Le don du temps

L’histoire de Vesna Zic-Côté

Vesna Zic Cote« En 2012, j’ai reçu un diagnostic de cancer du sein à un stade précoce. Malgré le traitement chirurgical standard, la chimiothérapie, la radiothérapie et le traitement hormonal, le cancer est réapparu quatre ans plus tard. Il s’était propagé à mes poumons, à mes os et à mes ganglions lymphatiques.

J’ai reçu un diagnostic de cancer du sein métastatique de stade 4 incurable le jour de l’anniversaire de mon fils. Il avait neuf ans.

Mon monde s’est effondré. J’étais assise sur mon lit à l’étage et j’entendais les enfants jouer au rez-de-chaussée. J’ai téléphoné à mon mari au travail. Il est revenu à la maison, et nous avons pleuré.

Suivant notre tradition familiale, nous sommes allés au restaurant qu’avait choisi notre fils le soir venu. Donc, le jour où mon monde s’est effondré, je me suis assise au restaurant, j’ai commandé un plat qui goûtait le carton, mais ça ne passait pas. J’ai regardé mon fils en retenant mes larmes, et mon cœur s’est brisé en mille morceaux.

Le cancer du sein métastatique est traitable, mais incurable. Lorsque j’ai reçu mon premier diagnostic, mon espérance de vie se calculait en mois. Maintenant, en demeurant réaliste, elle pourrait se prolonger de quelques années. Je vais à l’hôpital tous les 28 jours pour recevoir des injections. Cela fait partie d’une série de traitements ciblés qui me sont administrés pour tenir les cellules cancéreuses à distance. Un jour, le cancer trouvera un moyen de croître malgré ce traitement, et je passerai à une autre étape. Je continuerai ce cycle sans fin de traitements, d’examens d’imagerie, de progression et de changements jusqu’à ce que je n’aie plus d’options. Mais je suis une mère de 43 ans, en plus d’être une épouse, une fille et une sœur. J’ai besoin de plus de temps. Du temps pour voir mes jeunes enfants faire leurs études primaires. Du temps pour voir grandir ma famille et partager toutes les joies qu’apporte la vie. Du temps pour célébrer les anniversaires de mariage avec mon mari et les anniversaires de ma nièce et de mes neveux. Et du temps avec ma famille et mes amis que j’aime tant.

Tellement de choses doivent se produire pour que cela se concrétise. Je devrai suivre d’autres traitements lorsque mon schéma thérapeutique cessera de fonctionner, ce qui est inévitable. J’ai besoin que des recherches soient menées sur les traitements contre le cancer et d’un système de santé simplifié et accessible.

Malheureusement, le dépistage précoce ne permet pas d’empêcher tous les cancers de réapparaître et de se propager. Nous avons besoin de la recherche pour en comprendre les raisons et d’un traitement pour prolonger des vies.

Lorsque j’ai reçu mon premier diagnostic, je me préoccupais surtout de moi-même et de mes proches. Pendant cette période d’apprentissage, j’ai assimilé tous les renseignements possibles sur le cancer du sein métastatique : vivre avec le cancer du sein métastatique, le traiter et en mourir. Quelques personnes jouaient un rôle de premier plan, celles qui faisaient du bruit, qui changeaient d’opinion et qui se tournaient vers la recherche et le progrès. Pendant les mois de traitement où je pouvais enfin respirer de nouveau, je savais que je voulais faire partie de ce mouvement, de ce bruit, de ce changement. J’avais besoin d’évaluer cette situation que je n’avais pas choisie pour être en mesure d’accepter qu’elle faisait partie de mon histoire, que je le veuille ou non.

Présentement, j’ai de l’énergie à consacrer aux autres certains jours, mais pas tous. J’écris, je participe à des collectes de fonds, je discute et je rencontre des gens. J’ajouterais que la façon dont je vis ma vie a influencé mes enfants, qui participent à mes collectes de fonds activement et avec enthousiasme. Ils ne sont pas gênés que leur mère ait le cancer. Ils ont plutôt l’impression qu’ils font quelque chose pour moi en grimpant dans les arbres et en vendant des pommes, en faisant des présentations sur leurs collectes de fonds, en portant un ruban rose et en fabriquant des affiches, tout ça pour aider les médecins et les chercheurs à trouver de meilleurs remèdes. Peu importe où tout cela nous mènera, je veux qu’ils soient capables de se souvenir de toutes les bonnes choses qu’ils ont faites et sachent que leurs efforts ont réchauffé beaucoup, beaucoup de cœurs… le mien par-dessus tout.

Au nom de tous ceux qui sont atteints d’un cancer incurable et qui, grâce à votre appui, réussissent à retrouver la joie de vivre entre les injections, les examens d’imagerie, les analyses sanguines et les rendez-vous, à espérer et à influencer le cours des choses, je vous remercie. »

Vesna

Nous avons besoin de votre aide aujourd’hui pour donner à des patients comme Vesna plus de temps, de souvenirs et d’espoir. Appuyez notre recherche sur le cancer axée sur les essais cliniques dès aujourd’hui et aidez-nous à mettre au point de nouveaux traitements de cette maladie dévastatrice.

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Quatre  ans après un diagnostic de cancer du sein métastatique, chaque jour est un cadeau

Jillian  O’Connor était enceinte de 18  semaines lorsqu’elle a reçu un diagnostic de cancer du sein. On lui donnait alors moins de deux  ans à vivre. Elle continue de profiter de la vie au maximum et a souligné en février le quatrième anniversaire de son petit garçon en pleine santé.

Jillian  O’Connor se tient dans son salon en riant. Un petit garçon vient lui serrer la jambe, puis repart en flèche pour aller jouer avec son frère et sa sœur aînés à l’étage inférieur. C’était Declan. Le fait que sa mère ait pu le voir souffler les bougies pour ses quatre ans, le 1er  février 2019, n’est rien de moins qu’extraordinaire.

Lorsque Jillian était enceinte de Declan, à 18 semaines de grossesse, elle a reçu un diagnostic de cancer du sein métastatique. On lui a dit qu’elle ne serait pas là pour fêter les deux  ans de son bébé. Deux ans et demi plus tard, Jillian a célébré son quatrième anniversaire avec lui et continue de profiter de la vie au maximum.

Jillian O’Connor

Ce qu’on remarque d’abord chez Jillian, c’est son sourire, suivi de son insatiable soif de vivre. Son attitude positive contagieuse vient en troisième. On imagine facilement que cette attitude puisse expliquer à elle seule pourquoi Jillian continue de défier les pronostics défavorables. Ce n’est peut-être pas prouvé scientifiquement, mais elle est convaincue que c’est la clé.

« J’ai des tumeurs partout, de la tête aux pieds », dit Jillian. « Chaque jour est une vraie bénédiction. “Oh! Je me suis réveillée. Génial!” Je veux continuer à vivre le plus intensément possible, le plus longtemps possible. Je crois sincèrement que le simple fait d’être optimiste aide. »

Le physique délicat de Jillian contraste avec sa personnalité flamboyante. Elle est sociable et déborde d’enthousiasme communicatif. Elle parle de son cancer de façon pragmatique. Il fait partie de sa vie, mais ne la domine pas. Elle a une autre grande préoccupation : sa précieuse famille. La jeune femme de 35  ans bavarde et rit avec tant d’aisance à propos de sa vie et de son expérience du cancer qu’il faut un moment pour comprendre à quel point cette expérience est hors du commun.

En 2014, Jillian allaitait encore Landon, son deuxième enfant, lorsqu’elle a consulté son médecin à propos d’un canal galactophore obstrué. Elle a découvert qu’il s’agissait plutôt d’un cancer du sein. Les médecins voulaient qu’elle passe une tomodensitométrie pour déterminer l’étendue du cancer, mais c’était impossible puisqu’elle était enceinte de 18  semaines. Sans traitement, lui a-t-on dit, elle ne survivrait pas jusqu’à l’accouchement. Avec une fille de trois ans et un fils d’un an à la maison, c’était impensable. Le diagnostic était dévastateur, mais Jillian y a bravement fait face avec l’optimisme et la détermination qui la caractérisent.

Une interruption de grossesse n’était pas envisageable pour Jillian et son mari, David. L’oncologue de Jillian, le Dr Mark  Clemons, lui a dit que ce ne serait pas nécessaire. Il pouvait lui offrir un protocole de chimiothérapie qui combattrait le cancer sans nuire à l’enfant qu’elle portait. Jillian a subi une mastectomie et a reçu une douzaine de traitements chimiothérapeutiques adaptés à sa situation particulière. Le 1er  février  2015, elle a donné naissance à Declan, un bébé en pleine santé.

« J’ai reçu de la chimiothérapie jusqu’au moment de l’accouchement. Le bébé était en santé, d’un poids tout à fait souhaitable à la naissance. Il était absolument parfait », raconte Jillian.

Après la naissance de Declan, Jillian a pu passer des examens par tomodensitométrie visant à repérer l’emplacement des tumeurs. Le cancer s’était métastasé dans ses os, son foie et son système lymphatique. C’est alors qu’on lui a donné moins de deux ans à vivre

« En gros, on m’a dit : “On ne peut pas vous donner de pronostic à long terme. C’est un cancer de stade IV, alors prenez chaque jour en plus comme un cadeau” », explique Jillian. Elle a laissé son emploi d’infirmière à l’Hôpital Queensway Carleton et y est devenue patiente, recevant ses traitements au Centre de cancérologie Famille Irving Greenberg, établissement satellite de L’Hôpital d’Ottawa. « Deux ans ont passé, puis trois, et enfin quatre l’été dernier. J’espère avoir encore 40  ans devant moi. J’ai reçu un diagnostic sombre et terrifiant, mais je suis toujours bien en vie. »

La vie de Jillian est particulièrement bien remplie. Après tout, une fois de retour à la maison avec Declan après l’accouchement, elle avait à s’occuper de trois  enfants âgés de trois ans et moins. Elle s’est consacrée entièrement à la maternité, profitant de chaque moment avec eux. Entre ses visites hebdomadaires au centre de cancérologie pour recevoir ses traitements, elle s’affairait à changer des couches, à préparer des repas et à soigner, à amuser et à aimer ses petits trésors.

