sensations étranges, comme sentir une odeur inexistante, ou des convulsions.

Démonstration d'un modèle stéréo EEG

Le Dr Tadeu Fantaneanu, directeur médical du programme d’épilepsie de notre laboratoire d’EEG, explique que cette dernière est connue sous le nom de crise tonico-clonique, anciennement appelée le grand mal. « C’est à ce moment-là que la personne tombe au sol, écume à la bouche et a des convulsions. Nous l’avons tous vu à la télévision ou au cinéma. »

Notre programme dessert environ 13 000 personnes épileptiques dans notre région. Nous avons également une clinique de transfert et de transition avec le CHEO. « Il s’agit de patients atteints d’épilepsie depuis leur plus jeune âge, peut-être depuis la naissance ou plus tard dans leur enfance ou leur adolescence, et qui sont dirigés vers nous lorsque vient le temps de les transférer aux soins aux adultes », dit-il.

Selon le Dr Fantaneanu, l’épilepsie peut toucher toute personne à tout âge, mais il y a deux périodes de risque élevé : avant l’âge de six ans et après 65 ans. Chez les jeunes patients, c’est généralement dû à la génétique, et chez les patients plus âgés, c’est souvent dû aux dommages que le cerveau accumulera au cours d’une vie.

Mise en place d’un programme complet d’épilepsie

Au cours des cinq dernières années, le programme d’épilepsie de notre hôpital a connu une croissance considérable, grâce à un partenariat avec le ministère de la Santé, à une subvention de 12 millions de dollars, ainsi qu’à des dons de la communauté. Comme l’explique le Dr Fantaneanu, l’objectif de la subvention est que L’Hôpital d’Ottawa devienne un centre régional de chirurgie de l’épilepsie. Il s’agit d’une désignation provinciale qui nous permettra d’effectuer des chirurgies de haut niveau qui ne sont pas actuellement offertes dans cette région.

Dr Tadeu Fantaneanu et Dr Alan Chalil de notre programme d’épilepsie

Le Dr Fantaneanu affirme que les patients de l’Est de l’Ontario en ont désespérément besoin. « Ils pourraient subir leurs examens et recevoir leurs soins ici, mais si une intervention chirurgicale était éventuellement nécessaire, ils seraient dirigés vers un hôpital de Toronto ou de London, jusqu’à sept à huit heures de route. »

Ces déplacements prennent du temps, de l’argent et éloignent les patients de leurs proches et de leur carrière. « Les patients seraient loin de leur famille à un moment vulnérable de leur vie, lorsqu’ils sont admis à l’hôpital, potentiellement après une chirurgie cérébrale », ajoute-t-il.

Au cours des dernières années, le Dr Fantaneanu et son équipe ont développé des capacités de dépistage pour les patients et l’unité de surveillance continue de croître. C’est là que l’équipe évalue les patients qui ont des crises. L’unité compte actuellement quatre lits et, sur le nouveau campus de l’hôpital, elle comptera six lits, toutes des chambres individuelles.

Attirer les meilleurs et les plus brillants spécialistes des soins de l’épilepsie

C’est le projet ambitieux de construction d’un centre complet d’épilepsie qui a attiré le Dr Alan Chalil dans notre hôpital en 2024, pour qu’il devienne directeur chirurgical du programme d’épilepsie. Il est neurochirurgien et a une formation axée principalement sur l’épilepsie et son traitement chirurgical, y compris l’implantation de stéréoélectroencéphalographie. Il a terminé sa formation à London, où se trouve le plus grand centre chirurgical d’épilepsie au Canada, et à l’Université Emory à Atlanta.

« C’était une occasion tout à fait unique, car il semblait que l’apport de ma formation serait la dernière pièce du casse-tête pour intégrer le traitement de l’épilepsie, explique le Dr Chalil. Rejoindre une nouvelle équipe en cours de développement était à la fois une belle occasion et un grand défi. »

« La chirurgie de l’épilepsie consiste à trouver cet équilibre délicat : libérer le patient des crises tout en préservant le fonctionnement normal du cerveau. C’est pourquoi cela signifie tant pour moi. »

Comme il l’explique, bien que la chirurgie de l’épilepsie soit pratiquée depuis plus de 80 ans, la transition vers la stéréo EEG en Amérique du Nord continue de mettre en évidence de nombreuses inconnues. « L’épilepsie n’a pas à définir la vie d’une personne, mais sa nature imprévisible peut tout de même la perturber profondément. Les crises peuvent interférer avec tout : le travail, les relations, la vie sociale et même la stabilité financière », explique le Dr Chalil. « La chirurgie de l’épilepsie consiste à trouver cet équilibre délicat : libérer le patient des crises tout en préservant le fonctionnement normal du cerveau. C’est pourquoi cela signifie tant pour moi. »

Rencontre avec le Dr Alan Chalil, neurochirurgien

Apprenez-en davantage sur la façon dont nos experts du Programme chirurgical d'épilepsie de L'Hôpital d'Ottawa, qui change la vie des patients, leur redonnent la vie chaque jour.

La première stéréo EEG à L’Hôpital d’Ottawa

Un EEG est l’enregistrement des ondes cérébrales qui consiste à placer, sur la tête du patient, de petites électrodes qui sont reliées à un ordinateur, et à enregistrer l’activité électrique dans le cerveau. Il aide à diagnostiquer diverses affections cérébrales.

La stéréo EEG, quant à elle, place ces électrodes à l’intérieur du cerveau par de minuscules trous d’épingle. En janvier 2025, le Dr Chalil a effectué la toute première stéréo EEG de notre hôpital. Cette mini-chirurgie permet d’identifier les zones précises du cerveau d’où proviennent les crises.

« Il pourrait y avoir entre 10 et 20 électrodes par patient. Nous faisons une petite incision dans la peau, comme un trou d’épingle, puis nous perçons le crâne », explique-t-il. « Nous avons une trajectoire définie : nous savons exactement où nous allons et quelles structures nous allons traverser pour atteindre notre cible. Ensuite, nous mettons l’électrode en place. Cela prend environ 10 à 15 minutes par électrode. »

« Un EEG, ou électroencéphalogramme (à gauche), utilise des électrodes fixées sur le cuir chevelu pour mesurer et enregistrer l'activité électrique du cerveau. Un stéréo EEG (à droite), également appelé stéréoélectroencéphalographie (SEEG), est une procédure peu invasive où des électrodes sont placées directement dans le cerveau afin de localiser les sources et les réseaux impliqués dans la génération des crises épileptiques ».

Une fois que le patient se réveille avec les électrodes implantées, il passe une tomodensitométrie. Ensuite, le Dr Chalil élaborera, pour ses collègues de l’équipe de neurologie, un modèle qui leur indiquera où chaque électrode est placée dans le cerveau. Cela permet de déterminer le point d’origine de la crise et son chemin de propagation.

« Le patient est ensuite admis à l’unité de surveillance de l’épilepsie pendant une semaine, voire un mois, parfois plus longtemps, jusqu’à ce que nous ayons suffisamment de crises à étudier », dit-il.

L’équipe met ensuite en corrélation le signal électrique perçu par les électrodes lors d’une crise avec les informations antérieures, et élabore un plan de traitement. Les plans de traitement peuvent aller de l’ablation d’une petite partie du cerveau à la stimulation cérébrale profonde, voire à une nouvelle technologie appelée générateur de radiofréquence.

Cette nouvelle technologie peut être amenée directement au chevet du patient où les Drs Fantaneanu et Chalil peuvent envoyer un signal électrique pour générer une lésion d’environ 3 à 5 mm d’épaisseur. « C’est très petit, mais c’est très efficace. Cette lésion pourrait perturber le réseau épileptique et éliminer les crises jusqu’à 30 % du temps », explique le Dr Chalil.

Bien que ce nombre ne soit pas énorme, il ajoute qu’il est raisonnablement efficace, car aucune autre intervention chirurgicale n’est nécessaire.