Declan et Jillian
Declan, 4 ans, assis sur les genoux de sa mère.

Declan revient et grimpe sur les genoux de sa mère pendant 30  secondes environ avant de s’installer à côté d’elle sur le sofa. C’est un garçon de quatre ans typique. Sa grande sœur Myla, qui est âgée de sept ans, et son frère Landon, qui a cinq ans, se montrent à leur tour. Les trois  enfants jouent sur le plancher, près de leur mère qui bavarde gaiement avec eux.

Jillian a été présente pour les voir franchir toutes les étapes de la petite enfance : ils ont appris à marcher, à parler, à courir, à jouer, à lire et à devenir de petites personnes autonomes. Myla et Landon fréquentent maintenant l’école. Declan les y rejoindra en septembre. À la mi-janvier, Jillian et David l’ont inscrit à la maternelle. Ces jours-ci, pendant que les deux plus vieux sont à l’école, Declan et Jillian passent de bons moments ensemble. Ils remplissent leurs journées avec des activités qui comprennent du bénévolat à l’école, en plus des tâches quotidiennes à la maison.

« J’ai reçu un diagnostic sombre et terrifiant, mais je suis toujours bien en vie. »

Jillian croque dans la vie à pleines dents et prend chaque jour tel qu’il est.

« Avec toute l’aide que les techniques modernes de radiothérapie et d’oncologie médicale peuvent lui offrir à Ottawa, en plus de sa personnalité et de sa motivation exceptionnelles, elle se tire remarquablement bien d’affaire dans une situation tragique pour toute jeune maman », dit le D Clemons. « Elle participe également à des recherches qui transforment les pratiques et vont améliorer les soins aux patients. Elle ne cesse jamais de donner. »

Au cours des quatre dernières années, Jillian a participé à des essais cliniques pour de nouveaux traitements qui ont freiné l’évolution du cancer. Lorsque son cerveau a été touché, il y a quelques années, elle a reçu une radiothérapie du cerveau entier ainsi que par CyberKnife. On lui a ensuite prescrit un nouveau médicament capable de franchir la barrière hématoencéphalique, contrairement à sa chimiothérapie habituelle. Ce médicament a empêché la croissance de nouvelles tumeurs au cerveau. Le cancer ne régresse pas, mais il n’empire pas non plus.

« Je vis très bien avec le statu quo, car j’arrive à faire tout ce que je veux en ce moment », dit Jillian. « Le statu quo me convient. Je me sens bien, je n’ai mal nulle part. Je n’ai pas le temps de réfléchir à ce que je ressens. »

Jillian s’assoit sur le plancher et joue avec ses trois enfants en riant. Elle regarde la petite poupée que sa fille Myla lui montre et tend une balle à Landon. « Je crois vraiment que mes enfants ont une énorme influence. Ils sont géniaux et tellement amusants. Ils me tiennent très occupée, ce qui fait partie du plaisir. Le soir, en allant me coucher, je ne pense pas au cancer ni aux tests à venir. Je ne pense à rien de ça parce que je suis épuisée. Je crois que ça m’aide. »

Le Dr Clemons est du même avis.

« Elle est remarquable. Nous aurions tous intérêt à suivre son exemple en donnant un véritable sens à notre vie », dit-il. « Trop de gens autour de nous consacrent un temps fou à se plaindre de futilités et de choses auxquelles ils ne peuvent rien changer. La vie est faite pour être vécue, et Jillian nous encourage à la vivre pleinement. »

Que ce soit grâce aux traitements novateurs qu’elle reçoit ou à son attitude ultrapositive, Jillian a dépassé de deux ans et demi son pronostic d’origine.

Le Dr Clemons lui a dit : « Peu importe ce que vous faites, continuez comme ça. De toute évidence, c’est efficace. »

C’est bel et bien le cas.


Nous sollicitons votre aide aujourd’hui pour donner aux patients comme Jillian plus de temps, plus de souvenirs et plus d’espoir. Appuyez sans attendre notre essai clinique sur le cancer et aidez-nous à mettre au point de nouveaux moyens de traiter cette maladie dévastatrice.

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Un essai clinique sur un médicament ciblant les cellules souches cancéreuses aide une patiente de la région

Lorsque les résultats d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de Sandy Patenaude ont montré que son  cancer colorectal  s’était propagé à son foie et à ses poumons, on lui a demandé de participer à un essai clinique  sur un médicament inhibiteur de cellules souches cancéreuses. Dans le cas de Sandy, le médicament a permis de prévenir la progression de son cancer.

Il y a trois ans, Sandy Patenaude a reçu une nouvelle dévastatrice : elle avait un cancer colorectal de stade quatre, qui s’était propagé à son foie et à ses poumons et était inopérable. Son oncologue lui a demandé si elle aimerait participer à un essai clinique sur un nouveau médicament inhibiteur de cellules souches cancéreuses en plus de sa chimiothérapie.

« Des inhibiteurs de cellules souches cancéreuses, pourquoi pas? » s’est dit Sandy, qui a accepté de participer à cet essai.

Le DDerek Jonker, oncologue médical à L’Hôpital d’Ottawa, est responsable de l’essai clinique international sur un médicament expérimental, la napabucasine, chez les patients atteints de cancer colorectal. Il explique que les cellules souches cancéreuses sont les rares cellules immatures présentes dans une tumeur, qui résistent souvent à la chimiothérapie. Ces cellules peuvent donner naissance à des cellules cancéreuses plus matures qui composent la majeure partie d’une tumeur. Les cellules souches cancéreuses ne sont pas les mêmes que les cellules souches normales qui se retrouvent dans de nombreux tissus chez un adulte en bonne santé et qui contribuent à la guérison et à la cicatrisation.

« Grâce à la chimiothérapie, nous pouvons offrir un traitement qui réussit à réduire une grande partie du cancer », souligne le DJonker, qui est également professeur agrégé à l’Université d’Ottawa. « La plupart du temps, le gros de la tumeur disparaît, mais il reste une petite tumeur qui contient beaucoup de ces cellules souches cancéreuses chimiorésistantes et capables de migrer et de proliférer ailleurs dans l’organisme. Souvent, nous continuons d’administrer la même chimiothérapie, puis constatons que la tumeur a grossi de nouveau, toutefois il ne s’agit pas de la même tumeur que celle que nous avions lorsque nous avons commencé. »

Le Dr Derek Jonker
Le Dr Derek Jonker  a mené un essai clinique sur le cancer colorectal et un médicament inhibiteur des cellules souches cancéreuses qui a aidé Sandy Patenaude.

Le Dr Jonker change alors de traitement pour cibler les cellules souches cancéreuses, qui ne sont pas touchées par la chimiothérapie traditionnelle. Lors d’un précédent essai clinique à répartition aléatoire qu’il a dirigé, des patients ont reçu un placebo ou de la napabucasine. L’objectif était d’évaluer l’efficacité du médicament à inhiber ou à prévenir la croissance des cellules souches cancéreuses. L’essai s’est déroulé dans 40 sites situés au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. Les 562 patients recrutés étaient atteints d’un cancer colorectal de stade avancé chez lesquels la chimiothérapie ne fonctionnait plus.

À la lumière des résultats de l’essai, le DJonker a indiqué qu’il n’y avait pas beaucoup de bienfaits dans le groupe en général. « Cependant, lorsque nous avons examiné les patients atteints d’une tumeur présentant les caractéristiques d’une surexpression importante des cellules souches cancéreuses (phospho-STAT3), nous avons constaté que leur survie était grandement améliorée. »

En octobre 2016, le DJonker a présenté à la Société européenne de médecine interne cancérologique ses résultats montrant que, même si l’inhibiteur de cellules souches cancéreuses ne fonctionnait pas pour tous les patients, il y avait une amélioration de la survie chez 22 % des patients atteints de tumeurs avec un niveau élevé de phospho-STAT3. Il a déclaré qu’il s’agissait d’une « preuve que les cellules souches sont une cible importante chez les patients atteints de cancer ». La napabucasine est maintenant combinée à la chimiothérapie dans l’essai clinique en cours pour attaquer le cancer sur deux fronts en même temps.

« Grâce aux résultats de l’essai clinique, nous savons que la majorité des patients n’ont pas répondu au traitement, mais nous avons deux patients, ici à Ottawa, qui ont bien répondu et qui ont retiré des bienfaits de l’utilisation de l’agent clinique », souligne la Dre Christine Cripps, oncologue médicale.

Sandy Patenaude

« J’ai pensé à participer à l’essai, parce que je me suis dit que c’était nouveau. »

Sandy fait partie de ces patients qui en ont retiré des bienfaits. Ses tumeurs ont diminué et les chirurgiens ont pu retirer des taches dans son foie et la tumeur primaire dans son rectum. La Dre Christine Cripps croit qu’une grande partie de ce qui a permis de tenir le cancer en respect est la napabucasine que prend Sandy dans le cadre de l’essai clinique.

« Un inhibiteur de cellules souches fonctionne différemment de la chimiothérapie traditionnelle, puisqu’il prévient l’apparition de nouvelles tumeurs », explique Saara Ali, coordonnatrice de la recherche pour les essais cliniques sur les cancers gastro-intestinaux. « Nous espérons que le comprimé [la napabucasine] arrivera à prévenir l’apparition de nouvelles tumeurs. Dans le cas de Sandy, aucun nouveau cancer n’est apparu depuis son traitement. Tout était déjà là, alors il se peut bien que le médicament fasse le travail. »

Prochaines étapes : Le Dr Jonker souhaite commencer un autre essai clinique sur l’inhibiteur de cellules souches cancéreuses, qui sera utilisé seulement chez les patients dont les tumeurs contiennent beaucoup de phospho-STAT3. On pourrait cerner les patients admissibles à l’essai clinique au moyen d’analyses moléculaires réalisées au laboratoire de diagnostic en oncologie moléculaire de L’Hôpital d’Ottawa. Cela ciblerait les patients dont on pense qu’ils seraient le plus susceptibles de bénéficier le plus du médicament.

« Nous aimerions reproduire notre essai, répartir les patients de façon aléatoire pour qu’ils reçoivent la napabucasine ou un placebo, et si nous pouvons prouver que la napabucasine est efficace pour ces patients, alors elle pourrait devenir une option pour les patients qui ont essayé toutes les autres options de traitement », explique le DJonker.

La Dre Cripps a indiqué que Sandy était une candidate pour ce prochain essai clinique et que le laboratoire moléculaire analyserait ses tumeurs pour voir si ses cellules souches cancéreuses présentent une expression importante de phospho-STAT3. Quoi qu’il en soit, Sandy continuera à prendre le médicament de l’essai clinique aussi longtemps qu’il fonctionnera pour elle. Et il fonctionne. La mère de trois enfants adultes dit qu’elle est occupée à faire un million de choses, à jouer à l’euchre, à gratter son ukulele, à skier, à pratiquer la randonnée, à faire du vélo et à profiter de la vie.

L’Hôpital d’Ottawa recueille des fonds pour les essais cliniques, puisque la recherche s’est révélée la meilleure façon d’améliorer les traitements et même de trouver des remèdes contre le cancer et d’autres maladies dévastatrices.


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L’immunothérapie élimine le cancer d’un policier

Malgré des années de traitement visant à prévenir sa récurrence, le mélanome de Ian McDonell, un cancer de la peau qui a tué son frère, s’est propagé à son cerveau et à son corps. En 2017, il a commence une immunothérapie novatrice. Un an après la fin de son immunothérapie, tous les clichés montrent que son cancer a disparu.

Ian McDonell n’était pas de service et marchait le long d’un sentier de vélo lorsqu’il a apercu des hommes en pleine bagarre. Il a appelé la police et a plaque au sol l’un des combattants, qui tentait de s’enfuir. Ce geste courageux est d’autant plus remarquable que, un an plus tôt, Ian était cloué au lit par le cancer.

« J’ai pensé à l’année précédente », raconte Ian, « et jamais je n’aurais pu être dehors à faire une promenade. »

Cinq ans auparavant, le frère de Ian était mourant, atteint d’un mélanome, et son père venait d’être emporté par le cancer. L’épouse de Ian a insisté pour qu’il fasse examiner par un médecin un grain de beauté qu’il avait dans le dos. Il s’agissait d’un mélanome malin nodulaire ulcéreux – une forme agressive de cancer de la peau.

Ian a subi une chirurgie pour l’exciser, ainsi qu’un ganglion lymphatique dans l’aine gauche. Plusieurs semaines plus tard, on lui a retire un ganglion lymphatique dans l’aisselle. Même s’il n’y avait plus aucune trace de cancer, compte tenu de ses antécédents familiaux, le risqué de récidive que courait Ian était élevé.

Ce sergent-chef de la Police d’Ottawa, âgé de 47 ans, a été aiguille vers le Dr  Michael  Ong, un oncologue spécialisé dans les cancers de la peau et urologiques à L’Hôpital d’Ottawa. Après avoir discuté de l’ensemble des options, le Dr Ong a recommandé à Ian de participer à un essai Clinique fondé sur une chimiothérapie ciblée, reconnue pour sa capacité à faire régresser fortement les mélanomes et mise à l’essai dans le but d’améliorer les taux de guérison.

Ian McDonell est assis dans un fauteuil.
Ian en train de reçevoir sa première dose d’immunothérapie

« L’immunothérapie ne touche pas le cancer directement. Elle dévoile plutôt le cancer à votre système immunitaire. »

Ian a suivi ce traitement entre novembre 2013 et août  2014, tout en continuant à travailler à temps plein; après le traitement, il a continue à passer des examens d’imagerie réguliers et intensifs destines au dépistage de toute récidive. Il se sentait bien lorsqu’il s’est rendu à son rendez-vous normal en juin 2017, mais la tomodensitométrie et l’imagerie par resonance magnétique (IRM) l’ont confronté à une dure réalité. Il avait une demi-douzaine de tumeurs dans l’aine et l’abdomen, ainsi que trois tumeurs avec metastases au cerveau. Son cancer en était au stade  4. Normalement, les patients ayant des metastases au cerveau n’ont plus que quatre mois à vivre.

Compte tenu de la gravité de la situation, le Dr  Ong a recommandé une approche énergique : une immunothérapie récemment approuvée.

« L’idée de l’immunothérapie n’est pas nouvelle. Cette méthode fait l’objet d’essais cliniques depuis des décennies. Mais ce n’est que récemment que nous avons connu un succès retentissant, » explique le Dr Ong, qui est également professeur adjoint à l’Université d’Ottawa.

Dr. Michael Ong
DMichael Ong

Le lien entre le système immunitaire et le cancer est reconnu depuis plus d’un siècle. Cependant, comprendre la façon dont le système immunitaire lutte contre le cancer a été le principal défi des scientifiques.

Dans un premier temps, on a tenté de stimuler le système immunitaire afin qu’il attaque le cancer. Ce qui a change la donne a été la découverte de molecules clés, appelées points de contrôle du système immunitaire, des cellules cancéreuses qui suppriment les cellules immunitaires T, et les empêchent de s’attaquer au cancer. Ces points de contrôle dissimulent le cancer au système immunitaire. De nouveaux médicaments, appelés anticorps inhibiteurs de points de contrôle du système immunitaire, lèvent le voile et permettent au système immunitaire de s’attaquer naturellement au cancer et de le détruire.

« Le but de la chimiothérapie est de tuer directement le cancer », explique le Dr  Ong. « Cela peut entraîner des effets secondaires, parce que la chimiothérapie tente d’empoisonner le cancer. En revanche, elle ne touche pas le cancer directement. Elle le révèle plutôt au système immunitaire en activant des interrupteurs des cellules T, et le système immunitaire de l’organisme fait le reste. »

L’immunothérapie fonctionne particulièrement bien chez les patients atteints d’un mélanome, comme Ian. Le premier essai qui a révélé cette efficacité sur ce type de cancer de la peau a été présenté à un congrès sur l’oncologie à Chicago en  2010. Les résultats de cet essai ont montré que l’amélioration médiane de la durée de la survie était de quatre mois. Selon le Dr Ong, au départ, les conclusions ne semblaient pas très impressionnantes.

« Ce n’était qu’un autre rapport d’essai clinique, et quatre mois, cela ne paraissait pas très long », precise le Dr Ong. « Cependant, l’amélioration rapportée était la médiane. Nous avons constaté plus tard seulement que, bien que l’immunothérapie ne fonctionne pas chez 80 % des patients, 20 % d’entre eux étaient guéris de leur mélanome métastatique. Lorsque les données étaient considérées sur une période de 10 ans, tous les patients qui avaient répondu au traitement étaient toujours en vie. »

Depuis, des immunotherapies ont été mises au point et ont fait l’objet d’essais cliniques, ce qui a fait passer le taux de survie après un an de 25 à 80 % dans le cas de mélanomes avancés.

Ian a commence par recevoir une combinaison de deux immunothérapies, une importante percée depuis 2010, récemment approuvée par Santé Canada. Il a raconté que le traitement est donné par voie intraveineuse à l’Unité de chimiothérapie, au Centre de cancérologie de l’Hôpital. Le processus complet prend deux heures par traitement. Ian devait recevoir une dose toutes les trois semaines pour quatre traitements.

Ian a reçu une dose, puis a suivi une radiothérapie administrée au moyen du système CyberKnife. Des doses élevées de rayonnement ont été dirigées directement sur ses tumeurs au cerveau. Il a bravement continue durant le second cycle d’immunothérapie, mais il était tellement malade qu’il a dû interrompre le traitement. Il a commence à prendre des medicaments stéroïdiens pour ralentir son système immunitaire. Il s’est alors senti mieux, mais son immunothérapie était en suspens.

Fin septembre, Ian a ressenti une nouvelle faiblesse au visage et craignait que son cancer empire. Ce n’était pas le cas. Les examens ont révélé qu’une tumeur avait rétréci, passant de 25 à 10 mm, tandis que l’autre était passé de 8 à 4 mm.

Le D Ong lui a dit : « On dirait qu’il se passe quelque chose de positif. » Il a recommandé à Ian d’essayer une seule immunothérapie plutôt que deux. Ian a reçu ce traitement à la mi-novembre  2017. Encore une fois, il a trouvé cela extrêmement difficile et a été très malade. Tous ses traitements ont été interrompus.

« Mais ça a fonctionné », raconte Ian.

Ian McDonell pose en compagnie de ses trois filles et de sa femme à la plage.
Ian  McDonell et son épouse Michelle avec leurs filles à la baie de Fundy, à Kingsport, en Nouvelle-Écosse, en août  2018.