Alors que l’équipe poursuit le développement du programme, elle cherche à ajouter une nouvelle technologie laser pour offrir aux patients de meilleurs résultats, ce qui peut éliminer les crises de 60 à 75 % du temps, selon le type de crise. Elle espère également utiliser ces techniques au cours de la prochaine année, en grande partie grâce à un essai clinique à répartition aléatoire en cours. « Cet essai, appelé ablation stéréotaxique par laser pour l’épilepsie du lobe temporal (SLATE, ou « Stereotactic Laser Ablation for Temporal Lobe Epilepsy »), nous permettra d’obtenir un nombre définitif de comparaisons entre la résection du lobe temporal et les ablations par laser dans le traitement d’un type particulier d’épilepsie du lobe temporal », explique le Dr Chalil.

« C’est la dernière étape d’un vaste projet visant à faire d’Ottawa un centre d’excellence pour le traitement de l’épilepsie.

Pour l’instant, la réalisation de cinq stéréoélectroencéphalographies est une étape importante. « C’est la dernière étape d’un vaste projet visant à faire d’Ottawa un centre d’excellence pour le traitement de l’épilepsie. Si nous démontrons que nous pouvons le faire, l’interpréter en toute sécurité et réaliser des chirurgies significatives, alors ces patients n’auront plus besoin de se déplacer », explique le Dr Chalil.

Un autre point important est que donner cette possibilité aux patients de L’Hôpital d’Ottawa contribue à réduire les temps d’attente qui, autrement, continueraient de s’allonger avec seulement deux autres centres dans la province; un autre exemple de la façon dont nous remodelons l’avenir des soins de santé.

Dr Tadeu Fantaneanu and Dr Alan Chalil
Apprenez-en davantage sur le programme d’épilepsie de L’Hôpital d’Ottawa dans l’épisode xx du balado Pulse avec le Dr Tadeu Fantaneanu.

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Publié : mars 2025

Imaginez ressentir au niveau du visage une décharge électrique soudaine, vive, intense et irrépressible. La décharge se reproduit, jour après jour, sans avertissement. Elle provoque une douleur si atroce que vous vous écroulez à genoux. C’est ce que Michelle Kupé a vécu au quotidien. Après des mois d’examens, elle a reçu le diagnostic de névralgie du trijumeau : une maladie rare ayant un effet débilitant sur sa vie. Désespérément à la recherche d’un soulagement, elle a demandé l’aide de l’équipe de neurochirurgie de L’Hôpital d’Ottawa dans l’espoir de reprendre le contrôle de sa vie.

En décembre 2017, Michelle a pris rendez-vous avec son dentiste pour en savoir plus sur l’étrange sensation de pulsation qu’elle ressentait dans la joue qui aurait pu être causée par une infection ou un problème dentaire. Le dentiste a fait des radiographies, mais il n’a décelé aucun problème dentaire. La sensation, toutefois, a persisté; Michelle avait l’impression que quelque chose clochait.

Au début de l’année suivante, alors que Michelle se préparait à partir en croisière avec des amies, la sensation persistante de pulsation et le sentiment général que quelque chose clochait l’ont incitée à retourner chez le dentiste. Ce dernier n’a toujours pas cerné l’origine de l’étrange sensation, mais il lui a prescrit des antibiotiques pour éliminer la possibilité d’une infection des sinus et d’autres problèmes. Pendant sa croisière, une idée tenace habitait les pensées de Michelle. Elle se disait : « Il m’est arrivé quelque chose… Je ne vais pas bien. Ma vie prend de toute évidence un tournant différent. Quelque chose ne va pas. »

Michelle à l’hôpital avant sa chirurgie

La sensation de pulsation et la douleur s’intensifiant, Michelle est allée voir son dentiste une troisième fois. C’est à ce moment qu’il a soupçonné une maladie rare appelée névralgie du trijumeau, qui provoque une douleur intense semblable à une décharge électrique d’un côté du visage. Il lui a conseillé de prendre rendez-vous avec son médecin de famille afin de consulter un neurologue dès que possible.

La névralgie du trijumeau : une progression insoutenable

Les symptômes se sont aggravés pendant l’attente de la consultation en neurologie. « Je suis passée d’une impression de pulsion au visage à celle d’être électrocutée. C’était comme si j’étais poignardée; comme si un courant électrique traversait mon visage. »

« Je suis passée d’une impression de pulsion au visage à celle d’être électrocutée. C’était comme si j’étais poignardée; comme si un courant électrique traversait mon visage. »

À mesure que chaque crise s’atténuait, Michelle était terrifiée à l’idée de toucher ou de bouger le moindre muscle de son visage par peur de raviver la douleur. Elle a fini par voir un neurologue, qui a confirmé le diagnostic de névralgie du trijumeau. Le mystère était résolu, mais tout n’était pas clarifié pour autant. Il existe trois causes possibles à cette maladie : la sclérose en plaques, une tumeur cérébrale ou une compression vasculaire.

Tout sur la névralgie du trijumeau

La névralgie du trijumeau est un trouble douloureux chronique rare et extrêmement pénible qui touche le nerf trijumeau sur le côté du visage. Le nerf part du haut de l’oreille et se divise ensuite en trois branches qui vont vers l’œil, la joue et la mâchoire.

Pendant l’attente de l’examen d’IRM, Michelle a continué de gérer son entreprise d’immobilier prospère et de s’occuper de ses cinq enfants. Son état est resté stable grâce aux médicaments jusqu’au printemps 2018 – les poussées étaient occasionnelles, mais toujours douloureuses. Les choses ont ensuite commencé à se détériorer rapidement. Les crises étaient plus fréquentes et plus débilitantes. Manger, se brosser les dents et même sourire devenait insupportable.

« J’ai cru que je n’allais pas pouvoir continuer, se souvient-elle. Quelque chose d’aussi simple qu’une légère brise pouvait provoquer une crise. À l’approche d’un autre hiver, mon mari et moi avons envisagé de déménager dans un endroit chaud parce que je ne pouvais pas imaginer un vent froid toucher mon visage. »

Des décharges débilitantes pour le corps de Michelle

Les résultats de l’examen d’IRM ont révélé la cause : une compression vasculaire. Elle a ensuite été dirigée vers le Dr Adam Sachs, l’actuel chef de la Division de neurochirurgie de L’Hôpital d’Ottawa.

Le Dr Sachs et son équipe reçoivent des patients atteints d’une grande variété de douleurs faciales, mais la névralgie du trijumeau figure parmi les pires, selon lui. Elle touche le nerf trijumeau, qui transmet les signaux du visage au cerveau, et provoque une douleur intense semblable à une décharge électrique d’un côté du visage. « L’IRM a montré qu’une boucle artérielle allant vers le tronc cérébral et le cervelet comprimait le nerf trijumeau et provoquait la douleur », explique-t-il.

Directeur de la Neuromodulation et de la Neurochirurgie fonctionnelle et scientifique à L’Hôpital d’Ottawa

Découvrez comment le Dr Sachs pense que le cerveau est comme un ordinateur, ce qu’il aime de L’Hôpital d’Ottawa et pourquoi vous pourriez le trouver en train de se battre avec un collègue pendant sa pause.

« Certaines personnes ont l’impression qu’un courant électrique à haute tension traverse leur visage. »

Ce problème peut être insoutenable. « Certaines personnes ont l’impression qu’un courant électrique à haute tension traverse leur visage; d’autres, qu’un poignard est enfoncé dans leur visage, ajoute le Dr Sachs. Les patients utilisent ces termes non pas pour être pittoresques, mais parce que c’est ce qui s’en rapproche le plus. Nous entendons ces expressions à de maintes reprises. »

Une technique microchirurgicale moderne misant sur le téflon

Le traitement chirurgical existe depuis des décennies, mais de récents progrès ont apporté de nouvelles options thérapeutiques – des techniques microchirurgicales modernes plus efficaces et plus sécuritaires. Comme l’explique le Dr Sachs, les outils dont ils disposent aujourd’hui sont à la fine pointe de la technologie.

La procédure chirurgicale est complexe; la tête du patient est tournée parce que l’équipe de chirurgie doit accéder à un petit espace situé à l’arrière de la tête : l’angle pontocérébelleux. « C’est là que l’on voit tous les nerfs et les artères qui vont vers des structures très importantes du tronc cérébral. Il est proche du nerf facial et, s’il est endommagé, il entraîne une paralysie faciale. »

Dans le cas de Michelle, il y avait une grosse veine enserrant le nerf. La complexité de la chirurgie a incité le Dr Sachs à solliciter le concours d’un collègue, le Dr John Sinclair, pour l’assister pendant l’intervention.

« Nous avons décidé, même s’il s’agissait d’une grosse veine, que nous allions la disséquer soigneusement du nerf, en plus de l’artère. Nous avons ensuite placé de petits tampons en téflon sous la veine et l’artère pour les éloigner du nerf trijumeau », précise le Dr Sachs.

Le téflon crée une barrière physique qui empêche la veine et l’artère d’atteindre le nerf tout en permettant au sang de circuler à travers elles pour qu’elles continuent de fonctionner.

« Nous déchirons le téflon en morceaux microscopiques qui ont la forme de cigares. Nous créons ainsi une barrière parce le téflon n’est pas absorbé par le corps », ajoute le Dr Sachs.

Pendant les parties les plus complexes de l’intervention, l’équipe de neurochirurgie utilise des microscopes à fort grossissement et des couteaux microscopiques.

La douleur est une maladie invisible

L’Hôpital reçoit les patients atteints de névralgie du trijumeau de tout l’Est de l’Ontario. Selon le Dr Sachs, tous les cas ne sont pas aussi débilitants que celui de Michelle, mais, pour beaucoup d’entre eux, la douleur est aggravée par le fait que l’entourage ne comprend pas toujours ce que les patients vivent.

« Chaque fois qu’elle souriait, elle avait une crise et de la douleur, poursuit le Dr Sachs. Traiter la douleur est donc gratifiant pour un médecin parce que nous aidons à la soulager, ce qui peut avoir un effet transformateur pour le patient. »

« Michelle est une personne très sympathique. Elle aime s’entourer de sa famille et de ses amis, rire et profiter de la vie. Pendant un an, elle n’a même pas pu sourire ou rire. Chaque fois qu’elle souriait, elle avait une crise et de la douleur, poursuit le Dr Sachs. Traiter la douleur est donc gratifiant pour un médecin parce que nous aidons à la soulager, ce qui peut avoir un effet transformateur pour le patient. »
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La cicatrice de la chirurgie de Michelle

« Le soulagement a été immédiat. »

« Je me souviens de mon réveil après la chirurgie. J’ai su immédiatement que je n’avais plus de décharge au visage. Le soulagement a été immédiat », confie Michelle.

Sa gratitude est profonde, non seulement à l’égard de ceux qui ont contribué à soulager l’atroce douleur, mais aussi à l’égard du personnel infirmier de l’Unité de soins intensifs en neurologie. Elle ne se souvient pas de tous leurs noms, mais elle n’oubliera jamais la compassion dont ils ont fait preuve.

« Un infirmier en particulier s’est démarqué par son immense bienveillance. Je me souviens de mon lent réveil après la chirurgie. Il m’a flatté doucement un bras et m’a dit que j’avais eu une dure journée, mais que je m’en étais bien tirée, ajoute-t-elle. Je me suis sentie entourée de personnes bienveillantes qui avaient mes intérêts à cœur. Je ne me suis jamais sentie abandonnée au moment où j’étais le plus vulnérable. »

Retrouver sa vie

Après cinq jours à l’hôpital à la suite de la chirurgie, Michelle est rentrée chez elle retrouver ses cinq enfants et son mari Rob. Elle a pu reprendre le travail cinq mois plus tard, mais elle a poursuivi la physiothérapie pendant environ un an. Il lui arrive toujours d’avoir de violents maux de tête et elle est suivie à la clinique de la douleur, mais elle mène à nouveau une vie bien remplie – maintenant que ses enfants ont quitté le nid familial et explorent le monde.

Michelle n’a pas oublié un certain moment de plénitude vécu pendant cette épreuve. C’est qu’il y a de nombreuses années, ses parents ont appris que le Dr Sinclair avait quitté les États-Unis pour revenir dans sa ville natale d’Ottawa et déployait des efforts pour doter L’Hôpital d’Ottawa du système de radiochirurgie CyberKnife.

« Mes parents ont entendu parler du système CyberKnife et se sont mobilisés pour soutenir ses efforts. Qui aurait pu imaginer que, des années plus tard, leur fille finirait dans le service de neurologie? Nous n’avions aucun autre lien avec la neurologie à l’époque et, pourtant, mes parents tenaient vraiment à assurer l’accès des gens à ce tout nouvel outil de neurochirurgie. »

C’est un parfait exemple de la portée de la philanthropie et du fait que l’on ne sait jamais qui en profitera.

« Nous pensons que la vie n’est pas le fruit du hasard. La façon dont tout s’est déroulé faisait partie du plan de ma vie et montre qu’il est important de continuer à donner. »

Les cinq enfants de Michelle
Michelle et son mari, Rob Kupé
Listen to Dr. Adam Sachs talk about the role vital role of the neurosurgical team at The Ottawa Hospital.

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Publié : septembre 2024

Le 100e anniversaire du Campus Civic approche à grands pas et marquera un siècle de soins et de percées médicales. En parallèle, les plans se concrétisent pour orienter les 100 prochaines années de soins dans notre région et les plans définitifs du nouveau campus seront prêts au cours de la prochaine année. Des patients, des dirigeants et des employés de L’Hôpital d’Ottawa, tout comme des partenaires autochtones et d’autres membres de la collectivité, collaborent à cette étape de conception pour aider à peaufiner les détails de ce nouvel établissement de soins et de recherche qui sera à la fine pointe de la technologie.

Alors que la conception de l’hôpital est finalisée, son stationnement à étages prend déjà forme peu à peu.

La construction d’un nouvel hôpital est une occasion unique dans une vie que des dirigeants d’entreprise, des familles, des fondations et bien d’autres membres de la collectivité ont saisi au bond. Ils sont ainsi nombreux à soutenir la campagne Créons des lendemains – la plus imposante en son genre dans l’histoire de la région, qui a déjà permis d’amasser 336 M$ des 500 M$ nécessaires.

Lisa Young, gestionnaire principale de la planification de projets à l’Hôpital

Un bloc opératoire ultramoderne

Le nouveau campus augmentera le nombre de salles d’opération de L’Hôpital d’Ottawa afin de répondre à l’augmentation prévue du nombre d’interventions chirurgicales à l’avenir.

« Il améliorera l’expérience des patients et l’efficacité du travail. »

Selon Lisa Young, gestionnaire principale de la planification de projets à l’Hôpital, la fonctionnalité de cet espace sera essentielle pour permettre non seulement la réalisation de davantage d’interventions, mais aussi l’ajout d’équipements et de technologies novatrices. « Il améliorera l’expérience des patients et l’efficacité du travail. Nous nous concentrons aussi sur la fonction des équipes qui fournissent les soins dans ces espaces plutôt que sur la forme physique du bâtiment. »

Optimiser le fonctionnement à l’intérieur comme à l’extérieur des salles d’opération

Les améliorations apportées au nouveau campus comprendront une baie de « salles de bloc » où la préparation préopératoire peut avoir lieu en dehors de la salle d’opération principale. Ces salles peuvent être utilisées pour les patients recevant une anesthésie régionale avant d’entrer en salle d’opération, ce qui permet de réduire les retards potentiels et d’utiliser au mieux le temps passé en salle d’opération tant pour les patients que pour les équipes de soins.

Le Dr Sundaresan, chef du Département de chirurgie et chirurgien thoracique clinicien, explique que l’emplacement du bloc opératoire est essentiel à l’optimisation du fonctionnement, surtout dans les moments critiques. « Le bloc opératoire au nouveau campus sera adjacent aux salles de radiologie interventionnelle, ce qui est vraiment judicieux », explique-t-il.