Deux mois plus tard, en janvier  2018, le statut du cancer de Ian a été évalué au moyen d’une tomographie par émission de positons (TEP). Une TEP fonctionne au moyen d’un sucre radioactive qui met en surbrillance colorée les cellules cancéreuses. Aucune couleur n’est apparue lorsque Ian a passé la TEP. L’examen par IRM subsequent n’a révélé aucun signe de tumeurs au cerveau. Elles avaient disparu toutes les trois. Il a passé une tomodensitométrie en avril et en juillet. Les clichés ne montraient rien. Il n’avait plus de tumeurs. Toutes les traces de son cancer avaient disparu.

Durant un rendez-vous après les derniers clichés d’imagerie, le Dr Ong lui a appris que, au moment de leur première rencontre en  2013, les options d’immunothérapie ou cette chimiothérapie ciblée n’étaient pas disponibles. Quatre ans plus tard, grâce aux incroyables percées en immunothérapie, il y avait de l’espoir.

« Au cours des cinq dernières années, nous sommes passes de très médiocres options pour traiter les mélanomes à un grand nombre d’options efficaces. Cela s’explique par le développement de traitements contre le cancer, qui continue à être très rapide », dit le Dr Ong. « À L’Hôpital d’Ottawa, nous participons constamment à des essais cliniques qui changent la pratique. La norme de soins évolue sans cesse – comme elle se doit. Nous tentons toujours de repousser les limites des traitements contre le cancer. »

L’Hôpital d’Ottawa est un chef de file en recherche en immunothérapie contre le cancer, tant pour la mise au point de nouveaux traitements que pour les traitements expérimentaux proposes aux patients. Soixante-neuf essais cliniques en immunothérapie contre le cancer sont en cours à l’Hôpital. Cinquante des patients du D Ong participant actuellement à de tels essais. Cependant, ils sont des centaines à prendre part à des essais cliniques actifs similaires à L’Hôpital d’Ottawa.

Les personnes atteintes d’un cancer de la peau avec presence de mélanome sont jeunes, âgées de 30 à 50 ans. Un mélanome avec des ganglions lymphatiques est très agressif. Historiquement, 50 % des patients connaîtraient une récidive et la propagation du mélanome. Cependant, les nouveaux traitements, dont l’immunothérapie, diminuent le risque de récidive de 43 à 53 %. À L’Hôpital d’Ottawa, de nombreux patients participant à une étude visant à établir si deux medicaments immunothérapeutiques fonctionnent mieux qu’un seul pour réduire advantage les risques de récidive

Grâce aux immunotherapies fructueuses, des patients comme Ian sont aux prises avec les problems des survivants : vivre sans le cancer.

Ian a constaté qu’il devait repenser à ce qu’il souhaitait faire. Il était en congé de maladie de la Police d’Ottawa depuis août 2017, lorsque son cancer est réapparu.

« Lorsqu’il a été question des examens provinciaux pour les services policiers, je me suis dit que j’allai les passer parce que j’avais un peu d’espoir, maintenant. J’ai passé l’examen pour devenir inspecteur, et je l’ai réussi », raconte Ian.

Grâce à l’immunothérapie, ce père de trois enfants a pu reprendre sa vie et peut maintenant songer à l’avenir et voir sa famille grandir. Il continuera aussi à lutter contre le crime.

L’Hôpital d’Ottawa effectue également de la recherche fondamentale et translationnelle en immunothérapie. Ainsi, le Dr Michele  Ardolino a récemment réalisé une percée dans la comprehension de l’immunothérapie, qui devrait permettre à cette approche d’être efficace chez un bien plus grand nombre de personnes atteintes du cancer.

Pour en savoir plus sur la recherche en immunothérapie,  cliquer ici.


Étant donné qu’il est démontré que la recherche est la meilleure façon d’améliorer les traitements et de trouver des remèdes contre le cancer et des maladies dévastatrices, L’Hôpital d’Ottawa amasse des fonds pour des essais cliniques

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Robert Noseworthy a reçu un diagnostic de leucémie infantile à l’âge de 30 ans, ce qui est rare pour une personne de son âge, et le pronostic n’était pas encourageant. Mais 30 ans plus tard, ses enfants d’âge adulte à ses côtés, il donne en retour à la recherche sur le cancer grâce au DÉFI.
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Un traitement à base de cellules souches  fait disparaître la maladie chez un patient atteint de SP

John Chafe travaillait dans une banque qu’il entendait un jour diriger. Ses plans ont cependant été contrecarrés par une forme agressive de sclérose en plaques (SP). En 2001, il est devenu le deuxième participant à un essai clinique, le tout premier du genre au monde, chez qui toute nouvelle activité de la SP a été presque entièrement éliminée et la maladie, stabilisée.

Avant de commencer à travailler à Kenora en 1993, John Chafe a vécu un phénomène étrange : il a louché. Il ne le savait pas à l’époque, mais c’était là le premier signe d’une maladie débilitante.

Soupçonnant une grippe, son médecin de famille lui a prescrit des antibiotiques. Au bout d’une semaine, les yeux toujours croches, John s’est muni d’un cache-œil et a fait cinq heures de route depuis Thunder Bay pour occuper temporairement un poste dans une banque à Kenora. Une semaine plus tard, ses yeux se sont redressés et sont revenus à la normale.

« Quelques mois plus tard, j’ai été transféré à Niagara Falls. J’ai alors commencé à avoir de la difficulté à marcher en ligne droite. Je n’ai tout simplement pas pu marcher en équilibre sur une poutre lors d’une activité au Centre des sciences de l’Ontario », explique John. « J’ai mentionné ces symptômes à un ami, qui les a répétés à une amie qui, heureusement, était la Dre Heather McLean, neurologue à L’Hôpital d’Ottawa. »

Selon elle, ces  symptômes ressemblaient à ceux de la sclérose en plaques (SP), une maladie auto-immune qui incite le système immunitaire de l’organisme à attaquer son propre système nerveux central, son cerveau et sa moelle épinière. John  devait subir un examen par IRM et  une ponction lombaire pour obtenir un meilleur diagnostic de ses symptômes. L’hôpital de Thunder Bay n’ayant pas encore d’appareil d’IRM à l’époque, John a dû se rendre à Duluth, au Minnesota, pour ce faire. En avril  1995 , il  a soumis les clichés IRM au Dr Mark Freedman, neurologue et spécialiste de la sclérose en plaques de L’Hôpital d’Ottawa. Le Dr Freedman a confirmé le diagnostic : John était atteint de la sclérose en plaques.

« Le tout premier médicament homologué pour la SP n’a été offert au Canada qu’en 1995; rien n’était disponible pour les patients à l’époque »,  explique le Dr Freedman, également scientifique principal à l’Hôpital et professeur de médecine en neurologie à l’Université d’Ottawa. « John a pris ce tout premier médicament, l’interféron, dès qu’il a été  offert sur le marché. Il a essayé au moins une autre sorte d’interféron pendant un certain temps, mais  il fallait se rendre à l’évidence : il n’allait pas s’en sortir en l’absence d’un remède miracle. Sa SP était très agressive. »

John a d’abord fréquenté l’Université Lakehead de Thunder Bay parce qu’il était un fervent adepte de plein air : il s’adonnait régulièrement  à l’escalade de rocher et au ski alpin. Cependant, il s’est vite rendu compte qu’une carrière dans le domaine financier était plus lucrative qu’une carrière de moniteur de ski. Il a obtenu des diplômes en commerce et en économie, et travailler dans le domaine bancaire lui a permis de financer ses activités de plein air.

John Chafe dévale des montagnes en ski.
John fait du ski à Blackcomb juste après le diagnostic en 1994.

John n’a pas abandonné son mode de vie actif après avoir reçu son diagnostic, malgré l’apparition de périodes d’exacerbation (poussée qui cause de nouveaux symptômes de SP ou aggrave d’anciens symptômes) tous les huit mois. Il est revenu à Thunder Bay et a ouvert un gymnase d’escalade, convaincu que la SP ne changerait pas sa vie. Mais elle l’a fait. Elle l’a complètement chamboulée. En 1998, trentenaire  à  l’époque, il a vendu son entreprise d’escalade et a été transféré à une succursale bancaire d’Ottawa.

John est en pleine escalade.
John fait de l’escalade près de Thunder Bay en 1994 après avoir reçu son diagnostic de SP.

Après une autre période d’exacerbation de la SP, John s’est rendu compte qu’il arrivait de plus en plus difficilement  à sortir pour offrir une séance de planification financière à ses clients.

« J’avançais avec difficulté et je ne voyais pas comment leur demander de me faire confiance avec leur argent, alors que ma SP s’aggravait sans cesse », explique-t-il. « J’avais besoin d’un travail de bureau, alors  je me suis mis à  la programmation informatique. »

Les traitements réguliers qu’il recevait n’étaient d’aucune utilité. Il avait besoin d’un miracle.

Puis, un jour, à la radio, John a entendu le Dr. Freedman parler d’une étude novatrice sur la greffe de cellules souches, qu’il a décrite comme une sorte de redémarrage forcé du système immunitaire. Le Dr Freedman travaillait avec le Dr Harold Atkins, hématologue et scientifique (également professeur de médecine à l’Université d’Ottawa),  pour voir si un traitement révolutionnaire mettrait fin à une forme agressive de SP.

John avait justement rendez-vous avec le Dr  Freedman cet après-midi-là. Il lui a donc manifesté son intérêt à participer à l’étude. Selon le Dr Freedman, John pouvait poser sa candidature vu son jeune âge, sa bonne santé générale et l’aggravation rapide de ses symptômes.