« Quand le nouveau campus ouvrira ses portes, ses installations chirurgicales figureront parmi les plus modernes au Canada, voire en Amérique du Nord. »

La radiologie interventionnelle est une sous-spécialité de la radiologie qui permet de réaliser des interventions minimalement invasives à l’aide de la radiographie pour guider de petits instruments, par exemple un cathéter, dans des vaisseaux sanguins et des organes afin de traiter différentes maladies. « En cas de complication au cours d’une intervention, le patient doit parfois se rendre d’urgence au bloc opératoire. Désormais, il ne sera plus nécessaire de déplacer le patient sur de grandes distances pour accéder à la salle d’opération – elle sera juste à côté. »

Les nouvelles technologies amélioreront aussi les soins aux patients. « Quand le nouveau campus ouvrira ses portes, ses installations chirurgicales figureront parmi les plus modernes au Canada, voire en Amérique du Nord, ajoute le Dr Sundaresan. Les technologies avant-gardistes en chirurgie figurent certainement parmi les domaines de développement les plus prometteurs. »

De nouvelles salles de neurochirurgie dotées de technologies novatrices

Les équipes explorent en outre des technologies novatrices comme un appareil d’IRM peropératoire qui capture des images du cerveau en temps réel pendant une chirurgie.

Installé sur un système de rails au plafond et considéré comme la référence pour des interventions visant notamment des tumeurs cérébrales, cet appareil d’IRM serait installé dans le bloc opératoire, mais juste à côté de la salle d’opération. Ainsi, si un patient a besoin d’imagerie pendant une intervention, il suffirait d’ouvrir une porte et de glisser l’appareil d’IRM sur des rails afin de prendre des images sans trop de perturbations.

L’un des objectifs des plans de conception actuels est d’intégrer des fonctions audiovisuelles complètes à toutes les salles d’opération afin d’améliorer l’enseignement et la capacité de réaliser des chirurgies minimalement invasives.

« L’intégration de ces fonctions à chaque salle permet une plus grande flexibilité pour les patients, explique Mme Young. Nous disposons actuellement de salles spécifiques à chaque campus qui permettent de le faire, mais le fait d’avoir des moniteurs et la possibilité de brancher des caméras dans toutes les salles d’opération constituera une nouvelle norme de soins que nous pourrons fournir au nouveau campus. »

Des solutions numériques pour adopter une approche proactive des soins

Glen Kearns, vice-président exécutif et chef de l’information à l’Hôpital

Les technologies peuvent avoir de nombreuses retombées positives sur les soins et l’expérience des patients. 

« Nous nous efforçons de tirer parti des expériences numériques vécues par des gens dans d’autres secteurs de leur vie afin d’améliorer les services de santé . »

« Nous nous efforçons de tirer parti des expériences numériques vécues par des gens dans d’autres secteurs de leur vie afin d’améliorer les services de santé », précise Glen Kearns, vice-président exécutif et chef de l’information à l’Hôpital. « Qu’il s’agisse d’offrir des soins à des patients hospitalisés, de préparer un patient avant même son arrivée ou de faire un suivi à son domicile, les technologies peuvent proposer des solutions et des soins plus harmonieux. » 

L’Hôpital d’Ottawa étudie aussi la possibilité de réaliser des admissions à distance ou en mode virtuel pour favoriser la continuité des soins dans les unités d’hospitalisation et le domicile des patients. Nous souhaitons les offrir dans les campus actuels à l’avance pour être bien rodés dès l’ouverture du nouveau campus. 

« Nous souhaitons exploiter les technologies pour réduire les admissions et les temps d’attente et améliorer les interactions des patients avec les équipes.  »

« Nous souhaitons exploiter les technologies pour réduire les admissions et les temps d’attente et améliorer les interactions des patients avec les équipes », explique Mathieu LeBreton, gestionnaire principal de projets et responsable de l’expérience numérique. « L’idéal serait d’avoir des technologies qui facilitent et améliorent le flux de travail et allègent le fardeau du personnel pour améliorer leur expérience au quotidien. »

Mathieu précise que ces technologies seront intégrées pour améliorer l’expérience des patients hospitalisés. Toutes les chambres seront individuelles et incluront un accès numérique pour que les patients puissent rester en contact avec leurs fournisseurs de soins et leurs proches et accéder aux renseignements sur leur santé, à leurs rendez-vous et à des moyens de se divertir. Aux quatre coins du nouveau campus, la technologie aidera en plus les patients et les visiteurs à s’orienter dans l’hôpital.

Mathieu LeBreton, gestionnaire principal de projets et responsable de l’expérience numérique

Rôle de l’intelligence artificielle (IA)

Il y a eu de grands progrès du côté de l’IA ces dernières années. Elle offre maintenant des outils utiles et adaptables en milieu de travail. L’équipe des Solutions numériques examine d’ailleurs déjà des façons novatrices de tirer parti du pouvoir de l’IA. 

L’Hôpital a récemment annoncé l’essai de la solution Dragon Ambient eXperience (DAX) Copilot qui fait appel à l’IA ambiante, conversationnelle et générative pour créer des ébauches de notes cliniques pendant les rendez-vous de patients. Une fois le consentement du patient obtenu, DAX Copilot enregistre de façon sécurisée les conversations entre le médecin et le patient et crée des notes médicales que le médecin validera après vérification. L’Hôpital d’Ottawa est le premier hôpital au Canada à expérimenter cette solution innovante visant à réduire l’épuisement professionnel des médecins et le temps consacré aux tâches administratives pour leur permettre de passer plus de temps à interagir avec les patients et à en prendre soin. 

Carrefour de la recherche en biothérapeutique

L’Hôpital d’Ottawa est déjà un géant mondial de la recherche, et le nouveau campus propulsera la recherche jusqu’à des sommets encore inégalés. 

L’expansion du Centre de fabrication de produits biothérapeutiques au nouveau campus renforcera notre capacité de concevoir et de fabriquer des produits biothérapeutiques qui sauvent des vies, notamment des vaccins, des thérapies géniques et des thérapies cellulaires ici, à Ottawa. 

Ces 15 dernières années, des chercheurs de l’Hôpital ont dirigé plus de 20 essais cliniques inédits au monde de produits thérapeutiques comme des cellules souches, des virus oncolytiques et des immunothérapies cellulaires. Ces essais sont possibles parce que le Centre de fabrication de produits thérapeutiques est doté d’installations stériles spécialisées qui permettent de mettre au point et de fabriquer de nouveaux produits thérapeutiques intégrant des cellules, des gènes, des virus et d’autres types de matériel biologique. 

Ce centre est l’établissement le plus expérimenté et le plus performant en son genre au Canada. Il dispose d’un personnel à temps plein de plus de 40 personnes actuellement basées au Campus Général. Il fonctionne constamment au maximum de sa capacité et est réservé longtemps à l’avance par des clients tant du milieu universitaire que du monde des affaires – c’est pourquoi son expansion est absolument essentielle pour repousser davantage les frontières de la recherche et proposer plus d’options de traitement aux patients. 

Le prochain siècle de soins de santé à Ottawa

À l’ouverture du Campus Civic il y a 100 ans, le monde sortait à peine d’une pandémie et ce campus était considéré comme le plus moderne en Amérique du Nord. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Nous sommes témoins du ralliement de la collectivité à une campagne historique qui propulsera la recherche à un niveau supérieur et permettra de créer l’hôpital le plus moderne et le plus avant-gardiste du pays. Cette campagne transformera l’expérience des patients pour les générations à venir. Nous vous invitons à emboîter le pas.

Ensemble, nous créons de meilleurs lendemains pour les générations à venir.

Publié : juillet 2024

Imaginez un son rythmé et incessant, comme celui d’une machine à laver, dans vos oreilles, 24 heures sur 24. Pas un seul moment de répit, même pas lorsque vous essayez de dormir. Pour des millions de personnes dans le monde, un acouphène pulsatile en est la cause. À présent, lors d’une première mondiale, L’Hôpital d’Ottawa a trouvé un traitement curatif contre ce problème délibitant.

Chris Scharff-Cole a souffert pendant de nombreuses années de ce problème; comme beaucoup d’autres personnes, elle en ignorait la cause et tentait constamment d’obtenir de l’aide. Cette psychothérapeute maintenant retraitée originaire de Deep River, à l’ouest d’Ottawa, a passé 30 ans à aider d’autres personnes dans le cadre de sa pratique d’équithérapie. Cette amoureuse des chevaux a eu sa part de blessures au fil des ans, notamment plusieurs arthroplasties. S’il est vrai qu’elle a appris à vivre avec la douleur chronique, elle s’est demandé si elle retrouverait jamais une certaine quiétude à cause des bruits incessants dans son oreille droite.

Ce n’est que lorsqu’elle a rencontré le Dr Robert Fahed, neuroradiologue d’intervention et neurologue spécialisé en AVC à L’Hôpital d’Ottawa, qu’elle a pu enfin être soulagée.

Prise en charge des patients victimes d’un anévrisme cérébral à l’Urgence du Civic

En 2021, Chris souffre de douleurs intolérables et son médecin l’envoie à Pembroke pour faire une IRM qui montre la présence d’un anévrisme cérébral; elle est transportée par ambulance à l’Urgence du Campus Civic. « Ma tête me faisait extrêmement souffrir. Quand on me demande d’indiquer l’intensité de ma douleur sur une échelle de 1 à 10, je réponds 13 » explique Chris.

Elle attend un certain temps à l’Urgence avec les ambulanciers paramédicaux avant qu’un éminent chirurgien ne vienne la voir. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance du Dr Fahed. « Il ausculte le côté de ma tête, et il comprend ce qui ne va pas. Il me dit que cela va aller, qu’ils prennent les dispositions nécessaires. Tout va très vite, mais il fait preuve d’une immense
compassion ».

« Il ausculte le côté de ma tête, et il comprend ce qui ne va pas. Il me dit que cela va aller, qu’ils prennent les dispositions nécessaires. »

Le traitement chirurgical de l’anévrisme se passe bien, même si un suivi régulier est nécessaire. C’est à ce moment-là que le Dr Fahed commence à constater un problème sous-jacent qui a des répercussions sur la qualité de vie de Chris. « Cela fait des années que Christine souffre et lorsqu’elle se plaint à des médecins, on lui dit qu’il n’y a rien d’anormal avec ses oreilles – plusieurs examens de densitométrie abondent dans ce sens », de dire le Dr Fahed.

Il précise que la cause véritable est un problème sous-jacent de vaisseaux, que peu d’otorhinolaryngologistes ou radiologistes savent détecter sur des clichés. « Ce vaisseau se trouve à proximité de l’oreille. Le sang s’écoule dans le vaisseau sanguin, ce qui se traduit par des ondes. C’est parce que vos oreilles vont bien que vous entendez ces sons anormaux ».

Chris a un acouphène pulsatile. « J’entends des pulsations dans ma tête 24 heures sur 24, ressemblant au bruit d’une machine à laver. J’entends constamment un bruit parasite dans mon oreille droite. Je n’entends pas bien et, surtout, je n’arrive pas à dormir. Et quand je m’endors d’épuisement, cela me réveille ».

« Personne d’autre au Canada ne prend en charge ces patients. »

Qu’est-ce qu’un acouphène pulsatile?

On estime que cela touche 300 millions de personnes dans le monde, et aux dires du Dr Fahed, entre 10 et 20 % de ces patients n’entendent pas de bourdonnements, mais un chuintement, comme des battements de cœur incessants dans leur oreille.

Le problème est que la majorité des gens vivent avec cet acouphène parce qu’ils ne parviennent pas à trouver de solution, à l’instar de Chris. Une équipe de L’Hôpital d’Ottawa est maintenant porteuse d’espoir pour tous ces gens. « Le problème, c’est qu’il y a très peu de personnes dans le monde qui savent comment prendre en charge ces patients, faire ce qu’il convient, trouver une cause et la traiter « précise le Dr Fahed.

C’est la raison pour laquelle, fin 2023, la clinique de l’acouphène pulsatile entre en service à L’Hôpital d’Ottawa. La seule autre clinique se trouve à Toronto. « Personne d’autre au Canada ne prend en charge ces patients », de dire le Dr Fahed.

C’est le cas de Chris qui incite cet éminent neuroradiologue d’intervention à se consacrer davantage à ce domaine de la médecine.

Précurseur d’un nouveau traitement contre l’acouphène pulsatile

En mars 2023, Chris bénéficie de cette nouvelle technique mise au point par L’Hôpital d’Ottawa. L’acouphène pulsatile est lié à plusieurs causes, et dans le cas de Chris, il est question de diverticule veineux.

La nouvelle technique en question s’appelle « perturbation du flux intrasacculaire ». Selon le Dr Fahed, elle consiste à mettre une petite sphère en métal à l’intérieur de la poche veineuse. La sphère en métal piège le sang dans le diverticule, puis forme un caillot et le sang ne se rend plus jusque dans cette veine. « C’est la circulation sanguine à l’intérieur de cette poche externe qui est à l’origine des ondes entendues par l’oreille en raison de sa proximité ».

« Le patient se présente pour une chirurgie de jour mini-invasive : nous faisons une incision dans l’aine, fixons toute anomalie trouvée et traitons l’acouphène. »

Contrairement aux autres techniques utilisées, celle-ci ne nécessite pas la pose d’une endoprothèse. Il n’est pas nécessaire de prendre des anticoagulants, et le patient n’a pas besoin de prendre de médicaments par la suite. « Le patient se présente pour une chirurgie de jour mini-invasive : nous faisons une incision dans l’aine, fixons toute anomalie trouvée et traitons l’acouphène. À son réveil, les bruits ont disparu. Le patient rentre chez lui le jour même. C’est incroyable », dit le Dr Fahed.

Ce jour-là, à son réveil après l’intervention chirurgicale, Chris sait que sa vie a complètement changé. « J’ai ouvert les yeux et dit “plus aucun bruit”. Je fais entièrement confiance au Dr Fahed. Il est talentueux. Ma vie est sereine. J’apprécie chaque jour de ne pas être hantée par ces bruits. Chaque jour est pour moi une bénédiction ».

Le statu quo n’est pas une option

Elle est contente d’avoir été la première et de donner à présent de l’espoir à d’autres personnes à l’avenir. « Nous avons une chance immense d’avoir accès à de tels soins. Je suis ravie d’en avoir bénéficié et j’espère que d’autres personnes en bénéficieront aussi. Je suis très reconnaissante, et nous faisons ce que nous pouvons pour soutenir l’hôpital. L’Hôpital d’Ottawa a la chance de pouvoir compter sur le DrFahed », de conclure Chris.

« L’Hôpital d’Ottawa a mis eu point cette nouvelle technique; nous sommes sortis des sentiers battus pour ce faire. »

Les demandes de consultation peuvent être envoyées par télécopieur au
613-761-5360
Dr Robert Fahed
Ottawa Pulsatile Tinnitus Clinic.

En date de juillet 2024, la phase de recherche de cette intervention a permis de traiter 17 patients atteints de cette forme d’acouphène pulsatile. Il est important de savoir que cette technique peut servir à traiter d’autres problèmes cérébrovasculaires, et nous encourageons les patients à contacter la clinique de l’acouphène pulsatile pour obtenir plus d’information.

« Voici un autre exemple de la manière dont L’Hôpital d’Ottawa est au premier plan des soins et de la recherche, d’ajouter le Dr Fahed. L’Hôpital d’Ottawa a mis eu point cette nouvelle technique; nous sommes sortis des sentiers battus pour ce faire ».

Le Dr Fahed précise que ce n’est qu’un début. C’est la naissance d’un nouveau domaine de soins.

Pour découvrir les « innovations déstabilisantes » du Dr Robert Fahed en matière de traitement des AVC, écoutez l’épisode 73 du balado Pulse.

Listen Now:

Publié : avril 2024

Imaginez le regroupement de centaines d’images médicales en un rapport concis pour permettre à une équipe chirurgicale de planifier une opération complexe d’ablation d’une tumeur cancéreuse rare. Voilà ce qui est fait à l’aide d’un système de réalité virtuelle (RV) qui met à profit toutes ces images pour donner au chirurgien une vue en 3D de structures internes du patient afin qu’il puisse s’y insérer – un peu comme dans un jeu vidéo – avant la chirurgie. C’est une toute nouvelle méthode de planification chirurgicale qui a été utilisée pour la première fois au Canada ici même, à L’Hôpital d’Ottawa. 