« Si vous aviez vu son évolution, la vitesse à laquelle son état se détériorait au moment de la greffe. Deux ou trois ans plus tard, c’est le fauteuil roulant qui l’attendait ou pire encore », estime le Dr  Freedman.

Les Drs Harold Atkins et Mark Freedman
Les Drs Harold Atkins et Mark Freedman ont mis au point un traitement novateur contre la SP à partir de cellules souches qui a permis d’enrayer la maladie chez plus de 50 patients.

« Notre méthode consiste à nous débarrasser de l’ancien système immunitaire et à en créer un tout nouveau qui se comporte mieux. »

John était prêt à essayer un traitement expérimental qui pouvait renverser cette évolution. « La SP m’a privé de la joie de faire de l’escalade, de skier et de marcher. Je me suis dit que je pouvais prendre ce risque. »

« John était très enthousiaste, et cet aspect de sa personnalité a été très important pour son rétablissement », explique le Dr Freedman. « Il n’a jamais baissé les bras. C’est un homme têtu. Son but était de retourner sur les pistes de ski. »

Pendant près d’un an, John  s’est soumis  aux  analyses exhaustives du Dr Atkins et de Marjorie  Bowman,  infirmière en greffe de moelle osseuse, pour voir s’il était physiquement apte à prendre part à l’essai clinique. Ces derniers voulaient aussi s’assurer qu’il était mentalement prêt à suivre le traitement intensif et à en accepter les risques, y compris la mort.

« Il s’agit d’un traitement fondamentalement différent de tous les autres, » affirme le Dr Atkins. « Notre méthode consiste à nous débarrasser de l’ancien système immunitaire et à en créer un tout nouveau qui se comporte mieux. »

« La SP m’a privé de la joie de faire de l’escalade, de skier et de marcher. Je me suis dit que je pouvais prendre ce risque. »

Pour remplacer son système immunitaire, John devait suivre une procédure rigoureuse.  Il devait subir une chimiothérapie intensive pour faciliter l’élimination de son système immunitaire. Comme la chimiothérapie pouvait le rendre infertile, il a mis un échantillon de son sperme en réserve. En novembre 2001, il a reçu sa toute première dose de chimiothérapie pour stimuler ses cellules souches et les faire circuler dans son sang. Ces cellules souches ont ensuite été prélevées et débarrassées de toute trace de SP.

Un mois plus tard, John a reçu d’énormes doses de chimiothérapie pour tenter de détruire son système immunitaire. Il  se rappelle s’être senti de plus en plus faible et près de la mort. Le 13 décembre 2001, une fois son système immunitaire anéanti par la chimiothérapie, John s’est fait injecter les cellules souches nettoyées par perfusion intraveineuse

« Sur le coup, je ne me suis pas senti mieux », dit John, qui est devenu la deuxième personne atteinte de SP au monde à subir une telle greffe de cellules souches. « Mais j’ai commencé à prendre des forces dans les jours suivants, à tel point que le Dr Atkins m’a donné mon congé la  veille de Noël. » Il a passé trois mois chez ses parents. Au printemps, il était prêt à retourner vivre dans sa propre maison.

Comme l’explique le Dr Freedman, le Dr Atkins et lui s’attendaient bien à ce que la maladie réapparaisse au moment de redémarrer le système immunitaire des personnes atteintes de SP.

« À l’époque, les chercheurs en génétique étaient d’avis qu’on ne pouvait rien pour les gens génétiquement prédisposés à souffrir de SP, car celle-ci continuerait à réapparaître chez eux », explique-t-il.  « Si c’était bien le cas, ce ne serait qu’une question de temps avant que les gens recommencent à avoir une maladie active. »

Personne ne connaissait les causes de la SP. Le Dr Harold Atkins et lui espéraient que cet essai leur permettrait de redémarrer le système immunitaire d’un patient et de le suivre de près à l’aide des toutes dernières technologies de surveillance et d’imagerie du système immunitaire, puis de constater la réapparition de la maladie et de découvrir le secret de ses déclencheurs. Cependant, aucun des 24 participants à l’essai n’a présenté de nouveaux symptômes de SP.

« À cet égard,  l’essai clinique  a été un échec. Il a permis de freiner l’évolution de leur maladie et, dans certains cas, d’éliminer également leurs incapacités »,  affirme le Dr  Freedman. « Nous suivons ces patients depuis 18 ans, et personne ne présente de symptômes. »

« Ces patients des tout  débuts, comme John, sont probablement les plus courageux parce que le traitement proposé venait avec tellement d’inconnues », ajoute le D Atkins. « Nous avons tiré des leçons de chaque patient que nous avons traité au fil des ans, mais nous en avons appris davantage des tout premiers patients. »

La dernière exacerbation que John a vécue avant  sa greffe de cellules souches l’avait laissé infirme. Après la greffe, sa SP n’est pas réapparue. John est resté en bonne santé, mais les dommages causés par la maladie n’ont pas été réparés, et il marche toujours avec une canne et une marchette.

« On peut se demander ce qui serait arrivé à John s’il avait eu la greffe cinq ans plus tôt », dit le Dr Freedman. « Aujourd’hui, nous offrons le traitement par cellules souches à tout patient qui a le même profil que John. Nous n’attendons pas des années. Nous sommes devenus plus perspicaces, capables de repérer les personnes dont l’état justifie cette approche agressive. »

John, sa fille, et son épouse
John,  sa fille, Mary  et  son épouse,  Patricia en  2013.

Environ 77 000 Canadiens vivent avec la SP. Toutefois, seulement  5 %  des patients souffrent d’une SP qui justifie une greffe de cellules souches. Ils sont généralement jeunes et présentent une des formes les plus agressives et les plus débilitantes de la maladie

La  greffe a permis à  John  de se libérer de toute contrainte.  Il a rencontré Patricia trois ans plus tard, et ils se sont mariés en 2005. Cinq ans plus tard, leur magnifique fille Mary est née.

« Je me souviens que lorsque Mary  a commencé à se déplacer davantage, elle m’a motivé à devenir plus actif  de nouveau. Elle est devenue mon entraîneuse personnelle », explique-t-il. « Je me suis joint à l’Association canadienne pour les skieurs handicapés. J’étais très mauvais au début parce que je n’avais pas de force. Mais je suis  entêté  et j’ai refusé d’abandonner. Aujourd’hui, je peux skier seul pendant des heures – bien qu’avec des bâtons stabilisateurs pour garder l’équilibre. »

John ski en compagnie de sa fille et de sa femme.
John, Mary et Patricia font du ski à Edelweiss en 2016.

« J’ai revu John il y a quelques années. Le problème avec mon travail, c’est que mes patients vont mieux et ne viennent pas souvent me consulter », dit  le D Atkins. « Je me souviens  des photos de son jeune bébé et de lui en ski qu’il m’a montrées. C’est merveilleux de savoir que les gens peuvent suivre ces traitements et recommencer à skier. »

John et 23  autres personnes ont participé à l’essai clinique, mais ce sont 56 patients atteints de SP qui ont subi cette thérapie novatrice de greffe de cellules souches jusqu’à présent. Le traitement conçu à Ottawa a empêché les rechutes, et les trois quarts des patients n’ont pas souffert d’autres incapacités. Encore plus impressionnant : 40 % des patients se sont rétablis de certaines de leurs incapacités. Toute personne qui souhaite en savoir davantage sur ce traitement devrait en parler à son neurologue, qui pourra faire une demande de consultation à la Clinique de la sclérose en plaques de L’Hôpital d’Ottawa. D’autres hôpitaux canadiens commencent à se doter d’un tel programme vu les réussites de l’Hôpital.

« Je ne suis pas président de banque, mais ma vie est plus qu’extraordinaire. Je skie, je danse avec ma femme et j’ai une fille de huit ans »,  dit John . « Parce que les Drs Freedman et Atkins voulaient à tout prix trouver le moyen d’enrayer une maladie comme la SP, ils m’ont sauvé la vie. »

La vidéo suivante porte sur Jennifer Molson, qui a également été l’une des premières participantes à l’étude clinique sur la SP. Elle comporte une entrevue avec les  Drs Atkins et Freedman.


L’Hôpital d’Ottawa recueille des fonds pour mener des essais cliniques, puisque la recherche s’est révélée la meilleure façon d’améliorer les traitements, voire de trouver des remèdes contre la sclérose en plaques et d’autres maladies dévastatrices.

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Recherche sur la médecine régénératrice et les cellules souches

Le Programme de médecine régénératrice de L’Hôpital d’Ottawa est un centre important pour le secteur en expansion de la recherche sur les cellules souches. Le personnel de recherche compte plus de 250 membres qui travaillent sous la direction du Dr Michael Rudnicki, biologiste reconnu mondialement pour son expertise dans le domaine des cellules souches.

Le défi

Peut-on utiliser des cellules souches humaines pour reconstruire le cœur après une crise cardiaque? Rendre la vue à un aveugle? Rebrancher une moelle épinière brisée?

Cette promesse que recèle la médecine régénératrice est le travail d’une vie de plus de 250 chercheurs, chercheurs cliniques, stagiaires et membres du personnel du Programme de médecine régénératrice de L’Hôpital d’Ottawa.

Nos équipes travaillent aujourd’hui sans relâche pour résoudre les problèmes de santé les plus complexes au monde. L’avenir est encore plus prometteur, puisque nos chercheurs exploitent la médecine régénératrice pour inventer à Ottawa des thérapies et des traitements personnalisés.

Nos grandes idées deviennent l’avenir des soins aux patients, et des gens se tournent vers nous pour résoudre les problèmes de santé les plus préoccupants au monde.

Notre vision

Nos chercheurs continuent de découvrir et d’exploiter le pouvoir incroyable des cellules souches humaines pour reconstruire, réparer et soigner un large éventail de problèmes médicaux. Les cellules souches offrent la possibilité de réparer le cœur après une crise cardiaque, de rendre la vue à un aveugle, de rebrancher une moelle épinière brisée, de régénérer les tissus du cerveau après un AVC, de réparer les tissus producteurs d’insuline endommagés chez les personnes diabétiques, et de guérir des tissus endommagés par des maladies infectieuses graves.

Nous sommes des chefs de file mondiaux de la mise au point de traitements de maladies à base de cellules vivantes et de virus. Entre autres travaux innovateurs, nous soumettons à de nombreux essais cliniques des virus et des cellules souches qui combattent le cancer. Nous étudions également l’utilisation des cellules souches génétiquement améliorées pour réparer le cœur après une crise cardiaque, ou des cellules souches pour traiter le choc septique et les exosomes, autrefois considérés comme des déchets cellulaires, afin de mieux comprendre, diagnostiquer et traiter la leucémie myéloblastique aiguë.

Nos patients méritent ce qu’il y a de mieux, ils comptent sur nous pour continuer d’innover et leur donner de l’espoir, et nos partenaires mondiaux n’en attendent pas moins de notre part.

« Nous entrons dans une nouvelle ère et, en médecine régénératrice, nous utiliserons de plus en plus des outils cellulaires et moléculaires pour traiter des maladies dévastatrices pour lesquelles il n’existe actuellement aucun traitement. » – Dr. Michael Rudnicki

World Firsts

Dr. Lauralyn MacIntyre

2017

Lancement de l’étude des cellules souches pour combattre les chocs septiques mortels, en utilisant les cellules souches pour stopper l’infection et réparer les dommages aux organes touchés.

Pourquoi L’Hôpital d’Ottawa?

Le Programme de médecine régénératrice de L’Hôpital d’Ottawa est un centre important pour le secteur en expansion de la recherche sur les cellules souches. Notre programme comprend le Centre de médecine régénératrice Sinclair, le Centre de recherche sur les cellules souches Sprott et le Centre de recherche sur la vision, et il est aussi le siège du Réseau de cellules souches du Canada.

Notre programme de médecine régénératrice est unique au Canada, sinon au monde, en raison de sa culture pluridisciplinaire. Ici, des biologistes cellulaires, moléculaires et du développement travaillent en équipe avec des bioinformaticiens, des scientifiques-cliniciens et des cliniciens dans des installations communes. En unissant leurs efforts, ils optimisent le travail des uns les autres afin d’améliorer les soins cliniques et de transformer de nouvelles découvertes en traitements pouvant être testés au moyen d’essais cliniques.

Avec plus de 600 essais cliniques actifs, L’Hôpital d’Ottawa figure parmi les plus grands hôpitaux de recherche au Canada.

Votre impact

Selon le Dr Michael Rudnicki, directeur du Programme de médecine régénératrice de L’Hôpital d’Ottawa, « la recherche sur les cellules souches au Canada est maintenant rendue au point de transformer la pratique clinique de façons prometteuses et imprévues. » Grâce au généreux soutien de nos donateurs, des chercheurs de renommée mondiale font des découvertes, mettent au point de nouveaux traitements et transforment des vies – bref, ils révolutionnent les soins que nous prodiguons aux patients – au quotidien.

Vous pouvez avoir un grand impact sur le monde révolutionnaire de la médecine régénératrice. Le soutien que vous accordez au Programme de médecine régénératrice de L’Hôpital d’Ottawa aide nos chercheurs à découvrir et à exploiter le pouvoir des cellules souches humaines afin de reconstruire, de réparer et de soigner un large éventail de problèmes médicaux.

« Il est déchirant de s’occuper d’un nouveau né atteint d’une forme grave de sepsie. Les traitements actuels sont limités, et la résistance aux antibiotiques la rend encore plus difficile à traiter… Les résultats en laboratoire sont très prometteurs. Nous croyons que les cellules souches changeront la donne pour ces bébés. » —Dr Bernard Thébaud, chercheur principal, Institut de recherche de L’Hôpital d’Ottawa ou néonatologiste et chercheur principal à L’Hôpital d’Ottawa et au CHEO

Dr. Daniel Coutu, Research Chair, Regenerative Orthopaedic Surgery
Dr Daniel Coutu, Chaire de recherche en chirurgie orthopédique régénératrice

Le chercheur étoile de la médecine régénératrice contribue à déblayer le terrain pour arriver à freiner le processus de dégénérescence

« Ottawa est l’endroit où il faut être pour faire de la recherche sur les cellules souches », a déclaré le Dr Daniel Coutu, et il en sait quelque chose. Ce spécialiste des cellules souches des os a été recruté en Suisse.

Le Dr Coutu dirige des travaux de recherche pour aider à comprendre comment les os se régénèrent, se réparent et guérissent. Il étudie également l’impact sur les os des traumatismes, du vieillissement et de la dégénérescence chronique.

En Suisse, le Dr Coutu faisait partie d’une équipe qui s’attaquait à ce défi et mettait au point des techniques de microscopie qui permettent aux chercheurs d’analyser les os et de voir où les cellules souches se trouvent et ce qu’elles font. « Grâce à ces techniques, nous commençons tout juste à comprendre la biologie fondamentale des cellules souches des os », explique-t-il.

Le Dr Coutu est maintenant le premier titulaire de la Chaire de recherche en chirurgie orthopédique régénératrice, et il travaille au Centre de médecine régénératrice Sinclair de L’Hôpital d’Ottawa.

Mise à jour du programme de médecine régénératrice

Les cellules souches concrétisent des rêves

À 21 ans, Jennifer Molson rêvait de devenir policière, d’épouser son petit ami et de danser à son mariage. Ces rêves ont volé en éclats lorsqu’elle a reçu un diagnostic de sclérose en plaques. En six ans, elle a eu de multiples rechutes. Elle se déplaçait en fauteuil roulant, incapable de travailler, et espérait un miracle. C’est alors que les Drs Mark Freedman et Harry Atkins, de l’Institut de recherche de L’Hôpital d’Ottawa, lui ont parlé d’un traitement expérimental à base de cellules souches. Jennifer est devenue la sixième patiente à se prêter à un essai clinique sans précédent, au cours duquel des cellules souches ont été extraites de sa moelle épinière et retransplantées dans son corps. Jennifer a trouvé son miracle. Aujourd’hui, elle n’a plus besoin de fauteuil roulant. Elle ne prend plus de médicaments, travaille à temps plein et mène une vie indépendante. Et, oui, elle a épousé son petit ami et dansé à son mariage.

La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa recueille des fonds pour la recherche qui révolutionne les soins que nous offrons aux patients.

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Recherche sur le Parkinson à L’Hôpital d’Ottawa

La maladie de Parkinson est la maladie neuro-dégénérative la plus commune après la maladie d’Alzheimer. Elle touche au moins 100 000 Canadiens. Ce n’est qu’en acquérant une meilleure compréhension des mécanismes de base qui en sont la cause qu’on peut espérer trouver un traitement efficace pour atténuer cette maladie.

Imaginez que vous n’êtes pas capable de maîtriser le tremblement de vos mains et de vos membres, que vous ne pouvez pas parler fort, que vous êtes en train de perdre l’odorat et que vous éprouvez des douleurs inexpliquées. Malheureusement, ce ne sont là que quelques-uns des symptômes qui affectent tous les jours les patients atteints de la maladie de Parkinson.

Plus de 100 000 Canadiens vivent avec le Parkinson, dont 8 000 ici à Ottawa. Le Parkinson est une maladie neurodégénérative qui s’aggrave avec le temps et qui affecte surtout le mouvement volontaire et contrôlé. La cause exacte de cette maladie est inconnue. Elle a été découverte il y a presque deux cents ans et il n’y a pas encore de remède ou de traitement éprouvé susceptible de ralentir sa progression implacable. Les gens peuvent développer la maladie de Parkinson à tout moment de leur vie.

« Au cours des décennies à venir, notre société fera face à de nombreux autres patients aux prises avec le Parkinson. De bien des façons, le Parkinson est compliqué et complexe. Je suis convaincu que, même s’il s’agit d’une maladie compliquée et complexe, nous pouvons en résoudre l’énigme. Au Canada, nous avons l’expertise pour contribuer grandement à la mise au point d’un remède contre cette maladie. »

Dr Michael Schlossmacher, scientifique principal, L’Hôpital d’Ottawa Chaire de recherche du Canada sur la maladie de Parkinson et les neurosciences translationnelles.

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Partenaires investisseurs dans la recherche sur le Parkinson (PIRP)

En 2009, un groupe de conseillers en placements du milieu financier d’Ottawa ont formé Partenaires investisseurs dans la recherche sur le Parkinson (PIRP). Le groupe s’est donné comme objectif de recueillir 1 million $ pour appuyer la recherche, afin de mieux comprendre et diagnostiquer le Parkinson. En sept ans, il a réussi à amasser plus de 1 000 000 $.

Coprésidés par Roberta Driscoll de RBC Dominion Valeurs mobilières et Kim Teron de Teron Inc., les membres de PIRP font appel à la collectivité dans son ensemble pour recueillir des fonds essentiels pour appuyer la recherche de pointe sur la maladie de Parkinson à L’Hôpital d’Ottawa.

PIRP a fourni un important financement de base aux scientifiques, ce qui leur a permis d’aller chercher d’autres subventions. Les progrès ont été impressionnants. Non seulement PIRP a aidé à financer la recherche pour le traitement et le remède contre la maladie de Parkinson, mais le groupe a aussi incité la collectivité à appuyer la cause, qui avait peu retenu l’attention jusque-là. Surtout, l’équipe de PIRP a redonné espoir à ceux et celles qui vivent avec cette maladie implacable.