Emeric Leblanc avait 13 ans lorsqu’il a commencé à ressentir de la douleur dans la jambe gauche. D’abord attribuée à une poussée de croissance, la douleur s’est toutefois aggravée au fil des mois. « Je jouais souvent au basket-ball, mais j’ai dû arrêter parce que j’avais tellement mal. La douleur m’empêchait de dormir la nuit. Elle a empiré jusqu’au point où j’ai eu de la difficulté à marcher », explique Emeric. 

C’est le 8 décembre 2021, après une série d’examens, qu’il a appris la cause de cette douleur en compagnie de ses parents au CHEO : le sarcome d’Ewing. Ce type de cancer prend naissance dans les os – le plus souvent chez les enfants de 10 à 20 ans. La tumeur était en train de croître dans son bassin et mesurait environ 12 cm de diamètre – la taille d’un pamplemousse. 

Emeric est heureux de pouvoir pêcher de nouveau.
Pendant son traitement à l’hôpital.

Saisir la complexité du sarcome d’Ewing

Même si le mot cancer lui a causé un choc, Emeric affirme qu’il s’attendait déjà, au fond de lui-même, à ce que les autres examens révèlent une tumeur cancéreuse. Ce qui lui a été particulièrement difficile à accepter, c’est la nouvelle qu’il ne retournerait pas à l’école. 

« Tout a changé à ce moment-là », explique la mère d’Emeric, Hélène Lachance. « Il y avait beaucoup de renseignements à assimiler au sujet du plan de traitement et de la façon dont nous pouvions l’y préparer. » 

Il est retourné à l’école pour récupérer toutes ses affaires parce que le traitement de chimiothérapie allait commencer immédiatement. Il a dû faire enlever son appareil dentaire et a été orienté vers une clinique de fertilité parce que la chimiothérapie pouvait le rendre stérile. Il y avait énormément de choses à assimiler pour un adolescent. N’étant plus aussi actif qu’il le souhaitait, il s’est beaucoup plus tourné vers les jeux vidéo – un présage, peut-être, de ce que l’avenir lui réservait puisque la RV allait servir à lui sauver la vie. 

Un travail d’équipe en collaboration

« Ce fut un travail de collaboration entre des équipes de calibre international en oncologie médicale, en radio-oncologie et en chirurgie de L’Hôpital d’Ottawa et du CHEO. Beaucoup de gens exceptionnels ont collaboré pour aider Emeric »

Pendant plus dun an, Emeric a passé la plupart de son temps à lhôpital. Des professionnels de LHôpital dOttawa et du CHEO ont uni leurs efforts pour lui donner la meilleure chance possible de mener une vie saine et active. « Ce fut un travail de collaboration entre des équipes de calibre international en oncologie médicale, en radio-oncologie et en chirurgie de LHôpital dOttawa et du CHEO. Beaucoup de gens exceptionnels ont collaboré pour aider Emeric », explique le Dr Joel Werier, chef du Programme de lutte contre le sarcome de lHôpital et oncologue orthopédiste. 

Le DrKawanRakhra, radiologiste principal spécialisé dans le système musculosquelettique à lHôpital, a aussi collaboré avec léquipe. Ces deux médecins travaillent également avec l’équipe Realize Medical, l’entreprise à l’origine de la nouvelle technologie de RV mise à profit pour réaliser la chirurgie d’Emeric. 

Chacun d’entre eux a joué un rôle essentiel dans la prise en charge de ce cas difficile. La tumeur était située dans le bassin et s’approchait de l’articulation de la hanche gauche. L’objectif était d’enlever une partie du bassin tout en préservant l’articulation de la hanche parce que sans cette articulation, Emeric n’aurait pas les mêmes capacités. L’ablation du bassin figure toutefois parmi les chirurgies les plus complexes à réaliser selon le DrWerier. 

Le Dr Joel Werier est oncologue orthopédique et chef du programme de lutte contre les sarcomes de l'Hôpital d'Ottawa.

S’insérer à l’intérieur de structures internes du patient grâce à la RV

Passons à l’utilisation inédite de la technologie. La première étape a été une chimiothérapie pour tenter de réduire la tumeur, suivie d’une radiothérapie. Comme la tumeur était située dans le bassin d’Emeric, un plan était nécessaire pour sauver l’articulation de la hanche.

« C’est là que le système de RV a été vraiment essentiel. Il nous a permis de comprendre de façon claire et précise l’anatomie de la tumeur et sa relation avec les structures importantes, y compris l’articulation de la hanche », ajoute le Dr Werier.

Pour préparer le mieux possible une équipe à traiter un patient, le Dr Rakhra doit examiner une multitude d’examens d’imagerie médicale. Dans son domaine d’expertise, il y a parfois plus de 1 000 images prises par radiographie, échographie, TDM, IRM ou autrement qu’il doit parcourir et examiner pour élaborer un rapport détaillé qui aide à stadifier un cancer ou à planifier une chirurgie. C’est une tâche chronophage qui peut être impressionnante.

« Les tumeurs ont tendance à être complexes et les radiologistes, les chirurgiens et les oncologues ont de la difficulté à comprendre leur anatomie, leur emplacement et leur relation avec d’autres tissus importants dans les organes », explique le Dr Rakhra.

Le système de RV change la donne à bien des égards. Grâce à une technologie précédemment utilisée dans le secteur du jeu vidéo, l’équipe chirurgicale peut visualiser une image en 3D personnalisée de la tumeur. Les casques de RV les aident ensuite à entrer dans l’espace virtuel du patient et à élaborer un plan chirurgical beaucoup plus concis.

« Si, comme le dit le proverbe, une image vaut 1 000 mots, alors un modèle de réalité virtuelle en 3D en vaut un million et va transformer la façon dont nous utilisons la radiologie à des fins de planification chirurgicale. »
— Dr Kawan Rakhra
« C’est un changement de paradigme en radiologie parce que nous avons plutôt l’habitude d’examiner des images brutes de TDM ou d’IRM et de produire des rapports indépendants et descriptifs qui sont envoyés aux chirurgiens. Nous avons maintenant trouvé une façon de traiter, d’intégrer et de convertir ces images en un modèle en 3D qui est beaucoup plus informatif et puissant, ajoute le Dr Rakhra. Si, comme le dit le proverbe, une image vaut 1 000 mots, alors un modèle de réalité virtuelle en 3D en vaut un million et va transformer la façon dont nous utilisons la radiologie à des fins de planification chirurgicale.

La RV à L’Hôpital d’Ottawa ​

Il n’y a virtuellement rien d’aussi perturbateur dans le secteur des soins de santé que la RV – ou réalité virtuelle. Cette technologie est utilisée dans toutes les disciplines pour améliorer la sécurité des patients, les résultats et l’efficacité, tout en réduisant les coûts et la période de convalescence. Elle transforme la formation et l’éducation aujourd’hui, avec des implications vitales pour demain.

La RV en action

Une toute nouvelle perspective pour l’équipe chirurgicale

Ce modèle donne une toute nouvelle perspective au Dr Werier et à son équipe. « Il me permet de voir les choses comme elles sont censées être vues, en trois dimensions comme nos yeux les verraient, expliquetil. Il nous permet de mieux comprendre l’anatomie complexe et de manipuler les images, par exemple pour déplacer des nerfs. Nous pouvons en plus transmettre ces renseignements à d’autres membres de l’équipe et au patient. »

C’est d’ailleurs un autre avantage important de cette technologie : le patient comprend beaucoup mieux le diagnostic et le plan de soins. « Les gens préfèrent nettement voir leur tumeur dans un système de RV plutôt que sur une image d’IRM », poursuit le Dr Werier.

Emeric avait déjà fait l’expérience de la RV dans des jeux vidéo. Il a cette fois été plongé dans son propre corps pour voir le travail que l’équipe chirurgicale avait à faire et mieux comprendre le processus.

Emeric à l’hôpital après sa chirurgie.

« C’était vraiment super. Je pouvais déplacer l’image, l’agrandir et la réduire. Je pouvais voir les veines et les nerfs importants qu’ils allaient essayer de ne pas sectionner. C’était aussi génial d’être le premier à faire cette expérience »

Le 5 juillet 2022, il est devenu le premier patient au Canada à se faire opérer à laide de ce nouveau programme de RV. Cétait une chirurgie très exigeante qui a compris lablation du côté gauche du bassin et de la totalité de la tumeur. Grâce à cette technologie, le DrWerier a pu sauver larticulation de la hanche et ainsi permis à Emeric de retrouver sa mobilité et de reprendre les activités quil aimait tant comme la pêche et le camping.

Emeric Leblanc au camping.
Emeric va souvent pêcher sur le bateau de son père.

Une immense gratitude d’avoir une équipe chevronnée et une technologie de pointe près de chez soi

C’était une période stressante pour les parents, mais la visualisation de la tumeur à l’aide de la RV a été rassurante. « C’était une si grosse chirurgie, mais en voyant tout cela et l’expertise de l’équipe, j’ai su qu’ils allaient bien s’occuper de mon fils, affirme Mme Lachance. Le Dr Werier a été exceptionnel. Il a sauvé la vie de mon fils. Nous lui serons toujours reconnaissants. » 

Après s’être remis de sa chirurgie de 14 heures, Emeric a dû recevoir une nouvelle chimiothérapie, mais il se porte bien aujourd’hui. Le Dr Werier explique que l’objectif était curatif et qu’Emeric sera suivi de près au cours des années à venir. 

L’adolescent, qui a maintenant 16 ans, est de retour à l’école aux côtés de ses amis et devient de plus en plus fort chaque jour. La seule différence est qu’il porte désormais une chaussure gauche à semelle plus épaisse parce que sa jambe est légèrement plus courte. Il joue toujours à des jeux vidéo, mais voit sous un nouveau jour ceux offerts en RV. 

Cette technologie ouvre un monde de possibilités pour la prochaine génération de chirurgiens et permettra aux équipes de soins d’offrir les meilleures options thérapeutiques qui soient aux patients.

« C’est une chirurgie complexe, mais c’est un jeune homme remarquable et il s’en est très bien sorti. La RV nous a beaucoup aidés. Elle est beaucoup plus intuitive, elle met les gens sur la même longueur d’onde et elle est beaucoup plus efficace. Elle renforce la confiance de l’équipe chirurgicale. » 

« C’est la prochaine évolution dans notre façon de conceptualiser les choses et une grande partie de cette technologie a été conçue à Ottawa. Je pense qu’elle propulsera le secteur de la technologie virtuelle en imagerie médicale. Nous sommes très enthousiastes »

L’histoire de cette réussite a commencé par la création de Realize Medical en 2019 – une jeune entreprise d’Ottawa dirigée par les Drs Justin Sutherland et Daniel La Russa. Tous deux physiciens à L’Hôpital d’Ottawa, ils ont décelé la possibilité de faire progresser les soins aux patients à l’aide d’une technologie que la plupart des gens associent aux jeux vidéo. Les autres contributeurs clés sont les Dres Teresa Flaxman et Yusra Al Mosuli. La Dre Flaxman a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du programme de visualisation en 3D au sein de notre hôpital et a été au cœur du processus de modélisation de la RV avec les Drs Werier et Rakhra dès le tout début. La Dre Mosuli a joué un rôle crucial dans l’évolution des projets, notamment pour la première utilisation au Canada du logiciel Elucis et la chirurgie d’Emeric.

La recherche est essentielle pour trouver les meilleures façons d’utiliser cette technologie et prouver son efficacité. Realize Medical a établi de nombreuses collaborations de recherche avec diverses équipes de L’Hôpital d’Ottawa afin d’évaluer et de mettre en œuvre sa technologie.
Téléchargez ou écoutez l’épisode 96 pour en savoir plus sur la portée de la technologie de la RV sur les soins aux patients selon le Dr Kawan Rakhra.

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LHôpital dOttawa est un chef de file parmi les centres hospitaliers universitaires, de recherche et denseignement, fièrement affilié à lUniversité dOttawa. Tous les chercheurs à LHôpital dOttawa se conforment à un cadre dinnovation responsable axé sur lélaboration et la commercialisation responsables des innovations.

« Plus agile et dynamique que jamais auparavant »

Lorsque Fran a franchi l’étape des 18 mois de sa convalescence, son équipe de soignants n’a pas voulu lui donner de faux espoirs. D’ordinaire, une fois que des patients atteints du syndrome de Guillain-Barré (SGB) atteignent cette étape, ils ne constatent plus vraiment d’amélioration. Ce n’est pas le cas de Fran qui, 5 ans plus tard, continue de faire des progrès. « J’ai réussi à me mettre debout sur mes patins cet hiver et j’ai commencé à patiner pour la première fois depuis l’annonce de mon diagnostic. Et puis, il y a tout juste un mois, j’ai retrouvé une sensation dans mes pieds, quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis la découverte de ma maladie » a dit Fran.

Il a même de nouveau enfourché son vélo pour faire de longues randonnées et il se sent un peu plus fort chaque jour. « Je suis plus agile et dynamique que jamais auparavant », d’ajouter Fran avec son sourire contagieux.

Lisez l’histoire inédite de Fran ci-dessous et apprenez d’où vient sa reconnaissance pour les soins qu’il a reçus à L’Hôpital d’Ottawa.


Fran Cosper, un cycliste de longue distance, considérait qu’il était dans la meilleure forme de sa vie à l’approche de l’hiver 2017. Mais à la mi-février, il s’est réveillé en pleine nuit pour réaliser qu’il ne sentait plus ses jambes. Le lendemain matin, en essayant de sortir du lit, il s’est écroulé : ses fortes jambes n’étaient tout à coup plus fonctionnelles. Peu de temps après, il a reçu un diagnostic de syndrome de Guillain-Barré (SGB), une maladie qui peut entraîner une paralysie permanente. Il était alors loin de se douter que sa récupération l’amènerait à côtoyer une équipe d’experts, à utiliser la réalité virtuelle à L’Hôpital d’Ottawa et à trouver la détermination de marcher à nouveau, mais aussi d’aider des patients à son tour.

Quand les symptômes se sont soudainement manifestés, Fran a d’abord cru que ce ne pouvait être grave, parce qu’il prenait soin de sa santé. Le matin, il a tenté d’aller au sous-sol pour s’entraîner. « J’ai voulu me mettre à quatre pattes, mais je suis tombé face première sur le tapis. Je me suis dit : “Bon, je ne peux plus bouger. C’est très grave, finalement.” Elise, ma femme, est descendue et a vu que j’avais une paralysie faciale. Elle pensait que je faisais un AVC. »

Mais comme Fran le savait, les AVC ne paralysent habituellement qu’un côté du corps, ce qui voulait dire que c’était autre chose. Et que c’était grave.

Qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré?

Fran is secured to an adjustable bed prior to using the CAREN machine at the Ottawa Hospital Rehab Centre.
Fran à l’hôpital.

Après s’être soumis à un examen minutieux, Fran a reçu un diagnostic de SGB. Cette maladie auto-immune rare pousse le système nerveux à attaquer les nerfs et à endommager la gaine de myéline, soit la membrane qui les protège. Les dommages empêchent la transmission des signaux du cerveau vers les nerfs des muscles, ce qui entraîne une faiblesse, un engourdissement ou, comme dans le cas de Fran, la paralysie.

Le syndrome de Guillain-Barré peut être causé par une infection ou un virus. Fran, âgé de 56 ans, avait contracté deux rhumes coup sur coup, ce qui pourrait avoir affolé son système immunitaire. En l’espace de quelques jours, il s’est mis à perdre l’équilibre et à avoir de la difficulté à soulever ses casseroles. Puis quelques heures plus tard, la maladie atteignait son point culminant et attaquait le système nerveux. Fran ne pouvait plus bouger.