Regarde-nous à la télé (CTV – disponible uniquement en anglais) et dans le journal Kitchissippi Times (disponible uniquement en anglais).

La recherche sur le Parkinson à L’Hôpital d’Ottawa

En 2004, des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa et de l’Université d’Ottawa se sont regroupés pour former le Consortium pour la recherche sur le Parkinson, sous le leadership du Dr David Grimes et du Dr David Park. Le consortium réunit des cliniciens et des scientifiques de diverses disciplines, dans le but d’améliorer notre compréhension de la maladie de Parkinson, de mener des recherches novatrices et de mettre au point de nouvelles options de traitement, avec l’objectif ultime de trouver un remède.

Mise à jour du programme 2018-2019

Étapes importantes récentes

  • Progrès dans la compréhension de la façon dont les gènes contribuent à l’initiation et à la progression de la maladie.
  • Élaboration de stratégies thérapeutiques novatrices, notamment la thérapie génique ciblée.
  • Mise au point d’un test expérimental sur le liquide spinal visant à améliorer le diagnostic.
  • Découverte d’une nouvelle mutation génétique qui rend certaines personnes plus sensibles à cette maladie.
  • Mise au point d’un nouveau modèle murin qui simule une forme familiale du Parkinson d’apparition précoce.
  • Publication des premières directives canadiennes en matière de soins du Parkinson.

Appuyez la recherche sur le Parkinson

Appuyez les efforts de recherche actuels en faisant un don en ligne ou en composant le 613-761-4295.

Pour en savoir plus au sujet de la recherche ou de la façon de vous joindre à notre équipe, communiquez avec Margot Lefebvre, gestionnaire, Philanthropie, au 613-798-5555, poste 19819, ou par courriel à l’adresse [email protected]

La Fondation de l’Hôpital d’Ottawa recueille des fonds pour la recherche qui révolutionne les soins que nous prodiguons aux patients.

Des patients jouent un rôle essentiel dans la réussite de l’essai clinique sur les cellules CAR-T.

L’Hôpital d’Ottawa a mis au point une approche « faite au Canada » pour un traitement expérimental du cancer par les cellules  CAR-T et sera un chef de file à l’échelle nationale lorsqu’il s’agit de tester dans le cadre d’un essai clinique. Des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa ont invité les patients à participer à la conception de l’essai clinique afin de s’assurer que tout se déroule bien.

L’Hôpital d’Ottawa se démarque par la conception d’essais cliniques. À l’heure actuelle, plus de 611  essais cliniques sont en cours, dont 200 sur le cancer.

Pour les patients de la région, cela signifie un meilleur accès à certains des traitements les plus avant-gardistes qui soient. Pour l’hôpital, cela signifie non seulement de meilleurs soins aux patients, mais aussi la création d’une situation où les meilleurs chercheurs du monde veulent venir ici pour travailler, faire plus de recherche avec des professionnels accomplis, mettre au point de meilleurs traitements et répondre plus rapidement à certaines des plus grandes questions en matière de soins de santé.

« Une grande partie de l’expertise en essais cliniques est ici », a déclaré le Dr  Manoj  Lalu, anesthésiologiste et scientifique associé à L’Hôpital d’Ottawa et professeur adjoint à l’Université d’Ottawa. « Tout le monde sait qu’Ottawa est un chef de file mondial en matière d’essais cliniques et de conception d’essais novateurs. Bon nombre des lignes directrices produites à l’échelle internationale sur la conception et l’enregistrement des essais cliniques proviennent de L’Hôpital d’Ottawa ».

L’Hôpital d’Ottawa met maintenant toute cette expertise au service de la conception et du lancement d’une approche « faite au Canada » pour les essais cliniques du traitement par les cellules  CAR-T.

Les Drs Manoj Lalu et Dean Fergusson
Les Drs Manoj Lalu et Dean Fergusson ont élaboré un protocole pour l’essai clinique sur les cellules CAR-T à venir.

Les Drs  Manoj  Lalu et Dean  Fergusson collaborent avec la DreNatasha  Kekre et d’autres pour s’assurer que les prochains essais cliniques sur les cellules  CAR-T menés par L’Hôpital d’Ottawa soient fructueux.

Ils ont créé un programme rigoureux, évaluant l’information actuelle sur le traitement, examinant les données et les dossiers des différents centres des sciences de la santé, analysant les coûts et examinant la production. L’équipe a aussi rencontré des patients parce qu’elle a constaté à quel point il était important de comprendre les obstacles auxquels les patients pourraient se heurter avant de participer à un essai clinique.

« Nous avons constaté que les chercheurs surestiment considérablement le nombre potentiel de patients et les facteurs qui les touchent », a déclaré le DFergusson, directeur du Programme d’épidémiologie clinique de L’Hôpital d’Ottawa, professeur à L’Université d’Ottawa et président désigné de la Society for Clinical Trials, un organisme international. « Ils présument tous que les patients veulent participer à un nouveau traitement, mais nous avons montré que ce n’est pas le cas. »

Selon le D Fergusson, de nombreuses choses ont une incidence sur le recrutement des patients à un essai clinique. La distance qu’un patient doit parcourir pour participer à un essai ou la situation de sa famille ou de son soignant sont des facteurs qui ont un effet sur sa décision. Ainsi, lorsque les Drs  Fergusson et Lalu ont conçu l’essai, ils ont réuni une équipe de personnes qui ont participé à la création et à l’administration du traitement (comme les scientifiques et les cliniciens) tout en incluant les patients, qui allaient recevoir le traitement en fin de compte, comme membres de l’équipe.

« La participation des patients a été essentielle à la conception de l’essai clinique depuis le tout début », a déclaré le DFergusson. « Un groupe de patients a aidé à créer les formulaires d’information et de consentement qui aident les patients à comprendre l’essai. Donc, lorsque le patient admissible à l’essai lira les documents, il y aura eu d’autres personnes, et pas seulement des chercheurs, qui les auront regardés ».

« La participation des patients a été essentielle à la conception de l’essai clinique depuis le tout début. »

L’animateur d’Ottawa « Stuntman » Stu Schwartz, qui a été soigné pour une leucémie à L’Hôpital d’Ottawa, est l’un des partenaires-patients qui ont participé. Stefany Dupont est la seule patiente qui a participé à avoir subi un traitement par les cellules  CAR-T. Les patients-partenaires ont également aidé à déterminer les résultats que les chercheurs examineront dans le cadre du traitement par les cellules  CAR-T. Les patients-partenaires, comme Stu et Stefany, donnent des commentaires précieux sur la conception de l’essai clinique, sur le libellé de l’information et sur certains des processus qui aideront les patients à comprendre l’étude.

«Ils nous disent s’ils comprennent, ou si cela n’a pas de sens, ou nous demandent “Pouvez-vous clarifier ceci?” », dit le D Lalu. « Ce sont d’autres patients, qui ont eu un cancer du sang, qui orientent vraiment tout le processus pour les patients qui seront inscrits. »

Comme pour la plupart des essais conçus à L’Hôpital d’Ottawa, les soins au patient y sont intégrés et sa conception imite la pratique clinique et les modèles de consultation habituels, de sorte que tout patient admissible se verra offrir l’essai clinique sur les cellules CAR-T dans le cadre du traitement. Voilà une bonne nouvelle pour les patients atteints d’un cancer du sang qui n’ont pas obtenu de succès avec les traitements standard disponibles.

Ce qui distingue L’Hôpital d’Ottawa, c’est la façon dont les essais cliniques sont conçus à partir de la base, en incluant les bonnes personnes au bon moment et, surtout, en donnant aux patients l’occasion de se prononcer sur tout, de la communication au recrutement, en passant par les options d’administration du traitement.

Les Drs  Fergusson et Lalu appliquent également nos concepts pour l’élaboration d’essais cliniques à d’autres problèmes, dont les problèmes cardiaques postchirurgicaux, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies pulmonaires néonatales.

Des organismes comme BioCanRx et la Fondation canadienne pour l’innovation, ainsi que le gouvernement de l’Ontario ont appuyé la recherche sur le traitement par les cellules CAR-T que mènent L’Hôpital d’Ottawa et le Centre de fabrication de produits biothérapeutiques, mais il faut des fonds plus importants pour que ce programme devienne réalité.


« La participation des patients a été essentielle à la conception de l’essai clinique depuis le tout début. »

—le D Fergusson

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Le traitement par les cellules CAR-T‒un nouvel espoir quand les traitements traditionnels du cancer échouent

Lorsque s a leucémie a récidivé après  un e greffe de moelle osseuse,  Stefany  Dupont faisait face à un  pronostic désastreux. Cependant,  elle était admissible à une immunothérapie novatrice qui utilise des cellules CAR-T, ce qui en fin de compte lui a sauvé la vie. Des médecins de L’Hôpital d’Ottawa planifient des essais cliniques sur les cellules CAR-T  pour aider d’autres patients atteints de cancers du sang à avoir de meilleures chances de survie.

Les symptômes de leucémie de Stefany  Dupont ont disparu. Sa maladie est entrée en complète rémission grâce à un traitement révolutionnaire par les cellules CAR-T. Ce traitement a un taux de succès tellement élevé chez les patients atteints d’un cancer du sang que L’Hôpital d’Ottawa met au point son propre programme et ses propres essais cliniques sur les cellules CAR-T. L’hôpital joue un rôle de chef de file à l’échelle nationale pour cette approche du traitement par les cellules CAR-T « faite au Canada ».