« C’était comme une expérience extracorporelle. Mon cerveau fonctionnait normalement, mais mon corps ne m’obéissait plus. » – Fran Cosper

« Le Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa accueille chaque année cinq ou six patients atteints du syndrome de Guillain-Barré, explique la Dre Vidya Sreenivasan, spécialisée en médecine physique et en réadaptation. Chez certains, les symptômes sont légers, mais chez d’autres, comme Fran, l’atteinte est plus grave. »

Une récupération particulièrement difficile

Chaque année, environ un Canadien sur 100 000 contracte le syndrome de Guillain-Barré. La récupération peut durer plus d’un an, parce que les nerfs se régénèrent lentement, à raison d’un millimètre par mois. Pour Fran, la récupération serait beaucoup plus longue.

Même une fois qu’il a été admis à l’hôpital, la maladie a continué d’endommager ses nerfs. Deux semaines après son arrivée, il a été transféré au Centre de réadaptation, où son équipe de soin comprenait médecins, psychologues, travailleurs sociaux, thérapeutes en loisirs, physiothérapeutes, pneumologues, ergothérapeutes et personnel infirmier.

« À ce moment-là, j’ai décidé de me battre. J’allais me retrousser les manches et tout faire pour améliorer mon sort, même si je ne savais pas ce que ça donnerait. » – Fran Cosper

Fran était entièrement dépendant de cette équipe. Il fallait le laver, l’habiller et le retourner dans son lit. Il ne pouvait même pas fermer les yeux, si bien que le personnel infirmer devait maintenir ses paupières closes avec du ruban adhésif pour qu’il puisse dormir.

« C’était comme une expérience extracorporelle. Mon cerveau fonctionnait normalement, mais mon corps ne m’obéissait plus. » Le cycliste ressentait aussi des douleurs atroces en raison des dommages subis par ses nerfs. Couché dans son lit d’hôpital et incapable de bouger, il a pris une décision.

« Étrangement, je n’avais pas peur. À ce moment-là, j’ai décidé de me battre. J’allais me retrousser les manches et tout faire pour améliorer mon sort, même si je ne savais pas ce que ça donnerait. »

La vidéo est uniquement disponible en anglais.

La haute technologie au service de la réadaptation

Si Fran a pu passer à travers un plan de thérapie rigoureux, c’est parce qu’il avait une excellente forme physique, beaucoup de détermination et une attitude positive. Il faisait de la physiothérapie cinq heures par jour, notamment à la piscine du Centre de réadaptation trois fois par semaine. Après deux mois, il pouvait se tenir debout et, avec de l’aide, faire quelques pas. C’est entre autres grâce au laboratoire de réalité virtuelle – l’un des deux seuls au Canada – qu’il a pu réapprendre à marcher.

Fran in pool.
Fran se rendait à la piscine du Centre de réadaptation trois fois par semaine.

« La piscine et la salle de réalité virtuelle m’ont été indispensables. Sans ces installations, il m’aurait fallu beaucoup plus de temps pour retrouver l’usage de mes jambes. »
– Fran Cosper

Le système CAREN (acronyme anglais signifiant « environnement de réadaptation assisté par ordinateur ») combine un écran de la taille d’une pièce, un tapis roulant double contrôlé à distance, une technologie d’analyse du mouvement de classe mondiale et une plateforme qui répond aux mouvements du patient alors qu’il explore un monde en trois dimensions tout en étant retenu par un harnais. Installé devant des représentations visuelles préprogrammées, le patient répond à des stimuli environnementaux en transférant son poids, en accélérant ou en décélérant ou même en faisant des mouvements particuliers. Le niveau de difficulté peut être rehaussé graduellement, à mesure que progresse la réadaptation.

Fran in VR lab.
Si Fran a réappris à marcher, c’est entre autres grâce au laboratoire de réalité virtuelle – l’un des deux seuls au Canada.

« Cette salle est tout droit sortie d’un film de science-fiction. Elle met vraiment le corps à l’épreuve. Après une heure d’exercices, j’étais tout en sueur. La piscine et la salle de réalité virtuelle m’ont été indispensables. Sans ces installations, il m’aurait fallu beaucoup plus de temps pour retrouver l’usage de mes jambes. »

« J’ai pratiquement été effacé de la carte pendant un an. Mais le seul point négatif de mon séjour à l’hôpital, ç’a été la maladie elle-même. »
– Fran Cosper

Selon la Dre Nancy Dudek, directrice médicale du programme pour les amputés du Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, ce système d’exception présente de nombreux avantages pour les patients. « Tout est possible, ça donne vraiment libre cours à la créativité. Au lieu de se tenir à des barres parallèles, le patient est retenu par un harnais de sécurité. C’est un système très novateur et bénéfique. »

Installé en 2010 grâce à l’appui local et à un partenariat avec les Forces canadiennes, le système CAREN a initialement servi, entre autres choses, à aider les soldats blessés de retour d’Afghanistan. Depuis, il a profité à bien des patients hospitalisés pour diverses raisons : traumatisme cérébral, AVC, maladie neuromusculaire, amputation, douleur chronique, etc.

La récupération se poursuit

Quand Fran a reçu son congé du Centre de réadaptation, en octobre 2017, il a versé quelques larmes, et les membres du personnel soignant aussi. Ce sont eux qui lui avaient fourni ses soins quotidiens et qui l’avaient guidé pour qu’il puisse à nouveau se laver, s’habiller et être autonome.

Fran on exercise ball
Fran entre les mains de l’équipe de réadaptation.

« Je suis vraiment reconnaissant de la gentillesse et de la qualité des soins auxquels j’ai eu droit. Le personnel a été incroyable, raconte Fran. J’ai pratiquement été effacé de la carte pendant un an. Mais le seul point négatif de mon séjour à l’hôpital, ç’a été la maladie elle-même. »

Fran est sorti du Centre de réadaptation avec une marchette. Quand il est revenu pour un rendez-vous de suivi, un mois plus tard, il marchait sans aide.

Aujourd’hui, il a repris le vélo, bien qu’il ne fasse pas encore des 100 kilomètres, et poursuit sa thérapie. Il ressent toujours de la douleur, et ses bras mettent du temps à récupérer. Il faudra aussi plus de temps pour que ses doigts retrouvent leur motricité fine. Comme il est saxophoniste, il est motivé à en retrouver le plein usage.

« J’ai maintenant espoir de pouvoir rejouer du saxophone un jour, parce que ma dextérité s’améliore. C’est un processus qui se poursuit. »

Donner au suivant

S’il y a deux personnes que Fran n’oubliera jamais, ce sont les bénévoles Chris et Claude, qui ont été là pour lui quand il était au Centre de réadaptation. Ils le sortaient pour prendre un café et discuter. Au départ, il n’avait aucune idée de qui était ces personnes vêtues d’un veston bleu, mais il a vite compris le rôle important qu’elles jouaient à l’hôpital.

« Je me souviens d’avoir demandé à Chris pourquoi il faisait du bénévolat. Il m’a expliqué qu’il avait une tumeur inopérable au cerveau et qu’il allait mourir. Il m’a dit : “On a tellement bien pris soin de moi ici que j’ai décidé de consacrer le temps qu’il me reste au bénévolat.” J’ai fondu en larmes et décidé à ce moment-là de devenir bénévole. »

Fran in blue vest.
Aujourd’hui, Fran donne au suivant en faisant du bénévolat à l’Hôpital.

Avant la pandémie, Fran passait deux jours par semaine auprès de patients, parfois dans son ancienne chambre au Centre de réadaptation, pour leur montrer ce qu’ils pouvaient accomplir. « Je me rappelle avoir vu une femme couchée sur une civière dans le couloir. Elle s’apprêtait à se faire opérer, et il n’y avait personne avec elle. Je me suis penché au-dessus d’elle et je lui ai dit que tout allait bien se passer. Je l’ai revu par la suite et elle m’a remercié. »

Voilà pourquoi Fran porte fièrement le veston bleu. Il a vécu des jours sombres, et aujourd’hui, il est heureux de pouvoir aider les autres quand ils ont besoin d’entendre une voix rassurante, comme Chris et Claude l’ont fait pour lui. Il s’estime aussi chanceux de pouvoir faire du bénévolat à l’hôpital qui a rendu possible son long rétablissement.

Écoutez Fran témoigner dans Pulse, le balado de la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.


Fièrement affilié à l’Université d’Ottawa, L’Hôpital d’Ottawa est un centre de recherche et de santé universitaire de premier plan.