Stefany a reçu son premier diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) à l’âge de 13  ans. Les enfants atteints de leucémie sont soumis à un protocole de chimiothérapie strict qui guérit efficacement plus de 90 % des patients. Malheureusement, ce n’était pas le cas pour Stefany.

Cela faisait cinq ans qu’elle était en rémission, mais en  2010, sa leucémie a récidivé. Elle était alors âgée de 18  ans, c’était une adulte, et elle a donc commencé à suivre son traitement à L’Hôpital d’Ottawa. Un protocole de chimiothérapie a été suivi, en octobre  2015, d’une greffe de cellules souches hématopoïétique provenant de la moelle osseuse. Stefany a toutefois eu une autre rechute un  an  et  demi plus tard. Les adultes atteints de leucémie qui rechutent après une greffe ont moins de 10 % de chances de survie.

« Stefany a eu la malchance de rechuter dans les deux  ans qui ont suivi la greffe », a déclaré la Dre  Jill  Fulcher , médecin de Stefany, spécialisée en hématologie maligne, et clinicienne-chercheuse à L’Hôpital d’Ottawa. « Mais sa leucémie est revenue avec une crise blastique, et Stefany était très malade. Le traitement palliatif était tout ce que nous avions à offrir aux patients atteints de LAL qui ont rechuté si tôt après la greffe. »

La Dre Jill Fulcher examine Stefany par stéthoscope.
L’hématologue, la Dre  Jill  Fulcher, confirme que Stefany  Dupont est en rémission depuis plus d’un an après avoir reçu le traitement par les cellules CAR-T. Auparavant, Stephany avait une chance de survie de 10 à 20 %, pronostic qu’elle avait reçu avant le traitement par les cellules CAR-T.

La Dre  Fulcher et sa consœur, la Dre Natasha  Kekre, hématologue, scientifique adjointe à L’Hôpital d’Ottawa et professeure adjointe à l’Université d’Ottawa, savaient que des essais cliniques sur l’immunothérapie par les cellules CAR-T menés aux États-Unis montraient des résultats remarquables chez de nombreux enfants et adolescents atteints de leucémie et de cancers du sang en leur permettant une rémission durable.

Pour les patients, comme Stefany, qui sont extrêmement malades et qui n’ont plus de choix, le traitement par les cellules CAR-T offre de l’espoir, c’est pourquoi la Dre  Kekre dirige la mission d’introduire l’immunothérapie par les cellules CAR-T à L’Hôpital d’Ottawa. Santé  Canada approuvé la première version du traitement en septembre  2018. Dans le cadre d’un essai mené par une entreprise pharmaceutique, on a commencé à recruter des patients à l’hôpital à la fin de l’automne, et le premier patient a reçu le traitement en janvier, ce qui a fait de L’Hôpital d’Ottawa l’un des premiers hôpitaux au Canada à participer à ces essais.

Cependant, ce traitement n’était pas encore offert au Canada, où Stefany en avait besoin. Sa seule option à l’époque était d’essayer de participer à un essai clinique du traitement par les cellules CAR-T mené à l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, qui connaissait un grand succès. L’essai clinique réalisé à l’hôpital acceptait encore des patients atteints de LAL jusqu’à l’âge de 25  ans. Stefany y était admissible.

Le traitement par les cellules CAR-T est un traitement relativement nouveau qui se sert des cellules immunitaires du patient lui-même, qu’on appelle cellules T, pour traiter son cancer du sang. Les cellules T jouent un rôle essentiel dans le système immunitaire. Elles détruisent les cellules anormales, comme les cellules infectées par les germes ou les cellules cancéreuses.

Ce traitement consiste à prélever du sang du patient dont on extrait les cellules T. Ces dernières sont ensuite génétiquement modifiées à l’aide de virus inactifs afin de produire des molécules synthétiques à leur surface qu’on appelle récepteur de l’antigène chimérique, ou CAR. Pendant plusieurs semaines, ces cellules T modifiées se multiplient en laboratoire en centaines de millions avant d’être réintroduites dans le sang du patient par transfusion. Les cellules CAR-T se multiplient ensuite dans le corps du patient, puis commencent à reconnaître et à tuer les cellules cancéreuses.

La Dre Natasha Kekre
La Dre  Natasha  Kekre, avec d’autres hôpitaux au Canada, travaille à la mise au point d’une approche « faite au Canada » pour le traitement du cancer par les cellules CAR-T. L’Hôpital d’Ottawa jouera un rôle de chef de file dans la fabrication et la fourniture de ce traitement expérimental au réseau national d’hôpitaux.

« Lors des essais antérieurs, nous avons observé des réponses spectaculaires chez les patients qui ont normalement un taux de survie à long terme de 10 à 20 % avec des traitements standard. Le taux de réponse à court terme avec les cellules CAR-T a été de 70 à 80 % », a déclaré la Dre  Kekre. « C’est pour cela que Stefany, qui souffrait d’une maladie qui ne disparaissait pas avec la chimiothérapie, a été orientée vers l’essai. »

« Le traitement par les cellules CAR-T est très prometteur, mais est encore très récent », a déclaré le D Harold  Atkins, un hématologue-chercheur qui travaille avec la Dre  Kekre à l’introduction des essais sur les cellules CAR-T à L’Hôpital d’Ottawa. « Il faut effectuer d’autres essais cliniques, notamment pour étudier les effets à long terme. »

Les données de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie sont très prometteuses. Des patients de cet hôpital sont en rémission cinq ans après avoir reçu le traitement. Il est à préciser que les patients qui sont encore en rémission complète à l’étape des six mois sont susceptibles de survivre longtemps.

Stefany a pu aller à Philadelphie et a eu une transfusion de cellules CAR-T en septembre  2017. Lors de son premier examen à trois mois, elle a subi une biopsie de moelle osseuse qui a révélé qu’elle était de nouveau en rémission. C’était une bonne nouvelle qui signifiait que le traitement fonctionnait.

Trois mois plus tard, après avoir eu la confirmation que tout était en ordre et que sa leucémie était en rémission, Stefany est partie faire un voyage bien mérité.

« Après le délai d’attente de six mois, je suis allée en Australie, du 10  janvier au 7  février  2018 », raconte Stefany. Elle a visité Sydney, Brisbane, Melbourne et fait de la plongée sous-marine à la Grande Barrière et du parapente au-dessus des rives de Byron  Bay. Cela a été une pause merveilleuse après le traitement intensif qu’elle avait subi.

« C’est un très bon signe que Stefany soit restée en rémission plus d’un an après le traitement par les cellules CAR-T  », a déclaré la Dre  Fulcher. « Sans ce traitement, elle ne serait certainement pas parmi nous aujourd’hui. »

Le traitement par les cellules CAR-T sera bientôt davantage disponible au Canada, car des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa travaillent en collaboration avec des collègues dans tout le pays pour mettre au point une approche « faite au Canada » pour le traitement par les cellules CAR-T. Cela permettra aux patients canadiens d’accéder aux cellules CAR-T grâce à la science et à l’expertise canadiennes.

« Nous sommes en train d’élaborer notre propre programme canadien relativement aux cellules CAR-T. Ces dernières seront légèrement différentes de celles générées aux États-Unis », a déclaré la Dre   Kekre. « Étant donné qu’elles sont considérées comme étant expérimentales, elles ne seront disponibles que dans le cadre d’un essai clinique. »

Agrandissement de cellules CAR-T
Les cellules CAR-T augment les taux de survie à court terme de 70 à 80 % chez les patients souffrant de leucémie et d’autres cancers du sang qui ne répondent pas aux méthodes de traitement standard.
Image d’un traitement par cellules CAR-T à l’échelle cellulaire

Cet essai vise à commencer à recruter des patients en  2019. Il sera ouvert à Ottawa et à Vancouver, avec différents éléments des cellules CAR-T produits pour l’essai à Ottawa et à Victoria.

Le traitement par les cellules CAR-T doit être fabriqué individuellement pour chaque patient, à partir des propres cellules du patient combinées avec de grandes quantités de virus très pur pour générer le gène CAR. Le Centre de fabrication de produits biothérapeutiques, mis en place par le John  Bell, Ph. D., de L’Hôpital d’Ottawa, est le mieux placé pour mettre au point ce type de traitement, car il possède le système le plus avancé pour produire les virus de qualité clinique nécessaires pour créer des cellules CAR-T pour les essais cliniques. Il s’agit du seul établissement au Canada qui a la capacité de produire ce genre de virus.

« Grâce à notre installation de fabrication unique, notre expertise en matière d’essais cliniques et nos programmes de lutte contre le cancer et d’hématologie de niveau supérieur, L’Hôpital d’Ottawa est le mieux indiqué pour mettre au point la nouvelle génération de traitement par les cellules CAR-T », a déclaré Rebecca  Auer, directrice de la recherche sur le cancer à L’Hôpital d’Ottawa et professeure agrégée à l’Université d’Ottawa.

La Dre  Kekre a déclaré que les patients atteints de LAL, de lymphome et d’autres cancers du sang pourraient bénéficier de ce traitement. L’espoir est qu’un jour le traitement par les cellules CAR-T devienne aussi un traitement pour une variété de cancers, comme le cancer du sein et le cancer colorectal, dont les tumeurs sont solides. C’est grâce à des essais cliniques menés à L’Hôpital d’Ottawa que seront découverts des traitements innovateurs contre d’autres cancers.

*En anglais seulement

 

Des organismes comme BioCanRx et la Fondation canadienne pour l’innovation, ainsi que le gouvernement de l’Ontario ont appuyé la recherche sur le traitement par les cellules CAR-T que mènent L’Hôpital d’Ottawa et le Centre de fabrication de produits biothérapeutiques, mais il faut des fonds plus importants pour que ce programme devienne réalité.


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